Les blagues grazoises de M. Harnoncourt

Jacques Offenbach : Barbe-Bleue. Il m’a fallu un peu de temps avant de réaliser que chacun des concerts dirigés par Harnoncourt avait sa personnalité propre. A Berlin, on se trouvait très clairement dans le registre du Grandiose, avec cette inoubliable 5è de Beethoven jouée par la Rolls des orchestres, le Philharmonique de Berlin. A Vienne, avec le Concentus Musicus, ce mini-orchestre virtuose et survitaminé, ils ont joué à en décrocher les lustres du Musikverein et les mâchoires d’un public hilare. En choisissant de diriger le Barbe-Bleue d’Offenbach pour cette édition du Styriarte, Harnoncourt annonçait clairement la couleur. Il avait envie

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Tchaïkovsky en Normandie

A l’air mauvais que m’adressa Madame G-P en me tendant une part une tarte aux fraises, je devinai qu’il me faudrait cette fois-ci rédiger illico la chroniquette, sous peine de ne plus pouvoir bénéficier des services pédagogiques de son Gentil-Prof de mari. Mais peut-être vaudrait-il mieux commencer par le commencement : 10h. Une station-service sous le périphérique, Porte de Pantin.Un lieu de rencontre privilégié pour musiciens en covoiturage, parait-il. En effet quelques boites d’instruments à cordes rôdent par là. Je fais le deuil de ma grasse matinée dominicale avec un café de station-service. Toutefois bien meilleur que celui du bureau.

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Trois concerts Viennois

Le week-end dernier, c’était camping au Musikverein de Vienne. Vendredi soir, l’ORF-Radio Symphonie Orchester Wien rejouait l’effroyable et terrorisant Skandalkonzert, dont les ouvreurs en activité fin mars 1913 se rappellent encore avec effroi. Seconde école de Vienne, quand tu nous tiens. Le lendemain, le Philharmonique de Vienne (dans son repaire mythique, la Grosses Saal du Musikverein) proposait un programme Schoenberg/Brahms/Brahms & Schoenberg. Quelques heures plus tard, toujours au Musikverein, mais dans une autre salle du bâtiment, la Brahmssaal, le concert des familles musiciennes Koncz et Ottensamer. Quant à la visite guidée (dont j’aurais eu grand besoin, je n’ai pas arrêté

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Le London Symphony Orchestra joue John Williams

 Radieux, les mélomanes parisiens avaient découvert lors de la présentation de saison 2012/13 que le plus cinématographique de tous les orchestres, le London Symphony Orchestra, viendrait jouer les plus grands chefs d’oeuvre (et tubes) de John Williams. Star Wars aussi, forcément, non ? Avant de se rendre compte, tout déconfits, que Star Wars brillait par son absence dans la liste des œuvres inscrites au programme. Un malheur ne venant jamais seul, à quelques heures du concert, mon compagnon de concert me fait faux bond. Le hasard de la petite annonce sur réseau social fait que son remplaçant est LE expert

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Le Quatuor Kelemen à l’Auditorium du Louvre

Je n’avais pas prévu d’assister à ce concert. Après tout, à peine trois semaines plus tôt, je revenais de Budapest où les même Kelemen avaient joué ce même quatuor n°5 de Bartók. Mais, quand même… Kelemen ? Bartók ? Oh puis zut. Vite, vite une place ! Comment réserve-ton à l’Auditorium du Louvre ? En ligne ? Courrier ? Téléphone ? Vite, vite !! Mon royaume pour un billet !!! C’était aussi l’occasion de faire connaissance avec l’Auditorium du Louvre, discrètement tapi dans un recoin de l’esplanade sub-pyramidale, surprennament intimiste pour un auditorium plutôt volumineux. De savourer l’élégante traversée des cours du Louvre,

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Le Bartók Marathon de Budapest

C’était une idée de génie, ou de fou furieux, cette série de onze concerts autour d’un compositeur, d’une petite heure chacun, en une journée, sans accorder aux spectateurs le temps ni de boire ni manger. Les années précédentes, les mélomanes budapestois ont eu droit à des marathons Mozart, Tchaïkovsky, Schubert, aussi. Cette année, c’était Bartók. Il n’aura pas fallu me le dire deux fois. Deux hurlements de joie plus tard, j’avais pris mes billets. J’ai bien failli me dégonfler, la veille du marathon. Pourtant, les onze heures de concert sont passées comme une lettre à la poste. Probablement parce que chacun des concerts était

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Vivaldi par Il Pomo d’Oro, Riccardo Minasi et Dmitri Sinkovsky

Le concert n’avait pas encore vraiment commencé que le ton était donné : Riccardo Minasi, rejoignant sur scène une douzaine de musiciens munis d’instruments, de clavecins et d’archets assurément bien baroques, annonçait malicieusement, qu’ « il allait y avoir un tout petit changement de programme et que nous allons plutôt jouer une symphonie de Brahms« , avant d’avouer, après nous avoir accordé quelques instants pour rire, qu’il nous faisait marcher, et que la pièce n°x se contenterait de prendre la place de l’oeuvre n°y. Fini de rire, place au premier des trois concertos pour deux violons de la soirée. « Bataille de violons »

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Quatuor Hagen – Beethoven

L’année dernière, j’ai décrété qu’il était grand temps que je me mette à écouter de la musique de chambre, en particulier du quatuor à cordes. Ce genre m’intimide, et pas qu’un peu ! J’ai encore aujourd’hui un peu peur d’être rebutée par le son des cordes seules, sans adoucissant à vent, de m’ennuyer sans orchestre à observer dans ses menus recoins, d’être déçue par les œuvres jouées, etc etc (je me reconnais bien dans le billet de Musicasola ici). En contrepartie, je suis toute émoustillée à l’idée d’écouter mes musiciens préférés plus longuement que dans un concerto ou sur un solo d’orchestre, forcément trop

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Huit violoncelles au Parc Floral

La Musique Classique fait son cinéma au Parc Floral. Huit violoncelles. Pourquoi huit, je ne sais pas. J’ai longtemps cru que 12 était le nombre magique pour les ensembles de violoncelles : les 12 Violoncelles du Philharmonique de Berlin, les 12 Budapestois, etc, etc. Mais huit, c’est bien sûr plus commode pour les écouter à tour de rôle, et essayer d’identifier le Violoncelle-Chouchou-Adjoint*. La concurrence pour le poste est rude. Pourquoi pas Nadine Pierre, de Radio-France (que vous pourrez retrouver au premier rang des violoncelles dans cette superbissime version du concerto pour violon de Brahms), ou Emmanuelle Bertrand, qui jouent

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Winterreise

Le concert a commencé une bonne quinzaine de minutes en retard, pendant lesquelles on a pu goûter les différentes couleurs du brouhaha pleyelien. De 19h55 à 20h03, un joyeux brouhaha où on distingue dépliements de chaises, feuilletages de programmes et murmures divers. Vers 20h05, un quasi-silence se fait, teinté d’un brin d’inquiétude. Petit à petit, l’inquiétude fait place à l’agacement. Un unique spectateur se met à applaudir impérieusement, comme pour convoquer le pianiste et le chanteur. Or il a surestimé l’agacement des spectateurs, car personne ne se joint à lui. Problème de timing, car quelques minutes plus tard, son initiative

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Prades aux Champs-Elysées

Quand j’avais vu la page de ce concert sur le site du Théâtre des Champs-Elysées, j’avais émis un chapelet de petits gloussements de plaisir : oooh, mon bassoniste préféré ! hiiii, le meilleur flûtiste du monde ! un de mes clarinettistes favoris ! Tout ensemble sur scène, pour un prix, de plus, nettement inférieur aux productions habituelles du TCE. Un programme engageant: Beethoven, Mozart, Brahms, que demander de plus ? J’avais essayé de rallier à la cause quelques amis : novices, mélomanes, une pincée de musiciens professionnels, pour toujours entendre: « Jacques Qui ? Zone? Zoune ? Zoon ? Tu es

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Pilulip Pilup Pip ! Chtoung ! Boum !

Salle Pleyel, jeudi 10 novembre 2011 Orchestre de Paris, Akiko Suwanai (violon), Paavo Järvi (direction) Weber, Ouverture du Freischütz,  Mendelssohn, Concerto pour violon  Berlioz, Symphonie Fantastique  *** Une des particularités de l’Orchestre de Paris est de se produire toujours deux soirs d’affilée sur un même programme de concert, le plus souvent les mercredi et jeudi soirs. Une pratique que j’approuve sans réserves, puisqu’elle simplifie énormément la gestion de l’agenda et permet, lors de concert particulièrement savoureux, de revenir le lendemain pour une deuxième rasade (surtout quand le soliste invité est grec, de préférence violoniste). Or, cette fois-ci, le choix était

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