Le Quatuor Modigliani et leurs invités jouent Brahms au Louvre. Prologue : en quête de billets

Se procurer des billets de concert est d’ordinaire une simple formalité. Un coup de fil, trois clics et le tour est joué. Mais que diable ! Ca manque d’aventure, de panache ! Dans ce cas précis, il m’aura fallu des mois et des mois d’implacables manigances et quelques petits coups de pouce du destin avant d’arriver à mes fins. Tout commence l’hiver dernier, pendant l’épisode mini-caniculaire de février. Sans se douter du funeste enchaînement d’évènements qu’il allait déclencher, un des musiciens du quatuor Modigliani vaque à des occupations apparemment anodines. Il met à profit cette belle journée pour badauder, se procurer quelques livres dans

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Les Yako donnent un concert champêtre à Lourps

Où le narrateur traverse une bonne partie de la région parisienne à pieds pour assister à un concert intimiste de quatuor à cordes au milieu des coquelicots, puis savoure un délicieux goûter en compagnie de ses nouveaux amis mélomanes. Plus tard au cours de ses aventures, le narrateur sera recouvert de poudre de fées TM et mènera de grands débats proto-musicologiques dans un train quasi-désert. Non loin de Paris, le matin du concert. De bon matin, j’enfile mon plus beau pantalon de randonnée avant de glisser un pique-nique dans mon sac à dos. Au programme de cette belle journée, balade-concert

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Les Quatuor et sextuor Artemis aux Bouffes du Nord.

19h45, Boulevard de la Chapelle J’attends devant les Bouffes du Nord le reste du contingent amateur. Si mes calculs sont bons, V. et E. devraient être là ce soir, ils ne se permettraient pas de manquer ce concert. Après tout, ils m’ont raconté avec tant de détails enthousiastes leur tout premier concert avec les Artemis que je jurerais y avoir assisté avec eux. Et selon toute logique, Z., aussi.. Ah, chic, le voilà ! 20h et des poussières. Brahms, sextuor n°1 Il ne faut pas très longtemps pour que je m’explique l’admiration béate que portent mes deux amis aux Artemis. Les musiciens, et l’ensemble

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En pension complète au CNSM.

Récemment, un ami à qui je racontais privilégier ces temps-ci les productions du Cnsm – entre autres suite à quelques arbitrages budgétaires – me fit fort justement remarquer que c’était tout comme si pour faire des économies, je me nourrissais exclusivement de foie gras aux truffes. Le vendredi 10 mai, le Cnsm proposait donc une formule ‘Bombance’, en trois plats : Déjeuner express, classe de violoncelle baroque de Christophe Coin Cnsm, vendredi 10 mai 201913h30 Récital de la classe de violoncelle baroque de C. Coin19h : Pochette-Surprise de M. Zygel20h : Récital de la classe de mélodie et Lied de J. Cohen

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Trois générations de violoneuses.

V. et moi nous étions promis de dignement fêter l’arrivée de l’hiver avec du Bartók. Et un peu de Kodály. Nous identifions le concert idéal à l’Hôtel de Soubise : la bonne date, la bonne heure, pas trop cher. Il reste même des places de luxe au tout premier rang. Le plan était d’une simplicité enfantine, et nous avons cru, un temps, que rien ne s’opposerait à sa réalisation. Patatras, le matin même, V. déclare forfait. On devrait trouver repreneur en un tournemain ? Or,A. a un rendez-vous galant ;D. est au concert de l’autre côté de la rue, au

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Les blagues grazoises de M. Harnoncourt

Jacques Offenbach : Barbe-Bleue. Il m’a fallu un peu de temps avant de réaliser que chacun des concerts dirigés par Harnoncourt avait sa personnalité propre. A Berlin, on se trouvait très clairement dans le registre du Grandiose, avec cette inoubliable 5è de Beethoven jouée par la Rolls des orchestres, le Philharmonique de Berlin. A Vienne, avec le Concentus Musicus, ce mini-orchestre virtuose et survitaminé, ils ont joué à en décrocher les lustres du Musikverein et les mâchoires d’un public hilare. En choisissant de diriger le Barbe-Bleue d’Offenbach pour cette édition du Styriarte, Harnoncourt annonçait clairement la couleur. Il avait envie

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Tchaïkovsky en Normandie

A l’air mauvais que m’adressa Madame G-P en me tendant une part une tarte aux fraises, je devinai qu’il me faudrait cette fois-ci rédiger illico la chroniquette, sous peine de ne plus pouvoir bénéficier des services pédagogiques de son Gentil-Prof de mari. Mais peut-être vaudrait-il mieux commencer par le commencement : 10h. Une station-service sous le périphérique, Porte de Pantin.Un lieu de rencontre privilégié pour musiciens en covoiturage, parait-il. En effet quelques boites d’instruments à cordes rôdent par là. Je fais le deuil de ma grasse matinée dominicale avec un café de station-service. Toutefois bien meilleur que celui du bureau.

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Trois concerts Viennois

Le week-end dernier, c’était camping au Musikverein de Vienne. Vendredi soir, l’ORF-Radio Symphonie Orchester Wien rejouait l’effroyable et terrorisant Skandalkonzert, dont les ouvreurs en activité fin mars 1913 se rappellent encore avec effroi. Seconde école de Vienne, quand tu nous tiens. Le lendemain, le Philharmonique de Vienne (dans son repaire mythique, la Grosses Saal du Musikverein) proposait un programme Schoenberg/Brahms/Brahms & Schoenberg. Quelques heures plus tard, toujours au Musikverein, mais dans une autre salle du bâtiment, la Brahmssaal, le concert des familles musiciennes Koncz et Ottensamer. Quant à la visite guidée (dont j’aurais eu grand besoin, je n’ai pas arrêté

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Le London Symphony Orchestra joue John Williams

 Radieux, les mélomanes parisiens avaient découvert lors de la présentation de saison 2012/13 que le plus cinématographique de tous les orchestres, le London Symphony Orchestra, viendrait jouer les plus grands chefs d’oeuvre (et tubes) de John Williams. Star Wars aussi, forcément, non ? Avant de se rendre compte, tout déconfits, que Star Wars brillait par son absence dans la liste des œuvres inscrites au programme. Un malheur ne venant jamais seul, à quelques heures du concert, mon compagnon de concert me fait faux bond. Le hasard de la petite annonce sur réseau social fait que son remplaçant est LE expert

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Le Quatuor Kelemen à l’Auditorium du Louvre

Je n’avais pas prévu d’assister à ce concert. Après tout, à peine trois semaines plus tôt, je revenais de Budapest où les même Kelemen avaient joué ce même quatuor n°5 de Bartók. Mais, quand même… Kelemen ? Bartók ? Oh puis zut. Vite, vite une place ! Comment réserve-ton à l’Auditorium du Louvre ? En ligne ? Courrier ? Téléphone ? Vite, vite !! Mon royaume pour un billet !!! C’était aussi l’occasion de faire connaissance avec l’Auditorium du Louvre, discrètement tapi dans un recoin de l’esplanade sub-pyramidale, surprennament intimiste pour un auditorium plutôt volumineux. De savourer l’élégante traversée des cours du Louvre,

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Le Bartók Marathon de Budapest

C’était une idée de génie, ou de fou furieux, cette série de onze concerts autour d’un compositeur, d’une petite heure chacun, en une journée, sans accorder aux spectateurs le temps ni de boire ni manger. Les années précédentes, les mélomanes budapestois ont eu droit à des marathons Mozart, Tchaïkovsky, Schubert, aussi. Cette année, c’était Bartók. Il n’aura pas fallu me le dire deux fois. Deux hurlements de joie plus tard, j’avais pris mes billets. J’ai bien failli me dégonfler, la veille du marathon. Pourtant, les onze heures de concert sont passées comme une lettre à la poste. Probablement parce que chacun des concerts était

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Vivaldi par Il Pomo d’Oro, Riccardo Minasi et Dmitri Sinkovsky

Le concert n’avait pas encore vraiment commencé que le ton était donné : Riccardo Minasi, rejoignant sur scène une douzaine de musiciens munis d’instruments, de clavecins et d’archets assurément bien baroques, annonçait malicieusement, qu’ « il allait y avoir un tout petit changement de programme et que nous allons plutôt jouer une symphonie de Brahms« , avant d’avouer, après nous avoir accordé quelques instants pour rire, qu’il nous faisait marcher, et que la pièce n°x se contenterait de prendre la place de l’oeuvre n°y. Fini de rire, place au premier des trois concertos pour deux violons de la soirée. « Bataille de violons »

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Alors, cette cuvée 2012 ?

JANVIER J’ai du assister à un nombre improbable de spectacles ce mois-là, il ne me reste pourtant de souvenirs forts que de deux d’entre eux : l’adorable Napoli par le Ballet Royal du Danemark, et le concert Janáček des Dissonances. De Napoli, il me reste de délicieux souvenirs de la pantomime géante du premier acte, du magnifique solo de violon (Gentil-Prof Power) accompagnant les ébats aquatiques des danseurs dans une mer-Disney (sous le charme, le public a gracieusement arrêté de respirer à la fin de l’acte, pour la première fois, on a entendu le doux ronron du métro qui passe

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Le klariscope