Pluie de violoncellistes à Salon de Provence

Salon, un soir d’été Mon grand périple pédestro-musical touche à sa fin. Plus qu’une dernière étape, entre Salon de Provence et Arles. A l’entrée du château de l’Empéri, je scrute le ciel, cherchant désespérément un nuage, ou la promesse de températures moins obscènes. Pas de nuage. Une escadrille de canadairs survole le château. Je saisis quelques bribes de conversation « … incendies de forêts… massifs fermés … mistral » et je m’interroge sur la pertinence de mon projet. Peut-être est-il temps de mettre le point final à mon périple. Est-ce vraiment futé d’aller vagabonder dans les Alpilles sous un soleil de

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Le dernier concert

Ai-je glissé le câble d’alimentation de mon ordi dans mon sac à dos ? Peut-être l’ai je fait machinalement avant le lavage de mains de dix-huit heures trente ? Ai-je arrosé ma plante ? Éteint la machine à café ? Il est presque dix-neuf heures, je vais arriver en retard au concert. Ça fait quelques mois que j’ai marqué d’une pierre blanche cette date, je crois que je n’ai ni salué ni écouté Gentil-Prof depuis.. l’été dernier ? Quelle idée aussi, programmer un concert un vendredi 13… Quelques jours plus tôt, fin février Z., un de mes compagnons de concert préféré, lui aussi un

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Une Nuit Transfigurée au Louvre

A l’entracte, j’écoute distraitement Carnets babiller à côté de moi. Il analyse minutieusement les caractéristiques du quatuor Rolston, leurs partis pris musicaux dans Capriccio et dans le Souvenir de Florence. Moi, j’ai d’autres priorités. Il m’a ramené un délicieux gâteau de son séjour sicilien, et je suis très occupée à grignoter mon goûter sans répandre des miettes partout dans l’auditorium du Louvre. « – … tu sais, je me suis toujours demandé pourquoi les quatuors invitaient des solistes internationaux pour jouer la partie de deuxième violoncelle dans ce genre de répertoire. Tu prendrais un violoncelliste du rang de l’orchestre du coin,

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Le concert des Hanson sous les oliviers de la Bellevilloise

Il y a quelques semaines, Steven Isserlis pépiait sur twitter  : « Ça m’exaspère d’entendre des gens dire qu’ils ne vont pas au concert parce qu’ils ne s’y connaissent pas assez en musique classique. Je crois que mon ami Olli Mustonen a trouvé la bonne réponse « Ça revient à dire que vous n’allez pas vous promener en forêt parce que vous ne vous y connaissez pas assez en botanique.» » J’ai ri, bien qu’un peu vexée de ne pas être l’auteur de ce bon mot. De temps en temps, on fait appel à moi pour jouer les guides forestiers. L’année dernière, mon

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Les deux concerts du Duo Olitán

Ces deux concerts étaient à nouveau une fantastique trouvaille du Lutin Truffier. Quelques petites heures avant le début du premier concert, je reçois un message laconique de sa part : « Concert. CIA. 19h30. Tu viens ?» Je ne cherche pas à obtenir plus d’informations. Le programme ? Les interprètes ? Si c’est une recommandation du Lutin, ça en vaut la peine. Je fais juste préciser la localisation de cette mystérieuse CIA. Le premier soir, je viens tester les eaux seule, mais le deuxième soir, je me fais accompagner en grande pompe du Grand Mercier, du Collègue, ainsi que d’une Vedette Intergalactique des Arts du

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Une expérience musicale sur un chien, un pokémon et une poignée d’humains

Quelques amis m’accompagnaient à ce concert : je leur avais habilement laissé croire qu’il s’agissait d’un moment convivial, entre amis. Or l’objectif de leur présence à ce concert était tout autre, j’avais en effet besoin de quelques cobayes pour mener une expérience scientifique. Le protocole expérimental était le suivant : quatre sujets triés sur le volet assistent au même concert, leurs impressions sont ensuite recueillies et minutieusement analysées. Un des critères de sélection de l’échantillon était de ne jamais avoir été exposé auparavant au binôme Hoffman-Désert. L’unique paramètre qu’on fait varier au cours de l’expérience est leur niveau de mélomanie. Debussy, Sonate

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Le Quatuor Modigliani et leurs invités jouent Brahms au Louvre. Prologue : en quête de billets

Se procurer des billets de concert est d’ordinaire une simple formalité. Un coup de fil, trois clics et le tour est joué. Mais que diable ! Ca manque d’aventure, de panache ! Dans ce cas précis, il m’aura fallu des mois et des mois d’implacables manigances et quelques petits coups de pouce du destin avant d’arriver à mes fins. Tout commence l’hiver dernier, pendant l’épisode mini-caniculaire de février. Sans se douter du funeste enchaînement d’évènements qu’il allait déclencher, un des musiciens du quatuor Modigliani vaque à des occupations apparemment anodines. Il met à profit cette belle journée pour badauder, se procurer quelques livres dans

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Les Yako donnent un concert champêtre à Lourps

Où le narrateur traverse une bonne partie de la région parisienne à pieds pour assister à un concert intimiste de quatuor à cordes au milieu des coquelicots, puis savoure un délicieux goûter en compagnie de ses nouveaux amis mélomanes. Plus tard au cours de ses aventures, le narrateur sera recouvert de poudre de fées TM et mènera de grands débats proto-musicologiques dans un train quasi-désert. Non loin de Paris, le matin du concert. De bon matin, j’enfile mon plus beau pantalon de randonnée avant de glisser un pique-nique dans mon sac à dos. Au programme de cette belle journée, balade-concert

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Les Quatuor et sextuor Artemis aux Bouffes du Nord.

19h45, Boulevard de la Chapelle J’attends devant les Bouffes du Nord le reste du contingent amateur. Si mes calculs sont bons, V. et E. devraient être là ce soir, ils ne se permettraient pas de manquer ce concert. Après tout, ils m’ont raconté avec tant de détails enthousiastes leur tout premier concert avec les Artemis que je jurerais y avoir assisté avec eux. Et selon toute logique, Z., aussi.. Ah, chic, le voilà ! 20h et des poussières. Brahms, sextuor n°1 Il ne faut pas très longtemps pour que je m’explique l’admiration béate que portent mes deux amis aux Artemis. Les musiciens, et l’ensemble

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Tchaïkovsky en Normandie

A l’air mauvais que m’adressa Madame G-P en me tendant une part une tarte aux fraises, je devinai qu’il me faudrait cette fois-ci rédiger illico la chroniquette, sous peine de ne plus pouvoir bénéficier des services pédagogiques de son Gentil-Prof de mari. Mais peut-être vaudrait-il mieux commencer par le commencement : 10h. Une station-service sous le périphérique, Porte de Pantin.Un lieu de rencontre privilégié pour musiciens en covoiturage, parait-il. En effet quelques boites d’instruments à cordes rôdent par là. Je fais le deuil de ma grasse matinée dominicale avec un café de station-service. Toutefois bien meilleur que celui du bureau.

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Le Quatuor Kelemen à l’Auditorium du Louvre

Je n’avais pas prévu d’assister à ce concert. Après tout, à peine trois semaines plus tôt, je revenais de Budapest où les même Kelemen avaient joué ce même quatuor n°5 de Bartók. Mais, quand même… Kelemen ? Bartók ? Oh puis zut. Vite, vite une place ! Comment réserve-ton à l’Auditorium du Louvre ? En ligne ? Courrier ? Téléphone ? Vite, vite !! Mon royaume pour un billet !!! C’était aussi l’occasion de faire connaissance avec l’Auditorium du Louvre, discrètement tapi dans un recoin de l’esplanade sub-pyramidale, surprennament intimiste pour un auditorium plutôt volumineux. De savourer l’élégante traversée des cours du Louvre,

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Quatuor Hagen – Beethoven

L’année dernière, j’ai décrété qu’il était grand temps que je me mette à écouter de la musique de chambre, en particulier du quatuor à cordes. Ce genre m’intimide, et pas qu’un peu ! J’ai encore aujourd’hui un peu peur d’être rebutée par le son des cordes seules, sans adoucissant à vent, de m’ennuyer sans orchestre à observer dans ses menus recoins, d’être déçue par les œuvres jouées, etc etc (je me reconnais bien dans le billet de Musicasola ici). En contrepartie, je suis toute émoustillée à l’idée d’écouter mes musiciens préférés plus longuement que dans un concerto ou sur un solo d’orchestre, forcément trop

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Prades aux Champs-Elysées

Quand j’avais vu la page de ce concert sur le site du Théâtre des Champs-Elysées, j’avais émis un chapelet de petits gloussements de plaisir : oooh, mon bassoniste préféré ! hiiii, le meilleur flûtiste du monde ! un de mes clarinettistes favoris ! Tout ensemble sur scène, pour un prix, de plus, nettement inférieur aux productions habituelles du TCE. Un programme engageant: Beethoven, Mozart, Brahms, que demander de plus ? J’avais essayé de rallier à la cause quelques amis : novices, mélomanes, une pincée de musiciens professionnels, pour toujours entendre: « Jacques Qui ? Zone? Zoune ? Zoon ? Tu es

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