Souvenirs Harnoncourtois

Le 7 mars 2016 tombait un lundi. Comme tous les lundis matins, j’étais allée au boulot, mais le coeur un plus lourd qu’un lundi ordinaire. Après avoir allumé mon ordi, je me dirigeai vers la machine à café. M’y attendait quelques collègues, l’air endeuillés.  « Je voulais t’envoyer un texto hier, finalement je ne l’ai pas fait, je ne voulais pas que tu penses que je te taquinais »« Je l’ai découpée pour toi », dit ma collègue en me tendant la nécrologie du Monde, «  Je t’offre un café », renchérit pudiquement mon chef,«  Ma louloute toute triste ! »« Ca va ? J’ai pensé très fort

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Investigations applaudistiques

J’aurais songé que dans ce contexte de confinements et de couvre-feu, il me faudrait renoncer à mes Histoires Farfelues, celles qui impliquent des coïncidences improbables, des musiciens qui ont eu le privilège discutable de croiser mon chemin. Sans oublier les cimetières désolés. Or ça n’a pas été le cas. Voici ma dernière aventure en date, toute fraîche de la semaine dernière. L’autre jour, quelques minutes après le début du couvre-feu, j’étais déjà en pyjama, sous la couette, avec un début de crève. Blululurp, gazouille mon téléphone, tout fier d’annoncer l’arrivée d’un message. « Klari, tu crois qu’il y a beaucoup de

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2020 : une poignée de souvenirs avant archivage

Je connais la propension de ma mémoire à filtrer insidieusement les souvenirs pour ne garder que les meilleurs. Ça s’avère toutefois un peu déroutant quand, cherchant à se remémorer une période qu’on sait avoir été difficile, elle ne me propose que des souvenirs lumineux. La coquine, elle est déjà en train de me préparer le même tour pour 2020. Mon expérience de 2020 a été certes privilégiée, puisque je n’ai pas été confrontée à la peur de perdre mes revenus, ai eu la chance de pouvoir télétravailler au chaud et en sécurité à la maison. Je me suis contentée de

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Coucou !

Plus personne ne blogue, n’est-ce-pas ? A fortiori à propos de musique. A ce degré de has-beenité, c’est redevenu novateur. I., P,. Gr., Css, sachez que tout ce qui va suivre est de votre faute. Vous savez qui vous êtes.

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Paris-Salzburg, en voitûûre !

Voici une histoire de train : vendredi soir, je devais écouter Nikolaus Harnoncourt diriger la Création de Haydn au Festspielhaus de Salzburg. C’était le concert d’ouverture du Festival. Après moult réflexion, pour éviter de jongler entre trains et avions à Munich, j’avais opté pour le train. Ce qui m’enchantait d’autant plus que j’aime les longs trajets en train. Avant toute chose, il faut savoir que je suis soumise à ce qu’on pourrait appeler la Poisse des Transports. En ma présence, les aiguillages se détraquent, des avalanches bloquent les routes, les billets s’impriment avec des erreurs d’horaires, des pluies torrentielles emportent

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Du marketing de la musique classique

« Marketing : l’ensemble des actions ayant pour objectif de prévoir ou de constater, et le cas échéant, de stimuler, susciter ou renouveler les besoins du consommateur, en telle catégorie de produits et de services, et de réaliser l’adaptation continue de l’appareil productif et de l’appareil commercial d’une entreprise aux besoins ainsi déterminés. » Appliqué à la musique, ça donne quoi ? Manifestement des gens très intelligents et très bien payés ont longuement réfléchi afin de comprendre, analyser, et surtout, construire une stratégie de segmentation du marché des mélomanes-acheteurs-de-CD. De ce que je vois dans les boutiques, ils ont identifié

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#MetroConductors

Les meilleures plaisanteries viennent toujours de l’autre côté de la Manche. #ConductorMovies, le Grand Gag de l’Année Dernière, on le devait déjà aux Anglais. C’est donc un grand contre-ténor .. euh, britannique (qu’on aura l’occasion d’écouter salle Pleyel le mois prochain) qui a mis le feu aux poudres ce matin sur twitter : If only there was a game today called « Conductors named after Paris Metro Stops ». Coz I’m dying to write Sir John Eliot Gare du Nord. Le mal était fait. Une station de métro. Un chef d’orchestre. Tant de possibilités. Un collège chef d’orchestre a à peine le

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Jeu-Concours : 2×2 places à gagner pour un concert d’alto !!

Après toutes ces blablascopies autour de l’alto, maintenant que vous maitrisez la théorie, il est grand temps de passer aux travaux pratiques : l’alto, dans son environnement naturel : la salle de concerts. C’est ainsi que Naïve, producteur de la saison ‘Gaveau Intime’ à la salle Gaveau, nous propose de gagner deux fois deux places pour le concert de demain, mercredi 21 novembre, à la Salle Gaveau. Au programme : Antoine Tamestit joue Bach (trois Suites), Hora Lunga de Ligeti et l’Elégie de Stravinsky.  Là encore, pour mériter d’écouter de l’alto en vrai dans une salle de concerts, il faudra

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Prades aux Champs-Elysées

Quand j’avais vu la page de ce concert sur le site du Théâtre des Champs-Elysées, j’avais émis un chapelet de petits gloussements de plaisir : oooh, mon bassoniste préféré ! hiiii, le meilleur flûtiste du monde ! un de mes clarinettistes favoris ! Tout ensemble sur scène, pour un prix, de plus, nettement inférieur aux productions habituelles du TCE. Un programme engageant: Beethoven, Mozart, Brahms, que demander de plus ? J’avais essayé de rallier à la cause quelques amis : novices, mélomanes, une pincée de musiciens professionnels, pour toujours entendre: « Jacques Qui ? Zone? Zoune ? Zoon ? Tu es

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La Billetterie dont vous êtes le Héros

Que faites-vous le vendredi 27 mai et/ou le samedi 28 mai vers 20h30 ? Allez en 1. Vous êtes en vacances en Birmanie, aux Galapagos, sur l’Ile de Pâques. Avouez : vous ne savez pas lire le rongorongo, vous ne digérez pas la moinga. Annulez-moi sur le champ ce voyage et rendez-vous en 7. Si votre voyagiste refuse d’annuler votre séjour, rendez-vous en 4. Punaise. S’essayer à Schumann, brut de pomme, je n’aurais pas osé. A vos risques et périls. Votre ordonnance : deux Romances pour hautbois et piano par jour, une dose de Märchenbilder après les repas jusqu’au 27

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#conductormovies

(Ce billet s’adresse à mes lecteurs anglophones, mes plus plates excuses aux non-anglophones d’entre vous) Si vous ne twittez pas (et que les dieux vous préservent de tomber dans cette addiction), vous avez manqué le vent de folie qui souffla hier sur la twittosphère classico-musicale. Soudain, ce cercle composé de critiques musicaux de haut vol (les critiques musicaux français brillent pas leur absence), d’amateurs enthousiastes, d’équipes de comm’ de certains orchestres, de compositeurs, s’est transformé en gigantesque cour de récréation. Tout a commencé innocemment avec le gazouillis de Tommy Pearson : « Herbert von Carry On #conductormovies ». Puis les choses s’emballèrent,

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Le klariscope