Théâtre des Champs-Elysées, jeudi 12 janvier 2012
"Prades aux Champs-Elysées" Stefan Vladar (piano), Olivier Charlier (violon), Bruno Pasquier (alto), François Salque (violoncelle), Jurek Dybal (contrebasse), Jacques Zoon (flûte), Jean-Louis Capezzali (hautbois), Philippe Berrod, Michel Lethiec (clarinette), André Cazalet (cor), Giorgio Mandolesi (basson)
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Quand j'avais vu la page de ce concert sur le site du Théâtre des Champs-Elysées, j'avais émis un chapelet de petits gloussements de plaisir : oooh, mon bassoniste préféré ! hiiii, le meilleur flûtiste du monde ! un de mes clarinettistes favoris ! Tout ensemble sur scène, pour un prix, de plus, nettement inférieur aux productions habituelles du TCE. Un programme engageant: Beethoven, Mozart, Brahms, que demander de plus ?
J'avais essayé de rallier à la cause quelques amis : novices, mélomanes, une pincée de musiciens professionnels, pour toujours entendre:
"Jacques Qui ? Zone? Zoune ? Zoon ? Tu es sûre que c'est le meilleur flûtiste du monde ?! Jamais entendu parler."
"Prades" ? Si on s'amuse à rechercher sur google.fr "
Prades à Paris", les premiers résultats obtenus sont des horaires de train. Les résultats sont heureusement plus probants dès qu'on google "Prades aux Champs-Elysées".
Bref. J'en avais tiré le constat désolant que les musiciens de ce concert, pourtant reconnus dans leur milieu, comme l'atteste leur présence au
festival Pablo Casals de Prades, souffrent d'un déficit de notoriété assez inquiétant. Si les chanteurs d'opéras et les chefs d'orchestre font les gros titres de la presse, du moins, les gros titres de la page "Culture", le critique musical ne débouchonne pas son stylo pour un flûtiste ou un simple bassoniste. Je suppose que tous les clarinettistes de France et de Navarre peuvent lister les 12 meilleurs clarinettistes français, à froid je ne peux pas en citer un seul, moi. Je n'ai tout simplement pas accès à cette information. Embêtant pour nous autres humbles mélomanes : laissés à nous-mêmes, nous ne pouvons, pour identifier puis réecouter nos musiciens préférés, que nous appuyer sur nos oreilles inexpérimentées, passer beaucoup de temps au concert et espérer bénéficier d'un peu de chance. Mais avant de parler du concert, prenons quelques minutes pour mesurer l'ampleur de la non-notoriété des musiciens, ni tout à fait Grands Globe-Trotters Solistes Internationaux ni tout à fait Musiciens d'orchestre anonymes, avec des chiffres et des graphes - vous savez que j'aime ça !
DES CHIFFRES ! DES CHIFFRES !
Protocole expérimental :
* Recherches des noms d'un échantillon de musiciens : "prénom nom" - avec guillemets, sur
google.fr et
news.google.fr, (recherches effectuées le 14/01/2012)
- Postulat n°1 : le nombre d'occurrences de la recherche "prénom nom" sur google.fr donnerait une idée de la notoriété 'grand public' du musicien, reflétée par la présence de son nom sur des forums, des pages consacrées à la musique classiques, des blogs, des chroniquettes de concert, etc.
- Postulat n°2 : le nombre d'occurrences de la recherche "prénom nom" du musicien sur news.google.fr donne un ordre de grandeur de la médiatisation du musicien, parait-il beaucoup dans des articles de journaux ? (la réalité est certainement plus complexe, car le nombre de résultats sur news.google.fr va également donner une idée de l'actualité du musicien en question - plus ou moins de concerts/enregistrements autour du moment où la recherche a été effectuée). Peu importe, admettons que ce chiffre ne reflète que la 'médiatisation' du musicien.
Questions :
- Y'a t'il des tendances, selon l'instrument joué ? Par exemple, un corniste est-il en général plus connu qu'un flûtiste ? Quel instrument pratiquer si on veut devenir riche et célèbre ?
- Quelle est la notoriété relative des musiciens participant à ce concert "Prades aux Champs-Elysées" par rapport à un échantillon de leurs confrères ?
- Y a-t'il une corrélation entre le talent perçu (tel que je le perçois, disons) et la notoriété du musicien ?
- ...
Allons-y (et n'oubliez pas que ce ne sont que des chiffres, et qu'on leur fait dire tout et n'importe quoi, aux chiffres)
Tableau 1 :
Nombre d'occurrences sur google.fr et sur news.google.fr pour un échantillon de musiciens et prix d'un concert parisien en catégorie 1 (variété, chefs d'orchestre, violonistes, et une musicienne amateur)
Constats :
- Vous voulez devenir riche et célèbre ? Apprenez à chanter et teignez vous en blond. Je répète, ne vous lancez surtout pas dans l'étude d'un instrument. Vous pouvez éventuellement songer à une carrière dans le chant lyrique comme Anna Netrebko, mais soyez rigoureusement vigilants quant à votre ligne (pour préserver votre notoriété, annulez de nombreux concerts et veillez à épouser un des plus beaux barytons-basse disponibles sur le marché)
- Vous préféreriez travailler plus et montrez un réel intérêt pour la musique classique? Soit, mais vous gagnerez moi (et serez moins célèbres). La pratique d'un instrument en bonne et due forme est peu rentable, il est préférable d'ambitionner la direction d'orchestre. Avant de commencer à agiter la baguette, vous devrez probablement montrer patte blanche et prétendre jouer d'un instrument (mais vous pourrez opter pour un instrument facile, comme Simon Rattle (Philharmonique de Berlin), ex-percussionniste ou Andris Nelsons (City of Birmingham Symphony Orchestra), ex-trompettiste. Le trombone pourra aussi faire l'affaire). Plus vous serez jeune (de préférence beau garçon avec tout vos cheveux), plus vous serez célèbre : par conséquent, vous rapportez plus de $ou$ aux salles qui vous programmeront d'autant plus volontiers : c'est ainsi que les concerts parisiens de Bernard Haitink, Grand Gourou et Vieux Sage de la direction d'orchestre - mais octogénaire chauve, sont bradés par rapport à ceux de Gustavo Dudamel (Los Angeles Phil'), trentenaire à la mine avenante.
- Vous envisagez sérieusement l'étude d'un instrument injouable : violon, hautbois, cor ? A vos risques et périls. Vous passerez vos journées à vous exercer/gratter du roseau/ produire des couacs . Vous ne serez jamais reconnu à votre juste valeur, fussiez-vous l'expert international du tuba. Au point que même les taxis refuseront de s'arrêter pour vous.
- Au fond, vous avez une âme de pigeon ? Devenez musicien amateur! Vous ne gagnerez rien, vous paierez pour jouer, bénéficierez d'un illustre anonymat, et ne pourrez même pas vous consoler par un niveau d'instrument honorable, vous serez trop occupés à gagner votre croûte autrement pour dégager suffisamment de temps libre pour vous exercer. Peut-être même devrez-vous soudoyer vos amis pour qu'ils viennent écouter votre concert annuel
Figure 1 : Notoriété - même échantillon de musiciens que sur le tab.1 (chanteurs pop et lyriques, chefs d'orchestre, sélections de musiciens
(attention, deux axes : à gauche, celui du nombre de résultats sur google.fr, à droite, celui du nombre de résultats après une recherche sur news.google.fr)
LE CAS PARTICULIER DES VIOLONISTES :
Avant de parler du concert de jeudi (ça vient, ça vient), attardons-un peu sur le cas des violonistes. Le tableau 1 laisse supposer qu'en termes de notoriété,
Leonidas Kavakos (
mon chouchou) et
Roland Daugareil (
violon solo de l'Orchestre de Paris) ne concourrent pas tout à fait dans la même catégorie (même si, en comparaison avec
Justin Bieber, ce ne sont que de misérables poussières dans la narine d'un mulet). Voyons-voir ce qui se passe chez les violonistes, sur la base d'un échantillon modérément large composé de violons solistes +++ (i.e. mes préférés), de solistes (eux aussi caracolent de ville en ville jouer des concertos injouables, mais ceux-ci ne font pas partie de mes préférés), des premiers violons de quatuor à cordes, des premiers violons solo d'orchestre, deux violonistes amateurs (Co-pupitre et moi), et quelques inclassables, que j'appelerai les "Hou-la-la" pour les besoins de l'analyse.
Et ça donne :
Figure 2 : Notoriété d'un échantillon réduite de violonistes (recherches google.fr et news.google.fr)

Les violonistes sont manifestement soumis à une hiérarchie sans appel. Recherchons les chiffres révélateurs de notoriété pour un échantillon d'une trentaine de violonistes de musicotype différent :
- Cinq Houlala: David Garrett, André Rieu, Vanessa Mae, Nigel Kennedy et Lara St-John (oui, celle du célèbre massacre Tchaïkovskien)
- Deux Jazzeux : Jean-Luc Ponty et Stephane Grappelli,
- Trois solistes +++ : le dessus du panier, soit Janine Jansen, Hilary Hahn et, last but not least, Leonidas Kavakos. (le +++ signifie simplement qu'il s'agit de mes préférés)
- des solistes : Joshua Bell, Viktoria Mullova, Lisa Batiashvili, Akiko Suwanai, Renaud Capuçon et Olivier Charlier.
- Les premiers violons de quatuor à cordes : soit Guillaume Sutre (quatuor Ysaye), Ruben Aharonian (Quatuor Borodine), Pavel Hula (Prazak) et Lukas Hagen (Hagen)
- Trois premiers violons d'orchestre : Roland Daugareil de l'Orchestre de Paris, Svetlin Roussev du Philharmonique de Radio-France et Roman Simovic du London Symphony Orchestra.
Je vous épargne les tableaux de chiffres, les graphiques compliqués. Allons droit au but : chers lectrices et lecteurs, je vous présente la
Chaîne Alimentaire du Monde Violonistique :
Figure 3 : la Chaîne Alimentaire du violon, dominée par David Garrett et Andre Rieu
Décortiquons ensemble ce graphique :
- Dans le monde relativement anonyme des violonistes, les Houlala sont rois. Leur notoriété est toute relative, certes (pour rappel, ils sont 100 fois moins googlement connus que Justin Bieber ou Lady Gaga), mais gagnent très bien leur vie et monopolisent l'actualité. Le prix à payer pour accéder à cette élite très select est le ridicule : comme David Garrett, vous devrez réduire en miettes un Stradivarius, jouer de l'air-violin dans votre bain comme Lara St-John (mécréante), ou vous spécialiser dans les valses de Johann Strauss, comme André Rieu, qui fut un élève d'André Gertler, grand pédagogue et ami de Bartok. Bref, le ridicule, mais à vous la gloire, la fortune et la célébrité !
- Le Très-très-très grand soliste : vous travaillerez comme un chacal (même si vous prétendez le contraire en interview) et jouirez d'une notoriété bien méritée. Vous vivrez dans l'avion et n'aurez pas d'amis, à part ça, tout ira bien.
- Le Premier violon de Quatuor : le sacerdoce. Marié avec ses petits collègues de quatuor, le premier violon de quatuor doit ingurgiter un répertoire monstrueux en peu de temps : alors qu'un soliste peut tourner avec trois concertos et deux bis sur quelques mois (précisons au passage que les Solistes +++ comme Leonidas Kavakos et Hilary Hahn tournent sur beaucoup plus de répertoire sur une saison, eux), le premier violon de quatuor doit ingurgiter des dizaines et des dizaines d'oeuvres différentes. Lui aussi vit seul (il n'a pas le temps d'entretenir ni liens familiaux ni amicaux), foin de bouquets de fleurs tendus par de rougissantes jeunes filles à la sortie des artistes. Pour les bouquets de fleurs, il fallait devenir Soliste ++.
- Premier violon solo d'orchestre : même chose, mêmes compétences requises, avec le privilège d'être à la tête d'un orchestre d'une centaine de personnes dont le passe-temps favori est certainement de râler contre la hiérarchie. Le premier violon solo d'orchestre assume les sales rôles : immenses solos (dans Schéhérazade, par exemple), mini-quatuors à cordes au milieu d'oeuvres symphoniques, à quoi s'ajoutent le job habituel de premier violon solo, de luthier, de garde-chiourme, etc. Les plus malchanceux d'entre eux se font récupérer par de vils amateurs pour encadrer et/ou renforcer des orchestres amateurs (parlez-en à Gentil-Prof)
- l'Amateur est anonyme, et content de l'être. L'Amateur bosse beaucoup, lui aussi, mais en six mois, il ne dégurgitera pas une quinzaine de quatuors et deux concertos, simplement les deux tiers de la partie de second violon d'une symphonie de Beethoven (une courte, hein), mais c'est déjà très bien.
Figure 4 : Joli graphique en bubulles que je n'arrive plus à m'expliquer. La taille des bubulles est proportionnelle au ln(nbe de résultats sur google.fr) au cube, l'ordonnée est le nombre de résultat sur news.google.fr, la couleur de la bubulle indique dans quelle catégorie (jazzeux, amateurs, solistes+++) se classe le musicien. Ce graphique montrera essentiellement qu'un graphique surchargé ne sert strictement à rien.
Prenez le temps d'admirer l'extrême insignifiance des amateurs :
ET LES VENTS ?
Le graphique suivant a été établi la base d'un échantillon de trois ou quatre musiciens par instrument. Pour chaque instrument, le musicien du concert, deux ou trois confrères d'orchestres prestigieux (Concertgebouw, London Symphony, Berliner Philharmoniker, Chicago Symphony..). Vous trouverez le détail des musiciens googlés et des chiffres en annexes.
Figure 5 : Notoriété d'un échantillon d'instrumentistes à vent de haut niveau (médiane des chiffres obtenus sur des échantillons de 3 ou 4 instrumentistes par discipline)
On en déduit que :
- Pour atteindre fortune, gloire et célébrité, il faut jouer du hautbois ! Drôle de sacerdoce que le vie de hautboïste (grat'-grat', coin-coin, grat'grat', coin-coin), mais vous serez récompensé à la hauteur ! Prenez l'exemple d'Albrecht Mayer, hautbois solo du Philharmonique de Berlin, qui caracole avec ses 377 000 résultats sur google.fr loin devant Leonidas Kavakos. Peut-être usurpe-t'il les stratégies des Houlala (cf. supra) avec sa vidéo marketing marinière-baguette de pain-béret.
- Les instruments à vents traditionnellement assis en orchestre au deuxième rang de la section des vents - cors, clarinettes et bassons sont uniformément inconnus. Fascinant de voir que Marco Postinghel, charmant bassoniste à l'Orchestre de la Radio Bavaroise (et au Chamber Orchestra of Europe (hiiii) obtient péniblement 11 000 résultats, très très loin derrière Viktoria Mullova (342 000) dont il a pourtant guidé les premiers pas en musique baroque.
Et le meilleur flûtiste du monde ?
Figure 6 : Notoriété de quelques flûtistes
Et bien tout le monde s'en fout, du Meilleur Flûtiste du Monde. Sans surprise, le fait d'être flûte solo du Philharmonique de Berlin semble renforcer la notoriété d'un flûtiste, comme l'atteste la longueur d'avance d'
Emmanuel Pahud et
Andreas Blau. Comment expliquer que les media font leur choux gras du moindre concert d'E. Pahud (33 résultats) mais ignorent superbement son collègue
Andreas Blau (plus âgé et barbu. peut-être l'explication est là ?).
Jacques Zoon est donc - sur Internet du moins, un inconnu. Peu importe, Claudio Abbado, la commission de recrutement du Concertgebouw et du Boston Symphony, le Chamber Orchestra of Europe (hiiii) et moi savons à quoi nous en tenir.
(ca prouve qu'Internet n'est pas une ressource suffisante quant à la musique classique).
Avant de parler du concert (mais si, mais si, ça vient), j'aurais voulu m'attarder sur le cas des altos. En gros, l'alto a l'impact médiatique d'une clarinette - loin derrière son cousin le violon. Pour vous donner un ordre de grandeur,
Kim Kashkashian, immenssissime altiste, ne génère guère que 190 k résultats sur google.fr et 3 actualités sur news.google.fr, dont une qui mentionne une certaine "Kim Kashkashian,
violinist". Ouch. Si des altistes doivent se faire passer pour des violonistes pour un peu de gloire, que devient-on ?.. J'oubliais : surtout, ne vous amusez pas à viser le poste de cor anglais (
Dominik Wollenweber) ou d'alto solo au Philharmonique de Berlin (
Maté Szűcs). Avec à peine 3000 résultats, vous serez à peine plus connu qu'un violoniste amateur de seconde zone...
Et le concert ?
(j'avais préparé un paragraphe qui prouvait, schémas à l'appui, la présence de confrères, amis, famille et élèves dans la public par déduction d'après le taux de remplissage par catégories, je vous l'épargne, vous avez mangé suffisamment de chiffres et de graphiques comme ça)
Beethoven Trio avec piano n° 5 op. 70 n° 1
J'avoue avoir succombé à un tout petit coup de barre suite à une journée un peu fofollinette. Le mouvement lent est d'une beauté, mais d'une beauté ! qu'il en est spontanément applaudi, qu'importe le protocole.
Mozart Quintette pour piano et vents K. 452
Je ne sais pas par quel bout l'attraper, celui-ci. J'ai du un peu trop m'habituer aux oeuvres symphoniques (les cordes fournissent le gros œuvre, les vents les jolis solos, les cuivres ponctuent les passages grandiloquents) si bien que je ne sais pas du tout comment écouter le quintette. Manifestement, le hautbois a un rôle comparable à celui d'un premier violon. Pour le reste, il suffit de suivre le basson : il se penche vers le piano ? Ecoutons le piano. Vers le hautbois ? Un sourire réjoui à l'attention du cor ? Le barycentre du quintette se déplace vers le cor. Très très beau son de hautbois, moins esbaudissant que celui de mon François Leleux adoré peut-être, mais très émouvant, et qui réussit plusieurs fois, sur des notes tenues, à donner cette impression de temps suspendu.
A l'entracte, pendant que le personnel de scène installe une sorte de tee pour contrebasse, Monsieur H. et moi se débriefons:
"-Tu savais qu'un cor pouvait jouer aussi fin, aussi doux ?
- Non.
- Moi non plus"
Penderecki Hore, duo pour violon et contrebasse (création française)
Petite pièce fringante, toute punchy qui met en valeur les beaux aigus de la contrebasse. Mes pieds se mettent à frétiller doucement sur le rythme irrésistible de la pièce quand, blam!, le contrebassiste envoie un coup de genou bien assené dans la contrebasse.
Ce qui explique peut-être pourquoi il revient avec une autre contrebasse pour l'oeuvre suivante :
Brahms Sérénade pour cordes et vents n° 1 op. 113
J'en attendais beaucoup, et damned, que je suis déçue. Peut-être sommes-nous trop ou pas assez loin, trop de côté. Peut-être qu'avec huit musiciens, on dépasse le seuil au delà duquel la présence d'un chef d'orchestre devrait être obligatoire ? Des cordes un brin trop motivées ? Un peu de toutes ces choses ? A la place de ma sérénade pour (cordes un peu) et vents (beaucoup), il me semble écouter un concerto pour violon et discret accompagnement de cordes et de vents.
Lors de quelques accalmies, on discerne toutefois de magnifiques choses chez les vents. Le Meilleur Flûtiste du Monde, fidèle à lui-même, tire un son insolemment beau de son instrument en bois. Les phrasés sont somptueux, on dirait qu'il fait délibérément durer l'approche de la note suivante dans la phrase (comme s'il s' s'attardait sur un palier un pouillième de ton trop haut ou trop bas ?) jusqu'à ce qu'on ressente viscéralement le besoin de *la* note ainsi suggérée.
Il s'amuse comme un petit fou avec son voisin de droite,
Philippe Berrod (clarinette), avec qui il joue à fusionner les sons de flûte et de clarinette jusqu'à ce qu'ils soient indissociables. Très contents d'eux, ils continueront d'échanger de grands sourires satisfaits pendant les saluts.
Annexes :
Chiffres détaillés - violons
Chiffres détaillés, vents :