lundi 8 mars 2010

Hourrah !

Le LSO aura une saison à la Salle Pleyel en 2010-11 !!

Certes, l'annonce de la programmation 2010-11 n'aura lieu que demain soir. Mais sur les grandes affiches dans le métro, qui trouve t'on dans le petit encadré en haut à droite de l'affiche ? Je vous le donne en mille :
- l'Orchestre de Paris, les occupants officiels de Pleyel,
- Le Philhar' de Radio-France, l'autre orchestre avec une saison à Pleyel,

eeeeeet ( s'imaginer P. Bettany en Geoffrey Chaucer dans A Knight's Tale)

le LSO ! Mon LSO adoré ! Si cela ne veut pas dire qu'ils sont une résidence à Pleyel l'année prochaine, j'arrête le violon.

Euh.

mercredi 3 mars 2010

Le Philharmonique de Berlin

Berliner Philharmoniker
Sir Simon Rattle - Mitsuko Uchida
vendredi 26/02 2010 20:00

György Ligeti, San Francisco Polyphony
Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano n° 4
Jean Sibelius, Symphonie n° 2

Indéniablement, c'est un orchestre intimidant, légendaire : un de ces orchestres si connus qu'il en a quelque chose d'irréel. Et pourtant il existe bel et bien et le voici en chair et en os à Pleyel, à la Cité de la Musique, pour toute une ribambelle de concerts, tables rondes et autres joyeusetés. A l'entrée de Pleyel, je manque me cogner au plus grand musicien du monde : 2m et des poussières de corniste anglais en queue-de-pie, ca ne se trouve pas au coin des rues.

Je prends ma place à l'arrière-scène, mon perchoir préféré, alors qu'une harpiste et les contrebassistes s'échauffent les doigts. Le résultat, quoique improbable (qui composerait pour quatre contrebasses et harpes, je vous le demande) est très doux, apaisant et toutefois un tantinet étrange. Pour l'occasion, Pleyel a même fait un peu de surbooking : deux spectateurs se retrouvent assis à la même place, sur une des banquettes de l'arrière-scène, au grand dam des ouvreuses qui se retrouvent à négocier au talkie-walkie pendant l'entrée des musiciens. Finalement, tout le monde se serre un peu, et on n'en parle plus. (une demi-place au premier rang de l'arrière-scène, ça ne se refuse jamais). Entre temps, je fais des grands coucou à un ami pianiste, placé à quelques sièges de moi.

On commence par un Ligeti, étrange, beau et dissonant, qui me laisse suffisamment perplexe pour que je ne me risque pas à le commenter. Sans transition, un concerto de Beethoven : je reste un peu sur ma faim, sans réussir à mettre le doigt sur le pourquoi du comment. Tout en accompagnant mes déambulations dans les escaliers de Pleyel (je cherche à localiser d'éventuels acheteurs de places pour les Concerts Gais), l'ami pianiste réussit bien mieux que moi à mettre en mots son ressenti : d'après lui, Mitsuko Uchida est juste une pianiste, pas un ovni à la Sokolov, Berezovski, etc. Une pianiste, avec beaucoup de sensibilité, mais des moyens techniques raisonnables, avec lesquels elle fait de son mieux, ce qui la rend touchante, humaine. En effet, elle émeut, sans qu'on ressente cet effroi admiratif que d'autres peuvent provoquer : par exemple, je ne me suis toujours pas remise d'un concerto de Brahms par Kissin, que j'avais eu le privilège d'écouter au TCE en 99, j'ai des frissons rien qu'en y repensant.

Après l'entracte, le Sibelius. Il paraîtrait que ce soit l'une des œuvres les plus appréciées du finlandais, mais je suis un peu déçue par l'alternance entre des passages délicats, poétiques, très émouvants, et des passages franchement pompiers. Le Philharmonique de Berlin ne se laisse pas démotiver, et bien que cette pièce ne soit pas, à mon avis, dans leur cœur de métier, ils jouent avec un engagement qui laisse pantois.
Ceci est d'autant plus frappant dans les passages ffff grandiloquents et dramatiques, où le Philharmonique évoque un Boeing qui décolle - dans le genre long courrier qui manœuvre, j'aimerais les voir jouer une Symphonie Alpestre, bref - où ils donnent à ces passages une intensité que Sibelius n'avait à mon avis pas prévue.. La symphonie me parait trop mignonne, trop étriquée pour donner lieu à tant de déchainement musical. Globalement, je suis un peu sur ma faim, ayant l'impression d'avoir écouté une succession de beaux passages, sans unité. Djac me suggère plus tard que Rattle était en petite forme, peut-être ?

A la fin du concert, nous réalisons que pratiquement personne n'a toussé à ce concert - je n'ai compté que quatre "rrhhheuuuurph", pendant toute la soirée. J'émets alors la théorie que le Philharmonique de Berlin doit sérieusement intimider ses spectateurs, certainement terrorisés à l'idée d'être foudroyés par le fantôme de Karajan. Quelques instants plus tard, j'ai l'occasion de vérifier ma théorie : l'ami mélomane-musicien a ses entrées, et nous nous retrouvons dans les loges. Cernée par des dizaines de musiciens en train de se changer / trimballer d'immenses étui à contrebasses, je n'en mène pas large. Au bord de la panique, je me retrouve en train de serrer la main à un très courtois premier violon qu'on me présente (du Philharmonique de Berlin ! parlant français sans accent ! amateur de baroque ! élève de Heifetz !), à sourire timidement aux musiciens que l'on croise, que manifestement nous gênons - ca prend de la place un violoncelle. Après avoir franchi l'embouteillage qui entoure Simon Rattle, et fait un grand sourire à Mitsuko Uchida, qui sautille en souriant de toutes ses dents, nous descendons l'escalier de service derrière un vieux monsieur que je crois déjà avoir vu quelque part : "mais si! Tu connais!" Euh non, je ne vois pas. "Ivry Gtlis, voyons!" . Oups. Il ne reste plus qu'à traverser le long couloir de l'entrée rue Daru, en affichant un air digne et serein, alors que des dizaines de musiciens (du philharmonique de Berlin!) s'y massent.

Pfiou, en effet, c'est intimidant.

jeudi 25 février 2010

Mieux que l'orchestre du Concertgebouw, l'orchestre des Concerts Gais ( & beaux)

Il n'est pas magnifique, ce flyer ?!


Décrytons-le ensemble :

- le chef, c'est le youpi-chef déjà présenté il y a quelques semaines sur ce blog,
- le soliste, c'est Gentil-Prof (aussi connu pour ses mocassins poussiéreux). Première répétition avec soliste samedi dernier, et ma foi, c'était plutôt très très bien !
- chez les seconds, il y a ma co-pupitre préférée et moi,
- chez les altos, Djac et son alto-matic et Zvezdo qui a lâché son violon pour un alto et depuis, crâne en jouant des do grave.
- chez les cuivres, Etnobofin, qui joue de la trompette et/ou boit des cafés.
Ca reste en famille, tout ça.

Le concerto de Beethoven, c'est super; de toute façon, du Beethoven, c'est rarement décevant. Quant au Schubert, je laisse la parole à un expert : "la 4ème de Schubert, à juste titre surnommée "Tragique", l'est surtout pour les 2èmes violons; attends-toi à souffrir. Les traits du final sont diaboliques, et les seconds les jouent tous en alternance avec les 1ers et les altos : c'est la pire des parties dans cette symphonie ... Un concert de cauchemar en perspective, traumatisme assuré.".

J'ai des préventes, mettez-donc de côté 12€ que je vous en vende une ! Et bloquez votre 17 ou 18 avril !

mardi 23 février 2010

Mon chat n'est pas mélomane

Un chat, c'est bien mignon, mais :

- un chat, ca aime squatter les boîtes à violon (ou alto). Certains apprécient la boîte à instrument doublée en poil de chat.

- les poils de chat incrusté dans les crins de l'archet, ca fait horriblement scrrrrriiiiitcher les cordes du violon quand on joue, une véritable torture auditive. (Maintenant, je sais pourquoi les archets sont en crin de cheval et non en poil de chat, au moins)

- un chat n'hésite à pas à recourir à l'Opération Séduction pour peu que vous travaillez un peu l'instrument : miaous implorants, roulades désespérées, escalade de jean, le minet a un catalogue infini de ruses pour forcer un instrumentiste à ranger l'instrument..

(sans oublier que le chat s'asseoie sur le clavier de l'ordinateur quand j'essaie de blogguer un peu. pfff)

jeudi 11 février 2010

LSO + Sir JEG = ♥

Salle Pleyel - dimanche 31 janvier 2010, 16h
London Symphony Orchestra & The Monteverdi Choir ; dir: Sir John Eliot Gardiner
Rebecca Evans (soprano), Wilke te Brummelstroete (mezzo-soprano), Steve Davislim (ténor),Vuyani Mlinde (baryton basse)
Beethoven : Symphonies №1 & 9

La situation est grave: ce concert fut inoubliable. Exceptionnel. Vite, mes notes, afin de concocter une chroniquette. Me voici aujourd'hui bien soucieuse, tentant de déchiffrer les notes prises au cours du concert, ne réussissant guère qu'à identifier un "guk" (?), un "schlourf" et un "amygdale" (incroyable?) qui ne m'aident que peu.
Il va falloir se baser sur des souvenirs enthousiastes, mais brumeux.

Je me rappelle arriver à Pleyel tiraillée entre mon amour immodéré pour le LSO (♥) et ma curiosité : le trio pour flûte, harpe et alto de Djac est en effet créé, une heure plus tard, à l'église américaine. J'écoute d'une oreille distraite mes râlouilleurs de voisins qui ronchonnent contre la programmation "Pleyel, c'est nul, je prends les Champs-Elysées l'année prochaine" (gné?) ou la numérotation des places "c'est nul, ce système de sièges pair et impair".. Comment peut-on être d'humeur grincheuse quand on va écouter le LSO ?! Je songe m'éclipser à l'entracte pour écouter le trio de Djac, mais je réalise bien vite, au bout de la première mesure de la Première de Beethoven, qu'en aucun cas je ne pourrai me risquer à manquer ne serait-ce qu'une miette de ce concert qui s'annonce fabuleux.

Sur la Symphonie №1, l'orchestre m'enthousiasme par sa verve, sa lisibilité, sa précision, son énergie. Tout près de moi, un musicogeek accompagné de son rejeton feuilletait le conducteur avant le début du concert : mais avec un LSO et un Gardiner, on n'a pas besoin de conducteur! Les plans, les mini-plans sont tous plus lisibles les uns que les autres, le son est clair et précis : ouste, le vibrato! Et les musiciens se prêtent au jeu, sauf une poignée de réfractaires. Et comme ce sont d'excellentissimes musiciens, leur son reste tout aussi chaud et velouté que d'ordinaire, si ce n'est plus. Ainsi la symphonie n'en devient que plus lumineuse, claire, sans perdre de sa beauté ni de son énergie.

Je trépigne d'impatience pendant l'entracte. J'ai du écouter auparavant une fois ou deux la 9è de Beethoven, et me rappelle vaguement une œuvre d'une longueur... Je me doute que cette œuvre assez conséquente va passer à la vitesse d'un TGV au galop avec des interprètes de ce calibre.

En effet. C'est habité, poétique, juste, plein de tension, de maîtrise, d'émotion, d'énergie.* Je suis tour à tour éblouie par deux 2nds violons au taquet (il faut dire que Beethoven ne lésinait pas sur les parties de 2nds, ce n'est pas du Puccini), par la beauté de la voix du baryton, par la capacité de Gardiner et de l'orchestre, à exprimer des nuances, des mouvements dans un ffffff qui devrait n'être que de la soupe sonore, par leur habileté à changer de caractère en une fraction de seconde, par la beauté et la puissance du chœur, par le visage rayonnant de Gardiner au moment où finalement on se décide entre le thème du premier mouvement et celui de l'Ode à la Joie - annoncé par les basses et le chœur fait son entrée fracassante, par la direction de Gardiner que je trouve lisible, habitée, entraînante, utile (et pourtant je n'y comprends d'habitude rien). Et cette musique, cette musique !

A des moments comme ceux-là, j'envie les Londoniens qui peuvent avoir leur ration hebdomadaire de LSO. Ainsi que les musiciens du LSO. Et quiconque qui a pu jouer/chanter avec Gardiner.

D'ailleurs, si vous vous demandiez. Est-ce que ce concert était parfait ? Et bien.. figurez-vous que les musiciens du LSO sont sans conteste les pires tourneurs de pages que j'ai eu l'occasion d'écouter - je frissonne d'effroi à repenser, entre autres, à ce schhllllourrf tonitruant en plein silence, juste avant l'entrée décisive du chœur. Mais c'était si fabuleux par ailleurs qu'on ne peut leur en tenir rigueur.. J'ai d'ailleurs un gros brin de nostalgie à me remémorer ce concert, vivement le retour du LSO à Paris !

A lire aussi : Where's Runnicles

dimanche 31 janvier 2010

Week-end musical

Ai

- adoré joué le premier mouvement du concerto de Beethoven pendant la répétition des Concerts Gais & Beaux*

- étouffée, noyée, sous un tsunami de croches à la fin du premier mouvement de la très Tragique de Schubert, peu de temps après qu'on nous a expliqué que la réexposition du thème, c'est comme rentrer à la maison, un bain bien chaud (avec mousse) tout prêt,

- écouté, larmes aux yeux, deux incroyables 1ère et 9ème de Beethoven par mon LSO adoré, sous la baguette de Sir John Eliot Gardiner, mon héros, depuis le milieu du premier rang de l'arrière-scène, comme si j'étais un second violon ! Le meilleur concert de l'année (enfin, je dis ça à chaque fois, n'est-ce-pas?), à part les tournes aussi passionnées que les seconds violons de l'orchestre,

- couru hors d'haleine le long du Quai d'Orsay pour arriver cinq minutes après la fin du concert où était joué, entre autres, le premier mouvement du Trio pour flûte, alto et harpe de Djac: "pouf, pouf, alors, c'était comment?"

* merci à Nicolas P. pour ce jeu de mot délicieux qui me fait glousser depuis quelques jours déjà.
(quelques chroniquettes viendront étoffer tout ça, mais après les vacances)

vendredi 29 janvier 2010

James Ensor et la musique - Quatuor Debussy

Musée d'Orsay, Auditorium - 28 janvier 2010, 20h
Quatuor Debussy & François Dumont, piano

'James Ensor et la musique'
Guillaume Lekeu, Molto Adagio & un Quatuor à cordes (pas celui annoncé dans le programme, l'autre)
César Franck : Quintette en fa mineur
Brahms : Scherzo du Quintette av. piano

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Mon collègue et moi ne savons pas vraiment quel peut bien être le lien entre James Ensor et le concert - manifestement, les musiciens du quatuor Debussy non plus, car ils invoquent des motifs plus ou moins plausibles pour avoir intégré telle ou telle œuvre au programme du concert.

Programme intéressant, car il permet de découvrir un compositeur que je ne connais absolument pas : Guillaume Lekeu, un belge que les français aiment considérer français, comme le souligne malicieusement le premier violon du quatuor. On ne peut que réprimer un frisson à l'idée que ce jeune homme est décédé à 23 ans à peine, du typhus.

Le programme a changé entre l'impression du programme-papier et le début du concert : on commence par un Molto Adagio languide, mystique et délicat à souhait. Ce morceau précède un quatuor à cordes. Mais le premier violon prend un malin plaisir à embrouiller son public: après son petit top, on ne sait plus s'il est question de jouer un quatuor inachevé, ou l'autre, l'achevé, ou si c'est l'Adagio Molto, qui en réalité, est inachevé. Qui devait d'ailleurs être joué ensuite, d'après le programme-papier.
Oh, bref.

Le quatuor joué, achevé ou non, est composé de six parties. Les mouvements agités me plaisent un tantinet moins, les mouvements lents sont très beaux, et laissent une place généreuse à de beaux solos pour le violoncelle et l'alto en particulier. C'est très beau, ni horriblement romantico-dégoulinant (on approche du XXè siècle) ni simpliste, et pourtant très accessible. J'irai ré-écouter avec joie cette pièce.

Un mini-entracte s'ensuit, avant d'enchaîner sur du Franck, un quintette avec piano, en l'occurrence. Je suis un peu inquiète, car je n'aime guère César Franck, qui me fait le même effet que Schumann : il a en commun avec ce compositeur d'étirer le temps - 10 minutes passées à en écouter en paraissent quarante. Je suis persuadée que l'enfer est peuplé de petits diablotins qui jouent sans discontinuer la sonate pour violon, accompagnés par des gobelins au piano.

Et pourtant, cette œuvre commence sous d'heureux auspices : un auditeur distrait fait sonner son téléphone, sonnerie malicieusement reprise en pizz' par le second violon, ce qui fait s'esclaffer le reste du public. Le second violon ne perdra pas sa bonne humeur, et son visage reflètera fidèlement les émotions que cette musique est censée évoquer : il affiche un grand sourire réjoui avant d'entamer de belles phrases musicales un peu grandiloquentes, il se cache derrière son pupitre, tous sourcils haussés, avant un pianissimo-surprise, et prend un air méchant avant un martelé agressif. Si je n'arrive pas à m'intéresser à la musique de Franck, je prends un plaisir sans mélange à voir l'enthousiasme avec lequel ce second violon joue sa partie, qui contraste avec les mines respectivement sereines et absorbées du violoncelliste et de l'altiste.

Et mes conclusions quant au quatuor ? Et bien, si j'avais trouvé le quatuor Gourmet enthousiasmant mais légèrement insuffisant techniquement, le quatuor Ysaye froid, je suis proprement enchantée : l'équipe est sérieuse sans se prendre au sérieux et on ressent le plaisir qu'ils prennent à jouer de la musique et à faire découvrir de nouvelles pièces au public.

Et en bis, le quatuor décide d'exaucer les souhaits du pianiste, et de joyeusement donner en bis le scherzo du quintette de Brahms. Ca donne envie de bosser son violon pour pouvoir faire un jour de la musique de chambre, tout ça...

(image chipée sur le site du quatuor Debussy, merci de votre compréhension)

mercredi 27 janvier 2010

le Crado'lfège TM

Le solfège est souvent assené aux tout petits qui commencent la musique, très certainement afin de s'assurer que seuls les futurs pros continuent l'étude de la musique et que les éventuels futurs musiciens amateurs soient à jamais dégoûtés de la musique.
Et cette stratégie fonctionne du feu de dieu.

Quand on apprend sur le tard, sans solfège, vient un moment - assez rapidement, où on finit par réaliser que le solfège n'est pas complètement inutile, notamment pour tout ce qui touche aux questions rythmiques. Apprendre quelque chose quand on en voit la finalité, ça marche tout de suite mieux. Mais le solfège, ça reste très rébarbatif, admettons-le.

J'ai du développer des stratégies alternatives : je vous présente ainsi ma méthode de solfège pour débutants, le Crado'lfège (TM), issu illustré par quelques exemples tirés de la partie de seconds violons du Concerto pour violon de Beethoven. Toute la méthode est basée sur le principe suivant : au lieu d'ânnoner des notes au nom barbare, énoncer des phrases simples tout en frappent régulièrement dans ses mains.

1. Les doubles croches
Dans cet exemple (et tous ceux qui vont suivre), il faut taper des mains, relativement régulièrement sur les petits points rouges, qui figurent les temps.
Exemple 1 :

Personnellement, je gamberge trop quand il s'agit de caser quatre notes dans un temps 'trop long?' 'trop court?' 'c'est quoi le bitonniau au milieu de la mesure?' et bam, je me suis pris entre temps trois mesures dans le nez.
Ici, il s'agit juste de taper des mains régulièrement : tout en énonçant les paroles "dans la salle de bains, dans la salle de bains", en essayant juste de mettre le 'dans' et le 'bain' sur le clap.
Hop: vous savez faire des doubles croches.

Exemple 2
"dans la salle de bains" ne marche malheureusement pas pour les longues séries de doubles croches. Il faut trouver autre chose. Les Indiens (notamment les percussionnistes) énoncent des syllabes qui donnent à la fois une indication de frappe, et de rythme : "taghadindinda, taketakadin", mais c'est complexe. "un deux trois quatre un deux trois quatre", simple mais monotone, à la longue.

Pour ce passage , je vous propose la solution suivante :
les syllabes suivantes: pi, dans, bains, plif et plouf, tombent sur le temps; temps que vous frappez dans les mains, bien sûr. Pensez-juste à parler un peu rapidement pendant les doubles.

3. Difficulté supplémentaire, le triolet
Quand on cherche à caser trois notes dans un temps, immanquablement, on en case deux si on est endormi, quatre en pleine forme. Trois notes, c'est redoutablement difficile.
Voici l'astuce (toujours le concerto pour violon de Beethoven, partie des seconds violons)

Un clap, un popotin, un clap, un popotin. Les triolets? Fingers in the nose !

La prochaine fois : des trucs syncopés.