mardi 23 juillet 2013

Paris - Salzburg.


14 Comms'
J'ai envie de vous raconter une histoire de train : vendredi soir, je devais écouter Nikolaus Harnoncourt diriger la Création de Haydn au Festspielhaus de Salzburg. C'était le concert d'ouverture du Festival. Après moult réflexion, pour éviter de jongler entre trains et avions à Munich, j'avais opté pour le train. Ce qui m'enchantait d'autant plus que j'aime les longs trajets en train.

Avant toute chose, il faut savoir que je suis soumise à ce qu'on pourrait appeler une Poisse des Transports. En ma présence, les trains se trompent d'aiguillage, des avalanches bloquent les routes, les billets s'impriment avec des erreurs d'horaires, des pluies torrentielles emportent les routes sous mon nez, les voitures qui n'ont jamais souffert de panne se mettent à battre la campagne, et le reste à l'avenant. Il n'y jamais eu de victimes, à ma connaissance, il s'agit donc d'une forme de poisse plus malicieuse que maligne. Mais à cause d'elle j'ai du par exemple, après une longue et éprouvante nuit de négociation, lâcher un mois de salaire à un douanier réjoui, enchanté que je me retrouve dans son pays sans visa - rapport à la fameuse route, emportée quelques heures auparavant par un torrent de boue.

Je prends donc ce phénomène en compte quand je planifie un voyage. Hors de question de prendre la voiture sans un téléphone bien chargé, un pique-nique et une petite laine, hors de question de faire un trajet en train sans planifier ici ou là quelques heures de battement pour éponger les inévitables retards. Pour aller écouter mon Nikolaus Harnoncourt vénéré à Salzbourg, j'avais prévu large :
* premier TGV du matin pour Stuttgart, départ peu après 7h, arrivée à 11h04. Nous l'appellerons désormais Train 1.
* à Stuttgart, un changement (trop juste à mon gout, mais il n'y avait pas d'option plus satisfaisante) pour l'ICE en direction de Munich, départ 11h12, arrivée à 13h27, ci-après dénommé Train 2,
* enfin, après une bonne heure de battement à Munich, le Munich-Salzburg Express de 14h28 devait m'amener à Salzburg pour 16h11, avec un peu plus de trois heures de mou pour me rafraîchir, me changer (la tenue vestimentaire est prise très au sérieux, dans les lieux de concert autrichiens. Alors, pensez-vous, à Salzburg, dnas le saint des saints des festivals de musique, qui plus est pour le concert d'ouverture des Festspiele ?), peut-être même boire un petit quelque chose sur une terrasse ensoleillée avant le début du concert, à 19h30.

Ai-je péché par arrogance ? N'aurais-je pas du prudemment imprimer avant mon départ tous les horaires et combinaisons de trains possibles qui auraient pu m'amener à Salzburg ce jour-là ? Voyons voir :

6h30, Paris, Gare de l'Est. Je gambade d'un pas alerte sur le parvis de la Gare de l'Est, sans même jeter un coup d'oeil vers les boutiquettes de croissant et sandwiches. Bah, j'aurai amplement le temps de manger un morceau à Munich.

9h30, le TGV, quelque part entre Paris et Stuttgart. L'adorable contrôleur du TGV, alors que je m'enquiers de l'éventuelle possibilité d'un retard, m'annonce que tout va bien sur notre train, mais que le train que je dois attraper à Stuttgart a d'ores et déjà accumulé une vingtaine de minutes de retard. Tiens donc.

11h50, gare de Stuttgart. J'essaye de calmer mon appréhension grandissante via quelques doses bien corsées de nicotine, dans ces mini-carrés-fumeurs dessinés au sol autour de cendriers stratégiquement disposés, où les fumeurs s'adonnent à leur vice préféré en toute légalité, sans abandonner de mégots partout. Le train n°2 arrive enfin en gare, au grand soulagement de l'amas de voyageurs qui l'attendaient voie 16. Néanmoins, ce train, avec ces vingt minutes de retard qui sont devenues trente puis quarante-cinq, risque de me faire manquer ma correspondance à Munich pour Salzburg : s'il prend ne serait-ce que 10 minutes de retard en plus, je louperai le Train n°3.

12h30 l'Intercité / Train n°2, entre Stuttgart et Munich. Une voix grésillante sort du haut-parleur "j'ai euh, une nicht so gute nouvelle à vous annoncer. Un voyageur a souffert d'un malaise dans le train qui nous précède sur les voies. Les équipes médicales sont toujours au travail, nous devrons donc emprunter une déviation, nous aurons un retard non pas de quarante-cinq minutes, mais d'une heure et quart".
Oublié, Train n°3. Il faudra prendre le Munich-Salzburg suivant.

13h00, aux toilettes de l'Intercité - Train n°2. "J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Le train devant nous est reparti, nous arriverons à Munich avec quarante-cinq minutes de retard !" claironne le haut-parleur. Hourrah ! Or à 14h10, nous sommes toujours en route. 14h20, toujours pas de Munich Hauptbahnhof en vue, où mon 14h28 pour Salzburg m'attend. 14h26, le train fait mine de ralentir. 14h27, le train entre en gare. Devant ma mine blafarde, mes co-voyageurs s'inquiètent. Je les rassure, je ne suis pas au bord du malaise, je n'ai qu'une minute pour attraper ma correspondance, cinq ou six quais plus loin, c'est tout.

14h27, gare de Munich. "EntschuldigungentschuldientschuldiPARDON...." beuglé-je, cavalant comme une forcenée en direction du quai 14, i me faut louvoyer entre les amas de valises, les voyageurs. Vite, vite, vite, le quai 14.

14h28, quai 14 de la Munich Hauptbahnhof. Pas un train. Pas un voyageur. Rien. Ce quai est désespérement vide.
Sur un coin du panneau électronique, une mention : "ce train partira aujourd'hui voie 18". Mais, j'en viens ?!
Et me voilà traversant dans l'autre sens la Gare de Munich, ma valise vole au vent dans mon sillage. Je prends un dixième de seconde pour envoyer un regard éploré vers le stand à Wurst de la gare, le dîner de la veille commence à faire sentir son éloignement. Je suis fatiguée, j'ai faim, j'en ai marre de courir après des trains.

14h29. Quai 18 de la München Hauptbahnhof. Il y a un train, mais pour Frankfurt. Un conciliabule avec un agent DB en pause-clope m'apprend que certes, ce train-ci est en partance pour Frankfurt, mais dès qu'il aura débarrassé les rails, il sera remplacé par le train pour Salzburg.

15h00. Me voici dans le Munich-Salzburg ! Je suis dans mon Train n°3 ! En mouvement ! Pas trop en retard ! A peine un quart d'heure plus tard, mon train numéro 3 effectue son premier arrêt, à Munich-Ost. Et y reste arrêté. Trois minutes. Cinq. De fil en aiguille, les cinq minutes se transforment en une demi-heure. Ma voisine de train n'en sait pas plus que moi. Je calme mon angoisse à coups de cigarettes, qui vire à la panique quand le monsieur un tout petit peu trop piercé, un brin trop tatoué, me demande comment on va à Berchtesgaden, et s'il y a un train, est-il à l'heure. Mais je ne sais pas comment on va à Berchtesgaden. Ai-je une tête à savoir comment on va à Berchtesgaden ?!

Soudain, un haut-parleur annonce qu'un autre train partira pour Salzburg, de la voie x. C'est maintenant Munich-Ost que je traverse au pas de course, à l'autre bout m'attend un petit train régional bavarois. Il va où ? Salzburg ? Rosenheim ? Le panneau dit Rosenheim. Le haut-parleur, Salzburg. Les passagers sont partagés. Que faire ? Rester à Munich-ost, tenter un vrai train officiellement à destination de Salzburg ? Rentrer à Munich Hauptbahnhof ? Pas le temps. Louer une voiture ? Un coup à finir dans un ravin. Taxi ? Pas les moyens. Tant pis, je tente ce 'Rosenheim ou Salzburg'. Il faut que j'avance. Le temps presse. Je devrais déjà être à Salzburg.

16h00. Notre train n°4 se remet en branle. Dans la mauvaise direction. "Eine neue Perspektive", s'amuse un de mes voisins de train. Enfin, une voix daigne annoncer qu'exceptionnellement ce train poursuivra sa route jusque Salzburg et non Rosenheim. Je laisse pousser un soupir de soulagement si sonore qu'il fait glousser mon wagon. Puis, ce train, qui aurait du être un Munich-Salzburg express, s'avère être un tortillard bondé qui serpente dans la banlieue de Munich, s'arrêtant flegmatiquement toutes les quelques centaines de mètres, entre deux stations, au milieu d'un champ de maïs, entre deux jolis chalets bavaro-tyroliens de la banlieue munichoise. Quand un des voyageurs dit à son téléphone "être en route, mais que le train fait une pause", le compartiment éclate d'un rire teinté d'une pointe d'hystérie. Personne n'a le début d'une idée d'où on va, comment on y va, mais ce train continue son chemin avec indolence. Peu après le champ de maïs, on s'attarde quelques interminables minutes en bordure d'un terrain de foot où de petits Bayern-Munichois hauts comme trois pommes s'entraînent avec enthousiasme. Il est quatre heures et demi passées, bientôt cinq heures, et nous venons de nous faire doubler par un vélo. Un vélo, bon sang.

Furieuse, je textote l'Escogriffe. Je veux des infos fraîches. Les horaires de tous les Rosenheim-Salzburg de la journée, une sit'rep' détaillée, des infos, une estimation de la distance à parcourir, en kilomètres, en heures et en pourcentage de distance restant. Et vite.
"E: ...les problèmes sont dus à des inondations... par exemple la ligne ICE 11 est perturbée, c'est le bordel, en particulier à Berlin. C'est aussi le bordel en Autriche et en République Tchèque.
K: A ce train, je suis à Salzburg dans 3 semaines. Deisenhofen. Là. C'est où.
E: bout sud de Munich, tu devrais arriver sans doute à Sauerlach.
E: Y'a un autre problème. Défaillance du poste d'aiguillage entre München et Rosenheim. D'où le détour. Vous faites une boucle par le sud avant de récupérer la vraie voie.
K: Quoi ? travaux + voyageur malade + inondations + aiguillage défaillant ? Maudite. Faim. Bruckmühl. C'est où ?
(...)
K: Bad Aibling. Loin ?
(..)
Bad Endorf. Combien ?
Chiemsee ?" 
A six heures vingt, on n'avait parcouru que le tiers du trajet Rosenheim-Salzburg. Et ces fichus lacs de montagne qui font faire des détours au train. A Teisendorf, avant de descendre, ma voisine me rassure : il ne reste que quatre arrêts avant Salzburg, j'y serai certainement vers 19h. Je la remercie d'un sourire plein d'espoir. Il faudra certes que je me change dans le train, que je me rue sur un taxi en gare de Salzburg, mais je ne manquerai pas le début du concert, une demi-heure devrait suffire.

18h35. Je sors des toilettes du train, dans ma robe de concerts autrichiens et de mariages, formidablement élégante et ridicule dans mon TER. Quelques instants plus tard, je comprends que j'avais commis une erreur funeste. Me changer avant même d'avoir acquis la certitude d'arriver à bon port revenait à clamer haut et fort à la face du destin que je pensais pouvoir déjouer ses pièges. Un dernier camouflet me punit de mon arrogance.

"brrrrzz, grrrbz", grésille une voix désincarnée "ce train n'ira pas jusqu'à Salzburg, le terminus est Freilassing. Je répète, le terminus est Freilassing".

J'éructe une bordée de jurons concernant l'intelligence, la droiture morale et les habitudes sexuelles de ce train. Peut-être l'accent fortement bavarois du conducteur m'a fait comprendre de travers ? Une voyageuse me confirme que, par un caprice de l'ÖBB et de la DB, c'est foutu pour Salzburg. Il est 18h55, nous voici à Freilassing, le prochain train pour Salzburg ne passe que dans dix longues minutes. Je fais part à ma nouvelle amie de mes contraintes temporelles. Elle blêmit. Elle sait, pour bien connaitre la région, qu'il n'y a aucune chance d'arriver à temps au Festspielhaus. On tente le tout pour le tout : le taxi.

A Freilassing, il n'y avait qu'un taxi. Il vient de partir. Nous grillons nerveusement une cigarette. Il parait que c'est la première fois qu'elle voit un telle pagaille sur la ligne Munich-Salzburg. J'étouffe une sentiment de culpabilité. On attend le S-Bahn, le tramway, de 19h05. 12 minutes de trajet jusque Salzburg.

Alors pourquoi se traîne-t'il, pourquoi prend-il une pause de 5 minutes à Salzburg Europark ? Mon voisin de devant mordille sa barbichette, l'air soucieux, il regarde frénétiquement sa montre. La mienne indique 19h26. On vient tout juste de dépasser Altstadt - le doute me torture : aurais-je du descendre là ? - et je dois me rendre à l'évidence, j'ai perdu. Je fais le deuil de mois d'attente enthousiaste, des mes billets réservés en janvier dernier, d'une journée stérile passée dans des trains. Je ne verrai donc pas Harnoncourt et le Concentus Musicus diriger la Création. Pas sur ce plan d'eixtence. Je ne peux retenir mes larmes.

19h28. Mon amie me hurle "tout droit, à droite. Un peu à droite, seulement, les taxis". Trop près du but pour abandonner. Je traverse une n-ième gare en courant. Tout droit, tout droit. Plus vite. Taxis. Je plonge dans une portière ouverte. Déjà quelqu'un dans celui-ci. Mon voisin barbichu du train.
" - Festspielhaus ?
- Festpielhaus.
- Je viens avec."

Le taxi démarre en trombe.
L'oeil du cyclone, ce trajet en taxi. Ce n'est plus entre nos mains, nous sommes à la merci des feux rouges salzburgeois, du bon vouloir des ouvreurs et du moment auquel Harnoncourt choisira de quitter sa loge. Nous nous racontons alors brièvement nos vies. Lui, il vient de Mannheim, sa fille, de Kassel. Harnoncourt à Salzburg, c'était leur cadeau de Noël. On s'amuse à espérer que des musiciens aient été coincés dans notre train et retardent le début du concert. Je regarde furtivement ma montre mais n'ose annoncer à mes nouveaux amis que c'est définitivement fichu : il est 19h33.

19h34, le taxi déboule en trombe dans la célèbre rue du Festpielhaus. Pas le temps de se laisser impressionner par le décor, ces falaises qui surplombent les bâtiments, le tapis rouge sur la rue, nous nous tordons le cou pour identifier le Festspielhaus. A gauche ? A droite ? Droite. Un escadron d'ouvreurs du Festspielhaus se mettent en formation de combat pour nous escorter vers la salle, si tant est qu'on peut encore rentrer. Un escalier. Un ascenseur. Au loin, un bruit d'orchestre qui s'accorde. Nous lançons nos valises dans la direction générale des vestiaires. Un petit bout d'escalier. Enfin...

... la grande salle du Festspielhaus.

Et je me retrouve, debout, au milieu du balcon du Festpielhaus, au point de convergence de quelques centaines de regards réprobateurs. Les ouvreurs m'ont abandonnée, ils ont cru que mes amis allemands et moi étions assis ensemble. Il règne un silence de mort dans la salle, je ne peux plus appeler du secours. A gauche, en contrebas, l'orchestre et le choeur, installés, prêts à démarrer. Les solistes se dirigent vers leurs sièges, Nikolaus Harnoncourt est déjà entré sur scène, il lui reste quelques mètres, quelques secondes à parcourir jusqu'au pupitre de chef. C'est le temps dont je dispose pour identifier, rejoindre ma place et m'y asseoir. A droite, un balcon de Festspielhaus rempli aux entournures. Un seul et unique fauteuil inoccupé, en plein milieu. Ce sera le mien. J'agite vaguement mes lèvres en forme de "Entschuldigung", enjambe dirdnl-s et robes longues, m'écroule sur mon fauteuil. Une fraction de seconde plus tard, Harnoncourt donnait le départ du prélude de la Création : le Chaos.
dimanche 21 juillet 2013

Harnoncourt, à Graz


8 Comms'
Vendredi 28 juin 2013, Helmut List-Halle, Graz (Autriche)
Chamber Orchestra of Europe, Arnold Schönberg Chor, Nikolaus Harnoncourt (direction), Philipp Harnoncourt (mise en scène)
Elisabeth Kulman (Boulotte), Johannes Chum, (Le Sire de Barbe-Bleue (sic)), Sophie Marin-Degor (Fleurette), Cornel Frey (Le roi Bobêche), Sébastien Soulès (Popolani), Thomas E. Bauer (Le comte Oscar), Markus Schäfer (Le prince Saphir), Elisabeth von Magnus (La reine Clémentine)

Jacques Offenbach : Barbe-Bleue.

Je n'ai pas tout de suite réalisé que chacun des concerts dirigés par Harnoncourt a sa personnalité, son caractère propre. A Berlin, on se trouvait très clairement dans le registre du Grandiose, avec cette inoubliable 5è de Beethoven jouée par la Rolls des orchestres, le Philharmonique de Berlin. A Vienne, avec le Concentus Musicus Wien, ce mini-orchestre virtuose et survitaminé, ils ont joué à en décrocher les lustres du Musikverein et les mâchoires d'un public hilare.

En choississant de diriger le Barbe-Bleue d'Offenbach pour cette édition du Styriarte, Harnoncourt annonçait clairement la couleur. IL avait envie de rire. De monter un canular géant. Après avoir relu le livret, adapté en allemand par les Harnoncourt, force est de reconnaître que les Harnoncourt sont des experts, des Maîtres de la blague potache. Le tout saupoudré d'un soupçonnet de kitsch. Oui-Oui à Harnoncourtville, en somme.

A Harnoncourt-Ville, de gigantesques lutins à tête de Harnoncourt s'ébattent sur les affiches, des banderolles, des magazines, la ville en est entièrement recouverte. Harnoncourt s'invite jusque dans les vitrines des magasins, où les mannequins en plastique arborent à leur minuscule poignet de joyeux sacs en papier aux couleurs du Festival d'Harnoncourt, le Styriarte. Le Harnoncourt-Shopping, c'est bon.

La Helmut List Halle a beau être maladroitement située en banlieue de Graz (tout est relatif, ce coin de banlieue est à 20 minutes du centre, d'un pas allant, sans presser), entre des voies de chemin de fer, les locaux d'un Stahl Grosshandel et des magasins d'aménagements, elle est surtout au milieu d'une immense pelouse, où s'ébattent en fin d'après-midi les chiens-chiens du quartier en compagnie de leurs maîtres, avant de laisser place quelques heures plus tard aux spectateurs endimanchés qui profitent avec insouciance de l'entracte, clope au bec, verre de vin, gespritzt ou non, à la main. A la fin de l'entracte, en remplacement de la sempiternelle sonnerie pré-enregistrée, des ouvreurs en costume de hallebardier de dessin animé rassemblent les spectateurs égaillés à l'aide de petits gongs-jouets.

Sinon, tout le monde à Harnoncourt-ville en a pris pour son grade, pendant ce Barbe-Bleue : L'Autriche et son accent si pittoresque. Elisabeth Kulman / Boulotte débite ses récitatifs avec un accent autrichien à couper au couteau, du sud, d'un sud extrêmement méridional. Avec ou sans-sous-titres, je n'y comprends goutte mais je me régale de ces "r" sur-roulés et de ces voyelles qui font le tour de l'alphabet avant de décider de leur identité. Même les oreilles surentrainées de mes voisins grazois sont titillées, la salle entière éclate de rire dès que Boulotte ouvre la bouche.

Porcelaine d'Augarten (très chère: le petit 
cendrier de 3 cm de diamètre coûte une 
centaine d'euros.
L'Orchestre de Chambre d'Europe, le COE, le CIHOHI, le Tchambakestrayoyop, appelez-le comme vous voudrez, j'ai renoncé, se fait insulter : "On n'avait pas les moyens de se payer un grand orchestre, il a fallu se contenter du Chamber Orchestra...." entend-on chez le Roi Bobèche, quand l'orchestre ne se fait pas bombarder de divers objets contondants, obligeants les musiciens à se tapir sous leurs pupitres plutôt que de risquer recevoir un vase en porcelaine d'Augarten sur la tête. Les pauvres, dire qu'ils ont traversé la moitié de l'Europe pour venir jouer ici..

Le choeur a eu droit lui aussi, à ses Harnoncourteries, mais en répétition. "C'est de la musique qui sent mauvais, là ! Chantez vilain ! Chantez avec votre derrière !". Ont-ils chanté avec leur postérieur le soir de la représentation à laquelle j'ai assisté, je ne saurais dire.

Harnoncourt, après 60 ans d'une carrière hors du commun, en a certainement marre de diriger du grand, du très grand répertoire sérieux. Alors, chez Offenbach, il ne se refuse pas le plaisir de s'amuser comme un grand gamin. Ainsi quand Boulotte entame sa grande distribution de bisoux :
"Smouitch ! Splouitch ! ' embrasse Boulotte
" Tsouim ! tsouim ! " renchérissent les cordes, dans l'aigu.
Cà se dirige, il ne faudrait surtout pas que les gazouillis prennent du retard, ou que la bisouthon de Boulotte avance sur le tempo, voyez-vous. Les épaules d'Harnoncourt, qu'on devinent réjouies, donnent alors tour à tour le signal des bisoux et/ou le départ des tsouim.

Le public - les mécènes pas plus que les autres - n'est pas épargné : le D.G. de la Grazoise d'Assurances (la GRAWE) a appris au détour d'un récitatif chez le roi Bobèche que son entreprise était priée de financer la sauterie en l'honneur des fiancailles de Fleurette. C'est certes mieux qu'un logo esseulé dans un coin de programme. La veille, c'aurait été la Raiffeisen Bank qui a du mettre la main au portefeuille pour financer les épousailles de Fleurette.
Quand on essaie de reprendre son sérieux, voire de s'abandonner à l'émotion, les Harnoncourt dégainent impitoyablement un gag : alors que Boulotte boit la dernière goutte du vrai-faux-vrai poison que lui a préparé Popolami, elle chante un superbe mini-air, sotto voce, accompagnée avec une délicatesse poignante par l'orchestre. Je m'apprêtais à extraire délicatement un mouchoir de ma poche, et vlan, Boulotte lâche un magnifique rot, sonore et timbré, distinctement perceptible jusqu'aux derniers rangs de la Helmut List Halle, aussitôt souligné par un schlourf-schlourf enthousiaste de semelles de musiciens. A l'inverse, on n'a à peine fini de s'esclaffer qu'Harnoncourt donne libre cours à la force de frappe du COE avec un orage du troisième acte tout bonnement terrifiant.

Et en fin de soirée, quand on traverse dans la pénombre la banlieue industrielle de Graz dans le sens inverse, pris de cette sourde mélancolie qui suit immanquablement la fin d'un excellent concert, il y a encore des petits Harnoncourt ici et là pour vous consoler :
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(je me demande si les Harnoncourt n'ont pas relu leur Proust en préparant Barbe-Bleue "...le genre d'esprit Mérimée et Meilhac et Halévy, qui était le sien, la portait, par contraste avec le sentimentalisme verbal d'une époque antérieure, à un genre de conversation qui rejette tout ce qui est grandes phrases et expression de sentiments élevés, et faisait qu'elle mettait une sorte d'élégance quand elle était avec un poète ou un musicien à ne parler que des plats qu'on mangeait ou de la partie de cartes qu'on allait faire", vous ne trouvez pas qu'il y a comme un petit air de quelque chose ?)
vendredi 12 juillet 2013

'Autour de Tchaïkovski' (mais en Normandie)


4 Comms'

Dimanche 7 juillet, L. (Normandie)
Concert 'Autour de Tchaïkovski'
D. Vidal (clarinette), A. Catinchi, P. Hamel (violons), M. Rolland (alto), D. Harlé (violoncelle)

A l'air mauvais que m'adressa Madame G-P en me tendant une part une tarte aux fraises, je devinai qu'il me faudrait cette fois-ci rédiger illico la chroniquette, sous peine de ne plus pouvoir bénéficier des services - purement pédagogiques - de son Gentil-Prof de mari. Peut-être vaudrait-il mieux commencer par le commencement :

10h. Une station-service sous le périphérique, Porte de Pantin.
Un lieu de rencontre privilégié pour musiciens en covoiturage, parait-il. En effet, quelques boites d'instruments à cordes rôdent par là. Je fais le deuil de ma grasse matinée dominicale avec un café sélecta de station-service. Il est meilleur que celui du bureau.

12h-13h. Un salon normand. Un quintette avec clarinette volubile et une demi-douzaine de mélomanes autour d'une table. 
Le vin coule à flots, mais pas trop, les musiciens sont de service, aujourd'hui. Les langues se délient. Les musiciens s'échangent des histoires de guerre : l'histoire du chef si mauvais et si maladroit, qui, se vantait à qui voulait l'entendre d'avoir acheté aux enchères la baguette de Toscanini, jusqu'à ce qu'un corniste lui rétorque qu'il aurait été plus futé de se faire greffer le bras dudit Toscanini. L'histoire du chef dogmatique qui ne jurait que par le basson allemand et n'en finissait pas d'harceler ses bassonnistes, aucunement enthousiastes à l'idée de troquer leur basson français pour un fagott. A quoi bon, quand il suffit de scotcher un anneau de rideau de douche sur le pavillon de l'instrument pour transporter de joie son chef d'orchestre.

La palme de la plus belle histoire revient néanmoins à Monsieur H., en voyage en Egypte, avec sa famille. Au beau milieu d'un repas (à quinze plats !) donné par le consul de Damiette, je ne sais plus pourquoi il se sont retrouvés chez le Consul, peu importe, d'ailleurs. Soudain, on lui demande : "Mais, monsieur H., dites-moi, à Suez, en 1956, l'amiral de la flotte française ...?" " Euh oui. C'est Beau-papa, il est.. là, à côté du saladier.". Le repas s'est fini pacifiquement, dit l'histoire. Quinze plats, forcément.

17h-18h. Goûter normand. 
Tarte aux fraises. Fromage. Puis une visite guidée de la maison d'en face, que d'après la légende, Alfred Nobel avait acheté pour sa maîtresse. Quelques centaines de mètres carrés de tomette, de poutres apparentes, de fenêtres à croisillon d'un charme inouï. J'ai du mal à me défaire de l'impression d'être entrée subrepticement dans un décor de film.

20h30 Eglise de Gruchet-St-Simeon. 
J'avais craint que Gentil-Prof n'ait fait une sélection pifométrique d'oeuvres sur deux seuls critères : la nationalité du compositeur et la présence de 5 bémols minimum à la clé. "Mais il y a 12 bémols !?!", s'était écriée, outrée, une violoniste à l'ascendance indubitablement corsico-marseillaise. Mais ces craintes se sont avérées infondées : Gentil-Prof s'amuse à nous raconter, en petits épisodes émaillés d'anecdotes, que séparent à chaque fois une des oeuvres jouées, la folle épopée du Groupe des Cinq contre Tchaïkovsky. D'abord farouchement opposés (ce traître de Tchaïkovski était vendu aux idées occidentales (l'impérialisme brahmsien, sûrement)), puis rapprochés par de timides tentatives de réconciliation, au fur et à mesure que certains des Cinq mettaient un peu d'eau dans leur vin folkloriko-nationaliste. Je me surprends à souhaiter que les musiciens finissent de jouer, pour découvrir vite, vite, la suite du feuilleton.

21h30 Entracte, la placette de Gruchet, entre la mairie et l'église.
Un échange entre les musiciens et son public "Ah fichtre, vous avez une belle marque de violon dans le cou, hein... Vous savez, ma belle-mère était violoniste, elle a fait tout le conservatoire à Paris. Elle était très douée, je crois. Puis elle s'est mariée, elle a fait un beau mariage, d'ailleurs. Vous voyez, il était hors de question qu'elle accompagne son mari dans les grandes soirées mondaines, c'était dans les années trente, en robe de cocktail, décolletée, avec une marque dans le cou ! Alors elle a arrêté le violon, du jour au lendemain.. Une autre époque...! ". Mais que fiche-je là en jean-baskets ? Mon royaume pour une robe longue et des talons bobines !

22h Eglise de Gruchet. 
SI je me suis sincèrement réjouie de faire la connaissance d'adorables pièces comme les Poèmes Japonais d'Ippolitov-Ivanov, je ne m'attendais pas au choc de l'Andante funebre et doloroso du 3è et dernier quatuor de Tchaïkovski. Les interprètes sont superbes, le quatuor, constitué pour l'occasion, pourrait sérieusement songer à se pérenniser (les détails ne trompent pas : un beau son homogène, une belle écoute entre musiciens, qui leur permettent de déjouer les pièges-à-mauvais quatuors : les pizz' !) L'église, un peu étourdie par la masse d'information sonore à traiter, avait jusque là  tendance à embourber le son des cordes, mais elle s'avère subitement plus coopérative, maintenant que les musiciens ont mis la sourdine, et le son des cordes, toujours vigoureux, mais moins dense, moins complexe, redevient limpide, et confortablement arrondi par l'église. Les conditions sont idéales pour se laisser envoûter par ce quatuor, dépouillé à l'extrême, qui a effectivement un petit quelque chose de chant liturgique orthodoxe. Une fois n'est pas coutume, c'est le second violon qui tient le rôle principal, je l'aurais peut-être imaginé encore plus archidiacreuse, cette déclamation sur corde de sol, le choeur de cordes en arrière-plan..

Gentil-Prof avait astucieusement programmé des choses plus guillerettes pour se remettre de cette oeuvre poignante : une adorable Rêverie orientale de Glazounov, qui fait la part belle à l'alto et à la gouaille de la clarinette, des 'Esquisses sur des thèmes hébraïques" de Krein. Qui est Alexander Krein, je n'en sais rien, John Williams, lui, sait. Il y a comme un petit air de famille entre ces Esquisses et Le Terminal. Ou La Liste de Schindler - coucou, le petit motif en quintes descendantes !

23h30 
Le salon de Madame de S., où s'étalent à leur aise trois piano - dont deux demi-queue -  un orgue, une demi-douzaine de guéridons et fauteuils Louis XVI, et la moitié d'un musée d'art pictural :  Madame S. fait une entrée de diva, en tailleur blanc, les yeux étincelants, et s'installe dans un fauteuil, un éclat de rire écumant et joyeux aux lèvres, une flûte de champagne au bout de ses doigts quasi-centenaires. La ville de L. doit à Madame de S. ainsi qu'à son industriel de mari - deux fous de musique - le Jam Potatoes, probablement le seul festival de musique au monde à se tenir dans un hangar à patates, et la saison classique de L. Ainsi, quelques décennies folles, glorieuses, anodines, et deux guerres mondiales derrière elle, elle s'offre le luxe de punir d'un sourire narquois le violoncelliste qui au moment de prendre congé, dit se réjouir de la retrouver "l'année prochaine".

00h30  : Départ de L., mais pas avant que les parents de Gentil-Prof ne débouchent une exceptionnelle bouteille de Meursault. Il n'en fallait pas plus pour que Gentil-Prof se lance dans un grand plaidoyer pour les études de Sevcik, l'opus 8, l'opus 2 cahier x, les bienfaits thérapeutiques, violonistiques, la posologie idéale, etc, etc. Puis vient le moment de rentrer à Paris après quelques heures d'autoroute, retour à Paris, très tôt ou très tard, il faudra beaucoup de café (Selecta) le lendemain.

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Alexander Kopylov, Polka pour quatuor à cordes
Mikhaïl Ippolitiv-Ivanov, Deux Poèmes japonais, 
Piotr Tchaïkovski, Andante cantabile pour clarinette et quatuor à cordes,
Nikolai Rimsky-Korsakov : Allegro en si bémol majeur pour quatuor à cordes,
TchaÏkovski : Extrait du 2è quatuor à cordes
Nikolaï Artsybushev, sérénade pour quatuor à cordes
Aleksander Glazounov : Rêverie orientale pour clarinette et quatuor
Tchaïkovski : 3è quatuor à cordes op. 30, andante funebre et doloroso
Aleksander Krein, Esquisses sur des thèmes hébraïques op.12

lundi 24 juin 2013

En concert avec les Concerts Gais.


2 Comms'
Vendredi 31 mai et dimanche 2 juin, Temple des Batignolles.
Orchestre des Concerts Gais, Julien Vanhoutte (direction), Marlène Rivière (violoncelle)

Rimsky : Ouverture de la Fiancée du Tsar,
Fauré : Pélléas et Mélisande,
Debussy : Prélude à l'Après-Midi d'un Faune,
Saint-Saëns : Concerto pour violoncelle n°1

A tout seigneur, tout honneur : reprenons le cours de nos activités chroniquettantes avec ce qui a été l'évènement musical de ce printemps : le concert symphonique de l'Orchestre des Concerts Gais.

L'Ouverture de la Fiancée du Tsar. 
La légende veut que ce soit un tromboniste qui ait choisi d'inscrire ce morceau au programme du concert. Inévitablement, il avait omis de remarquer la quantité pléthorique de croches, de doubles-croches chez les cordes entre chacun des rudimentaires "pon !" de la partie de trombone. Prise de panique, j'avais passé les dernières nuits précédant le concert à me craqueler la pulpe des doigts sur les abominables traits de la Fiancée, une petite enclume en caoutchouc sur le chevalet du violon. En peine, si j'ai gagné en vélocité, je suis toujours restée coincée à 80% du tempo officiel.
Peu importe, j'avais ruminé ma vengeance et projetais d'envoyer une volée de grimaces bien senties à l'attention du Chef dès qu'il accélérerait avec un peu trop d'enthousiasme le jour J. Sans savoir qu'il avait de son côté prévu de m'adresser quelques oeillades taquines au début de l'accelerando. De fait, je suis restée le nez dans mon pupitre, lui, s'est retrouvé avec des urgences de chef à régler. Les seuls qui se sont amusés, ce sont les trombones.

Pelleas et Mélisande, Fauré.
J'ai eu un plaisir immense à travailler et à jouer ce morceau. Par contre, je ne peux ré-écouter les 17 minutes de Pelleas. A vrai dire, je me demande si Debussy n'avait pas un brin raison quand il écrivit que la Fileuse du Pélleas et Mélisande de son confrère Fauré tenait de la 'Fileuse de casino de station balnéaire'.

Entracte ! 
(du champagne à la buvette ! Hinhinhin)

Prélude à l'Après-Midi d'un Faune, Debussy.
Qu'il est trompeur, ce Faune. La première fois que j'ai vu la partition, je ne me suis pas méfiée. Trois petites pages de notes à jouer. Une promenade de santé ! J'ai vite déchanté. A la première répétition, je me suis retrouvée, paniquée, l'oeil vitreux, incapable de dire à quelle page on en était. L'écriture est brumeuse, sans repères, les mesures à durée indéterminée, en douzaine ou en neuvaine de croches, comment savoir. On croit savoir qu'Untel rentre sur la 6è croche et demie, nous aussi, non ? Non, plutôt avant, après, pendant, débrouillez-vous, cette musique ne prévoit pas de poteau indicateur à l'attention de ses exécutants. Il m'aura fallu écouter une bonne 50-aine de fois le Prélude pour m'y situer géographiquement à tout moment - à une ou deux mesures près - et pouvoir compter alternativement jusqu'à neuf, puis douze, sans me laisser distraire par tous ces instruments qui ne demandent qu'à vous induire en erreur.

A la générale, un petit miracle se produit : l'alto solo nous glisse une dernière astucette ("Non, non, ne comptez pas jusqu'à "huit" à la troisième de B. Posez votre 'woooom !' sur le 'tougoudougoudou' des violoncelles, sans stresser"), le flûtiste m'accorde gentiment une mini-master-class de debussysme. Je comprends enfin que le sol# de la ligne de flûte, c'est le Signal Magique, Celui Grâce Auquel Tu ne Peux plus te Perdre si Tu l'as Répéré. Je me sens enfin prête. Pour peu qu'avec l'émotion, je n'oublie pas comment compter jusqu'à neuf.

Au concert, était-ce la flûte - ensorcelante, les bubulles de champagne ? Lumière se fait dans mon esprit, je goûte enfin les joies cette écriture qu'on m'a tant vantée : le temps que cette musique suspend sans effort apparent, la chaleur un brin lascive de ses couleurs orchestrales, le plaisir sensuel de poser un ploum gourmand au beau milieu du rien, sans avoir à compter ni à réfléchir, juste à faire confiance à son instinct, parce que ce sublime ploum ne pourrait être nulle part ailleurs. Quand est-ce qu'on joue La Mer, dites ?

Concerto pour violoncelle n°1, Saint-Saëns
J'étais persuadée ne pas aimer jouer des accompagnements de concerto, je pensais ne pas aimer Saint-Saëns, je dois à Grand-Chef de m'avoir fait goûter le plaisir qu'on peut ressentir à jouer une tenue toute bête, pianississimo, les oreilles tendues en avant comme pour mieux se fondre dans le son de la soliste. En tant qu'orchestre, nous nous sommes probablement rarement autant écoutés les uns les autres. Mes sources dans le public - et l'enregistrement -  l'ont confirmé, la complicité entre la soliste et l'orchestre était tangible. Et quelle soliste ! Sa personnalité chaleureuse, son humour (elle connaît tous les Astérix par coeur (dans mes bras !)) en font une interprète toute idéale pour ce concerto - sans parler de sa technique irréprochable.

Et le bis.....?
Finlandia de Sibelius. Les cuivres se sentent autorisés à faire trembler les murs, il faut mettre au crédit de l'architecte du Temple des Batignolles que le ciel ne nous soit pas tombé sur la tête pendant la fanfare initiale. Heureusement, l'hymne central vient calmer les choses.

Et sinon ?
Il paraîtrait qu'au fond, là-bas chez les cuivres, d'aucuns aient oublié leurs partitions. Mais pas leurs iphones. C'est ainsi que l'Orchestre des Concerts Gais est entré de plein pied au XXIè siècle en adoptant par mégarde des pupitres électroniques.
Crédit photo : Bladsurb.
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Aussi : Bladsurb, Joël.
samedi 11 mai 2013

Planning du restant du mois de mai


0 Comms'
Mercredi 1er mai : Rainer Schmidt, second violon du quatuor Hagen, donnait une master-class à la Cité des Arts. Quand j'ai vu l'annonce sur le fil twitter de ProQuartet, j'ai poussé un glapissement de joie. Mon second violon préféré d'un de mes quatuors préférés ! J'y suis allée, j'ai ouvert grand mes oreilles et je crois avoir appris plein, plein, plein, plein de choses. Merci ProQuartet, merci M. Schmidt.

Lundi 13 mai - Cité de la Musique : l'occasion tant attendue d'écouter le Quatuor pour la fin du Temps de Messiaen. Au violon, Akiko Suwanai (c'est en partie à cause d'elle que je me suis mise au violon), à la clarinette, Michel Portal. Inutile de dire que j'en attends beaucoup, de ce concert.

Mardi 14 mai - Cité de la Musique : Lisa Batiashvili et l'orchestre de son hautboïste de mari (le COE !!) jouent le concerto pour violon n°2 de Prokofiev. Je n'ai pas encore eu l'occasion d'écouter Lisa Batiashvili jouer Prokofiev, si on exclut les deux-trois minutes de répétition que les Berliner Philharmoniker avaient mis en ligne à l'automne dernier, que j'ai écouté religieusement, en boucle, en frissonnant.

Jeudi 16 mai - salle Gaveau : l'Orchestre Colonne joue ma Pastorale bien-aimée, avec un chef qui leur réussit bien, Arie van Beek. Youpi ! Quant au concerto pour piano de Massenet, ma foi, on verra..

Mardi 23 mai - Cité de la Musique : retour à la Cité (où je suis destinée à passer mon mois de mai ?) pour le concert des Dissonances. En particulier, pour les Lachrymae de Britten jouées par David Gaillard, a.k.a. l'alto solo de l'Orchestre de Paris.

Jeudi 30 mai - Cité de la Musique : je suis absolument écoeurée à l'idée de manquer ce concert, où l'excellentissime Choeur de la Radio Lettone chante le Scardanelli-Zyklus de Heinz Holliger, sous la direction du compositeur. Mais je manque ce concert pour d'excellentes raisons, puisqu'au même moment se tient la générale de............... :


Avez-vous réservé ? Vous remarquerez qu'exceptionnellement, nous avons troqué notre Chef-Bien-Aimé pour un certain Julien Vanhoutte, qui n'est rien moins que l'assistant de Marc Minkowski aux Musiciens du Louvre-Grenoble. (les répés du Lucio Silla à Salzburg ? c'était lui !).
 

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