Séance de rattrapage avec le Duo Atlas

Une pause-déjeuner de deux heures et demie pour écouter un concert, était-ce bien raisonnable ? Pas vraiment, mais l’un des deux musiciens, Paul Zientara, figurait sur ma Chouchouliste Musicale depuis un bout de temps. Plus précisément, depuis le mouvement lent du (du ? d’un ?) concerto pour alto de C.P.E. Bach, aux Invalides, qui m’avait coupé le souffle. Ça faisait par ailleurs plus d’un an que je me mordais les doigts d’avoir manqué son concert à Meaux, en duo violon/alto avec son collègue violoniste Vassily Chmykov. Avec du Bartók dedans ! Enfin, l’occasion de me rattraper. Sauf que la punition

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Bach Sei Solo

Un jour, à l’issue d’un concert, j’ai vigoureusement houspillé un violoncelliste qui s’était contenté de jouer une demi-intégrale des Suites. Ben quoi ? C’était écrit « Suites de Bach», sur l’affiche du concert ! Ni « Sélection de Suites », ni « Suites, les impaires ». Il m’avait regardée avec de grands yeux effarés, avant de tenter de m’expliquer la pression subie par le musicien qui s’attaque à une intégrale en concert. Je n’avais été que modérément convaincue, d’autant plus que j’avais remué ciel et terre pour aller écouter ces Suites. Et que je le savais par ailleurs tout à fait capable de jouer les six à la

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Un concert pluvieux dans un potager royal

Il pleuvait avant le concert, suffisamment dru pour que les organisateurs rapatrient quelques dizaines de chaises sur scène, sous le chapiteau. On est parfaitement installés, blottis entre la queue du piano et la boite du violoncelle, tout près des musiciens. Il s’est arrêté de pleuvoir quelques instants avant le début du concert, mais trop tard déjà pour nous renvoyer à nos places. Pendant le Boëllmann, le soleil a même pointé le bout du museau. Aucune idée du temps qu’il a fait pendant l’Elégie de Milhaud, j’ai été happée. Est-ce que cette Elégie est si rarement jouée ou est-ce moi qui

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Pluie de violoncellistes à Salon de Provence

Salon, un soir d’été Mon grand périple pédestro-musical touche à sa fin. Plus qu’une dernière étape, entre Salon de Provence et Arles. A l’entrée du château de l’Empéri, je scrute le ciel, cherchant désespérément un nuage, ou la promesse de températures moins obscènes. Pas de nuage. Une escadrille de canadairs survole le château. Je saisis quelques bribes de conversation « … incendies de forêts… massifs fermés … mistral » et je m’interroge sur la pertinence de mon projet. Peut-être est-il temps de mettre le point final à mon périple. Est-ce vraiment futé d’aller vagabonder dans les Alpilles sous un soleil de

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Bain de forêt, pour violoncelliste et promeneurs

Le dernier concert auquel j’avais assisté, celui du vendredi 13 mars, un des derniers rescapés du tsunami d’annulations pré-confinement, avait été tout particulièrement poignant. Comme pour préserver la symétrie, il était crucial que mon premier concert post-confinement ait une portée comparable. Par conséquent, mon cahier des charges était long comme le bras : De la musique de chambre, si possible. Je crois être en train de développer une légère forme d’agoraphobie musicale, car je n’ai guère envie d’écouter du symphonique, ces jours-ci. Trop brillant, trop spectaculaire. Pas maintenant. Dans la même veine, je souhaitais un concert en tout petit comité. En

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Une histoire de violoncelle, de Gilets Jaunes bruxellois et de musées, d’après le Concerto pour violoncelle d’Edward Elgar

Quand, au détour d’une conversation téléphonique avec Gentil-Prof, je lui ai annoncé partir à Bruxelles, toutes affaires cessantes, afin d’y écouter Gary Hoffman jouer le Concerto pour violoncelle d’Elgar, il a été franchement interloqué. « Elgar ?! Trop sucré pour toi, ca ne va pas te plaire. » C’est vrai que depuis plusieurs années déjà, ce Concerto et moi nourrissons une franche inimitié. Il existe de ce concerto un enregistrement Planétairement Célèbre, gravé par une Violoncelliste Universellement Connue, mentionné dans la totalité des notes de programmes et des critiques de disques, comme pour rappeler à toute l’engeance violoncellistique que leurs efforts sont

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Le dernier concert

Ai-je glissé le câble d’alimentation de mon ordi dans mon sac à dos ? Peut-être l’ai je fait machinalement avant le lavage de mains de dix-huit heures trente ? Ai-je arrosé ma plante ? Éteint la machine à café ? Il est presque dix-neuf heures, je vais arriver en retard au concert. Ça fait quelques mois que j’ai marqué d’une pierre blanche cette date, je crois que je n’ai ni salué ni écouté Gentil-Prof depuis.. l’été dernier ? Quelle idée aussi, programmer un concert un vendredi 13… Quelques jours plus tôt, fin février Z., un de mes compagnons de concert préféré, lui aussi un

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Une Nuit Transfigurée au Louvre

A l’entracte, j’écoute distraitement Carnets babiller à côté de moi. Il analyse minutieusement les caractéristiques du quatuor Rolston, leurs partis pris musicaux dans Capriccio et dans le Souvenir de Florence. Moi, j’ai d’autres priorités. Il m’a ramené un délicieux gâteau de son séjour sicilien, et je suis très occupée à grignoter mon goûter sans répandre des miettes partout dans l’auditorium du Louvre. « – … tu sais, je me suis toujours demandé pourquoi les quatuors invitaient des solistes internationaux pour jouer la partie de deuxième violoncelle dans ce genre de répertoire. Tu prendrais un violoncelliste du rang de l’orchestre du coin,

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Le concert des Hanson sous les oliviers de la Bellevilloise

Il y a quelques semaines, Steven Isserlis pépiait sur twitter  : « Ça m’exaspère d’entendre des gens dire qu’ils ne vont pas au concert parce qu’ils ne s’y connaissent pas assez en musique classique. Je crois que mon ami Olli Mustonen a trouvé la bonne réponse « Ça revient à dire que vous n’allez pas vous promener en forêt parce que vous ne vous y connaissez pas assez en botanique.» » J’ai ri, bien qu’un peu vexée de ne pas être l’auteur de ce bon mot. De temps en temps, on fait appel à moi pour jouer les guides forestiers. L’année dernière, mon

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Les deux concerts du Duo Olitán

Ces deux concerts étaient à nouveau une fantastique trouvaille du Lutin Truffier. Quelques petites heures avant le début du premier concert, je reçois un message laconique de sa part : « Concert. CIA. 19h30. Tu viens ?» Je ne cherche pas à obtenir plus d’informations. Le programme ? Les interprètes ? Si c’est une recommandation du Lutin, ça en vaut la peine. Je fais juste préciser la localisation de cette mystérieuse CIA. Le premier soir, je viens tester les eaux seule, mais le deuxième soir, je me fais accompagner en grande pompe du Grand Mercier, du Collègue, ainsi que d’une Vedette Intergalactique des Arts du

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Une expérience musicale sur un chien, un pokémon et une poignée d’humains

Quelques amis m’accompagnaient à ce concert : je leur avais habilement laissé croire qu’il s’agissait d’un moment convivial, entre amis. Or l’objectif de leur présence à ce concert était tout autre, j’avais en effet besoin de quelques cobayes pour mener une expérience scientifique. Le protocole expérimental était le suivant : quatre sujets triés sur le volet assistent au même concert, leurs impressions sont ensuite recueillies et minutieusement analysées. Un des critères de sélection de l’échantillon était de ne jamais avoir été exposé auparavant au binôme Hoffman-Désert. L’unique paramètre qu’on fait varier au cours de l’expérience est leur niveau de mélomanie. Debussy, Sonate

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Le Quatuor Modigliani et leurs invités jouent Brahms au Louvre. Prologue : en quête de billets

Se procurer des billets de concert est d’ordinaire une simple formalité. Un coup de fil, trois clics et le tour est joué. Mais que diable ! Ca manque d’aventure, de panache ! Dans ce cas précis, il m’aura fallu des mois et des mois d’implacables manigances et quelques petits coups de pouce du destin avant d’arriver à mes fins. Tout commence l’hiver dernier, pendant l’épisode mini-caniculaire de février. Sans se douter du funeste enchaînement d’évènements qu’il allait déclencher, un des musiciens du quatuor Modigliani vaque à des occupations apparemment anodines. Il met à profit cette belle journée pour badauder, se procurer quelques livres dans

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Les Yako donnent un concert champêtre à Lourps

Où le narrateur traverse une bonne partie de la région parisienne à pieds pour assister à un concert intimiste de quatuor à cordes au milieu des coquelicots, puis savoure un délicieux goûter en compagnie de ses nouveaux amis mélomanes. Plus tard au cours de ses aventures, le narrateur sera recouvert de poudre de fées TM et mènera de grands débats proto-musicologiques dans un train quasi-désert. Non loin de Paris, le matin du concert. De bon matin, j’enfile mon plus beau pantalon de randonnée avant de glisser un pique-nique dans mon sac à dos. Au programme de cette belle journée, balade-concert

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Le klariscope