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Quatuor Hagen – Beethoven

L’année dernière, j’ai décrété qu’il était grand temps que je me mette à écouter de la musique de chambre, en particulier du quatuor à cordes. Ce genre m’intimide, et pas qu’un peu ! J’ai encore aujourd’hui un peu peur d’être rebutée par le son des cordes seules, sans adoucissant à vent, de m’ennuyer sans orchestre à observer dans ses menus recoins, d’être déçue par les œuvres jouées, etc etc (je me reconnais bien dans le billet de Musicasola ici). En contrepartie, je suis toute émoustillée à l’idée d’écouter mes musiciens préférés plus longuement que dans un concerto ou sur un solo d’orchestre, forcément trop

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Huit violoncelles au Parc Floral

La Musique Classique fait son cinéma au Parc Floral. Huit violoncelles. Pourquoi huit, je ne sais pas. J’ai longtemps cru que 12 était le nombre magique pour les ensembles de violoncelles : les 12 Violoncelles du Philharmonique de Berlin, les 12 Budapestois, etc, etc. Mais huit, c’est bien sûr plus commode pour les écouter à tour de rôle, et essayer d’identifier le Violoncelle-Chouchou-Adjoint*. La concurrence pour le poste est rude. Pourquoi pas Nadine Pierre, de Radio-France (que vous pourrez retrouver au premier rang des violoncelles dans cette superbissime version du concerto pour violon de Brahms), ou Emmanuelle Bertrand, qui jouent

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Les Tournes du Trio Wanderer

Le bien-nommé festival Classique Au Vert se tient en plein air, au beau milieu du parc floral, à peu près à mi-chemin entre le lac aux nénuphars et le mini-golf. En plein air, pour le spectateur, cela signifie savourer la caresse d’une légère brise de fin d’été, et ce petit rayon de soleil qui vient réchauffer un coude ou une épaule. Parfois le chant des mouettes interrompt d’un Hihihihiâââr perçant les musiciens. Le doux chuchotement des feuilles fournit une superbe toile de fond à laquelle vient se superposer la musique. Cerise sur le gâteau, le climat sain et tempéré du parc floral soigne

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Winterreise

Le concert a commencé une bonne quinzaine de minutes en retard, pendant lesquelles on a pu goûter les différentes couleurs du brouhaha pleyelien. De 19h55 à 20h03, un joyeux brouhaha où on distingue dépliements de chaises, feuilletages de programmes et murmures divers. Vers 20h05, un quasi-silence se fait, teinté d’un brin d’inquiétude. Petit à petit, l’inquiétude fait place à l’agacement. Un unique spectateur se met à applaudir impérieusement, comme pour convoquer le pianiste et le chanteur. Or il a surestimé l’agacement des spectateurs, car personne ne se joint à lui. Problème de timing, car quelques minutes plus tard, son initiative

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Prades aux Champs-Elysées

Quand j’avais vu la page de ce concert sur le site du Théâtre des Champs-Elysées, j’avais émis un chapelet de petits gloussements de plaisir : oooh, mon bassoniste préféré ! hiiii, le meilleur flûtiste du monde ! un de mes clarinettistes favoris ! Tout ensemble sur scène, pour un prix, de plus, nettement inférieur aux productions habituelles du TCE. Un programme engageant: Beethoven, Mozart, Brahms, que demander de plus ? J’avais essayé de rallier à la cause quelques amis : novices, mélomanes, une pincée de musiciens professionnels, pour toujours entendre: « Jacques Qui ? Zone? Zoune ? Zoon ? Tu es

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Pilulip Pilup Pip ! Chtoung ! Boum !

Salle Pleyel, jeudi 10 novembre 2011 Orchestre de Paris, Akiko Suwanai (violon), Paavo Järvi (direction) Weber, Ouverture du Freischütz,  Mendelssohn, Concerto pour violon  Berlioz, Symphonie Fantastique  *** Une des particularités de l’Orchestre de Paris est de se produire toujours deux soirs d’affilée sur un même programme de concert, le plus souvent les mercredi et jeudi soirs. Une pratique que j’approuve sans réserves, puisqu’elle simplifie énormément la gestion de l’agenda et permet, lors de concert particulièrement savoureux, de revenir le lendemain pour une deuxième rasade (surtout quand le soliste invité est grec, de préférence violoniste). Or, cette fois-ci, le choix était

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La Billetterie dont vous êtes le Héros

Que faites-vous le vendredi 27 mai et/ou le samedi 28 mai vers 20h30 ? Allez en 1. Vous êtes en vacances en Birmanie, aux Galapagos, sur l’Ile de Pâques. Avouez : vous ne savez pas lire le rongorongo, vous ne digérez pas la moinga. Annulez-moi sur le champ ce voyage et rendez-vous en 7. Si votre voyagiste refuse d’annuler votre séjour, rendez-vous en 4. Punaise. S’essayer à Schumann, brut de pomme, je n’aurais pas osé. A vos risques et périls. Votre ordonnance : deux Romances pour hautbois et piano par jour, une dose de Märchenbilder après les repas jusqu’au 27

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#conductormovies

(Ce billet s’adresse à mes lecteurs anglophones, mes plus plates excuses aux non-anglophones d’entre vous) Si vous ne twittez pas (et que les dieux vous préservent de tomber dans cette addiction), vous avez manqué le vent de folie qui souffla hier sur la twittosphère classico-musicale. Soudain, ce cercle composé de critiques musicaux de haut vol (les critiques musicaux français brillent pas leur absence), d’amateurs enthousiastes, d’équipes de comm’ de certains orchestres, de compositeurs, s’est transformé en gigantesque cour de récréation. Tout a commencé innocemment avec le gazouillis de Tommy Pearson : « Herbert von Carry On #conductormovies ». Puis les choses s’emballèrent,

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Carte postale de Cologne

Arrivée à Cologne. Nous filons droit vers la brasserie la plus proche pour un premier déjeuner allemand. Je sirote ma Kölsch à une table de cornistes.  » Tu comprends, Peer Gynt est en mi, je le lis donc en fa, mais j’utilise des doigtés de si b, car j’ai fait de la trompette, auparavant. Ce qui est dommage, car le Peer Gynt sonne nettement mieux sur le cor en fa. Par contre, K., il a un cor inversé et doit utiliser des doigtés de si b pour jouer sur son cor en fa. » Ben voyons. *** Morgenstimmung (Peer Gynt) Chez

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Répétition aux Concerts Gais – où comment rendre un second violon heureux

Moi, j’aime quand : – on me parle avec mes mots. Quand on me dit : « Ne jouez pas ces deux accords PwwrrraaaamPllaaaaam, c’est lourd et flou, jouez Palf! Chut! Plaf! Chut!  Ploum!* », je comprends tout, et me sens utile et musicienne. – je suis assise derrière un violoniste qui sait faire des contretemps. Il suffit de bouger le coude en même temps, ça marche tout seul, même dans le cas d’horribles contretemps très rapides, – j’aime les cafés gourmands du restau à côté de la salle de répétition. Et leur gratin d’aubergines. – Pierre, le soliste et gentil-prof, nous

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le Crado’lfège TM

Le solfège est assené aux tout petits qui commencent la musique, certainement afin de s’assurer que seuls les futurs pros continuent l’étude de la musique, et que les éventuels futurs amateurs soient à jamais dégoûtés de la musique.Et cette stratégie fonctionne parfaitement. Quand on apprend sur le tard, sans solfège, on réalise assez vite que le solfège n’est pas complètement inutile, notamment pour ce qui touche les questions rythmiques. Apprendre quelque chose quand on en voit la finalité, ça marche tout de suite mieux. Mais le solfège, ça reste néanmoins bien rébarbatif. J’ai du développer des stratégies alternatives : je

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Le concert de l’Orchestre du Chantier

Alors que le public savourait de magnifiques airs de Mozart, du Händel, du Puccini, l’orchestre, caché derrière les solistes, s’affairait: – les seconds violons du fond se demandaient avec désespoir, après 23 mesures de ploums, s’ils en étaient au plim-plam-plom ou au ploum-plam-plim. Foutus triolets.– les cornistes avaient dissimulé une bouteille de champ’ sous un pupitre et tenaient un brin de causette entre deux poooon en sirotant un petit verre*,– le harpiste, bien que ne jouant que dans deux morceaux sur seize, tournait régulièrement des pages. Heureusement, c’était dans le sujet.– le premier violon jouait de magnifiques soli, les altos

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Le klariscope