mardi 23 juillet 2013

Paris - Salzburg.


14 Comms'
J'ai envie de vous raconter une histoire de train : vendredi soir, je devais écouter Nikolaus Harnoncourt diriger la Création de Haydn au Festspielhaus de Salzburg. C'était le concert d'ouverture du Festival. Après moult réflexion, pour éviter de jongler entre trains et avions à Munich, j'avais opté pour le train. Ce qui m'enchantait d'autant plus que j'aime les longs trajets en train.

Avant toute chose, il faut savoir que je suis soumise à ce qu'on pourrait appeler une Poisse des Transports. En ma présence, les trains se trompent d'aiguillage, des avalanches bloquent les routes, les billets s'impriment avec des erreurs d'horaires, des pluies torrentielles emportent les routes sous mon nez, les voitures qui n'ont jamais souffert de panne se mettent à battre la campagne, et le reste à l'avenant. Il n'y jamais eu de victimes, à ma connaissance, il s'agit donc d'une forme de poisse plus malicieuse que maligne. Mais à cause d'elle j'ai du par exemple, après une longue et éprouvante nuit de négociation, lâcher un mois de salaire à un douanier réjoui, enchanté que je me retrouve dans son pays sans visa - rapport à la fameuse route, emportée quelques heures auparavant par un torrent de boue.

Je prends donc ce phénomène en compte quand je planifie un voyage. Hors de question de prendre la voiture sans un téléphone bien chargé, un pique-nique et une petite laine, hors de question de faire un trajet en train sans planifier ici ou là quelques heures de battement pour éponger les inévitables retards. Pour aller écouter mon Nikolaus Harnoncourt vénéré à Salzbourg, j'avais prévu large :
* premier TGV du matin pour Stuttgart, départ peu après 7h, arrivée à 11h04. Nous l'appellerons désormais Train 1.
* à Stuttgart, un changement (trop juste à mon gout, mais il n'y avait pas d'option plus satisfaisante) pour l'ICE en direction de Munich, départ 11h12, arrivée à 13h27, ci-après dénommé Train 2,
* enfin, après une bonne heure de battement à Munich, le Munich-Salzburg Express de 14h28 devait m'amener à Salzburg pour 16h11, avec un peu plus de trois heures de mou pour me rafraîchir, me changer (la tenue vestimentaire est prise très au sérieux, dans les lieux de concert autrichiens. Alors, pensez-vous, à Salzburg, dnas le saint des saints des festivals de musique, qui plus est pour le concert d'ouverture des Festspiele ?), peut-être même boire un petit quelque chose sur une terrasse ensoleillée avant le début du concert, à 19h30.

Ai-je péché par arrogance ? N'aurais-je pas du prudemment imprimer avant mon départ tous les horaires et combinaisons de trains possibles qui auraient pu m'amener à Salzburg ce jour-là ? Voyons voir :

6h30, Paris, Gare de l'Est. Je gambade d'un pas alerte sur le parvis de la Gare de l'Est, sans même jeter un coup d'oeil vers les boutiquettes de croissant et sandwiches. Bah, j'aurai amplement le temps de manger un morceau à Munich.

9h30, le TGV, quelque part entre Paris et Stuttgart. L'adorable contrôleur du TGV, alors que je m'enquiers de l'éventuelle possibilité d'un retard, m'annonce que tout va bien sur notre train, mais que le train que je dois attraper à Stuttgart a d'ores et déjà accumulé une vingtaine de minutes de retard. Tiens donc.

11h50, gare de Stuttgart. J'essaye de calmer mon appréhension grandissante via quelques doses bien corsées de nicotine, dans ces mini-carrés-fumeurs dessinés au sol autour de cendriers stratégiquement disposés, où les fumeurs s'adonnent à leur vice préféré en toute légalité, sans abandonner de mégots partout. Le train n°2 arrive enfin en gare, au grand soulagement de l'amas de voyageurs qui l'attendaient voie 16. Néanmoins, ce train, avec ces vingt minutes de retard qui sont devenues trente puis quarante-cinq, risque de me faire manquer ma correspondance à Munich pour Salzburg : s'il prend ne serait-ce que 10 minutes de retard en plus, je louperai le Train n°3.

12h30 l'Intercité / Train n°2, entre Stuttgart et Munich. Une voix grésillante sort du haut-parleur "j'ai euh, une nicht so gute nouvelle à vous annoncer. Un voyageur a souffert d'un malaise dans le train qui nous précède sur les voies. Les équipes médicales sont toujours au travail, nous devrons donc emprunter une déviation, nous aurons un retard non pas de quarante-cinq minutes, mais d'une heure et quart".
Oublié, Train n°3. Il faudra prendre le Munich-Salzburg suivant.

13h00, aux toilettes de l'Intercité - Train n°2. "J'ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Le train devant nous est reparti, nous arriverons à Munich avec quarante-cinq minutes de retard !" claironne le haut-parleur. Hourrah ! Or à 14h10, nous sommes toujours en route. 14h20, toujours pas de Munich Hauptbahnhof en vue, où mon 14h28 pour Salzburg m'attend. 14h26, le train fait mine de ralentir. 14h27, le train entre en gare. Devant ma mine blafarde, mes co-voyageurs s'inquiètent. Je les rassure, je ne suis pas au bord du malaise, je n'ai qu'une minute pour attraper ma correspondance, cinq ou six quais plus loin, c'est tout.

14h27, gare de Munich. "EntschuldigungentschuldientschuldiPARDON...." beuglé-je, cavalant comme une forcenée en direction du quai 14, i me faut louvoyer entre les amas de valises, les voyageurs. Vite, vite, vite, le quai 14.

14h28, quai 14 de la Munich Hauptbahnhof. Pas un train. Pas un voyageur. Rien. Ce quai est désespérement vide.
Sur un coin du panneau électronique, une mention : "ce train partira aujourd'hui voie 18". Mais, j'en viens ?!
Et me voilà traversant dans l'autre sens la Gare de Munich, ma valise vole au vent dans mon sillage. Je prends un dixième de seconde pour envoyer un regard éploré vers le stand à Wurst de la gare, le dîner de la veille commence à faire sentir son éloignement. Je suis fatiguée, j'ai faim, j'en ai marre de courir après des trains.

14h29. Quai 18 de la München Hauptbahnhof. Il y a un train, mais pour Frankfurt. Un conciliabule avec un agent DB en pause-clope m'apprend que certes, ce train-ci est en partance pour Frankfurt, mais dès qu'il aura débarrassé les rails, il sera remplacé par le train pour Salzburg.

15h00. Me voici dans le Munich-Salzburg ! Je suis dans mon Train n°3 ! En mouvement ! Pas trop en retard ! A peine un quart d'heure plus tard, mon train numéro 3 effectue son premier arrêt, à Munich-Ost. Et y reste arrêté. Trois minutes. Cinq. De fil en aiguille, les cinq minutes se transforment en une demi-heure. Ma voisine de train n'en sait pas plus que moi. Je calme mon angoisse à coups de cigarettes, qui vire à la panique quand le monsieur un tout petit peu trop piercé, un brin trop tatoué, me demande comment on va à Berchtesgaden, et s'il y a un train, est-il à l'heure. Mais je ne sais pas comment on va à Berchtesgaden. Ai-je une tête à savoir comment on va à Berchtesgaden ?!

Soudain, un haut-parleur annonce qu'un autre train partira pour Salzburg, de la voie x. C'est maintenant Munich-Ost que je traverse au pas de course, à l'autre bout m'attend un petit train régional bavarois. Il va où ? Salzburg ? Rosenheim ? Le panneau dit Rosenheim. Le haut-parleur, Salzburg. Les passagers sont partagés. Que faire ? Rester à Munich-ost, tenter un vrai train officiellement à destination de Salzburg ? Rentrer à Munich Hauptbahnhof ? Pas le temps. Louer une voiture ? Un coup à finir dans un ravin. Taxi ? Pas les moyens. Tant pis, je tente ce 'Rosenheim ou Salzburg'. Il faut que j'avance. Le temps presse. Je devrais déjà être à Salzburg.

16h00. Notre train n°4 se remet en branle. Dans la mauvaise direction. "Eine neue Perspektive", s'amuse un de mes voisins de train. Enfin, une voix daigne annoncer qu'exceptionnellement ce train poursuivra sa route jusque Salzburg et non Rosenheim. Je laisse pousser un soupir de soulagement si sonore qu'il fait glousser mon wagon. Puis, ce train, qui aurait du être un Munich-Salzburg express, s'avère être un tortillard bondé qui serpente dans la banlieue de Munich, s'arrêtant flegmatiquement toutes les quelques centaines de mètres, entre deux stations, au milieu d'un champ de maïs, entre deux jolis chalets bavaro-tyroliens de la banlieue munichoise. Quand un des voyageurs dit à son téléphone "être en route, mais que le train fait une pause", le compartiment éclate d'un rire teinté d'une pointe d'hystérie. Personne n'a le début d'une idée d'où on va, comment on y va, mais ce train continue son chemin avec indolence. Peu après le champ de maïs, on s'attarde quelques interminables minutes en bordure d'un terrain de foot où de petits Bayern-Munichois hauts comme trois pommes s'entraînent avec enthousiasme. Il est quatre heures et demi passées, bientôt cinq heures, et nous venons de nous faire doubler par un vélo. Un vélo, bon sang.

Furieuse, je textote l'Escogriffe. Je veux des infos fraîches. Les horaires de tous les Rosenheim-Salzburg de la journée, une sit'rep' détaillée, des infos, une estimation de la distance à parcourir, en kilomètres, en heures et en pourcentage de distance restant. Et vite.
"E: ...les problèmes sont dus à des inondations... par exemple la ligne ICE 11 est perturbée, c'est le bordel, en particulier à Berlin. C'est aussi le bordel en Autriche et en République Tchèque.
K: A ce train, je suis à Salzburg dans 3 semaines. Deisenhofen. Là. C'est où.
E: bout sud de Munich, tu devrais arriver sans doute à Sauerlach.
E: Y'a un autre problème. Défaillance du poste d'aiguillage entre München et Rosenheim. D'où le détour. Vous faites une boucle par le sud avant de récupérer la vraie voie.
K: Quoi ? travaux + voyageur malade + inondations + aiguillage défaillant ? Maudite. Faim. Bruckmühl. C'est où ?
(...)
K: Bad Aibling. Loin ?
(..)
Bad Endorf. Combien ?
Chiemsee ?" 
A six heures vingt, on n'avait parcouru que le tiers du trajet Rosenheim-Salzburg. Et ces fichus lacs de montagne qui font faire des détours au train. A Teisendorf, avant de descendre, ma voisine me rassure : il ne reste que quatre arrêts avant Salzburg, j'y serai certainement vers 19h. Je la remercie d'un sourire plein d'espoir. Il faudra certes que je me change dans le train, que je me rue sur un taxi en gare de Salzburg, mais je ne manquerai pas le début du concert, une demi-heure devrait suffire.

18h35. Je sors des toilettes du train, dans ma robe de concerts autrichiens et de mariages, formidablement élégante et ridicule dans mon TER. Quelques instants plus tard, je comprends que j'avais commis une erreur funeste. Me changer avant même d'avoir acquis la certitude d'arriver à bon port revenait à clamer haut et fort à la face du destin que je pensais pouvoir déjouer ses pièges. Un dernier camouflet me punit de mon arrogance.

"brrrrzz, grrrbz", grésille une voix désincarnée "ce train n'ira pas jusqu'à Salzburg, le terminus est Freilassing. Je répète, le terminus est Freilassing".

J'éructe une bordée de jurons concernant l'intelligence, la droiture morale et les habitudes sexuelles de ce train. Peut-être l'accent fortement bavarois du conducteur m'a fait comprendre de travers ? Une voyageuse me confirme que, par un caprice de l'ÖBB et de la DB, c'est foutu pour Salzburg. Il est 18h55, nous voici à Freilassing, le prochain train pour Salzburg ne passe que dans dix longues minutes. Je fais part à ma nouvelle amie de mes contraintes temporelles. Elle blêmit. Elle sait, pour bien connaitre la région, qu'il n'y a aucune chance d'arriver à temps au Festspielhaus. On tente le tout pour le tout : le taxi.

A Freilassing, il n'y avait qu'un taxi. Il vient de partir. Nous grillons nerveusement une cigarette. Il parait que c'est la première fois qu'elle voit un telle pagaille sur la ligne Munich-Salzburg. J'étouffe une sentiment de culpabilité. On attend le S-Bahn, le tramway, de 19h05. 12 minutes de trajet jusque Salzburg.

Alors pourquoi se traîne-t'il, pourquoi prend-il une pause de 5 minutes à Salzburg Europark ? Mon voisin de devant mordille sa barbichette, l'air soucieux, il regarde frénétiquement sa montre. La mienne indique 19h26. On vient tout juste de dépasser Altstadt - le doute me torture : aurais-je du descendre là ? - et je dois me rendre à l'évidence, j'ai perdu. Je fais le deuil de mois d'attente enthousiaste, des mes billets réservés en janvier dernier, d'une journée stérile passée dans des trains. Je ne verrai donc pas Harnoncourt et le Concentus Musicus diriger la Création. Pas sur ce plan d'eixtence. Je ne peux retenir mes larmes.

19h28. Mon amie me hurle "tout droit, à droite. Un peu à droite, seulement, les taxis". Trop près du but pour abandonner. Je traverse une n-ième gare en courant. Tout droit, tout droit. Plus vite. Taxis. Je plonge dans une portière ouverte. Déjà quelqu'un dans celui-ci. Mon voisin barbichu du train.
" - Festspielhaus ?
- Festpielhaus.
- Je viens avec."

Le taxi démarre en trombe.
L'oeil du cyclone, ce trajet en taxi. Ce n'est plus entre nos mains, nous sommes à la merci des feux rouges salzburgeois, du bon vouloir des ouvreurs et du moment auquel Harnoncourt choisira de quitter sa loge. Nous nous racontons alors brièvement nos vies. Lui, il vient de Mannheim, sa fille, de Kassel. Harnoncourt à Salzburg, c'était leur cadeau de Noël. On s'amuse à espérer que des musiciens aient été coincés dans notre train et retardent le début du concert. Je regarde furtivement ma montre mais n'ose annoncer à mes nouveaux amis que c'est définitivement fichu : il est 19h33.

19h34, le taxi déboule en trombe dans la célèbre rue du Festpielhaus. Pas le temps de se laisser impressionner par le décor, ces falaises qui surplombent les bâtiments, le tapis rouge sur la rue, nous nous tordons le cou pour identifier le Festspielhaus. A gauche ? A droite ? Droite. Un escadron d'ouvreurs du Festspielhaus se mettent en formation de combat pour nous escorter vers la salle, si tant est qu'on peut encore rentrer. Un escalier. Un ascenseur. Au loin, un bruit d'orchestre qui s'accorde. Nous lançons nos valises dans la direction générale des vestiaires. Un petit bout d'escalier. Enfin...

... la grande salle du Festspielhaus.

Et je me retrouve, debout, au milieu du balcon du Festpielhaus, au point de convergence de quelques centaines de regards réprobateurs. Les ouvreurs m'ont abandonnée, ils ont cru que mes amis allemands et moi étions assis ensemble. Il règne un silence de mort dans la salle, je ne peux plus appeler du secours. A gauche, en contrebas, l'orchestre et le choeur, installés, prêts à démarrer. Les solistes se dirigent vers leurs sièges, Nikolaus Harnoncourt est déjà entré sur scène, il lui reste quelques mètres, quelques secondes à parcourir jusqu'au pupitre de chef. C'est le temps dont je dispose pour identifier, rejoindre ma place et m'y asseoir. A droite, un balcon de Festspielhaus rempli aux entournures. Un seul et unique fauteuil inoccupé, en plein milieu. Ce sera le mien. J'agite vaguement mes lèvres en forme de "Entschuldigung", enjambe dirdnl-s et robes longues, m'écroule sur mon fauteuil. Une fraction de seconde plus tard, Harnoncourt donnait le départ du prélude de la Création : le Chaos.

14 Comms':

{ Joël } at: 24 juillet 2013 à 00:13 a dit…

Et bé, quand les premiers textos arrivaient sur le téléphone d'"E" alors qu'il me donnait mon cours d'alto ce jour-là, tu en étais à la correspondance qui s'annonçait favorablement entre les trains 1 et 2 et je n'imaginais pas alors l'épopée qui allait suivre ! et qui heureusement se finit bien pour toi :-)
(Je crois que je voyage en Europe comme je voyage en Inde : 1 jour d'escale à Munich avant de me diriger vers Salzburg, 1 jour d'acclimatation à Salzburg avec un échauffement comprenant un opéra mozartien et un petit concert avant de rentrer dans le vif du sujet à J+2 avec Les Saisons par Harnoncourt/Wiener Philharmoniker...)

{ Klari } at: 24 juillet 2013 à 10:38 a dit…

Oui, ça se finit bien, même si quelques minutes avant le concert, je n'y croyais plus du tout !!

A priori, vu ton emploi du temps, tu ne cours aucun risque ferroviaire !

{ JJRENARD } at: 24 juillet 2013 à 10:57 a dit…

Je COM-PA-TIS !
La poisse dans les transports avec le Festival de Salzburg, je CON-NAIS ...
Personnellement, je serais arrivé la veille, même si, fort heureusement pour moi, la poisse, c'était plutôt sur le chemin du retour !
En 2011, j'avais opté pour le train de nuit en couchette, pas de problème jusqu'à un reveil matinal avec une voix nasillarde dont on comprit que le train n'irait pas plus loin et que des bus allaient le remplacer. Je regarde : nous étions à Sarrebrück (alors que je pensais que nous passions par Strasbourg) Résultat, la gare de l'Est avec 5 heures de retard sans excuses, ni raison, ni café, ni rein du du tout !
En 2012, fini le train de nuit d'un autre siècle, bonjour la modernité, j'opte pour le duo ICE/TGV (de jour). Je pars de Salzburg pour Munich vers 11h, je m'installe confortablement avec tous mes souvenirs musicaux en tête lorsque à peine 30 mn plus tard, le train s'arrêta : impossible de savoir quand il repartirait. un suicide semblait-il ... De nouveau, des autobus pour gagner une autre gare, l'attente d'un autre train et arrivée à Munich trop tard pour l'ICE pour Stuttgart et plus aucune possibilité de correspondance pour Paris. On m'a offert une nuit à Stuttgart et le retour via Mannheim car le TGV du matin était complet. Enfin la gare de l'Est avec seulement 20 heures de retard ...
J'appréhende pour cet été ...

{ Klari } at: 24 juillet 2013 à 12:38 a dit…

Ca alors, si j'avais su que la galère ferroviaire était une sorte de rite de passage pour le festivalier salzbourgeois, je m'y serais prise autrement !

Je croise les doigts pour votre trajet de cet été, même si, hein, mieux vaut être en retard sur le chemin du retour qu'à l'aller, non ? Prenez de la lecture et des victuailles !

Pour ma part, le retour s'est miraculeusement bien passé : Munich-Salzburg (l'express, le vrai!) pile-poil à l'heure, et un TGV Munich-Paris direct, en *première classe* (une promo de remplissage de dernière minute), avec un repas servi à la place et tout et tout, et une arrivée à Gare de l'Est avec 7 malheureuses petites minutes de retard, plus symboliques qu'autre chose !

Et donc, vous allez écouter qui et quoi, cet été ?

{ JJRENARD } at: 24 juillet 2013 à 17:36 a dit…

Ouiii, j'ai des billets pour les 2 Wagner (Les maîtres chanteur et Rienzi) le requiem de Verdi et Norma, mais j'espère trouver autre chose sur place au Kartenbüro ... (semaine du 12 au 19).
Alors, sinon, Harnoncourt, c'était bien ?
(j'ai un sa flute l'année dernière ... quel bonheur d'entendre ses sonorités)

{ Klari } at: 26 juillet 2013 à 11:59 a dit…

Oooooooh !

J'avais vu un bout de la Flûte sur machin.tv (je ne sais plus s'il s'agissait de Medici ou d'ArteLiveWeb), ça vait l'air très bien, mais entre le son pourri de mon ordi et la déperdition d'impact liée à la retransmission, je pense que j'avais du passer à côté.

Le Harnoncourt, c'était très très très très bien. Mais la terre n'a pas bougé, comme elle avait pu le faire quand j'avais été écouté sa 5è de Beethoven à Berlin, ou pendant les symphonies de Haydn à Vienne (aaaaah, sa 'Surpriiiiiiise' !!!). Néanmoins, j'étais très émue d'assister à ce concert.

Là où la terre a bougé, c'est le lendemain, pendant le Reqiuem de Mozart, dirigé par Hengelbrock avec son choeur et l'orchestre du Mozarteum. A vrai dire, n'en suis toujours pas revenue !! Il suffit que je me sifflote le Lacrymosa pour déclencher une vidange lacrymale. Bon...

Vous reviendrez faire un mini-compte-rendu de vos réjouissances salzburgeoises, hein, hein ??

Bon séjour !!

{ Laurent } at: 29 juillet 2013 à 01:45 a dit…

Excellent :-) À se demander où tu as trouvé la force d’écouter la musique après tous ces sprints héroïques. Ça me rappelle mon arrivée à Baden-Baden pour la Flûte de Carsen : je me suis assis un quart de seconde avant la première note.

{ Klari } at: 29 juillet 2013 à 15:27 a dit…

@JJRenard : je viens de faire tilt !

C'est ça qu'il faut absolument écouter à Salzburg !! Enfin, c'est ce que j'irais en courant écouter si j'y étais à ce moment-là. Il y a notamment le sublime Karl-Heinz Schütz, dont le Syrinx grazois m'a ému aux larmes, et mon amoureux, j'ai nommé Stefan Dohr (aaaaah, son trio piano+violon+trio....(soupir) de Brahms avec ses compères de Berlin)

@Laurent : Coucou ! Entre deux trains, j'ai pensé à toi et me suis demandé comment tu survivais à ce stress. Je ne m'étonnerais pas que ce genre de gag te soit arrivé à plusieurs reprises ?
Pour ne rien te cacher, la première demi-heure du concert m'est passé complètement au-dessus du képi ! ;-)

{ Joël } at: 2 août 2013 à 01:14 a dit…

Effectivement, je n'ai pas eu de problème de train ni d'avion :-)
(Et les Wiener Philharmoniker jouaient carrément mieux quand c'était un de tes chouchoux qui était le chef d'attaque des seconds violons !)

{ Coralia Galtier } at: 2 août 2013 à 17:46 a dit…

Hello Klari!
A mourir de rire, cet article! Je m'y croyais. Cela me rappelle mes péripéties pour rentrer de Salzbourg à Munich en passant chercher nos valises dans notre hôtel de Bernau-am-Chiemsee. Nous ne sommes JAMAIS arrivés à Munich ce jour-là et avons dû payer une nuit supplémentaire dans un autre hôtel car celui où nous avions séjourné était complet. Et le lendemain, je prenais l'avion de Munich pour Paris en début d'après-midi... Tu imagines la journée. Mon Escogriffe et moi étions dans le train pour Munich à 7h du mat, des valises dans les bras et sous les yeux...
A bientôt!
C (du Cihohi)

Anonyme at: 6 août 2013 à 13:52 a dit…

"Is it not also epical when man with one wild engine strikes a distant station? ... Because in chaos, the train might indeed go anywhere, to Baker Street or to Baghdad. But man is a magician, and his whole magic is in this, that he does say Victoria, and lo! It is Victoria. No, take your books of mere poetry and prose; let me read a time table, with tears of pride."
G. K. Chesterton

{ Klari } at: 6 août 2013 à 15:28 a dit…

@Joël : hello Joël ! Et oui, mon chouchouradaromètre fonctionne toujours ! (même si je détraque les trains)

@Miss C du CIHOHI : m'en parle pas.....Je me serais volontiers arrêtée à Chiemsee, d'ailleurs (enfin, de manière un peu plus conséquente qu'une clope sur un quai de gare)

C'est sympa, Munich, hein ? Quand est-ce que vous jouez à Munich, que je me trouve un prétexte pour y retourner !

@Anonyme : Oh, the beauty ! There's a beautiful train-table movie to be seen : "Zugvögel - ... einmal nach Inari" (http://www.imdb.com/title/tt0129659/)

{ DavidLeMarrec } at: 25 octobre 2013 à 16:27 a dit…

Ça y est, Klari a été dégoûtée de la musique.

Qui eût jamais cru que ce pût être la faute d'Harnoncourt ?

{ lutins verdiens } at: 30 octobre 2013 à 00:07 a dit…

Ah non, en fait elle est juste partie en croisade contre Secutix.

Ritorna vincitorrrrr !

[climax]

[trompettes]

[zim boum]

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