mercredi 20 février 2013

Le Dossier Yuja Wang, ép. 3 : en concerto.


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Salle Pleyel, 7 février 2013, 20h
Orchestre de Paris, Juraj Valčuha (direction), Yuja Wang (piano)

Kodály, Danses de Galánta, pour orchestre
Prokofiev, Concerto pour piano n° 2 en sol mineur, op.16
Zemlinsky, Die Seejungfrau, poème musical

Le 6 ou 7 février dernier, j'ai été écouter l'Orchestre de Paris et Yuja Wang en concert. Elle m'avait déçue en formation chambriste, on m'avait garanti, que, non non non, tu verras, en concerto, ça dépote (sic). Soit.

Mais commençons plutôt par la fin. De la Petite Sirène de Zemlinsky, je ne dirai mot. A l'entracte, l'appel de l'oreiller s'est fait plus pressant que celui de la sirène. J'y ai succombé.

L'entracte, c'était la Halle aux Potins. D'un côté, un groupement d'humanoïdes de sexe masculin, les yeux vitreux, l'air hébété, dégoisant sur leur pianiste préférée avec un enthousiasme tel qu'on ne sait plus s'ils décrivent les qualités de son jeu ou son décolleté. De l'autre, les deux grincheuses de service. Elles toisent le groupement d'humanoïdes sus-cité, de l'air hautain de celles qui savent encore faire usage de leurs oreilles.

Juste avant, c'était le concerto de Prokofiev. J'ai certes des reproches à faire au jeu de Yuja Wang, je ne vais pas m'étendre dessus. Si je le faisais, je sais qu'on me reprochera d'être jalouse de sa silhouette gracile, envieuse de sa célébrité, de son minois souriant, de sa technique impressionnante. Ce qui n'est pas totalement faux, soit dit en passant. Mais en tant que pianiste, elle ne me parle pas. J'entends une suite de notes, certaines accentuées, d'autres non, mais je ne perçois ni rythme, ni sensations, ni phrases, ni... Elle me parle étranger, c'est tout. A l'inverse, je crois parler, plus précisément, je comprends - un peu - le violon-Kavakos, je baragouine le piano-Lugansky, j'aimerais parler couramment l'orchestre-Harnoncourt, un jour, je maîtriserai le Berliner Philharmoniker, mais je ne comprends pas un traître-mot du piano-Wang. Par conséquent, je m'ennuie. Certes, j'aurais du savourer la prestation de l'orchestre, mais je voulais absolument boucler le dossier Wang ce soir-là.

Et enfin, en tout début de concert, c'était les Danses de Galánta. Mon morceau-madeleine pour me récompenser d'être revenue de Budapest. Un morceau tout spécialement choisi pour Juraj Valčuha, le chef, peut-être, c'est de chez lui (Galánta n'est qu'à une cinquante-septaines de kilomètres de Bratislava). Pourtant, il me manque un petit quelque-chose. L'effet bouilloire, je crois. Au lieu de me donner des bu-bulles orchestrales à observer, à regarder frémir, grossir au cours du morceau, jusqu'à exploser en gros bouillons sonores dans le finale, Juraj Valčuha se contente, je crains, de me servir des tasses d'eau chaude préalablement pré-chauffées, les divers niveaux de température rigoureusement contrôlés au thermomètre. Mais. Mais. Mais. L'exceptionnel Philippe Berrod était de service ce jour-là, lui, c'est le genre de clarinette qui vous donne envie de tournoyer en chantant dans les champs de pivoines slovaques, de tomber amoureux, de s'essayer au Verbunk. A vrai dire, on était quelques-uns, à l'entracte, à envisager plus ou moins sérieusement de le demander en mariage.

PS : un petit bout des Danses de Galánta, par les Berliner Philharmoniker (un de mes chouchoux sur l'estrade de chef, un autre au pupitre de violon, un autre au premier pupitre d'alto.....) :




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