dimanche 24 février 2013

Les mélomanes aussi ont faim, froid et soif.


2 Comms'
Récemment, un de mes collègues s'interrogeait :
"- Sérieusement. Vous autres mélomanes. Vous êtes monomaniaques. Vous bouffez et baisez comme tout le monde, ou bien ?
- Hé ?
- Tous les mélomanes que je connais sont monomaniaques. Vous ne pensez qu'à ça.
- (outrée) Mais c'est faux !
- Ah ouais. Sans blague. Prouve-le. Tu lis quoi en ce moment ?
- (sors triomphalement de mon sac à main ... ) Monsieur Croche, de Debussy. Mince. Bouge pas, j'en ai un autre.
- (après avoir farfouillé dans mon sac, j'en tire, mortifiée...) une bio de Bartok.
- Tu vois !"

Mais cette acusation était on ne peut plus fausse. Nous autres mélomanes sommes avant tout de bons vivants : rien ne nous égaie plus que la perspective d'un bon repas après un concert, et nous aimons par-dessus tout rigoler, sur twitter, sur facebook, en vrai, en répétition, peu importe, même si, il faut bien l'admettre, nos meilleurs jeux de mots sont parfois en lien avec la musique.

(même l'immense chef Bernard Haitink se fend de temps en temps d'un jeu de mot en répétition avec le London Symphony Orchestra :
c'est dire).


Ainsi, quand des mélomanes frissonnent de froid, ils claquent des dents, mais avec humour : d'abord les Wagnéreux : das Rheincold, grelotte-t'on, Siegfreeze ! Brrrrrterdämmerung, conclut, frigorifié, un twittos brittannique. Les amateurs d'opéra italien renchérissent de ce pas : Igloocia di Lammermoor, Rigoletitsnowletitsnowletitsnow, Gianni Ski-ski. Ce petit jeu fonctionne comme un charme avec l'opéra russe, on n'en sera pas surpris : Eugene Sownegin, Boris Coldenough, l'euphémisme du siècle.

A force de dire des bêtises, on attrape froid (la faute à The Turn of the Flu de Benjamin Britten), il faut se soigner :

Un mélomano-twitteux suggère une Walküre de repos, à Daphnis, clouée au lit (saleté de grippe). Si cela ne suffit pas, on pourra laisser traîner une oreille du côté de la Dame de Piqûre. Quant au Chevalier à l'Arthrose, il n'aura qu'à se guérir avec les Gymnopédicures d'Eric Sciatique. Notez que la Tétralogie de Richard Vague Nerf est quasiment au complet : la Seringue des Nibelungen, l'Or du Rein, la Valve qui rit et Le crépuscule des yeux (la myopie, quoi).

Dès que la grippe est passée, tous au #Bistropera ! C'est le troquet préféré des mélomanes, pour partager l'Apéro(chole) Moi, je carbure aux alcools forts : un Gintonic et Cleopatra (Barber), un petit Contes d'Hoffmanhattan, et un petit shot de Jägermeistersinger von Nürnberg pour tasser le tout. D'autres savent que la consommation d'alcool ne va pas sans quelques conséquentes : comme l'attestent ce malheureux Chevalier à la Cirrhose (tout à l'heure, c'était le Frozenkavalier, tiens donc), ou le Prince Ivre Mort de Borodine.

Il suffit de demander au Barman de Séville le Trovatore-Boyau de votre choix (au Bar Masqué, au comptoir d'Hoffman ou à la Traviatable, peu importe, tant qu'on a Ôté L'eau) : un Weingold ! Une Flûte de Champagne Enchantée ! une Wal-Kir-ie ! un Eugene Onegin Tonic ! un Ricard Coeur de Lyon (cocktail composé par André Grétry). Un Cidre de Massenet ! une Belle au Trou Normand ! Une Lohengrinbergen pour les amateurs de bière ? Une Maître Kanter de Nürnberg ? Une Grande Duchesse de Gerolsteiner ? Une Billy Buddweiser ! Un Turn of the Screwdriver ! Don Giov-anis ! Une Francesca da Martinis ! Un Elisir d'Amaro ! Un Trou-Verre ! Une Travodka ! Un Pastisfal ! Une Dame de Picon-Bière ! Un Whiskymon Cocanegra (pour les fins de soirée uniquement). Un Lucia di Laberlour, sans glace s'il-vous-plaît. Un Speyside Story (single malt de Lenny B, bouilleur de cru amateur). Un Macon Lescaut ! Un Romanée Conti fan Tutte, pour les mélomanes les plus fortunés. Quant aux petits buveurs, ils opteront sagement pour un Amour des Trois Jus d'Orange ou une Dame de Piquette. Si ce n'est un Freispritz (vandales !).

Bref, c'est l'Enivrement à Ripaille, la Force du Festin (anniversaire Verdi oblige). La Freimürge ! Hip Hip Hip (-olitre et Aricie). Comme tout le monde, non ?

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Cliquez sur les liens pour retrouver les auteurs des jeux de mots. Mes salutations les plus respectueuses à Phil de l'Escalier, Hugo C. et Jérôme B., qui ont dominé ce débat alcoolisé, ainsi qu'à Jean-Marc Proust, sans qui cette mémorable cuite virtuelle n'aurait pas eu lieu.

2 Comms':

{ Rhadamisthe } at: 24 février 2013 à 23:58 a dit…

Mince, mais je dois pas être un mélomane, alors, je lis du Sacha Guitry en ce moment (ce commentaire peut être valable régulièrement).

{ Klari } at: 25 février 2013 à 00:04 a dit…

Excellente suggestion. Vais l'acheter et le laisser traîner sur un coin de mon bureau. Histoire de tromper mon monde. Moi, monomaniaque ? Jamais !

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