mercredi 13 février 2013

Brahms par les Berliner 4/8


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Guy Braunstein, Christoph Streuli (violon), Amihai Grosz, Ulrich Knoerzer (alto), Olaf Maninger, Zvi Plesser (violoncelle), Yuja Wang (piano)

Johannes Brahms : Trio pour piano et cordes n°2 op.87, Sonate pour violon n° 3 op. 108, Sextuor à cordes n°2 op. 36

Très bien, j'avoue. La première partie du concert, j'ai rêvassé. A ma décharge, je voulais conserver précieusement mes facultés de concentration pour la deuxième partie, pour le sextuor. Alors, je me suis tordue le cou dans tous les sens pour contempler d'un air béat Amihai Grosz, l'alto solo des Berliner, qui a passé la première partie dans le public, à quelques rangées de fauteuils du mien. J'ai examiné d'un air soupçonneux les talons vertigineux (12 ? 15 cm ?) de Melle Wang, ses collants troués et sa robe écarlate, dans laquelle je l'imagine sans mal plonger dans le Pacifique, brandissant une partition. J'ai ri de la mine déconfite de mon Guy Braunstein bien-aimé, manifestement vexé de voir le bouquet de fleurs lui passer sous le nez pour finir entre les mains de Yuja Wang. Qui, immédiatement, lui offre de bon coeur. Aussitôt obtenu, Guy Braunstein s'empresse de remettre ce bouquet à une dame, assise, tout comme la veille, au premier rang. Maman Braunstein ? Mais qu'elle peut être fière de son illustre rejeton !

Et la deuxième partie. Le sextuor. Que j'ai eu le privilège d'écouter depuis la chaussures gauche d'Amihai Grosz. De près, très très près. Et alors qu'à la fin du concert, je ramassais précautionneusement ma mandibule, tombée sur mes genoux, essuyait mes joues, trempées de larmes, je secouai la tête à plusieurs reprises, incrédule. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Je ne sais pourquoi j'ai eu le sentiment de vivre quelques unes de plus belles minutes de ma vie. Je n'en sais fichtre rien. C'est de la magie, il est évident qu'ils ont vendu leur âme au diable, allez savoir, ils en ont peut-être profité pour rendre visite à Brahms dans l'au-delà, histoire de peaufiner quelques détails pour s'assurer d'une interprétation la plus juste, la plus évidente possible. Et je ressors de ce concert avec la conviction que ces musiciens ne se mettent jamais devant la musique, ils la servent, avec une respect, une probité bouleversante.

Inévitablement, je n'ai pas su résister à la tentation d'aller remercier/harceler ces musiciens extraordinaires. Soit ils font preuve d'une politesse remarquable, soit ils ont été sincèrement touchés de mon "eeuuuh, c'était, euhhhh, oh, ohlala", sincère, à défaut d'être bien tourné.

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