samedi 15 décembre 2012

Vive nous, les Concerts Gais (et beaux)


6 Comms'
Alors, ces concerts de l'Orchestre des Concerts Gais ?

* le point de vue de Bladsurb, spectateur :
"Pierre Hamel, deuxième violon solo de l'Orchestre Colonne ("poste agréable sinon rénumérateur" dit l'excellente biographie des toujours très nourries et intéressantes notices des Concerts Gais), affronte les difficultés de la partition sans peur et sans reproche, entraînant dans son sillage un orchestre dont on peut oublier le statut d'amateur, tant par la finesse des dialogues avec le soliste que par leur engagement dans les chorus...(...)  galvanisés qu'ils sont par leur chef Marc Korovich, à la gestuelle ample et très lisible".
Ha ! Merci tout beaucoup, Bladsurb.

* le point de vue du malheureux second violon du fond, occupée à lutter contre le mauvais sort :
  • Renversé un pupitre à la générale en gigotant avec un peu trop d'enthousiasme pendant le 4è mouvement de la 104.
  • pas pu écouter le soliste, occupée que j'étais à ne pas mettre les temps sur des contretemps et des contreploums sur des temps (très pénible pour ça, le concerto pour violon de Tchaikovky. On a à peine le temps de s'habituer à jouer en contretemps, que, paf! il vous colle un ploum sur le temps. Catastrophe assurée). Ce qui devait arriver arriva, j'ai donc triomphalement joué au concert un vigoureux "scroâk", au beau milieu d'un grand rien. Je me convainc avoir être masquée par une intervention de hautbois jusqu'à ce que le chef me détrompe pendant le pot-d'après-concert.
  • impossible de play-backer sereinement dans les passages exagérément rapides. J'ai repéré un ami au premier rang, en face. Une autre, à gauche, sur les gradins qui surplombent l'orchestre, et un autre, à droite, sur les autres gradins. Je suis cernée. Impossible de se pencher d'un côté ou de l'autre, ou de se terrer derrière le pupitre. Il faut être crédible. Des fois que. Or, vous voulez que je vous dise ? Play-backer des double-croches sur un allegro molto molto rapido, c'est tout autant, si ce n'est plus ardu que de jouer correctement lesdites doubles. Il va falloir régler urgemment ce problème.
  • loupé une marche dans le 4è mouvement du Haydn, au concert du dimanche. Habituellement, j'arrive à reprendre le train. Cette fois, je n'ai pas réussi à courir à coté du train, puis bondir d'un geste élégant en m'aidant d'une main sur la portière. Il a fallu se résigner à courir à côté du train pendant une bonne demi-page, tout en criant de temps-en-temps "tchou-tchou" pour faire bonne mesure.
Plus sérieusement, c'est peut-être le plus beau concert qu'on ai donné. Concurrencé par notre Pastorale d'il y a deux ans, peut-être. Et le concerto de Beethoven, évidemment.

* le point de vue du soliste
  • Après la générale du jeudi, qui m'avait laissée au bord des larmes : "bon, il va falloir travailler". M'enfin ?
  • Après le somptueux concert du vendredi "mouais, pas mal". Alors que des spectateurs, extatiques, le voyant passer dans le hall de notre temple à concert, murmuraient d'un air impressionné, "oooh, c'est le soliste !"
  • Après l'inoubliable concert du dimanche (le réécoutant hier, j'ai cru qu'on avait mis un CD de la cédéthèque au lieu de notre bootleg made in Concerts Gais) : "Tu as du paracétamol ?". Apparemment, il a joué le concerto tout fiévreux, nez et oreilles bouchées. Je n'y ai entendu que du feu.

* le point de vue de Joël.

* le point de vue du supplémentaire.
On a joué le concert quasiment tous seuls comme des grands, entre amateurs, avec un seul supplémentaire. Deux avec l'une des contrebasses - mais il ne compte pas, c'est le papa d'un de nos musiciens. Trois avec l'autre contrebasse, mais à le voir participer tout sourire à quasi-toutes les répétitions, il devient difficile de le traiter de "supplémentaire". Il fait partie de la maison, voyons.

Un seul supplémentaire, jeune professionnel en fin d'études. La légende veut qu'il ait appelé ses copains après la générale : "venez, venez ! Ils ont invité un soliste é-pous-tou-flant !". Epoustouflant, c'est le mot. Il parait en outre que notre supplémentaire était enchanté de se retrouver au beau milieu d'un orchestre où tout le monde joue à 195%. "Ils jouent comme des fous ! Du coup, on n'a pas d'autre choix que de jouer aussi à 195% ! Mais c'est absolument génial !".
Et oui.

* le point du vue du Grand-Gourou-du-Hautbois
Elle est chouette, la 104. J'en ai fait une, avec Hengelbrock (Ndk : Jansons ? j'ai comme un doute), c'était super. On peut aussi jouer le début avec le hautbois et un violon tout seul, qui lui répond. C'est écrit comme ça, hein, c'est très rigolo.
(il me semble qu'il fait allusion au début de l'allegro du premier mouvement. pas sûre à 100%)

* le point de vue du public.
Le public était enchanté. Littéralement enchanté. Par la musique ou par les délicieux gâteaux servis à l'entracte, je n'ai pas toujours osé creuser la question.

* le point de vue de l'enregistrement ?
Le Tchaïkovsky, sublime. A se demander si notre acousticien-en-résidence n'a pas confondu la piste de notre enregistrement avec une version Oïstrakh-Un-orchestre-russe-peu-importe-lequel : un soliste extraordinaire, un orchestre gourmand, des cordes féroces, avec un son. Un son de VRAI orchestre.

Le Haydn, c'est déjà un peu plus rigolo. Haydn ne pardonne pas grand-chose derrière son air bonhomme et faussement facile, ainsi l'enregistrement, impitoyable, montre à la fois nos qualités et nos (tout petits) défauts. Il nous manque un imperceptible-mini-soupçon-de-contrôle-de-la-justesse pour tenir tête à l'Orchestre du Festival de Budapest, mais le reste est là : l'énergie, la conviction, la lisibilité, la flexibilité (ouaip, on est passé du vibrato-Tchaïko ou non-vibrato-norringtono-Haydnien sans broncher), le son, etc, etc..

Un de mes passages préférés est le Trio du Menuet (pourquoi un trio, on est beaucoup plus nombreux que trois ?) : soudain, paf ! dieu sait pourquoi, au milieu de nulle part, tout le monde se plante. C'est la débandade. Adieu Haydn, bonjour Boulez. Immédiatement, sans perdre un instant, on a mis en oeuvre la stratégie qu'on tient de l'Escogriffe, qui lui-même l'a appris pendant ses études d'un musicien du Philharmonique de Berlin, parait-il : quand on se paume, ne pas crisper. Ne surtout pas marquer les temps, ou jouer plus fort, même si vous savez où vous êtes. Jouer souple, tout souple, et pouf, immanquablement, comme par magie l'orchestre se recale. D'après l'enregistrement, en UNE mesure, on avait retrouvé notre chemin (peut-être le chef nous a donné un coup de pouce à cet endroit, allez savoir). Mais des orchestres amateurs capables de ce genre de manoeuvre, vous n'en trouverez pas sous les sabots d'un cheval, c'est certain. Vive l'Escogriffe, vive le Chef, vive nous !

On vous attend donc de pied ferme pour nos concerts de fin mai-début juin. Non, je ne sais pas ce que nous allons jouer. Les rumeurs les plus folles courent déjà : Beethoven ? Dvořák ? Gouvy (Gouvy ?!?). Je milite pour un petit-bout d'intégrale des symphonies de Haydn, ou Leonore III. Les Hébrides ? L'Escogriffe milite pour la Concertante de Mozart, évidemment. Ce qui amène la question : vous aimeriez écouter quoi ?
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Ce concert était dédié au souvenir de notre amie et collègue F. J'aimerais être capable de me souvenir et vous rapporter les mots si dignes, et extrêmement émouvants de notre président.

6 Comms':

{ Joël } at: 15 décembre 2012 à 16:20 a dit…

L'autre jour, si cela peut te rassurer j'ai vu et entendu un gros scroâk au milieu de nulle part (quelques mesures en avance) dans un Schönberg avec l'Intercontemporain et l'Orchestre du conservatoire...

{ Klari } at: 15 décembre 2012 à 16:32 a dit…

Pas besoin d'être rassurée ! Le jour où quelqu'un de l'XXXXX m'a confié "pouh, hier, j'étais crevé, j'ai mis un skrouiiintch au milieu de nulle part, tout seul comme un c*n", je suis complètement décomplexée sur le sujet :-)

Mais merci pour cette délicate attention !

{ Joël } at: 16 décembre 2012 à 01:24 a dit…

On peut essayer de se faire programmateur de l'orchestre ?! Voici quelques idées : La symphonie écossaire de Mendelssohn, l'ouverture du Freischutz de Weber, La Sérénade italienne de Wolf ?

{ Klari } at: 16 décembre 2012 à 01:26 a dit…

Hé ben voilà ! Hébrides en amuse-bouche, concerto pour violon avec Gentil-Prof, et symphonie écossaise !

Olé !

(l'année suivante, on fait Danses de Galanta, COncerto pour violon de Bartok (ou celui pour alto) et Concerto pour Orchestre)
Genre.

Anonyme at: 16 décembre 2012 à 02:16 a dit…

à quand le concerto à la mémoire d'un ange...

{ Klari } at: 16 décembre 2012 à 11:07 a dit…

Quelle magnifique oeuvre, en effet. Je crains toutefois que nous ne tombions dans les pommes à la vue de la partition.

(ils écrivent n'importe comment, à partir du XXè siècle, peuh. de gentilles croches, noires, des mesures fréquentables, ça ne leur va plus.pfff)

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