lundi 1 octobre 2012

"Octobre en bruine, Hiver en ruine."


19 Comms'
Octobre sera un mois ponctué de week-end musicaux à thème : Londres, Vienne et Berlin.

PRAGUE

3 octobre : le très enthousiasmant quatuor à cordes tchèque Pavel Haas se produit à l'Auditorium du Louvre. Je n'y serai malheureusement pas pour cause de restrictions budgétaires (la suite du mois d'octobre rend difficilement défendable l'achat de billets de concert supplémentaires, cf. infra). Mais si vous avez du temps et des sous-sous, foncez, je n'ai entendu que du bien de ce quatuor.

LONDRES

Le week-end des 6 et 7 octobre marque le retour à Paris de nos Londoniens favoris, j'ai nommé le London Symphony Orchestra. Je nous ai abonné d'office, l'Escogriffe et moi, à la mini-saison parisienne du London Symphony, l'un de mes 12.368.174 orchestres préférés. Lui, il aura le plaisir de retrouver sa violoniste préférée, Janine Jansen, et peut-être son violon solo d'orchestre favori: Roman Simović. Et moi, je retrouve mon adorable orchestre préféré.
6. octobre : les musiciens joueront les n°1 : symphonies du même numéro de Brahms et de Szymanowski, concerto pour violon n°1 de Szymanowski.
7. octobre : les numéros 2!

BUDAPEST
(ah, quand même, ça manquait au programme)

Impensable de manquer le Barbe-Bleue donné par l'Orchestre de Paris le 10 ou le 11 octobre. Il y a tout plein de bonnes raisons d'y aller :
- Elena Zhidkova (hiiii) dans le rôle de Judit. Elle a déjà chanté le rôle un peu partout, entre autres à Londres, Jessica Duchen de l'Independent s'en rappelle encore. En ce qui me concerne, je ne suis toujours pas tout à fait remise de sa superbe intervention dans Nevski, avec l'Orchestre de Paris en 2011.
- Matthias Goerne dans le rôle-titre. L'entretien diffusé par l'Orchestre de Paris montre qu'il a minutieusement réfléchi à la question, mais sera-t'il aussi époustouflant dans un rôle en hongrois que dans les Lieder de Strauss l'année dernière ? Hummm.
- l'Orchestre de Paris, que j'aime beaucoup, mais que j'ai jusqu'ici trouvé peu convaincant chez Bartók, mais qui sait ! ils ont, je trouve, mis toutes les chances de leur côté en invitant un chef qui connait le dossier - Christoph von Dohnányi.
(historiquement, les distributions des Barbe-Bleue de l'Orchestre de Paris laissent rêveurs : ils ont toujours pris soin d'inviter des chefs hongrois et/ou d'origine hongrois (c'est bien) et des solistes remarquables : Antal Doráti avec l'adorable couple Júlia Várady - Dietrich Fischer-Dieskau (oooh) en 81, puis en 95 Solti avec Várady, toujours, et László Polgár, le spécialiste du rôle (qui est revenu le chanter avec Dohnányi quelques années plus tard). En s'attardant dans les archives de l'Orchestre de Paris on tombe sur la distribution farfelue : Boulez et ... Jessye Norman. Ca alors !
Sans vouloir infliger une pression indue aux musiciens, j'attends beaucoup de cette soirée.


VIENNE 
Hagen.Koncz. Harnoncourt. Kavakos

Le week-end du 13 et 14 octobre est outrageusement chargé à Vienne. Le 13, Harnoncourt dirige le Concentus Musicus à Vienne, sur un fabuleux programme Haydn (Poule, Ours, Badaboum!). J'étais restée raisonnable, jusqu'au jour funeste où je remarquai que ma fratrie de musiciens préférée, les Koncz, donnaient un programme de musique de chambre le 13 à midi, au Staatsoper.
Gargl. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le billet d'avion.
Le 12 au soir, le Quatuor Hagen joue des quatuors de Beethoven au Konzerthaus.
Gargl.

Récapitulons :
12. Quatuor Hagen au Konzerthaus, quatuors de Beethoven.
13. Quatuor Koncz au Staatsoper, quatuors de Haydn, Debussy et Beethoven
13. Nikolaus Harnoncourt dirige le Concentus Musicus (avec Aliiiiice H. !) au Musikverein, trois symphonies de Haydn. J'ose à peine vous avouer que mon fauteuil se trouve dans le 'Sektor : Podium', je serai donc sur scène. A un jet de gravillon de mon Niko vénéré !
Pour vous donner une idée de l'animation de la vie musicale à Vienne, rien que les 12-13 octobre s'y trouvent Gardiner et l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique, les Koncz, une Traviata, Leonskaja en récital, les Hagen, les Wiener Symphoniker avec Philippe Jordan. Mais comment font les Viennois pour gérer leur agenda ?!
15. Je me rends compte à l'instant que le 15, l'Immenssissime Leonidas Kavakos joue en sonate avec Emanuel Ax. Donnez-moi un fouet que je me punisse d'avoir réussi à ne pas trouver cette info au moment de réserver mon avion, j'aurai prévu un jour de plus.
(et le 17, des musiciens des Berliner Philharmoniker jouent Pierrot Lunaire, et le 18, patatipatata,et le 19...)


BERLIN


Si tu ne vas pas à Berlin, Berlin vient à toi : c'est ainsi que je tremblote d'effroi admiratif à l'idée d'écouter en vrai Guy Braunstein, le futur-ex-violon solo des Berliner, Stefan Dohr, l'idole des apprentis cornistes du monde entier, Amihai Grosz, l'alto solo des Berliner, et plein d'autres de leurs collègues, plus talentueux les uns que les autres, jouer Brahms. 
20. Cycle Brahms, épisode 1.
21. Cycle Brahms, épisode 2.

23. Offrance Musicale et Concerto pour violon de Brahms par les Dissonances à la Cité de la Musique. Oups, j'avais oublié de l'ajouter au planning.

BAKOU

29. Par quelque miracle, Monsieur H. me permit d'assister au concert exceptionnel donné par l'Orchestre Colonne et leur homologues azerbaïdjanais à Pleyel, pour fêter les 20 ans d'amitié (ou de relations diplomatiques) franco-azerbaïdjanaise.

Alors. Qu'irez-vous écouter ce mois-ci ?
---
Aussi (fichtre, c'est devenu une mode, le planning mensuel !) : Carnets sur sol, Hugo, Joël

19 Comms':

{ Joël } at: 1 octobre 2012 à 23:49 a dit…

Nikolaus Harnoncourt dirige le Concentus Musicus (avec Aliiiiice H. !) au Musikverein, trois symphonies de Haydn. J'ose à peine vous avouer que mon fauteuil se trouve dans le 'Sektor : Podium', c'est-à-dire que je serai sur scène ! A un jet de gravillon de mon Niko vénéré !
Ah tiens, en allemand, la symphonie nº94 de Haydn ne s'appelle pas “Überraschung” mais “Mit dem **censuré**”. Ça casse un peu l'effet de surprise, je trouve...

{ Klari } at: 1 octobre 2012 à 23:57 a dit…

Ah non ! je ne suis pas d'accord du tout ! L'appeler Mit dem **censuré** indique simplement qu'il y a un coup de **censuré**, snas préciser si le **censuré** est positionné pour provoquer une surprise, un coup de tonnerre, conclure le final, que sais-je encore ..

Alors que "surprise" préparer l'auditeur à guetter une surprise, et par conséquent, à ne plus être surpris quand elle se produit, cette surprise. C'est affreux, non ?

Ceci dit, j'ose espérer que ces noms, que ce soit le "Mit dem **Censuré**" ou "Surprise" ont été trouvés après les premières auditions en public ! L'inverse serait plutôt ballot :-)

{ Joël } at: 2 octobre 2012 à 00:06 a dit…

Ceci dit, si on passe son temps à regarder le censuré-ier en attendant le Schlag, on risque 1/ de ne pas être si surpris que cela quand il arrivera 2/ de s'ennuyer ferme...

{ Klari } at: 2 octobre 2012 à 00:08 a dit…

!!!

(on aurait vraiment du appeler cette symphonie 'la Paisible sans Timbales, sisisi, je vous assure' )

{ Gamacé } at: 2 octobre 2012 à 00:08 a dit…

Ah ben voilà, moi aussi j'étais très très tentée par le programme de samedi soir à Pleyel, avec Janiiine tout ça :o)
Du coup, zou, je réserve !
(arghgl, je rectifie, je vais essayer de trouver demain des places moins chères que ce que m'indique le site)(suspense)

{ Klari } at: 2 octobre 2012 à 00:10 a dit…

Ah mince ! Tiens-nous au courant, je croise les doigts.

(par téléphone, ça marche mieux ces derniers temps, le concert est suffisamment proche dans le temps pour espérer un ou deux retours, j'espère ?)

{ Klari } at: 2 octobre 2012 à 00:11 a dit…

Sinon, Gamacé, voudrais-tu reprendre ma deuxième place pour le concert du 21 ? Le très méchant escogriffe n'utilisera pas sa place.

{ Lutins taquins } at: 2 octobre 2012 à 21:10 a dit…

Puisque tu nous cites avec munificence, je n'ai pas besoin d'encombrer les commentaires de mes suggestions, mais je souligne tout de même deux concerts de L'Oiseleur des Longchamps, qui seront forcément bien chantés et très originaux, comme toujours (dont un concert dévolu aux œuvres de Patrick Loiseleur), ainsi que Sophie Koch dans Debussy à la Maison de la Radio le 6, malheureusement une soirée très chargée en beaux concerts. C'est tout un cycle Debussy à la Maison de la Radio ces jours-ci.

En ce qui concerne TON programme :

- En effet, les Haas sont d'une virtuosité impressionnante, il est juste dommage qu'ils ne jouent pas Haas amha.

- Goerne chante Kékszakállú depuis des années, donc se représente un peu ce que c'est. Très beau, parce que c'est Goerne, mais pas moins perdu que ses congénères dans la langue hongroise. En ce qui me concerne, à l'exception notable de Boulez I (Troyanos / Nimsgern) et des versions traduites, je ne suis convaincu que par les chanteurs hongrois. Et ce n'est même pas une question d'exactitude linguistique, simplement de naturel et d'impression d'un direction dans leurs phrases...

- Kavakos, c'est un violoniste, c'est ça ? Tu peux nous en parler ?


«  Aussi (fichtre, c'est devenu une mode, le planning mensuel !) »

Le Klariscope ne fait pas la mode, le Klariscope incarne la mode.

{ Klari } at: 2 octobre 2012 à 23:42 a dit…

Tu n'encombres jamais mes commentaires, voyons. Tu fais bien de signaler ces concerts supplémentaires, je les garde dans un coin de la tête !

"je ne suis convaincu que par les chanteurs hongrois. Et ce n'est même pas une question d'exactitude linguistique, simplement de naturel et d'impression d'un direction dans leurs phrases... "
Tout à fait. TOUT A FAIT. Sauf, que dans mon cas, j'ai même du mal à écouter les hongrois (Bartok et Kodaly (qu'oublier les accents ne me fasse pas tomber le ciel sur la tête. euh, la tete, pardon) joués par des non-hongrois. Xavier Phillips et sa sonate de Kodaly fait figure d'exception.

Tu mets vraiment le doigt sur le noeud du problème, je pense : la direction de phrase,en effet si particulière dans la langue hongroise (des accents vers le bas, comme un fléchissement des genoux, des fins de phrase et des fins d'agglutinodéclinomots toujours légèrement appuyés, des alternances de sons exagérement ouverts ou fermés, des doubles-consonnes à faire légèrement résonner (ce qu'on peut faire avec un archet, hein, si on a envie)) qui sont, je crains, complètement étrangers aux non-magyarophones. Ce n'est pas un reproche, hein, ce n'est qu'un simple constat.

C'est d'ailleurs assez fréquent et cocasse de voir des français (ou autres) en Hongrie, s'efforcer de construire des phrases grammaticalement correctes, bien déclinées (ce qui n'est pas une mince affaire), pour se voir opposer un vigoureux "hein ? quoi ?" plein d'incompréhension parce que les accents, les sons, servent presque plus que les mots pour comprendre son interlocuteur, encore plus que dans d'autres langues. (un peu comme en russe, mais en pire)

(tu aurais du voir ce que j'ai pu enquiquiner l'Escogriffe qui répétait des duos de Bartok, ah, le pauvre)

(et les "hein quoi" que j'ai grommelé pendant tout le concerto pour orchestre dirigé par Boulez l'année dernière)

Le Klariscope ne fait pas la mode, le Klariscope incarne la mode.
ciel.

Kavakos, c'est un violoniste, c'est ça ? Tu peux nous en parler ?
Alors, tu vois il est tellement beau et tellement gentil et tellement doué qu'il peut même signer des autographes avec les deux mains occupés à porter du barda de violoniste comme des partitions et des boites à violon et des housses à fringues de concert et il est vraiment très très très doué, et intelligent et adorable et rigolo et pas très bien coiffé il faut le dire mais qu'est ce qu'il est fabuleux quand même le salaud oser jouer à Vienne le lendemain du jour où je quitte Vienne ce n'est pas juste mais tant pis je le revois à Londres en novembre.
Des questions ?

{ Törpék } at: 3 octobre 2012 à 17:39 a dit…

Tu n'encombres jamais mes commentaires, voyons. Tu fais bien de signaler ces concerts supplémentaires, je les garde dans un coin de la tête !

Quel talent d'hôtesse...

Et c'est ainsi qu'une maîtresse de maison
A chaque visiteur doit assigner un rôle
En rapport avec ses façons.


Tout à fait. TOUT A FAIT. Sauf, que dans mon cas, j'ai même du mal à écouter les hongrois [...] joués par des non-hongrois.

C'est aussi le propos d'Eötvös, qui défend (mais de façon moins désintéressée que toi) que seuls les hongrois peuvent jouer correctement Bartók. Après l'avoir entendu, j'avoue ne pas être complètement persuadé de la pertinence du propos. Ca fonctionne en revanche pour Solti, ce chef hyper-métronomique (dont les enregistrements de luxe chez Decca ont sans doute participé grandement à l'éradication des tempi flexibles qui prévalaient autrefois) qui se met à pulser redoutablement dans Bartók.

Je vois ce que tu veux dire, mais pour le langage musical, franchement, ça ne me pose pas les mêmes problèmes : ça sonne différemment, mais ça ne sonne pas sans but, contrairement aux oeuvres chantées. Typiquement, dans les quatuors, ça peut fonctionner de façons très différentes, avec une lecture rectiligne, sobre, apaisée, quasi-classique aussi bien que dans une veine zarby-folkloriste ou sauvage-comme-un-cavalier-magyar.


la direction de phrase,en effet si particulière dans la langue hongroise (des accents vers le bas, comme un fléchissement des genoux, des fins de phrase et des fins d'agglutinodéclinomots toujours légèrement appuyés, des alternances de sons exagérement ouverts ou fermés, des doubles-consonnes à faire légèrement résonner (ce qu'on peut faire avec un archet, hein, si on a envie)) qui sont, je crains, complètement étrangers aux non-magyarophones.

Quand tu parles des "doubles-consonnes", tu veux parler de la césure très audible entre deux consonnes, c'est cela ? Parce que les consonnes redoublées ne me paraissent pas aussi caractéristiques, en revanche.

Mais je suis d'accord, ce qui est le plus caractéristique est cet espèce de tangage entre l'accent fort du début et une fin qui reste tout à fait ferme et sonore ; on a l'habitude d'entendre des langages qui répartissent l'énergie articulatoire (l'accent étant mis en valeur par un environnement plus faible). En hongrois, ça m'a toujours paru plus compliqué.


C'est d'ailleurs assez fréquent et cocasse de voir des français (ou autres) en Hongrie, s'efforcer de construire des phrases grammaticalement correctes, bien déclinées (ce qui n'est pas une mince affaire)

Cela dit, j'ai été frappé par le peu d'exceptions dans la grammaire : il y a de l'aléatoire (notamment sur la terrible harmonie vocalique), mais pas vraiment de l'exceptionnel comme on en a en français. Une fois qu'on maîtrise sa vingtaine de cas, chaque déclinaison ne varie pas énormément, si on compare au grec et au latin.

Enfin, c'est l'impression que j'ai, ma fréquentation du hongrois est tout sauf courante.


Alors, tu vois il est tellement beau et tellement gentil et tellement doué qu'il peut même signer des autographes avec les deux mains occupés à porter du barda de violoniste comme des partitions et des boites à violon et des housses à fringues de concert et il est vraiment très très très doué

Donc Kavakos, c'est le majordome d'un violoniste, c'est ça ?

{ Gamacé } at: 4 octobre 2012 à 11:57 a dit…

Hop, grâce à mes pouvoirs magiques et à mes relations haut placées, me voici nantie d'une place pour samedi soir et d'autres places possibles pour dimanche, le luxe :o)

Pour le 21 si je calcule bien c'est un dimanche, ça me va très bien, avec plaisir ! (m'étonnerait que je sois déjà mutée au nord-ouest de l'Europe à cette date-là).

A tout bientôt donc...

{ Klari } at: 4 octobre 2012 à 13:23 a dit…

Hello Gamacé !

Chouette, je me réjouis de te revoir samedi et/ou dimanche !

Par contre, je suis désolée de t'annoncer que ma place pour le 21 (qui est bel et bien un dimanche) est partie hier.. mais il reste plein de places - pas trop trop chères (à partir de 25€) - sur le site de la salle PLeyel !

{ Klari } at: 4 octobre 2012 à 13:24 a dit…

@David : j'arriiiiive, je réponds ce soir à ton monumental commentaire :-)

{ Klari } at: 5 octobre 2012 à 01:00 a dit…

@David : Ca fonctionne en revanche pour Solti, ce chef hyper-métronomique (...) qui se met à pulser redoutablement dans Bartók.
Ouaip, du Bartok métronomique, (mais du métronomique bien fait, pas mécanique, attention, ça pulse redoutablement. Je me permets de te citer textuellement car ca correspond complètement à ce que j'entends :-)

Je vois ce que tu veux dire, mais pour le langage musical, franchement, ça ne me pose pas les mêmes problèmes : ça sonne différemment, mais ça ne sonne pas sans but, contrairement aux oeuvres chantées. Typiquement, dans les quatuors, ça peut fonctionner de façons très différentes, avec une lecture rectiligne, sobre, apaisée, quasi-classique aussi bien que dans une veine zarby-folkloriste ou sauvage-comme-un-cavalier-magyar.
Que ça sonne différemment, évidemment, c'est intéressant, louable, mais, quelque part, j'ai besoin d'entendre dans la musique que la langue maternelle du musicien/orchestre/chef est (ou pourrait être, je parle métaphoriquement, hein) est le hongrois. Je ne l'entends pas quand B. Chamayou ou B. Berezovski s'attaquent à Bartok, par contre, je l'entends chez un des deux bassons de l'Orchestre de Paris, G. Mandolesi (mais lui, il parle couramment le Bartok, le Rimsky, le Haydn, le Mozart, et, oh, il m'énerve (non, Ugolino, il n'a pas eu son diplôme de basson dans une pochette-surprise, non, non non et non !)

Quand tu parles des "doubles-consonnes", tu veux parler de la césure très audible entre deux consonnes, c'est cela ? Parce que les consonnes redoublées ne me paraissent pas aussi caractéristiques, en revanche.
On met des doubles consonnes à la fin des mots, pour faciliter la déclinaison dans certains cas : un mot terminé par une consonne, verra ladite consonne doublée si le suffixe commence par une voyelle.
Exemple : az (ceci) devient au pluriel azok (ceux-ci). Puis, pour des raisons qui ne concernent que moi, je veux faire un truc avec ceux-ci : azok+k+al (al/el : suffixe "avec"). Dans la prononciation (punaise, ça fait une heure que je parle à voix haute en essayant de décortiquer ce que je fais (tu fais ch**** ;-p), il y a un appui sur le zok (un appui vers le bas(je ne sais pas l'expliquer, faut des TP), puis un presque temps d'arret avec le k, un k bien vigoureux, un mini-temps-d'arrêt quasi-imperceptible, puis le al. Le temps d'arrêt est infime, presque plus pensé que vraiment prononcé, mais c'est la meilleure métaphore que je trouve, là, comme ça, au débotté. Tu entendras ce genre d'arrêt dans la vidéo mise en lien dasn la chouchouscopie (qq billets plus loin) n°3 :-)

Mais je suis d'accord, ce qui est le plus caractéristique est cet espèce de tangage entre l'accent fort du début et une fin qui reste tout à fait ferme et sonore ; on a l'habitude d'entendre des langages qui répartissent l'énergie articulatoire (l'accent étant mis en valeur par un environnement plus faible). En hongrois, ça m'a toujours paru plus compliqué.
Oui, c'est caractéristique, non, ce n'est pas compliqué, c'ets juste différent (ce qui revient au même dans l'apprentissage, remarque !)


Cela dit, j'ai été frappé par le peu d'exceptions dans la grammaire : il y a de l'aléatoire (notamment sur la terrible harmonie vocalique), mais pas vraiment de l'exceptionnel comme on en a en français. Une fois qu'on maîtrise sa vingtaine de cas, chaque déclinaison ne varie pas énormément, si on compare au grec et au latin.
L'harmonie vocalique n'est PAS ALEATOIRE (bor**l de m***rde !) Ah mais ! C'est un entraînement de l'oreille, point barre.

{ Klari } at: 5 octobre 2012 à 01:00 a dit…

La différence entre le hongrois et le français est pour moi, proche de la différence entre le hautbois et le violon (j'y reveins).
En hongrois, il y a 12 456 329 cas. On ne peut plus rigoureux, sans exceptions de déclinaisons. Mais, ce grand nombre de cas (les chiffres varient entre 10 et 30, ne croient pas ceux qui affirement un nombre précis, certains cas peuvent être consdidérés comme des sous-cas d'un autre, ce n'est pas parole d'évangile), exige d'être habitué, et d'avoir beaucoup beaucoup beaucoup pratiqué à l'oreille.
Si tu veux dire : je sors de mes piscines (exemple au pif), tu ne dois plus avoir besoin de réfléchir si le suffixe qui exprime le mouvement "sortir-de-quelque-chose" vient avant ou après le pluriel, et si le pluriel vient avant ou après le possessif.
Au violon, même combat. memes si les doigtés de cet instrument du diable sont soumis à une logique on-ne-peut-plus-rigoureuse, dans l'action tu ne peux plus te permettre de réfléchir si tu dois être sur le corde de sol ou de ré, si tu dois être en 2è, 3è position, etc, etc. Il faut avoir réussi à automatiser, complètement intérioriser ces réflexes.
(alors qu'au hautbois, tu as juste un doigté (bon, parfois un peu plus) pour un note - même si ce doigté est aussi tarabiscoté qu'une conjugaison de verbe du 3è groupe, au moin,s tu l'apprends une fois, et hop, c'est fini !)

(je l'aime bien, mon rapprochement)
(crois-tu que ce soit une coincidence, qu'il y ait tant d'hautboistes français reconnus, et tant de violonistes hongrois célèbres, hein ?

Donc Kavakos, c'est le majordome d'un violoniste, c'est ça ?
Gnagnagna.

{ Gamacé } at: 5 octobre 2012 à 20:04 a dit…

Normalement j'espère qu'on se voit samedi et dimanche, si tout marche bien :o)

C'est noté pour le 21, j'irai me renseigner-fournir en place directement à la source... !

{ Klari } at: 5 octobre 2012 à 20:30 a dit…

Chouette !

{ DavidLeMarrec } at: 6 octobre 2012 à 12:17 a dit…

Exemple : az (ceci) devient au pluriel azok (ceux-ci). Puis, pour des raisons qui ne concernent que moi, je veux faire un truc avec ceux-ci : azok+k+al (al/el : suffixe "avec"). Dans la prononciation (punaise, ça fait une heure que je parle à voix haute en essayant de décortiquer ce que je fais (tu fais ch**** ;-p), il y a un appui sur le zok (un appui vers le bas(je ne sais pas l'expliquer, faut des TP), puis un presque temps d'arret avec le k, un k bien vigoureux, un mini-temps-d'arrêt quasi-imperceptible, puis le al. Le temps d'arrêt est infime, presque plus pensé que vraiment prononcé, mais c'est la meilleure métaphore que je trouve, là, comme ça, au débotté. Tu entendras ce genre d'arrêt dans la vidéo mise en lien dasn la chouchouscopie (qq billets plus loin) n°3 :-)
Ok. J'ai déjà vu le phénomène en finnois, mais je n'avais jamais noté qu'il y ait une façon si caractéristique de détacher les deux consonnes.

non, ce n'est pas compliqué
En contexte, quand je disais "compliqué", j'aurais plus dire "subtil" : la répartition ne se fait pas par vases communicants comme dans les langues indo-européennes. Donc oui, différent. Je disais "plus compliqué" par rapport au phénomène que je décrivais, pas dans le sens de "difficile" ou "injustifié". :)
[Faut être prudent quand on "cause hongrois" ici.]

L'harmonie vocalique n'est PAS ALEATOIRE (bor**l de m***rde !) Ah mais ! C'est un entraînement de l'oreille, point barre.
Je t'assure qu'après s'être cogné 552 pages de grammaire fondamentale (la seule couramment disponible en français, et aujourd'hui complètement épuisée...), truc que les hongrois n'ont jamais fait (alors ils seraient priés de ne pas trop la ramener, hein !), le principe de l'harmonie vocalique, quoique simple, reste de l'ordre du ressenti, ça ne peut pas être appliqué sans avoir pris l'habitude de parler (alors que le reste est assez limpide).

(alors qu'au hautbois, tu as juste un doigté (bon, parfois un peu plus) pour un note - même si ce doigté est aussi tarabiscoté qu'une conjugaison de verbe du 3è groupe, au moin,s tu l'apprends une fois, et hop, c'est fini !)
Ma pratique du hongrois se limitant à la lecture de la grammaire et au déchiffrage de quelques poèmes (Pilinszky plutôt que Bornemisza, manière de ne pas trop m'épuiser...), je ne peux pas trancher. Mais j'ai eu l'impression (et ce que tu dis, paradoxalement, me conforte là-dedans) d'une langue assez structurée. Le problème du français est que non seulement il y a beaucoup d'exceptions, mais qu'en plus elles ne sont pas régulières. :)

J'adore par exemple tout + adjectif, où tout est adverbe, mais peut prendre un "e" si ça nous arrange ; ou les prédéterminants qu'on enjambe ("un espèce d'ébouriffé" et non "une espèce", qui n'aurait pas le même sens). Et je ne parle même pas de l'usage aléatoire du subjonctif qui n'obéit finalement, si on regarde les incohérences en détail, qu'à l'oreille.

Si j'en crois la grammaire, le hongrois a 12 456 329 exceptions, peut-être, mais stables !

{ Klari } at: 11 octobre 2012 à 01:27 a dit…

Hello !

le principe de l'harmonie vocalique, quoique simple, reste de l'ordre du ressenti, ça ne peut pas être appliqué sans avoir pris l'habitude de parler (alors que le reste est assez limpide).

En effet. Mais pas que l'harmonie vocalique. Pour les 123 765 règles que tu dois suivre, mieux vaut les avoir dans l'oreille que dans la tête, sinon, le risque est de passer trois-quatre minutes à faire tourner les neurones avant de faire une phrase.

ais j'ai eu l'impression (et ce que tu dis, paradoxalement, me conforte là-dedans) d'une langue assez structurée.
TRES structurée.
Pourquoi 'paradoxalement' ? C'était mon but ?!

(sinon, oui, je pense que le français est une langue aléatoire, je ne vois pas d'autre classif' possible).

Bravo pr t'être plongée dans une grammaire (fondamentale, en plus ?!), je n'aurais pas osé (après tout, je fais de l'orchestre sans notions de solfège, chacun son trip, héhé)

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