jeudi 19 juillet 2012

Didon et Enée / Dna à Graz


2 Comms'
Samedi 30 juin, Opéra de Graz (Autriche)
Dido & Aeneas, Purcell
Dna, D. Toulon (choreographie), C. Jost (musique)

Cette soirée à l'opéra de Graz est indubitablement une des plus belles soirées d'opéra qu'il m'ait été donné d'apprécier ces derniers temps . Une soirée en mode bisounours, comme il m'en faudrait plus souvent, pour une foultitude de raisons :

L'Opéra de Graz
- la météo. Il faisait somptueusement, magnifiquement, généreusement beau et chaud. Tout simplement une des deux seules journées de l'année, où, enfin, ma paire de sandales et une robette en coton ont pu voir autre chose que l'envers de la porte de l'armoire,

- le calme. Derrière l'opéra, en guise de Galeries Lafayette, de l'autre côté d'une deux-ou-trois voies, un sympathique marché bio, d'où on entend les vocalises des chanteurs qui s'échauffent, fenêtres ouvertes. Graz est une adorable ville calme et silencieuse.

- le luxe, devenu rare, de pouvoir réserver en ligne une place à l'impromptu, trois jours à l'avance en cinq minutes top chrono, sans devoir patienter une demi-heure sur une file d'attente virtuelle, ni créer une adresse mail secondaire, entrer trois fois de suite ses coordonnées bancaires, etc, etc. Et de pouvoir choisir sa place !

le fameux pilier
- Place au demeurant excellente, plein centre de premier balcon, dont j'ai fait l'acquisition pour 8 (huit!) tout petits euros, ce prix modique étant du au fait qu'un mince pilier me cache 15% de la scène. Et moi qui suis habituée à payer cinq fois plus pour voir huit fois moins. (j'avoue m'être replacée - ce qui relève manifestement du tabou à Graz, et avoir très vite oublié l'existence dudit pilier à la place immédiatement à ma droite)

- les petits bars disséminés ici et là dans l'Opéra, suffisamment nombreux pour qu'on puisse passer l'entracte à savourer ce qu'on y achète, et non à faire la queue devant ledit bar.

- le gigantesque sourire de la jeune barmaid, qui, oups, n'a plus de café, ni d'eau à bubulles, ni de jus de fruits, mais qu'importe, il lui reste des tartines de salami et de l'eau plate. Le plus célèbre des Grazois, Monsieur Harnoncourt adore le salami, parait-il (à 16'24")

- les confortables escaliers devant la fontainette sur lesquels, pendant l'entracte, les élégants Grazois (on s'habille pour aller à l'Opéra) s'installent avec décontraction pour siroter leur eau-à-bubulles,

- la confiance implicite manifestée envers les spectateurs, qui peuvent entrer dans l'Opéra sans vider le contenu de leur sac à main, voire entrer et sortir pendant l'entracte sans devoir montrer patte blanche.

- l'investissement remarquable de ces formidables chanteurs, des danseurs, des choeurs, des musiciens, qui malgré une température tropicale (il fait si chaud que j'évite de m'adosser à mon siège, les conséquences seraient dramatiques), ne s'économisent absolument pas.

- ces deux superbes ballopéra ou opérallet, je ne sais pas, où les chanteurs dansent et les danseurs semblent faire intimement partie de la production du son. Très vite, on ne peut plus faire la distinction entre les chanteurs et les danseurs. Le son et le geste, parfaitement harmonisés, s'emmêlent, et j'en viens à me demander si les gestes tortueux du corps de ballet n'ont pas émis cet accord magnifiquement dissonant. Recruteraient-ils uniquement des chanteurs-danseurs ?

- cerise sur ce délicieux gâteau, il s'agissait des touts derniers instants avant de réaliser un petit rêve le lendemain soir: écouter Nikolaus Harnoncourt diriger le Chamber Orchestra of Europe itself (hiii).

Aussi : une petite vidéo, et un article.

2 Comms':

{ Aymeric } at: 20 juillet 2012 à 00:14 a dit…

A defaut de Purcell, ce petit compte rendu est très amusant!

{ Klari } at: 20 juillet 2012 à 00:17 a dit…

Merci ! En même temps, que dire d'une musique si sublime, hein ?

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