samedi 16 juin 2012

Archéochroniquette : programme Brahms, Haydn par l'Orchestre de Paris


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Salle Pleyel - Mercredi 04 avril 2012, 20h
Orchestre de Paris, Radu Lupu (piano), Paavo Järvi (direction)

Joseph Haydn, Symphonie n° 85 en si bémol majeur, "La Reine"
Johannes Brahms : Concerto pour piano n° 1 & Symphonie n° 4
***
Très souvent, il me semble acheter un billet de concert pour des raisons x ou y, mais en ressortir ravie (ou déçue) pour des raisons z, w, n'ayant strictement rien à voir avec les raisons de mon achat. Ce soir-là, on nous avait implicitement vendu un concerto pour piano, par rien moins que le mystérieux et célébrissime Radu Lapu, agrémenté de deux symphonies, non des moindres, certes. Mais en accompagnement, non ?

C'est qu'il n'était pas déplaisant, le concerto, loin de là. Radu Lupu en propose une interprétation apaisée, sereine, très loin de la version "les cosaques envahissent le bassin parisien" qu'en avait donnée Kissin il y a quelques années. Mais notre soliste était peut-être un peu trop fatigué pour un concerto de ce gabarit. L'orchestre doit veiller à jouer en catimini, du bout des archets, pour ne pas le couvrir. Ainsi, le souvenir qu'il me reste est celui d'un concerto un peu trop exsangue, crépusculaire, pour me convaincre.

Qui a volé la vedette au pianiste, donc ? Qui s'est avéré être le vrai soliste de ce concert ? Celui dont on aurait du imprimer le visage en très très gros sur les affiches disposées de part et d'autre des portes de Pleyel ?

Je vous le donne en mille.
Un instrument dont pourtant je ne suis pas spécialement une fervente admiratrice : la flûte.

Pour qui, sans qu'on le sache, étaient programmés deux concertos ce soir-là :
le premier: la Reine. Je n'avais rien vu venir, et paf! la flûte: un solo primesautier, fluide, avec ce Machin (dont je n'ai pas le début de l'ombre de la recette) qui fait se ralentir un peu le temps, fait oublier qu'autour du musicien, il y a un orchestre entier et où on se surprend à jeter un discret coup d’œil vers les bergeries du second balcon, des fois que le fantôme de Haydn y rôderait.
La plus grande partie dudit solo avait été improvisée par le musicien, me confie à l'entracte mon informateur préféré. Toujours un peu différente d'une répétition à l'autre. Quoi ? Hein ? m'écriai-je, sidérée. J'aurais volontiers juré que Haydn avait écrit lui-même toutes ces guirlandes de notes, elles avaient l'air tellement à leur place, dans cette symphonie, comme si elles y avait passé bien au chaud les deux derniers siècles. Peut-être testait-on tout bêtement ma crédulité, allez savoir.

Et un deuxième concerto pour flûte, histoire de séduire les quelques non-Haydnonophiles qui traineraient par-là, dans la 4è de Brahms, superbe de bout en bout, mais surtout dans le solo de flûte du dernier mouvement, faut-il le préciser.

Ce qui devait arriver arriva : ovation enthousiaste, hurlements, bravos. Le temps de rentrer à la maison, d'allumer l'ordi, d'ouvrir twitter, je constate un nombre indécent d'évanouissements, voire de demandes en mariage de la part de certaines membres de la twittosphère musicale féminine, qui se reconnaîtront, je n'en doute pas.

Aussi : Andante con Anima, Alex Ross (il y était !!),l'Oeil et l'Oreille.

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