mercredi 18 avril 2012

Stile Antico


45 Comms'
Jeudi 5 avril 2012, 20h, Amphithéâtre de la Cité de la Musique
Stile Antico chante Taverner, Gibbons, Lassus, Byrd...

Il faut bien un début à tout. Voici donc la chroniquette chiffrée.


(quelques remarques sur les estimations chiffrées en fin de billet)

Nous étions 200 spectateurs :
Deux cents. Deux minuscules petites centaines de spectateurs seulement, alors que régulièrement presque 1913 mélomanes se pressent à Pleyel écouter des musiciens, parfois plus marketés que talentueux. Je ne peux même pas me dire qu'aux 200, il faudrait ajouter des milliers qui n'ont pas eu de place, car l'Amphithéâtre de la Cité n'était pas tout à fait plein.


... concentrés et en bonne santé ..
personne n'a moufté, fripé de programme, personne n'a toussé. Un discret "kheûf", je crois me souvenir, s'est fait entendre entre deux chants. Pourtant en toute saison, grippe ou pas, de tonitruantes quintes de toux font trembler les murs de Pleyel (peut-être les spectateurs ont-ils tout bêtement envie de rentabiliser le prix du billet "Testons cette acoustique, un peu. RRRRKKHÄRFG")
(écoutez de la musique de la Renaissance : c'est bon pour la santé)

... riches ...
car nous n'avions payé que 25€. Ne me dites pas que c'est parce que la Cité de la Musique est excentrée, elle est à peine plus loin du centre de Paris que la salle Pleyel, bande d'apprentis géographes.

... ravis ...
de découvrir l'ensemble vocal Stile Antico, dont ce devait être un des premiers concerts à Paris, qui caracole tout là-haut dans le gotha des ensembles spécialisés en polyphonies de le Renaissance, avec l'Ensemble Huelgas, les Tallis Scholars - qui eux non plus, ne viennent pas assez souvent à Paris, loin s'en faut.

... et repus...
(essayez le japonais en face de la Cité en sortant)

...  c'était beau ...
cette musique, c'est l'art de faire beaucoup avec très peu. Pas de fariboles -  de rythmes tordus, de vocalises ébouriffantes, de trucsmachins technologiquement avancés. Mais cette musique se fiche du qu'en-dira-t'on harmonique, et pouf! les quatre, cinq, six, huit (et plus?) voix se rejoignent dans un accord complètement farfelu avant de retourner se promener, parfois, en zig-zag, à la queu-leu-leu, les unes par rapport aux autres.

... et fascinant.
A l'entracte, le Grand Débat ! Quel est le plus difficile : la partie de second violon (ou alto) de la 4è de Bruckner, ou n'importe lequel de ces chants ? Bruckner, m'affirme mon voisin, me rappelant cruellement (l'animal!) l'existence de ces triolets de blanches (?!), de ces changements abrupts de tonalités de michule majeur en chibédièse minur (le tout urgemment bécarré, qu'on ne sache plus à quel doigt se vouer). Renaissance, affirme-je, certaine que l'exigence en terme de justesse et de mise en place est stratosphérique.

Même si , quand les Stile Antico chantent, ça a l'air si simple, regardez :



Aussi : Joël, Zvezdo
***
Remarques sur les chiffres :
  • prix du concert : j'estime le prix médian d'un concert à Pleyel d'un concert symphonique autour de 65€ (prix en seconde catégorie), dans la mesure où la très grande majorité  des places proposées sont en première catégorie (très chères). J'imagine que les places raisonnablement tarifées - mais peu nombreuses - ne contribuent que peu à faire baisser la médiane. Joël, ton avis de mathématicien ?
  • Quintes de toux : 12 entre chaque mouvement d'une symphonie de trois mouvements, plus une quinzaine de "kheüf" ici et là (chiffre certainement largement sousestimé)
  • Classement mondial : 3è pour Stile Antico (disons derrière Huelgas et les Tallis Scholars, et encore, ça se discute), 25è pour l'orchestre symphonique de type Philhar' de Radio-France ou Orchestre de Paris, puisqu'aucun des deux ne figure dans le classement Gramophone (CE NE SONT QUE DES CHIFFRES, HEIN!)
  • Indice de rareté : un concert parisien pour les Stile Antico en trois ans que je cherche à les écouter, pendant ce temps, un orchestre joue parisien donne un concert par semaine (base d'une quarantaine de semaines "ouvrées" par an), disons.
  • Confort de la salle : essayez les fabuleux sièges (larges,dos extrêmement bien maintenu de l'amphi, et vous verrez ce que je veux dire). La salle était petite, nous sommes tous proches des musiciens, hourrah.
  • Indice de célébrité : estimation pifométrique.

45 Comms':

Ugolino le Profond at: 18 avril 2012 à 23:39 a dit…

Et... ?

(oui je boude parce que mettre dans la même case de Philhar' et l'OP, c'est juste pas possible)

{ Klari } at: 18 avril 2012 à 23:53 a dit…

(sisisi, c'est possible. Tu adores le Philhar', en ce qui me concerne, ils m'ont presque à chaque fois déçue. Mais ça ne mérite pas de bouder !)

(chacun son chouchou, il en faut pour tout le monde).

Ugolino le Profond at: 19 avril 2012 à 00:07 a dit…

Je n'adore pas le Philhar', je l'ai juste entendu. Tout le monde commence par dire que le Philhar' est moyen, avant de se rendre compte.
Je me demande bien quels concerts tu as pu voir pour être déçue par eux...

Mais ma remarque était factuelle : l'OP double ses concerts et fait salle comble ou presque à chaque fois, le Philhar' n'en double aucun et donne certains concerts devant une salle Pleyel à moitié vide.

{ Joël } at: 19 avril 2012 à 00:07 a dit…

> Joël, ton avis de mathématicien ?
Si tu parles bien de médiane, mathématiquement, si la majorité des places sont en catégorie 1, la médiane est le prix de cette catégorie 1. Sinon, comme il est flagrant qu'entre les catégories 1 et 2 on a une majorité de sièges, la médiane sera le prix de la catégorie 2.
Dans tous les cas, le prix des places en catégories 3-4-5 n'a aucune influence sur la médiane.
Si on s'intéresse plutôt à la moyenne, une variation d'un euro sur la catégorie 1 a évidemment plus d'influence qu'une variation identique sur la catégorie 4 puisqu'elle concerne beaucoup moins de places (à peu près trois fois moins ?).
De toute façon, le sujet de la notule, c'est la pifométrie... Au fait, ils sont combien les Stile Antico ? Pendant le concert, j'aurais dit 12, mais sur la vidéo ci-dessus, on dirait qu'ils sont 13...
(Pour ton indicateur "distance Centre de Paris", plutôt qu'un tracé au compas sur une carte de Paris, il faudrait utiliser la « métrique » RATP/SNCF (également intéressante à l'échelle de la France : le plus court chemin entre deux villes françaises passe presque toujours par Paris).)
En lecture rapide, j'ai faille rater « l'indice de fantabulité »... À propos, l'indice du concert d'Aruna Sairam était assez élevé, distance au centre de Paris = 0, prix médian = pas grand'chose, indice de rareté ~ 0.5 ; mais elle passe beaucoup mieux en concert qu'au disque ! :-) pour le concert et :-( pour le disque que j'ai acheté à la sortie...

{ Klari } at: 19 avril 2012 à 20:31 a dit…

@Joël :

le sujet de la notule, c'est la pifométrie
Hum. Raté mon coup, alors. Je voulais faire une chroniquette à base de ratios. Genre : les spectateurs sont prêts à payer 3 fois plus pour écouter un concert 51 fois plus toussé, finalement, j'ai blablaté dans une autre direction.

moyenne, médiane
Ahhh, tu fais une moyenne pondérée ! Voici enfin la différence entre la moyenne pondérée et la moyenne euh, tout court. Si tu es spectateur, tu calcules une moyenne pondérée. sit u bosses à la la comm' de Pleyel, tu calcules une moyenne tout court.

il faudrait utiliser la « métrique » RATP/SNCF
j'ai - en temps de trajet estimé, 0h26min pour CHatelet-Pleyel, et .... 0h26 minutes pour le trajet Chatelet-Cité (ligne 4 puis 5!!). Tu veux, que je te dises ? La Cité est surtout psychologiquement "loin". Mais ça, va le quantifier ;-)

Oui, l'indice de convertibilité live-vers CD est rarement supérieur à un ;-à

{ Klari } at: 19 avril 2012 à 20:39 a dit…

Tout le monde commence par dire que le Philhar' est moyen, avant de se rendre compte. Je me demande bien quels concerts tu as pu voir pour être déçue par eux...
Je n'ai pas vu tant de concerts que ça. Ceux qui m'ont déçue étaient : en septembre dernier, une 6è de Bruckner, le concert Haydn avec Ton Koopman, et celui dirigé par Storgards, je crois (désolée pour les fautes d'orthographe). Globalement, je les trouve bons, voire très bons, je suis en général déçue par les vents, excellents en solo ou dans les tutti noyés, mais assez brouillons dès qu'ils doivent partager des interventions exposés à plusieurs (genre la justesse collective un peu fantaisiste, son pas très homogène, "passage de relais" d'un vent à l'autre bancal, aussi(je ne sais pas si je suis claire?)). Et chez les cordes, au demeurant superbes, il y en a toujours un, voire deux, ultra visible, qui joue au milieu d'archet en mezzopiano, l'air de s'en foutre, pendant que tout le reste de ses camarades fait un énorme scrontch au talon, et ça m'éniiiiirve.
(je n'ai peut-être pas eu de chance, tu me diras)
(mais je les ai écoutés sans a priori)

ais ma remarque était factuelle : l'OP double ses concerts et fait salle comble ou presque à chaque fois, le Philhar' n'en double aucun et donne certains concerts devant une salle Pleyel à moitié vide.
C'est en effet choquant (comme le Bfz à 800 spectateurs vs Berlin plein malgré le facteur $$$$).
Ceci dit, l'équipe comm' de l'OP est composée de ..... 12 personnes versus une équipe comm' à Radio-France de 1 personne (une attachée de presse et basta, je crois).
Aaaaah, les miracles de la RGPP...

{ Joël } at: 19 avril 2012 à 21:29 a dit…

Ahhh, tu fais une moyenne pondérée ! Voici enfin la différence entre la moyenne pondérée et la moyenne euh, tout court. Si tu es spectateur, tu calcules une moyenne pondérée. sit u bosses à la la comm' de Pleyel, tu calcules une moyenne tout court.
Euh oui, pour calculer le prix moyen (ou médian) d'une place, il faut bien sûr pondérer chaque catégorie avec le nombre de places dans cette catégorie !

À propos de la comparaison Orchestre de Paris/Philharmonique de RF, les deux orchestres me plaisent, mais différemment. Je les ai également vus dans des conditions toutes différentes : l'OP le plus souvent depuis l'arrière-scène, le Philhar' depuis le deuxième balcon (sauf quand faute de spectateurs il fallait redescendre...). L'OP est parfois en mode "diesel" : première partie "mouaif", superbe deuxième partie.
Je me suis endormi ou pas loin deux fois depuis le début de la saison avec le Philhar' (Haydn/Koopman et Ravel/Debussy/Stravinski/Myung-Whun Chung), mais c'était avant tout parce que j'étais très très fatigué en arrivant, et surtout tous les autres concerts que j'ai vus cette saison m'ont vraiment beaucoup plu, comme les programmes Liszt/Wagner (ça t'avait plu, non ?), Britten/Chostakovitch, Cendrillon de Prokofiev (que j'ai préféré en version de concert sans danseurs par rapport à ce que j'ai vu-entendu à l'Opéra de Paris !), Petrouchka.

{ Christusization } at: 19 avril 2012 à 22:47 a dit…

Youhouhou ! je viens de voir que Stile Antico viendra en automne chanter dans la merveilleuse basilique de Valère, à Sion (Suisse) ! Au vu de l'extrême pertinence de cette analyse pifométrique et qualitative, je réserve dare-dare...
Reste plus qu'à attendre six mois en écoutant en boucle l'extrait sus-mentionné :-(

{ Klari } at: 19 avril 2012 à 23:38 a dit…

@Joël : héhoheinbon, ça va , j'ai pê fait des études d'épicier, mais je sais qd même à peu près utiliser une moyenne pondérée ;-)

"À propos de la comparaison Orchestre de Paris/Philharmonique de RF, les deux orchestres me plaisent, mais différemment"
C'est-à-dire ? Différemment en quoi ?

Ah, le programme Liszt-Wagner m'avait plu, mais plu sans plus, si on veut. J'ai passé un bon moment, bien sûr, mais loin de la félicité extatique dans lequel leds budapestois m'avait plongée avec le meme genre de programme !

@Christusization : Veinard(e) ! On t'attend par ici dans six moins pour un débrief - mais tu peux revenir entre temps, aussi, évidemment !

Hugo at: 20 avril 2012 à 11:11 a dit…

@Klari : je suis en général déçue par les vents
Hep hep hep, je t'interdis de dire du mal de mes amoureuses !

Pour ce qui est de la différence de remplissage entre OdP et OPRF, je ne sais pas si ça joue beaucoup, mais l'OdP est jeune-friendly (abonnement à la carte à 5 euros la place, placé au mieux), l'OPRF moins... (carte "pass" à 99 euros valable pour une saison, qui permet de réserver seulement à partir d'un mois avant, donc dans la limite des disponibilités j'imagine, et seulement sur les concerts entièrement produits par RF, une place en 2e catégorie au mieux...)

{ DavidLeMarrec } at: 20 avril 2012 à 12:49 a dit…

A propos des maths.

Se pose aussi la question tout simplement pragmatique : personnellement, je trouve Pleyel moins cher parce que les places correctes les moins chères sont moins chères qu'à la Cité. Peu m'importe un plafond que je ne paierai jamais.

40€ en première catégorie, c'est une bouchée de pain lorsqu'on a l'habitude d'en payer 180 pour les mêmes places, mais si on voit qu'en dernière catégorie, c'est 25€ au lieu de 10€, on peut légitimement trouver aussi que la Cité, c'est cher. :)

Bref, à mon (humble) avis, les moyennes et médianes ne rendent pas compte de la réalité du spectateur, qui n'achète pas un ratio mais une catégorie précise.

Pour autant, la chroniquette était bien vue et très amusante. ;)

{ Joël } at: 20 avril 2012 à 13:12 a dit…

Je suis d'accord avec David. C'est ce qui m'a pendant un moment retenu d'aller plus souvent à la Cité. Et puis j'ai découvert que par abonnement, on avait 30% de réduction...

{ Klari } at: 20 avril 2012 à 13:52 a dit…

@Joël, @David : ah oui, mes petits lapins, mais vous oubliez de prendre en compte qu'une partie assez réduite de l'auditoire a accès aux places en 4è et 5è catégorie à Pleyel : ceux qui se tiennent au courant et se lèvent tôt, en particulier pour les places en cat.5. Je ne pense pas que nos habitudes d'achat soient réellement représentatives (objectivement, nous sommes de gros geeks concertogloutons surinformés, avouons-le). Un clampin un peu curieux qui se dit trois jours avant "et si j'allais à un concert" devra faire le choix entre une catégorie 1 à Pleyel et une catégorie 1 à la Cité, et le choix sera vite fait !

Par contre, maitenant que j'ai fait l'avocat du diable, c'est aussi pour ça que j'ai longtemps privilégié Pleyel. Mais de plus en plus, je m'y retrouve à la Cité, avec le confort plus intimiste de la grande salle, la programmation, et j'aime bien l'idée de ce plafond, qui montre que la Cité ne surtarife pas ses concerts (vendre des concerts symphoniques à 160€ voire, 190€, ça me déglingue (je n'aime pas cautionner ces concerts, même en y achetant une place en cat. 4 ou 5) Enfin, le modèle économique n'est certes pas le même..)

{ Klari } at: 20 avril 2012 à 13:54 a dit…

@Hugo : je ne dis pas de mal, je dis qu'ils (elles) pourraient être encore meilleur(e)s. Surtout au vu (à l'écoutu) de leur niveau individuel.

Ah ouaip, un pass jeune à 99€, faut le sortir..
(5€ le concert, c'est ultra-génial, ça laisse le temps en qq années d'estudiantisme d'hameçonner le spectateur, probablement fidélisé à vie. Il y a un ou deux concerts de l'OP, j'étais assise de fidèles, abonnées depuis les années 80, tu imagines ? C'est probablement ce qui nous attend..)

(encore que moi, j'ai soigneusement attendu d'être trop vieille pour être éligible aux tarifs étudiants avant de me mettre à fréquenter assidument ces lieux de perdition)

Hugo at: 20 avril 2012 à 14:07 a dit…

@Klari (@Joël) : depuis les années 80, tu imagines ?

Hmm, non, j'imagine mal, j'ai très peu connu les années 80 moi...
(bon OK, OK, j'arrête... Hihi.)

{ Klari } at: 20 avril 2012 à 14:11 a dit…

Peuh. Gnagnagna. Blanc-bec :-)

(il manquait un 'à côté' entre 'assise' et 'de', d'ailleurs)

Ugolino le Profond at: 20 avril 2012 à 22:52 a dit…

Être abonné depuis 30 ans à l'OP, c'est du voyeurisme morbide : voir l'orchestre de l'ère Barenboïm à Eschenbach, c'est comme regarder dépérir un vieux malade en fin de vie...

{ Klari } at: 23 avril 2012 à 15:30 a dit…

C'est TON point de vue :-) (que je ne partage pas!)

On peut le voir différemment : choisir de tenir compagnie à un orchestre pendant qu'il grandit, stagne - éventuellement, change, évolue, se ride, murit, etc.

En tout cas, eux, ils avaient l'air d'être très contents, et très heureux de se considérer fans de certains musiciens !

{ DavidLeMarrec } at: 24 avril 2012 à 08:36 a dit…

[Sur les tarifs.]

Je parlais seulement de mon point de vue, Klari. Et de celui de toute une frange du public (certes, souvent la plus motivée) pour qui le prix-minimum-avec-visibilité représente le prix d'achat...

Ensuite, oui, pour le public plus occasionnel, prendre une place deux semaines avant peut être moins cher à la Cité de la Musique (mais à prestige égal, on trouve aussi des concerts sympas au tarif abordable, et peu remplis à Pleyel).

Quoi qu'il en soit, le prix haut des places les plus chères ne me pose absolument aucun problème éthique (cela permet de financer par la billetterie les spectacles, le meilleur modèle économique qui soit...). C'est plutôt le prix de la place la moins chère qui fait une différence "sociale" d'accès, à mon sens.

[/mode="sentencieux"]

{ Klari } at: 24 avril 2012 à 10:55 a dit…

"Je parlais seulement de mon point de vue, Klari. Et de celui de toute une frange du public (certes, souvent la plus motivée) pour qui le prix-minimum-avec-visibilité représente le prix d'achat... "
J'aurais alors du souligner de manière plus visible que j'étais, avec ma casquette-Klari-dépense-ses-soussous-pour-elle-même, entièrement d'accord avec toi. C'est pour ceci que j'ai tant fréquenté Pleyel ces dernières années, et que je continue de le faire !

"Ensuite, oui, pour le public plus occasionnel, prendre une place deux semaines avant peut être moins cher à la Cité de la Musique (mais à prestige égal, on trouve aussi des concerts sympas au tarif abordable, et peu remplis à Pleyel). "
Oui. Et non. En théorie, je suis d'accord avec toi, mais pas tout à fait en pratique. Encore faut-il pouvoir évaluer sereinement, en faisant abstraction du prix, le potentiel de "sympathie" :-) et de "prestige" d'un concert. Si je me retranspose deux-trois ans en arrière, quand je commençais à fréquenter assidûment Pleyel, sans pour autant avoir vraiment de repères : si je vois sur la brochure que Berlin coûte en 1ère catégorie 130 ou 160€ (sauvages!) mais que le festival de Budapest ne me coûte en cat.1 que 60€, je vais, plus ou moins inconsciemment, me méfier, et soupçonner une qualité moindre! A tort, bien sûr, mais le mal sera fait.

(c'est exactement comme les chaussures. Avant d'apprendre à regarder l'existence ou non de traces de colles sur le cuir, tu regardes l'étiquette de prix (à tort, le plus souvent))

Et ceci me turlupine, car j'ai de plus ou plus l'impression que Pleyel passe à côté de son "vrai public potentiel" (le papi à quatre pattes pour ramasser son programme sous sa chaise pendant que Haitink dirige le Grrrrrrand Crescendo qui déboule dans le mvt 4 de la 5è de Beethoven n'avait rien à foutre là), parce qu'il est difficile d'essayer, d'acheter facilement une place, puis deux, pour des concerts sympas et abordables, ce qui permet.... de devenir accro (i.e. faire de la billetterie pour ces augustes maisons, etc, )

Quoi qu'il en soit, le prix haut des places les plus chères ne me pose absolument aucun problème éthique (cela permet de financer par la billetterie les spectacles, le meilleur modèle économique qui soit...)
Pas faux...
(mais c'est pour ça que je suis très contente de la coexistence de deux maisons au modèle économique complémentaire, et donc à la programmation complémentaire : Subventions=>Cité, Billetterie=>Pleyel. Tant mieux, mille fois tant mieux)

[/mode="sentencieux"] : meuuuuuh non, on papote, on discute, on n'est plus ou moins pas d'accord, et c'est très bien comme ça.

{ DavidLeMarrec } at: 25 avril 2012 à 20:37 a dit…

Je n'ai jamais eu cette impression. On a vraiment l'impression que le prix a un rapport avec la qualité ? Donc on peut croire que le concert anniversaire des quatre-vingts ans de Barbara Streisand est de plus grande qualité que n'importe quoi d'autre au monde (à commencer par Barbara Streisand cinquant ans plus tôt) ?

Bien sûr, le mode sentencieux était juste là pour mettre à distance un message que je trouvais un peu trop sérieux (et qui ne se voulait pas tel).


Mais en fin de compte, les tarifs bas avantagent des mélopathes combinards dans notre genre, qui iraient tout de même si les tarifs étaient plus chers (moins souvent bien sûr, mais probablement pour la même somme finale et en occupant moins de sièges sur l'ensemble de la saison...). Bref, c'est surtout NOUS qui sommes subventionnés, je le crains.

{ Joël } at: 25 avril 2012 à 22:04 a dit…

Je crois que le principe (à Pleyel comme à l'Opéra d'ailleurs), est que les subventions couvrent les frais de fonctionnement. Je me souviens avoir entendu une fois Laurent Bayle dire que la billeterie devait couvrir les dépenses artistiques. Si un concert est cher, a priori, c'est donc que les prétentions des orchestres/chefs/solistes sont hautes... (et qu'ils ne sont pas eux-mêmes fortement subventionnés).
Je ne sais pas comment fonctionne la Cité, mais on devine bien que 200×25€=5000€, c'est un peu juste pour payer 12 chanteurs qui viennent de l'étranger...

{ Klari } at: 27 avril 2012 à 00:40 a dit…

Je n'ai jamais eu cette impression. On a vraiment l'impression que le prix a un rapport avec la qualité ?
Euh, oui. Quand on débute. Chûûût, c'est un secret, j'ai honte.
Après, certes, j'ai appris que le prix sanctionne le prestigomètre plus que la qualité.

Donc on peut croire que le concert anniversaire des quatre-vingts ans de Barbara Streisand est de plus grande qualité que n'importe quoi d'autre au monde?
Oh,le rhéteur. Tu n'es pas juriste de formation, dis-moi ?

Bien sûr, le mode sentencieux était juste là pour mettre à distance un message que je trouvais un peu trop sérieux (et qui ne se voulait pas tel).
Vivivi, je sais bien. Mais on se fritte si vite par écrit...

Mais en fin de compte, les tarifs bas avantagent des mélopathes combinards dans notre genre (..) Bref, c'est surtout NOUS qui sommes subventionnés, je le crains
Certse ! mais on le leur rend bien, en trésorerie déjà (vive les abos et l'avance de tréso!), en bouche-à-oreille, en chroniquettes, et tout et tout.
Et adns ce bisounoursland-là, tout le monde est content :-)


@Joël :
Si un concert est cher, a priori, c'est donc que les prétentions des orchestres/chefs/solistes sont hautes...
Peut-être. Mais pas que, je crains. Je m'interroge tjs sur ce qui a fait grimper les prix de Lucerne si haut, ou même Berlin si cher (surtout qu'on profitera des mêmes Berlinois à des prix bien plus raisonnables à la Cité l'année prochaine).

Tout à fait. J'ai entendu dire que le ratio billetterie/subvention était de 70/30 à Pleyel, 30/70 à la Cité. Alors vi, certes, ça exigerait de fixer des tarifs relativement élevés à Pleyel, mais ça permet d'inviter douze gus qui chantent en rond !
(et là j'ai deviné que tu parlais des Stile ANtico avant de me rappeler, que, oh, nous étions dnas le fil de commentaires sous la chroniquette des... Stile Antico !)

{ Stile Pecuniario } at: 27 avril 2012 à 09:14 a dit…

Euh, oui. Quand on débute. Chûûût, c'est un secret, j'ai honte.
Après, certes, j'ai appris que le prix sanctionne le prestigomètre plus que la qualité.

Alors c'est peut-être parce que dans ma province il n'y avait pas ce genre de tarification différenciée (du moins pas aussi spectaculairement), ou plus probablement parce que j'ai toujours eu des goûts bizarres assez différents aussi bien des trucs chers que des références universellement admises comme sérieuses...

Mais ça me paraît tellement évident qu'on ne peut pas mesurer la qualité musicale de façon objective. Ok, pour Berlin (même si l'amateur un peu spécialisé peut soutenir pour le contraire), ça sanctionne une excellence orchestrale, mais comment expliquer que d'un violoniste à l'autre, on quadruple les prix ? Ca ne veut pas dire qu'il jouera quatre fois plus de doubles croches au même tempo...

Tu n'es pas juriste de formation, dis-moi ?
Si c'est le cas, on n'a pas jugé bon de m'en informer. :)


Sinon, Stile Antico exagère, il y a rarement douze voix autonomes, ils pourraient venir à huit au lieu de creuser le déficit français. Egoïstes.

{ Klari } at: 27 avril 2012 à 11:26 a dit…

parce que dans ma province il n'y avait pas ce genre de tarification différenciée
Tant mieux ! Sans nécessairement influencer, ça trouble ! Une tarification à la soviétique, tout le monde au même tarif, aurait du bon : elle forcerait plus vite à faire confiance à l'oreille-o-mètre plus qu'au portefeuille-o-mètre.

comment expliquer que d'un violoniste à l'autre, on quadruple les prix ? Ca ne veut pas dire qu'il jouera quatre fois plus de doubles croches au même tempo...
Va savoir... Moi, je suis arrivée à la conclusion qu les tarifs étaient proportionnels au nombre de résultats google générés par le nom de l'artiste en question.

Stile Antico exagère, il y a rarement douze voix autonomes, ils pourraient venir à huit au lieu de creuser le déficit français. Egoïstes.
Eureka ! Tu es contrôleur de gestion ? Consultant en management ?

Ou.... énarque ?

{ piou-piou } at: 27 avril 2012 à 12:01 a dit…

Une tarification à la soviétique, fort bien, mais on t'a déjà expliqué comment y étaient financés les frais de fonctionnement ? :)

Moi, je suis arrivée à la conclusion qu les tarifs étaient proportionnels au nombre de résultats google générés par le nom de l'artiste en question.
C'est un peu sophistique, mais c'est un excellent instrument de mesure en effet...

Eureka ! Tu es contrôleur de gestion ? Consultant en management ?

Ou.... énarque ?

Tout de suite les noms d'oiseaux...

{ Joël } at: 27 avril 2012 à 12:25 a dit…

Moi, je suis arrivée à la conclusion qu les tarifs étaient proportionnels au nombre de résultats google générés par le nom de l'artiste en question.
Et la référence précise est le Tableau 1 in Klari Zhurtxyshodski, Le Klariscope, Chron. mus., 2012, nº5, 14 p., http://www.klariscope.com/2012/01/prades-aux-champs-elysees.html.

{ Klari } at: 27 avril 2012 à 14:03 a dit…

Tout de suite les noms d'oiseaux...
Nom d'oiseaux peut-être, mais je remarque que tu ne nies rien :-)

Une tarification à la soviétique, fort bien, mais on t'a déjà expliqué comment y étaient financés les frais de fonctionnement ? :)
Ah, ça. Moi, j'étais restée dasn le périmètre de la question "comment tarifer sans que le tarif n'influence le choix du spectacle chez le spectateur".
Après le financement.. hein.
Tu remarqueras que la Cité a une tarification relativement "soviétique". Et c'est très bien ainsi, d'ailleurs !

Et la référence précise est le Tableau 1 in Klari Zhurtxyshodski, Le Klariscope, Chron. mus., 2012, nº5, 14 p.,
Wouahou ! On reconnait immédiatement les auteurs d'articles pour des revues spécialisées :-)

Jérémie at: 8 mai 2012 à 00:03 a dit…

La vidéo de Stile Antico ne donne pas vraiment envie. Ils ne savent pas articuler ? C'est Stile Staccato leur petit nom ? Honnêtement, j'ai l'impression — vu la façon dont c'est chanté — que quelqu'un est venu prendre un échantillon de chacune des voix, et les as numérisées sur clavier.

Ils ont beaucoup à apprendre — peut-être qu'il faudrait qu'ils travaillent avec un chef ? Sinon, pour des amateurs, c'est pas mauvais.

Sinon, l'idée d'une comparaison entre les types de concerts, avec des ratios est intéressante... Mais le ratio concert A / concert B veut pas dire grand chose.

Il faut choisir une métrique (par exemple le prix), et faire un ratio entre tout et le prix. Ou le nombre de spectateurs. Ou un estimateur composé de toutes ces choses.

C'est marrant quand t'as dit "Joël" j'ai d'abord cru que c'était une référence au direct de notre cher Opéra de Paris.

{ Stile Confutativo } at: 9 mai 2012 à 23:49 a dit…

Il ne faut pas négliger, dans cette vidéo, la sècheresse atroce de l'acoustique. C'est la même chose pour tous ces ensembles : les voix droites sont faites pour les acoustiques réverbérées. Là, dans ce type d'atmosphère, il faudrait des voix beaucoup plus vibrées pour sonner à peu près. Et ça détruirait l'équilibre harmonique...

Leur faute est plus d'avoir publié cette vidéo informelle que de mal chanter...

{ Klari } at: 10 mai 2012 à 00:58 a dit…

@Jérémie :

que quelqu'un est venu prendre un échantillon de chacune des voix, et les as numérisées sur clavier
Allons bon, c'est plus généralement l'effet que font de nombreuses video sur youtube, non ? Même Kavakos, mal enregistré, au fin fond de youtube, c'est..

... pas très joli.

Mais le ratio concert A / concert B veut pas dire grand chose.
Sisisi, j'avais besoin de ces ratios pour établir de fines comparaisons des plus pertinentes. Le public pleyelois, pourtant x fois plus nombreux, tousse x' fois plus que le public de la cité ed la musique, etc, etc. FInalement, la chroniquette a pris une autre tournure.

Il faut (...) mais c'est un peu péremptoire, jeune homme ! Certainement le choix d'un autre modal pourrait adoucir un peu le propos sans rien ôter à la pertinence de ta remarque ?
Pourquoi pas une autre fois, un indicateur composé.

C'est marrant quand t'as dit "Joël" j'ai d'abord cru que c'était une référence au direct de notre cher Opéra de Paris.
Huhu, mais je ne vais pas au concert avec lui !

{ Klari } at: 10 mai 2012 à 01:00 a dit…

@Stile Commentatico :

Tout à fait d'accord, mais pourquoi y aurait-il "faute" ? Je ne pense pas que l'objectif premier de la video en question ait été de montrer la qualité de leur chant, mais surtout de donner une image bonne enfant (bon enfant ?) de l'ensemble, ce qui, je trouve, est plutôt réussi.

{ Stile Esegetivo } at: 12 mai 2012 à 20:14 a dit…

Lorsque je dis "leur faute est plus de", c'est une concession (qui sert donc à désarmer le contradicteur plus qu'à porter une accusation), pas un reproche réel.

Je veux dire par là que c'est une maladresse de communication qui n'a pas forcément de lien avec leur niveau réel. Exactement comme si on voulait juger un chanteur après une nuit blanche et une journée de conférence, un violoniste sur un violon désaccordé ou un corniste sur un cor laissé au réfrigérateur... ça ne rend pas justice à leur niveau réel.

Après, oui, dans le même genre d'esthétique che les jeunes choeurs a cappella, je suis davantage impressionné par Voces8, mais il faut dire que question communication, justement, ils n'ont laissé sortir que des enregistrements très flatteurs.
Même les pirates sont dans de bonnes conditions : http://www.youtube.com/watch?v=KskKAcXWFXU .

Ce n'était pas gênant, la sècheresse à la Cité de la Musique ? Parce que la salle n'est pas particulièrement généreuse.

{ Klari } at: 14 mai 2012 à 17:13 a dit…

C'était dans la petite salle, dont l'acoustique ne m'a pas paru défavorable. Tu la trouves sèche d'ordinaire ?

Oh, ça a l'air très bien, Voces8 , je ne connaissais pas du tout (en plus, 6 voix masc/2 voix féminines, voila un équilibre qui me plait bien, j'ai un faible pour les voix d'hommes, bon). Tiens, tiens, ils seront au Havre en juillet. Oh, oh, oh.

Vil tentateur !

(tu devrais venir écouter le concert de dhrupad du 17 mai, voilà qui pourrait te surprendre. A moins que tu n'aies déjà donné)

{ DavidLeMarrec } at: 16 mai 2012 à 14:05 a dit…

J'ai honte, dans mes recherches de raretés, j'ai testé jusqu'à la salle polyvalente de Gonesse... et je n'ai toujours pas mis les pieds dans le petit auditorium de la Cité.

Je suppose, oui, que c'est plus adéquat.

Voces8 est un ensemble récent de toute façon (des anciens du choeur de Westminster), et leur premier disque était uniquement constitué d'adaptations (pas mauvaises) de tubes hors classique.

Leur disque de motets est malheureusement avec orchestre (et réalisé avant le concert présent sur YT), ce qui diminue vraiment l'électricité. Ca reste un des meilleurs disques de ces motets, mais pas forcément aussi bien que le Scholars Baroque Ensemble, par exemple.

J'ai aussi noté la date au Havre, je suis très tenté également... Ca fait plaisir de se sentir moins seul dans ses vices. En plus je n'ai pas d'excuse, j'ai déjà vu les motets de Bach cette saison (et par rien de moins que Reuss !).


Pour le dhrupad, deux petits obstacles : je ne peux pas jeudi, et je n'ai toujours pas adhéré à ce genre-là. Est-ce qu'il y aurait des sources où l'on pourrait trouver les textes, pour commencer ?
Dès qu'on s'éloigne de la musique européenne, trouver des livrets, même monolingues, devient la croix et la bannière, malheureusement. Sans parler de la quantité phénoménale d'uniques-enregistrements-épuisés.

Si tu as des pistes de ce côté, j'achète !

{ Klari } at: 17 mai 2012 à 22:21 a dit…

le petit auditorium de la Cité
Je te le recommande sans réserves, on y est très bien. Même si, comme le faisait remarquer mon compagnon de concert, l'orgue ressemble un peu à une pince à linge géante.
Les fauteuils sont spacieux, la sensation d'intimité précieuse, l'acoustique plutôt bonne (je suppose), et les choses qui s'y passent, très recommandables !

(ma première fois, c'était pour le concert de fin d'année des classes de percus adultes de la Cité, c'était très rigolo : tabla, steel-band, percus arabes, etc, et très intéressant. Très chouette idée que de donner une occasion aux amateurs de se produire en concert pour famille et amis)

Pour le dhrupad, deux petits obstacles : je ne peux pas jeudi, et je n'ai toujours pas adhéré à ce genre-là. Est-ce qu'il y aurait des sources où l'on pourrait trouver les textes, pour commencer ?
Aie, aie, aie, tu es en train de me commander une chroniquette sur le dhrupad, là, non ? TU n'imagines pas le nombdre de questions que ta remarque soulève !
Tu ne m'en veux pas si je m'abstiens aujourd'hui de répondre et ajoute une chroniquette spéciale dhrupad à ma longue liste de chroniquettes à écrire un jour ?

(ajoute donc des questions, entre-temps !)

{ Klari } at: 17 mai 2012 à 22:22 a dit…

Ca fait plaisir de se sentir moins seul dans ses vices
M'en parle pas. Chez moi, l'addiction est en train de virer incontrôlable.

{ Joël } at: 17 mai 2012 à 23:49 a dit…

Pour le dhrupad, deux petits obstacles : je ne peux pas jeudi, et je n'ai toujours pas adhéré à ce genre-là. Est-ce qu'il y aurait des sources où l'on pourrait trouver les textes, pour commencer ?

Pour répondre très brièvement (en attendant que Klari développe), on ne sait a priori jamais à l'avance dans quel mode (Raga) le chanteur va se mettre. Sinon, pour le texte, il faut savoir que pendant l'essentiel du temps d'un long développement de chant dhrupad, les syllabes chantées n'ont pas de sens particulier (Re-Ne-Na, Ri-Na-Noum, etc.). Vers la fin intervient la composition : une mélodie, un court texte et des cycles rythmiques fixés à l'avance. La composition sert de base aux improvisations qui suivent.
Dès qu'on s'éloigne de la musique européenne, trouver des livrets, même monolingues, devient la croix et la bannière, malheureusement.
J'ai l'impression que les compositions de dhrupad se transmettent d'enseignant à élève, pas uniquement par voix orale puisque cela peut se transcrire (imparfaitement) sur le papier. Quand à savoir ce que les textes signifient, ce n'est pas évident non plus, mais il me semble que les textes rendent souvent hommage aux divinités hindoues. Connaître les dieux principaux et leurs épithètes permet de se mettre sur la voie... (Comme ça, j'avais deviné qu'une composition en Bhimpalasi évoquait Krishna au fait que le mot « Gopala » apparaisse.)
Sans parler de la quantité phénoménale d'uniques-enregistrements-épuisés.
Sans compter les enregistrements qui circulent sous le manteau...

{ Klari } at: 18 mai 2012 à 00:48 a dit…

Ok, je viendrai compléter plus tard, d'autant plus que mon avis sur la question diverge du tien, Joë l ;-)

{ DavidLeMarrec } at: 19 mai 2012 à 13:47 a dit…

Petit Auditorium Cité :

Ce n'est pas pas de la défiance de ma part, simplement que l'occasion ne s'est jamais présentée, ou plutôt que je ne l'ai jamais saisie (car il y a eu de beaux concerts de clavecin que j'aurais aimé voir).

--

Dhrupad :

Merci à Joël qui, LUI, répond à ma question.

Le texte est très important pour moi, j'éprouve peu d'intérêt pour le chant sinon, et a fortiori pour le dhrupad qui, du point de vue de l'optimisation technique de la phonation, n'est pas particulièrement fulgurant.
Ca risque être un obstacle, il faut donc l'aborder comme un genre instrumental, je suppose ?

J'accepte néanmoins, en guise d'excuses de Klari, une chroniquette livrée, disons, avant juin ?

Plus sérieusement, rien ne presse, mais je suivrais volontiers les astuces et raccourcis que vous m'indiqueriez.

{ Joël } at: 19 mai 2012 à 23:11 a dit…

Ca risque être un obstacle, il faut donc l'aborder comme un genre instrumental, je suppose ?
Si on peut être sceptique à propos de l'utilisation modérée du langage dans cette musique vocale, on peut effectivement se dire que la musique instrumentale n'utilise aucun mot et ne manque pour autant pas d'intérêt !
Mais l'instrument des chanteurs est très riche : il y a tant de manières de chanter une même syllabe sur une même note. Un chanteur peut rester sur la tonique (Sa) sans ennuyer.
Dans la musique instrumentale, même avec un nombre de notes modéré, on peut faire de la musique intéressante : Bahauddin Dagar jouant de la vînâ.
Que l'instrument soit la voix ajoute à mon avis un supplément d'humanité.

{ DavidLeMarrec } at: 20 mai 2012 à 09:10 a dit…

Merci de prendre du temps pour tâcher de me convaincre. Il y a fort à faire, les musiques à râga sont l'une des rares traditions extra-européennes à ne m'avoir jamais séduit...

Dans la vidéo que tu proposes, je retrouve ces trames obstinées en forme de variations infinies, un procédé qui me lasse déjà facilement dans les répertoires qui me sont familiers. J'ai souvent l'impression qu'on opère opère des mélismes infratonals sur une musique originale de Glass... :)

Pour le chant, je vois bien ce que tu veux dire, mais il me faut que ce soit bien chanté - il y a pas mal d'exemples de chanteurs de dhrupad qui ont un chant affaissé que je trouve particulièrement peu intéressant.
Et ce n'est pas une affaire d'ethnocentrisme, toutes les cultures vocales ont un enseignement sur le soutien et la résonance, quelle que soit leur forme.

Oui, je suis exigeant, je veux des textes traduits, je veux des chanteurs toniques, je ne veux pas de formes à variations. C'est pourquoi je me dis depuis longtemps que ce répertoire ne répond peut-être pas, tout simplement, à ce qui me séduit d'ordinaire dans la plupart des musiques que j'écoute...

Merci en tout cas pour toutes ces indications, je vais essayer de m'y remettre plus sérieusement, ça fait déjà quelques jours que j'ai repris les écoutes... C'est le moment de suggérer.

{ Klari } at: 20 mai 2012 à 21:48 a dit…

Pouf, pouf, j'arrive. Laissez-moi le temps de reprendre mes esprits et j'arrive.

(je trouve quand même que le dhrupad, comme Kavakos, marche mieux en vrai qu'en disque. En disque, on perd beaucoup de la subtilité, de la richesse du son qui fait tout l'intérêt de la chose).

Je m'engage par contre à te traîner de force au prochain concert de dhrupad un tant soit peu intéressant dans les parages.

(et je reviens laisser un commentaire un peu plus étoffé très vite)

{ Christusization } at: 1 juin 2013 à 08:51 a dit…

Depuis que je connais ce blog, je suis impressionné par les commentaires de haute tenue qui y sont échangés. Et la qualité des lecteurs, surtout depuis que je sais qu'il est suivi par l'éminent Jean-Pierre Rousseau (à qui je dois d'innombrables découvertes musicales, avec ses compères de l'époque de Disques en lice)
Raison pour laquelle je me suis abstenu de livrer mon impression après le concert de Stile Antico en la basilique de Valère, à Sion (Suisse), l'automne dernier. Commentaire qu'on pourrait résumer de la sorte: Wouaw !!! (sans oublier les trois points d'exclamation)
N'étant pas un spécialiste, plutôt un amateur expert en aproximatistique, j'avais eu un peu peur de m'être laissé emporter par la qualité des voix, du répertoire (que je connaissais peu: musique anglaise du XVIe) et du cadre (que j'adôôôôôre et dont je ne me lasse pas...)
Puisqu'ils sont devenus des habitués de Valère et que j'ai eu le plaisir de les réentendre dimanche passé, dans un autre répertoire qui m'était un peu plus familier (un peu de Lassus et de franco-flamands au milieu des anglais), je me suis dit que je serai un peu plus critique.
Ben, je reste sur mon opinion: Wouaw !!! je pourrais même ajouter un quatrième point d'exclamation, mais ça ferait peut-être un peu exagéré...
Une interprétation stratosphérique, qui conjugue coeur et intelligence, une fusion et un équilibre des voix hors du commun, une maîtrise du répertoire et une véritable réflexion sur les oeuvres interprétées, un soin apporté aux timbres et aux couleurs. Et une ferveur incroyable, qui déteint sur le public. Comme Klari l'a relevé ici même, très peu de quintes de toux et de papiers de bonbons froissés, malgré le temps gris et hivernal de cette fin de mois de mai... La seule qui tousse, c'était une des chanteuses, qui a certainement dû prendre froid dans notre beau pays...
Seul bémol: j'ai trouvé qu'il manquait de pièces un peu plus rythmées, un peu plus de "peps". Il y a bien eu, en fin de programme, quelques morceaux un peu plus vifs, mais on reste dans la contemplation, en suspension, dans une atmosphère planante, éthérée. Manquait peut-être un chouïa d'incarnation

{ Klari } at: 24 juin 2013 à 23:33 a dit…

Allons, allons, il ne faut jamais se censurer, après tout, ce n'est que de la musique !

Je comprends tout à fait le "Wouah" avec trois ou quatre points d'interrogation, c'est le genre d'analyse à laquelle j'arrive après la plupart des concerts où figurent le Philharmonique de Berlin et/ou Nikolaus Harnoncourt. Dès que j'essaie de développer, j'ai quelque part l'impression de galvauder le concert que j'ai écouté / cadeau que j'ai reçu.

Je pense qu'on prend très vite goût (en ce qui me concerne, je suis foutue) à la qualité d'écoute du public autour de soi, à ressentir plus ou moins consciemment la ferveur, l'écoute, de nos voisins, qui, par un mécanisme que je ne sais m'expliquer, semble démultiplier le plaisir du concert.

A bientot !

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