lundi 19 mars 2012

La Saison 2012-2013 à Pleyel


17 Comms'
Youpi, avec les hirondelles est arrivée la brochure de la saison 2012-13 de Pleyel ! Pour un concertivore, ouvrir la brochure, c'est comme déballer ses cadeaux de Noël. Comment résister au plaisir de partager avec vous mes questionnements, mes joies, mes ronchouillis quant à cette nouvelle saison ?

A tout seigneur tout honneur, commençons par l'Orchestre de Paris, qui a eu l'excellente idée d'envoyer la liste des concerts disponibles en abo à ses abonnés quelques jours avant l'annonce officielle de la nouvelle saison :

L'Orchestre de Paris

Les solistes ! Je ne sais pas comment s'opère le choix des solistes, quel est le rôle respectif du directeur artistique, du chef d'orchestre, du DG. Quoiqu'il en soit, la personne qui a le fin mot quant au choix des solistes a des goûts similaires aux miens, je m'en réjouis !

Voyez plutôt :
  • Nikolaï Lugansky, mon pianiste préféré !! Invité à jouer le concerto de Chopin n°2 les 17 et 18 avril 2013 - tiens, pour une fois il jouera autre chose que du Rachmaninov.
  • Elena Zhidkova et Matthias Goerne !! Ma mezzo préférée et mon baryton préféré ! Sur du Bartok. Je me réjouis à l'avance d'écouter, pour la première fois en concert, Barbe-Bleue. J'ai toutefois une petite réserve quant à l'association de ces deux chanteurs, magnifiques mais très différents - j'espère me planter, on verra.
  • Johannes Weisser ! Ce grand ténébreux  ne serait plus baryton-basse, mais désormais basse tout court. Peu importe, même si c'est pour chanter du Bruckner - sous la direction d'Ingo Metzmacher, youhou. 
  • Georg Zeppenfeld : son Gurnemanz (Parsifal à Lyon) est inoubliable, je trépigne d'impatience de le réécouter. Ce sera dans le Requiem de Dvorak, que je ne connais ni d'Eve ni d'Adam.
  • Roland Daugareil et Ana Bela Chaves : pourquoi inviter des solistes du bout du monde quand on a tout ce qu'il faut à la maison ? Je me pâme quand le premier violon de l'orchestre joue un solo, je défaille à chaque intervention de l'alto solo. Occasion rarissime de les écouter tous deux jouer plus que trois mesures de solo. Ma seule crainte est que ce soit une sorte de cadeau de départ pralable à leur éventuel départ en retraite (qui se rapproche..).Je songe sérieusement à écouter ce concert deux soirs de suite,
  • Leonidas Kavakos : hourrah, triple hourrah, mille hourrahs ! Leonidas Kavakos, Mon violoniste Suprêmement Vénéré, vient jouer le concerto de Sibelius (bof), mais il le joue si divinement bien. D'après mes souvenirs de la 5è de Sibelius que l'orchestre avait jouée avec Paavo Järvi, il ne me parait pas  impossible du tout que le concerto soit une réussite complète, y compris en ce qui concerne l'accompagnement. Même si la peau de l'ours, etc, etc. Concert à aller écouter plutôt deux fois qu'une, cela va sans dire. Accompagnée de Gentil-Prof et du Fan-Club de Leonidas Kavakos (la fameuse AVALK).
Sur le sujet "chefs", rien à signaler, tout roule. Plein de Paavo Järvi, hourrah - plus je l' écoute diriger, plus je l'apprécie. Herbert Blomsted, le fringant octogénaire au sourire malicieux, revient diriger du Bruckner et du Beethoven. Il y a des chefs dont je n'ai jamais entendu parler, très bien, ce sera l'occasion de faire connaissance. Le programme 100% Ravel dirigé par Boulez ne me dit rien qui vaille, je n'aime guère Ravel ni Boulez-le-Chef (ah, son Bartok, je n'ai vraiment, mais vraiment pas aimé, bouh), mais pourquoi pas.

En ce qui concerne les oeuvres, je crois déceler un fort tropisme Musique russe et des pays d'europe centrale (Pologne, République Tchèque, Hongrie), je n'irai pas m'en plaindre. Il y a de tout : des tubes, des raretés, des jolies choses, des moins jolies, globalement j'y trouve mon bonheur. Peut-être regrettè-je un tantinet l'absence de choses rares, étranges et un peu interloquantes (comme une petite symphoninette de Hans Rott).

Et les couacs :
  • le concert d'ouverture ?! 130€ en première catégorie ?! Mais où va-t'on ma bonne dame? Les bras m'en tombent. On se croirait à l'Opéra de Paris. A leur décharge, les prix des autres concerts n'augmentent pas par rapport à cette saison. Mais, quand même.
  • le DRAME, le CATACLYSME de la saison 2012-13 est sans aucun doute le départ en retraite du Contrebassiste Préféré de Quasi-Toute la Blogosphère Musicale. Ses sourires radieux, ses ploums réjouis et ses clins d'oeil malicieux vont énormément nous manquer, n'est-ce-pas ? Heureusement, il y a d'ores et déjà quelques prétendants au poste de Musicien Préféré (.....), en pôle-position, le tubiste, dont les sourires satisfaits et les petits coups de mentons sur les accents pendant que les collègues jouent peuvent relever n'importe quel concert un peu plan-plan (c'est probablement pour celà qu'il est en couverture du cahier d'abonnement, quelle judicieuse idée).

Bref, une très chouette saison en perspective. Je me demande (j'espère) s'ils organiseront une contre-saison de musique de chambre comme le cycle Goerne-Eschenbach cette année, ou comme la série de concerts à l'Athénée il y a deux ans.


La salle PLEYEL

Les orchestres invités 

tant que le London Symphony continue d'être installé pour une petite saison parisienne et que le Budapest Festival Orchestra fait une apparition annuelle, moi, je suis contente. Précisons que le London Symphony vient une fois accompagné de Janine Jansen (aaah), une autre fois de Leonidas Kavakos (oooooh), et qu'en prime, ils joueront un programme John Williams au printemps ! Haaaa !

Je m'apprêtais déjà à regretter l'absence de Chamber Orchestra of Europe à Pleyel, mais en regardant dans les coins de la brochure, on s'aperçoit qu'ils seront en concert - au moins quatre fois - à la Cité de la Musique, notamment pour un superbe programme Prokofiev-Mozart-Strauss au mois de mai, accompagnés de Lisa Batiashvili au violon.

Les usual suspects répondent présent à l'appel : le Concertgebouw pour deux programmes un peu plan-plan et un peu chers, le Philharmonique de Berlin pour deux programmes intéressants (dont un avec le fascinant violoncelliste Miklos Perényi) et abominablement chers. Je n'arrive pas à comprendre en particulier quelle est la cible du programme Dudamel-Concertgebouw-Dvorak. Des mélomanodébutants ? Des oreilles acérées qui ne jurent que par le son soyeux des cordes du Concertgebouw ? Des Dudamelofans ? Des portefeuilles garnis ?

Youpi pour les orchestres invités sortant de l'ordinaire : Orchestre Philharmonique de l'Oural et le St. Louis Symphony par exemple.

Les grands absents (à mon avis) :
  • Bernard Haitink, évidemment. Je suppose qu'il est parti en pré-retraite. Pour l'écouter diriger, il faudra se déplacer (Londres, par exemple, pour une séries de concerts en février 2013). 
  • Nikolaus Harnoncourt, aussi. Il ne pourrait pas donner encore un tout petit concert à Paris pour se faire pardonner d'avoir annulé celui d'avril 2011 ? Un minuscule concertinet ? (Sinon, allez à Graz ou à Salzburg cet été)
  • la musique indienne, ouin, qui déjà cette année, avait disparu des programmes. J'espère que la Cité de la Musique compensera généreusement.
On a toutefois de quoi se consoler avec le grand retour de John Eliot Gardiner qui m'a bien manqué cette saison (aaaah, sa 9è avec le London Symphony !)

Les idées-waouh :

Je n'avais guère été emballée par les domaines privés Capuçon et Grimaud cette saison. Pour 2012-2013, Pleyel sort l'artillerie lourde avec un cycle Brahms par les musiciens du Philharmonique de Berlin. C'est fantabulissime. Primo, Brahms, c'est leur répertoire. Deuxio, les concerts - pourtant formidablement prometteurs - sont parmi les moins chers de la saison. Tertio, la partie de premier violon sera tenue par Guy Braunstein, un des premiers violons solo du Philharmonique de Berlin, i.e. un poids lourd. Un adorable violoniste ultra-talentueux avec une bonne bouille de nounours, je ne résiste pas au plaisir de vous indiquer une vidéo où on le voit en répétition avec Lisa Batiashvili, François Leleux veillant au grain en arrière-plan (vous les voyez aussi faire les foufous avec Emmanuel Pahud (flûtiste au Philhar de Berlin), mais qu'ils sont croquinolets). J'adresse mes remerciements les plus sincères à la personne qui a eu l'idée de ce cycle, je n'aurais même pas osé en rêver.

Autres poids lourds de la musique de chambre, le quatuor HAGEN pour une demi-intégrale des quatuors de Beethoven. Là encore, rien à reprocher : billets raisonnablement tarifés (38€ les trois concerts en catégorie 4 !!!), le programme est irréprochable, les interprètes, superlatifs.

Signalons aussi l'apparition du quatuor Borodine pour un chouette programme, avec le quintette pour piano (Berezovsky) et cordes, hourrah.

 D'un point de vue kavakien : la tendance se stabilise. Il n'est venu qu'une fois pendant la saison 2009/2010, deux fois la saison suivante, trois cette saison. Nous le verrons trois fois en 2012-2013. A moins de six ou sept fois par an, ce n'est pas suffisant, évidemment, mais la tendance va dans le bon sens. Profitons-en vite vite avant qu'il ne raccorche définitivement son archet au profit d'une baguette de chef.

Et le concert John Wiliams par le London Symphony !! Star Wars ! Indiana Jones ! par ceux-là mêmes qui ont enrgistré la B.O. ! Mais qu'on va se régaler !

Je passe sous silence le volet 'Musique sur instruments d'époque' - très intéressant, mais je fais une pause cette année, et le volet 'Voix' - Récitals divers, ce n'est pas ma tasse de thé.

Comment s'abonner ? 


Je vous ordonne de choisir la série n°3 - London Symphony Orchestra et la série n°21 - Cycle Brahms par les solistes du Philharmonique de Berlin. Le forfait Hagen aussi, évidemment.
Attention aux séries 'Orchestres Invités', le prix total de la série est souvent gonflé par un orchestre très très prestigieux et très très cher - assurez-vous d'avoir réellement envie d'assister au concert le plus cher de la série, sinon un parcours libre s'avérera probablement plus intéressant - même si le pourcentage de réduction sur l'addition est plus faible.
Si vous souhaitez assister à des concerts de l'Orchestre de Paris, abonnez-vous via l'Orchestre plutôt que via Pleyel : les conditions de réduction sont plus intéressantes par rapport à un Parcours Libre-Pleyel.

Sinon, vous faites comme vous l'entendez. Et vos youpis, vos groumphs quant à cette nouvelle saison ?

17 Comms':

{ DavidLeMarrec } at: 19 mars 2012 à 22:50 a dit…

Ah, nous n'avons pas précisément relevé les mêmes choses (je n'ai pas exactement tenu le compte de la demi-douzaine d'apparitions de Léonide).


=> "Nikolaï Lugansky, mon pianiste préféré !! Invité à jouer le concerto de Chopin n°2 les 17 et 18 avril 2013 - tiens, pour une fois il jouera autre chose que du Rachmaninov"

Oh non, il joue toujours soit du Chopin, soit du Rachma. Sa discographie est pourtant raisonnablement diversifiée (de façon standard, disons, même s'il y a beaucoup de Rachma), mais en concert, en dehors de Chopin, Rachmaninov, et de temps à autre Liszt ou Prokofiev...

Du gâchis en un sens, parce qu'il a un très joli son qui serait agréable dans un éventail d'oeuvres assez varié. Mais c'est la malédiction du répertoire pour piano, il est à peine plus varié en concert que celui de lied... :(


=> "Je n'arrive pas à comprendre en particulier quelle est la cible du programme Dudamel-Concertgebouw-Dvorak."

Moi. Bon, ok, la Neuvième, je m'en passerais un peu - ou plus exactement je l'échangerais volontiers contre quelque chose d'un peu moins entendu.

"Des mélomanodébutants ? Des oreilles acérées qui ne jurent que par le son soyeux des cordes du Concertgebouw ? Des Dudamelofans ? Des portefeuilles garnis ?"

En ce qui me concerne, j'aime bien les Neruda de Lieberson, je suis systématiquement ébloui par l'éloquence et la présence de Stotijn en concert, et j'attendais l'occasion d'entendre le Concertgebouw dans un programme un peu intéressant (il y en avait un samedi dernier, mais c'était soirée Ibsen pour moi, éminemment prioritaire).
Et puis comme cela, je pourrai briller dans les dîners en ville, puisque j'aurais le droit d'avoir un avis (désabusé si possible) sur le Concertgebouw et sur Dudamel.

--

Sinon, il y a pas mal de choses originales (et appétissantes) dans la programmation : Les Saisons de Glazounov, La Navarraise de Massenet, Faust de Schnittke, Giraudoux par Hartmann, l'intégrale Szymanowski...

Et même pas d'intégrale de Mahler, j'en serais presque content (bien que j'adore Mahler, au demeurant...).

Sinon, comme toi, un certain nombre de concerts dont je suis content pour des raisons personnelles (les oeuvres que j'ai envie d'entendre ou les artistes que j'ai envie d'écouter...). Il y a bien sûr plein de raisons de groumpher si on veut des choses précises, mais si on regarde juste ce qui est proposé, c'est franchement mieux que pas mal.

(Il y a même du LULLY pas donné depuis près de quatre lustres !)

{ Klari } at: 20 mars 2012 à 01:07 a dit…

Quart de douzaine, le Léonide ! Si seulement une demi-douzaine... (soupir)

En effet, nous n'avons pas relevé les mêmes choses - tant mieux, qq part, ça pourve que la saison peut satisfaire des goûts différents !

=> Lugansky : pour l'instant, depuis que je suis le dossier Pleyel je ne l'ai vu programmé que sur Rachmaninov. Ah non, suis-je bête, il y a le Bartok en juin avec Salonen. J'hésite, d'ailleurs, il y a aussi le Prince de Bois, que je n'ai *jamais* entendu en concert. Ni en enregistrement, d'ailleurs.
Je suis tombée sur une video, en baguenaudant sur youtube, où Lugansky joue - divinement, à mon avis, du Bach ! (j'ai la flemme de trouver le lien, mille fois désolée)
Bref, tout ça pour dire, que Lugansky chez Chopin, pour moi au moins, ce sera de l'ordre de la nouveauté !

=> Concertgebouw et Dudamel.
Ah ouiche, j'étais au concert de samedi du Concertgebouw (parce que Leoninet prime sur n'importe quel autre chef, oeuvre, artiste, orchestre). Je maintiens que l'orchestre est somptueux, mais il ne convient pas à mes goûts (moi, je suis une LSO/BFZ-girl, hein), ni plus, ni moins.
Dudamel, j'aime bien ce que j'ai entendu, parfois moins (sa 7è de Beethoven, bof), par contre, le surmarketage dont il fait l'objet, ainsi que la sursursurtarification de ces concerts génèrent un sentiment d'agacement dont il fait les frais. (pour le coup, je devrais m'énerver contre les salles de concert, plutôt)

=> Divers sujets : où ça du Schnittke ? Niet pour Massenet, c'est trop cher, je garde mes liquidités pour d'éventuelles excursions berlinoises ou villettoises (j'ai hâte de voir ce qu'il y aura à la CdM - je crois qu'il y aura du rab' par le Philhar de Berlin, youhouhou). Passant du coq à l'aâne, je crains que le Philhar de Berlin soit un orchestre qui est vraiment besoin de sa salle pour briller. J'ai autrement pu savourer les qualités de son, de cohésion, la transparence du son (bordel, j'ai distingué le contrebasson dans un tutti fortissimo ?!? c'est impossible à Pleyel) dans *leur* salle. Leurs concerts pleyelois me laissent toujours un peu sur ma faim. C'est comme une Porsche conduite par un chauffeur un peu maladroit. Ce n'est pas aussi impressionnant que ça devrait l'être.

=> Mahler. J'ai mes périodes, en ce qui concerne Mahler. En ce moment, c'est niet (et je ne saurais pas te dire pourquoi. Ca m'agace, c'est tout !)

{ Joël } at: 20 mars 2012 à 01:40 a dit…

Il y a pas mal de concerts qui dans l'absolu m'auraient intéressé, mais que pour diverses raisons je vais laisser de côté, par exemple :
- Le Tristan & Isolde avec le Philhar'. Un superbe Tristan par an (celui du Birmingham/Andris Nelsons au TCE), je pense que ça me va bien...
- Les Contes d'Hoffmann. J'aime trop Natalie Dessay pour la voir malmener sa voix avec les trois rôles...
- Agrippina dirigé par René Jacobs. J'ai déjà vu ce chef diriger cette œuvre en 2003. Je vais plutôt pencher pour l'adorable Triomphe du Temps et de la Vérité qu'il dirige aussi.

Je prends tout le forfait Hagen parce que la musique de chambre de Beethoven a été une de mes grosses découvertes de l'année (avec celle de Janáček, un compositeur que l'on ne trouve dans la brochure Pleyel qu'à l'état de traces...).

Tiens, au détour de la brochure (série 15), je vois un "Marathon Bach" programmé entre la Cité et Pleyel. Les détails arrivent ce mardi. Là encore, je me dis qu'il ne faut pas abuser des très bonnes choses, puisque la Messe en si de JEG viendra moins d'un an après celle de Masaaki Suzuki... (Et une Messe en si fabuleuse tous les 2 ou 3 ans, cela me va.)

{ Klari } at: 20 mars 2012 à 01:45 a dit…

C'est le passage de la concertophagie à la sagesse !

(de mon côté, après ma 5è Harnoncourt-Berlin, il se peut que j'attende 4-5 ans avant d'oser en réécouter une. Et encore. Sauf s'il la dirige avec le COE !!!! mais pas à Sidney, 'faut pas exagérer!)

(suivant ton exemple, je vais décider après la Messe en Si de Suzuki si je remets le couvert l'année prochaine)

Ugolino le Profond at: 20 mars 2012 à 19:48 a dit…

Le problème de cette saison, c'est l'absence, au moins dans les concerts orchestraux, de grands concerts potentiels : on peut toujours être déçu ou avoir de bonnes surprises, mais il y a des combinaisons chef/orchestre/oeuvres où, indépendamment du goût pour les oeuvres en question, il faut être quoi qu'il arrive. Là, à part les Brahms/Szymanowski de Gergiev (les Brahms peuvent peut être très bizarre ou brillants (probablement les deux à la fois), mais les Szymanowski risquent d'être très grands), le premier RNO/Pletnev, et peut être le début de l'intégrale Chosta par Gergiev - je rajouterais de manière moins évidente la deuxième symphonie de Sibelius avec Franck, un grand chef méconnu, et le deuxième Saraste/OPRF, pour la rare troisième de Lutoslawski qui devrait être exécutée à une niveau superlatif -, il n'y a pas grand chose. Beaucoup de choses intéressants et probablement bien selon les goûts de chacun, mais le propre du grand concert c'est de transcender l'intéressant et le goût de chacun, de bousculer les choses.

Après, c'est un peu comme ça tous les ans, mais pour une salle qui est supposée nous présenter des concerts "événements" (à des prix adéquats bien sûr), j'en vois finalement bien peu.

{ Klari } at: 21 mars 2012 à 01:30 a dit…

Oui, je crois voir ce que tu veux dire. Le concert-génial-dont-on-sait-déjà-qu'il-va-être-génial-avant-d'acheter-le-billet ? Comme le Concerto pour Orchestre joué par le Budapest Festival Orchestra (j'y vais à Londres en avril 2013 !!!!! et je les soupçonne de jouer le Concerto pour Orchestre en clôture du Bartok-Marathon à Budapest)

Je suis assez d'accord, je vois peu de ces concerts. Contrairement à toi, je ne souffre pas de leur petit nombre. Je reste optimiste et attends de me laisser éblouir par quelques outsiders dont j'aurais sous-estimé les possibilités. Ça me convient très bien, j'aime les bonnes surprises.

Oui, le RNO-programme 100% russe, je m'en pourlèche les babines ! Un des premiers à être cochés..

Merci pour les suggestions Sibelius-Franck et Lutoslawski-Saraste, je note dans un coin de calendrier de me procurer une place - mais j'attendrais pour celles-ci l'ouverture des places à 10€, je ne suis pas inquiète outre mesure !

(par contre, qu'est-ce qu'elle me branche, la saison Cité de la Musique, youhou !)

Ugolino le Profond at: 21 mars 2012 à 02:43 a dit…

Je n'en souffre pas, c'est juste qu'on est supposé nous vendre (cher) du "grand", alors que c'est surtout du propre et bien fait. C'est hygiénique.

Où peut-on voir la saison de la Cité de la musique ?

Philippe[s] de l'escalier at: 21 mars 2012 à 09:58 a dit…

A votre place, je laisserai tomber Suzuki pour Gardiner (et sans aucune espèce d'hésitation) !
En plus je ne comprends pas pourquoi il faudrait se limiter en nombre de Tristan, Messe en si (ou tout autre grand chef d'oeuvre inépuisable, du genre Passions ou Parsifal). En revanche, moi, j'ai eu mon quota de concerto pour violon de Sibelius pour les 40 ans à venir !!

{ Joël } at: 21 mars 2012 à 12:49 a dit…

Philippe[s] : Tu veux démolir à la hache la très minime influence que j'ai peut-être pu avoir sur Klari sur ce choix de concert !?
Ce que fait Gardiner dans le baroque est intéressant, c'est évident, mais j'ai une dent contre lui depuis qu'il m'a pourri un Petrouchka, ce que jamais Suzuki ne fera !
Ceci étant, dans l'œuvre si particulière qu'est La messe en si, je suis sûr que Suzuki peut faire des merveilles. Je l'ai déjà entendu en faire dans la cantate BWV 140 (mieux que Harnoncourt à mon goût...).
La limitation en nombre : outre que cela ne fait pas de mal au porte-monnaie, c'est que le concertivore se limite le plus souvent à un concert par jour, qu'il n'y qu'environ 365 jours par an, qu'il peut avoir envie de faire parfois autre chose de ses soirées (même si c'est lié à la musique...), que parmi les spectacles, il n'y a pas que les concerts classiques qui l'intéressent (la danse classique et la danse indienne m'intéressent tout autant...). Bref, au bout d'un moment, il faut trouver une manière de faire des choix...

{ DavidLeMarrec } at: 21 mars 2012 à 14:37 a dit…

=> Pour le Prince de Bois, c'est une oeuvre remarquable, du Béla "gentil". Malheureusement j'ai dû voir (il a bien sept ans) la seule chorégraphie (pas passionnante) jamais présentée en France, je ne suis même pas sûr que a ait été monté à Paris un jour...

Même en concert, où ça peut paraître un peu plus lisse, surtout si on espère du Mandarin, ce devrait être bien.


=> "(moi, je suis une LSO/BFZ-girl, hein), ni plus, ni moins."

En vrai, je n'ai jamais entendu ce Budapest festivalier (il faut dire que leurs programmes ne regorgent pas de nouveautés, et n'appartiennent pas non plus au type de répertoire célèbre que je vais quelquefois voir en concert).

Le LSO, j'aime beaucoup effectivement, tant qu'ils n'apportent pas Colin Davis dans leurs bagages.

J'aimerais bien entendre le Concertgebouw tout de même, parce qu'il reste une sorte de permanence assez étonnante dans les équilibres entre l'époque Mengelberg / Beinum et aujourd'hui, même si la couleur a pas mal changé.
J'ai plus de probabilités de l'entendre que Bergen ou Trondheim, parmi ceux que je voudrais vraiment découvrir en salle...

Sur ce concert, je n'avais pas regardé les prix. Effectivement, si je n'ai pas de place à 10€, je risque m'abstenir puisque finalement ce sont les Neruda de Lieberson que Stotijn chantera : un cycle que j'apprécie, mais dont j'ai déjà deux versions fort bonnes, et qui ne met pas forcément en valeur la voix ni l'orchestre (en plus, je ne suis pas sûr du tout que Stotijn ait le même impact en espagnol !).
En fait, même à 10€, je n'irai sans doute pas, puisque comme le dit Joël, il faut choisir.

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=> Schnittke, c'est le 21 septembre (Fedoseyev / Philhar), couplé avec la Sixième de Tchaïkovski. Une fois de plus, je risque m'abstenir à cause du couplage... Si ça avait été une autre symphonie de Tchaïkovski, je ne dis pas...

=> Je n'avais pas vu pour la Navarraise, c'est effectivement un tarif passablement confiscatoire... L'avantage, c'est que si l'on ne peut pas, on se console d'éviter le couplage pas passionnant...

=> Pour les berlinois, je ne suis pas complètement client au disque de toute façon : trop rond et policé. Je suis beaucoup plus sensible aux orchestres où, à la rigueur, il y a des défaillances techniques, qu'aux machines trop virtuoses, sauf à dispenser vraiment des couleurs inouïes. Ce que je n'entends pas chez Berlin au disque.
De toute façon, comme en tournée ils ne jouent pas beaucoup de neuf... il est probable que je ne les entende pas de sitôt.

{ Klari } at: 22 mars 2012 à 01:12 a dit…

@Ugolino : ça y est, la saison de la CIté est en ligne depuis hier (mercredi) matin, tu peux télécharger le pdf ici

@Philippe[s]:
A votre place, je laisserai tomber Suzuki pour Gardiner (et sans aucune espèce d'hésitation) !
Ah non, ça ne va pas être possible ! D'une, je risquerai de vexer Joël, de deux, j'ai très envie d'écouter ce qu'en fait Suzuki, que je ne connais pas du tout !

En plus je ne comprends pas pourquoi il faudrait se limiter en nombre de Tristan, Messe en si (ou tout autre grand chef d'oeuvre inépuisable, du genre Passions ou Parsifal)
Ah moi, j'ai besoin de temps pour ruminer une oeuvre, surtout quand l'interprétation m'a bouleversée. Je vais par exemple soigneusement éviter des 6è de Beethoven pendant un an ou deux, suite à celle du COE(hiii), et après MA 5è de Beethoven Graalesque par Harnoncourt à Berlin, je me demande si je ne vais pas m'abstenir à vie !
En plus, je peur d'amoindrir un souvenir magnifique en y superposant des versions qui me satisfont moins.

Par ailleurs, attendre un peu avant de réécouter une opeuvre en concert me permet de la découvrir un peu à chaque fois, de recréer l'attrait de la nouveauté (sachant que je n'écoute quasiment jamais de disques)

En revanche, moi, j'ai eu mon quota de concerto pour violon de Sibelius pour les 40 ans à venir !!
hinhinhin ! j'y retourne l'année prochaine. Gentil-Prof aussi, j'imagine. Mais c'est plus pour la saveur grecque que finnoise du concerto :-) (en même temps, au risque de me répéter, Järvi peut faire qq chose de fantabuleux de ce concerto !)

{ Klari } at: 22 mars 2012 à 01:16 a dit…

@Joël :
Tu veux démolir à la hache la très minime influence que j'ai peut-être pu avoir sur Klari sur ce choix de concert !?
T'inquiète, tant que tu me refiles tes fiches-Wagner, je suivrai à la lettre tes recommandations de concert !

Ce que fait Gardiner dans le baroque est intéressant, c'est évident, mais j'ai une dent contre lui depuis qu'il m'a pourri un Petrouchka, ce que jamais Suzuki ne fera !
Oh, il ne faut pas lui en tenir rigueur ! Je lui dois une 9è de Beethoven somptueuse qui pardonne tout ses éventuels ratages faits et à venir !
Même Harnoncourt peut rater qq chose, un jour un peu fatigué... (aaaah, blasphème - je vais me fouetter et je reviens). Gardiner dans Bach, je trouve ça somptueux !

Je l'ai déjà entendu en faire dans la cantate BWV 140 (mieux que Harnoncourt à mon goût...).
hé ho, pas de vulgarités ni de blasphèmes sur mon blog (va te fouetter et reviens !)

{ Klari } at: 22 mars 2012 à 01:40 a dit…

@DavidLeMarrec :
En vrai, je n'ai jamais entendu ce Budapest festivalier (il faut dire que leurs programmes ne regorgent pas de nouveautés, et n'appartiennent pas non plus au type de répertoire célèbre que je vais quelquefois voir en concert)
Attention, je vais dégainer ma BLOGOINFLUENCE, réelle ou imaginée ! Il FAUT écouter le Budapest Festival en vrai au moins une fois dans sa vie. Même et surtout sur du Bartok, ils le jouent comme personne.
Lundi soir, j'ai eu l'impression d'écouter le concerto pour piano n°2 de Bartok pour la première fois (or, je l'avais déjà écouté deux fois en concert, dont une fois trois tout petit mois auparavant), ils se le sont tellement appropriés - tu me diras, c'est normal pour des Hongrois, les accents un peu farfelus à la Bartok, les phrasés, coulent relativement de source pour quiconque parle hongrois (je me risquerais bien à écrire une chroniquette sur le sujet si j'avais plus de connaissances théoriques sur la question), et ajoute à cela un niveau d'orchestre époustouflant, et, ma foi..

(ils ont, je trouve, ce truc très Concertgebouw-Berlin en ce qui concerne la maîtrise du métier d'orchestre, mais auquel s'ajoute un petit grain de folie, et une envie réelle de jouer à 130% et ... j'adore !)

J'aimerais bien entendre le Concertgebouw tout de même, parce qu'il reste une sorte de permanence assez étonnante dans les équilibres entre l'époque Mengelberg / Beinum et aujourd'hui, même si la couleur a pas mal changé.
J'ai plus de probabilités de l'entendre que Bergen ou Trondheim, parmi ceux que je voudrais vraiment découvrir en salle...

Ach so. Je n'ai entendu le Concertgebouw que deux fois en concert, je crois. Peut-être trois. A chaque fois, je les ai trouvé suprêmement bons, mais je reste un peu sur ma faim (il me manque le petit grain de folie). Par contre, quelques veinards qui ont eu l'occasion de les écouter *au* Concertgebouw m'assurent que cette salle met réellement en valeur les qualités sonores ahurissantes de l'orchestre.
(ah, je ne peux pas te suivre sur l'évolution des couleurs de l'orchestre... tu sais, j'écoute peu de disques, tout ça, tout ça. Par contre, si tu écrivais une chronique sur l'évolution de leur son, je la lirais certainement avec gourmandise)

Sur ce concert, je n'avais pas regardé les prix.
Je ne sais pas comment on pourrait calculer un ratio programme/prix, mais parfois le programme ne choque pas en lui-même, mais plutôt par rapport aux sommes exorbitantes qu'il faudrait débourser pour l'écouter.
(je suis assez maladroite, je n'arrive à me procurer des places à 10€ que pour des concerts un brin moins courus)

{ Klari } at: 22 mars 2012 à 01:40 a dit…

Pour les berlinois, je ne suis pas complètement client au disque de toute façon : trop rond et policé. Je suis beaucoup plus sensible aux orchestres où, à la rigueur, il y a des défaillances techniques, qu'aux machines trop virtuoses, sauf à dispenser vraiment des couleurs inouïes. Ce que je n'entends pas chez Berlin au disque.
De toute façon, comme en tournée ils ne jouent pas beaucoup de neuf... il est probable que je ne les entende pas de sitôt.

Ah Berlin, Berlin ! Ils m'ont toujours laissé de glace à Pleyel, jusqu'au jour béni des dieux où *petits oiseaux qui chantent* je les ai écoutés dans leur salle * angelots qui dansent en fredonnant*. J'ai retrouvé chez eux tout ce que j'aime dans un orchestre : un son chaleureux, des musiciens qui ont un plaisir manifeste à jouer et se donnent à 320%, le son du bois à deux doigts de craquer. En plus, il y avait le Rundfunkchor Berlin, ce qui ne gâte rien. Je pense que ça t'aurait plu !
oh bref, je te souhaite par avance de bonnes vacances allemandes (ou norvégiennes), un jour.
(en plus, on mange tellement bien à Berlin)

(du coup - je réalise que c'est un privilège, hein, de pouvoir vadrouiller un peu - je vais éviter le Philhar' de Berlin à Paris, pour le prix de deux places en catégorie 1, je finance le we entier avec l'Escogriffe et *deux* places à l'arr-scène de la Philharmonie - d'où en entend - comme partout dans cette salle me dit-on - divinement bien.

Ugolino le Profond at: 22 mars 2012 à 14:52 a dit…

Ce n'est pas le BFZ qui a rendu le deuxième concerto de Bartok "comme personne", c'est Ranki. Le BFZ l'a suivi (en moins bien).

{ DavidLeMarrec } at: 22 mars 2012 à 17:58 a dit…

des musiciens qui ont un plaisir manifeste à jouer et se donnent à 320%

Précisément, c'est ce qui manque pour moi, cette impression qu'ils sont complètement sollicités, ils me paraissent trop "sûrs". Ce n'est pas leur faute, au demeurant, il sont juste trop bons.

En plus, il y avait le Rundfunkchor Berlin, ce qui ne gâte rien.

Ca c'est un argument en revanche. Mais comme j'aime aussi passionnément le Choeur de l'Orchestre de Paris (même plus, lorsque c'est en salle pour du répertoire symphonique...), je peux économiser le voyage. :)


pour le prix de deux places en catégorie 1, je finance le we entier avec l'Escogriffe et *deux* places à l'arr-scène de la Philharmonie - d'où en entend - comme partout dans cette salle me dit-on - divinement bien.

Vu comme ça ! Et après tu t'étonnes d'avoir de l'influence. :)

{ Klari } at: 22 mars 2012 à 23:11 a dit…

@Ugolino : non, je proteste ! (50-50% BFZ Ranki)

@DavidLeMarrec : Et après tu t'étonnes d'avoir de l'influence. :)
Ah oui, que veux-tu, j'ai fait le choix de troquer quelques paires de chaussures et le budget fringues contre mon "influence" berlinoise (un concert berlinois par an, remarque - et c'est déjà un luxe ! - suffira amplement à me constituer un beau petit bagage de somptueux souvenirs musicaux !

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