lundi 5 mars 2012

Chamber Orchestra of Europe - Intégrale Beethoven 3/5


22 Comms'
Salle Pleyel, vendredi 02 mars 2012
Chamber Orchestra of Europe / COE (hiii), Renaud & Gautier Capuçon, Frank Braley, Bernard Haitink (direction),


Beethoven: Ouverture Egmont, Triple concerto, Symphonie n°6 "Pastorale"
***
Quatorze mois d'attente. Quatorze. En janvier 2011, avant même l'annonce de la saison 2011/2012, la salle Pleyel avait discrètement laissé entendre, sur le dos des notes de programme de la première demi-intégrale des symphonies de Beethoven par la dream-team Chamber Orchestra of Europe/Haitink, que la suite aurait lieu en mars 2012.

J'aurais du profiter du délai pour pré-rédiger la chroniquette du concert. Je me casse les dents sur des os, certains musicaux (après une demi-douzaine de concerts du Chamber Orchestra of Europe, je n'ai toujours pas mis le doigt sur ce qui rendait leurs concerts si mémorables), d'autres lexicologiques.

En premier lieu : le nom de l'ensemble. L’appellation 'Chamber Orchestra of Europe' est, sémantiquement, rigoureusement appropriée, les musiciens de cet auguste ensemble proviennent en effet des quatre coins de l'Europe - mais surtout d'Allemagne, du Royaume-Uni et des Pays-Bas. Mais que c'est long : 27 caractères à taper à chaque fois ! A l'oral, quel fourchelangue ! Soit on se résigne honteusement à le prononcer avec un accent français assumé ' Le Chambère Orchestre offe Iourope", soit on se risque à le prononcer à peu près correctement. J'avoue buter dès la quadruphtongue du  "ber Orch", la difficulté étant décuplée par les nombreux "r", cette chose abominable que les anglais ont inventé exprès pour embêter les français. On peut ainsi parfois m'entendre marmonner un "Tchèmbeuhwrwowrwkestrahoviouwrwop" guère explicite, d'autant plus que mon interlocuteur, n'ayant rien compris, ne manquera pas de me faire répéter trois ou quatre fois.

L'acronyme, alors ? "COE"? Prononcé à la française, ça donne "céhoheu". Dans "céhoheu", il y a "heu", or le ??? est tout sauf un orchestre hésitant. A l'anglaise : "cihohi"?  Va pour "cihohi". Hautement prononçable, mais perturbant : la première fois que j'ai entendu parler du Cihohi, je me suis demandé quel était ce mystérieux ensemble dont faisait partie François Leleux, en plus du Tchambakestroyoyop.

(ça pourrait contribuer à expliquer l'inexplicable déficit de notoriété du Cihohi en France).

Il reste l'épineux problème du champ lexical de la chroniquette : les poncifs habituels (engagement, cordes soyeuses, ductilité des bois, et patacouffin) ne rendent non seulement pas justice au phénomène Cihohi, mais ils seraient presque insultants et réducteurs. Il faut un nouveau vocabulaire pour décrire le Cihohisme - ce phénomène inexplicable, mais dont on peut tenter de décrire certains des symptômes. Amusons-nous à regarder ensemble les trente premières secondes de l'ouverture d'Egmont, les principales caractéristiques du CIHOHISME y sont présentes :

"PLAAAM! Scrontch, scrontch; scrontch-scrontch-scrontch!"
la CIHOHIPATATE, audible dès le premier plam!, visible quelques instants plus tard dans le plan large. Certains orchestres ont besoin d'un petit quart d'heure avant d'être totalement opérationnels, d'autres sont immédiatement réveillés. C'est typiquement le cas des musiciens du COE, qui à chaque fois que j'ai été les écouter, jouent comme s'il s'agissait du concert de leur vie. A ma connaissance, ce sont les seuls à jouer avec une telle énergie. Comment les vétérans de l'orchestre, après trente ans de COE, conservent un enthousiasme aussi ébouriffant, je ne me l'explique pas (le CIHOHISME se constate et ne s'explique pas)

"tayadiyaaa"
voici-là un exemple de CIHOHIVENT, un CIHOHIHAUTBOIS pour être précise: ce son! cette présence! ce goût! cette musicalité ! Un tout petit peu plus tard, après la deuxième série de scrontchs, on entend les quatre solistes (clarinette, basson, flûte, hautbois) jouer ensemble. Ensemble. Tellement ensemble qu'on ne les distingue qu'à peine les uns des autres, ce qui est magnifique, et rarissime chez les noncihohistes

et juste ensuite, pendant que les premiers violons fredonnent tout mignonnement la mélodie, "po-po-po-po-po-po-po-pom", gazouillent les seconds violons - peut-être les altos, aussi ?
On rentre là dans le vif du sujet : le CIHOHIVITOUPOWÂ (VITOU = V2, i.e., les seconds violons). Car le COE ne lésine pas sur la qualité de ses seconds violons. Ils savent, eux, que les jolies mélodies des premiers  ne sont que les guirlandes sur le sapin. L'essentiel, c'est le sapin. Et ce po-po-po-po-po-pom n'est pas un po-po-pom mécanique et désabusé d'un second violon fatigué, ou un bête petit moteur rythmique. Ils en font un po-po-pom ardent, vif et tourmenté, qui remplit un rôle crucial : empêcher la mélodie des premiers de tomber dans la mièvrerie et faire avancer l'histoire.

Portons aux nues les CIHOHICORDES en général: pour leur son, si puissant et transparent à la fois - imaginez un véhicule avec la puissance d'un tank, en cristal, au passage duquel rien ne résiste, mais qui n'écrabouillerait pas les petites fleurs (sans oublier l'élégance et la vitesse d'un pur-sang). Et pour la cohésion stupéfiante de ces cordes, qu'on entend, mais qu'on reconnaît aussi à d'adorables petits détails : le grand sourire du violoncelliste qui entend un petit quelque chose qui lui plaît chez les voisins à cordes aïgues. Le petit coup d'oeil en direction des basses. .

les CIHOHIDYNAMIQUES : le Crescendo Historique du COE, c'était celui de l'arrivée sur le dernier mouvement de la 5è de Beethoven, l'année dernière. Le crescendo qui rend idiot l'auditeur cloué au dossier de son fauteuil, qui lui donne envie de faire des graphiques à la noix, de battre des mains, d'allumer des feux d'artifice. En trois-quatre ans de concertophagie, je n'ai entendu que deux orchestres (le Philharmonique de Berlin et le COE) produire des dynamiques aussi stupéfiantes.

(il faudrait aussi mentionner le rythme, le timbalier, les ploums, la joie de jouer qui se dégage de l'orchestre, etc, etc. bref)

Ajoutons à cela un Bernard Haitink : qu'obtient-on ?

Un déroutant Triple Concerto, presque monty-pythonien, qui tente de réconcilier un Gautier Capuçon abandonné dans un univers parallèle elgarien, où gros son et gros vibrato prévalent, avec l'orchestre, le pianiste et le chef, à quelques années-lumières de là, dans un espace-temps lumineux et articulé, presque baroqueux. Renaud Capuçon, impartial, s'installe quelque part au milieu.

Passons à la Pastorale. Certaines mauvaises langues prétendent que la Pastorale serait ennuyeuse. Peuh ! Ils n'ont pas entendu la bonne version. Ca, c'était la bonne version. Formidable, de la première note à l'accord final, en particulier mes passages préférés :
- la Page Deux. Que j'appelle La Page Deux car elle se trouve sur la page deux de la partie de second violon. Joël l'appelle le "Ti.tatata.ta. Ti..." (ça marche très bien aussi). L'Escogriffe et le Chef préfèrent la nommer "la Marche Harmonique de Fou Furieux" (suivi de "il passe de si bémol majeur à ré majeur, plaf! tu imagines ?!"). Quelle Page Deux exaltante, hypnotique (pénible, la Pastorale?) où je me prends à regretter de ne pas avoir dessiné subrepticement quelques barres de mesure sur les partitions des musiciens pendant l'entracte. Et s'ils la jouaient trois-quatre-fois d'affilée, ma Page Deux ?

- Mon second mouvement ! L'ode à la gloire des seconds violons! Je me dandine de bonheur pendant que les seconds violons et les altos tricotent cet accompagnement discret mais crucial (ce tagadidoudidoudidoudidada si beau!). Bernard Haitink, d'habitude impassible, affiche un petit sourire, probablement l'équivalent chez ce chef discret, d'une de mes crises de youpisme. La flûte-alouette et la clarinette-coucou (kidnappons-les!) se taquinent l'une l'autre "priririri! coucou!", pendant que le reste de l'orchestre gambade paisiblement autour. Pendant le troisième mouvement, j'ajoute fissa à ma liste de musiciens à kidnapper le hautboïste, qui, ne se doutant de rien, profite des derniers instants de beau temps pour égrener de délicieux solos bucoliques.

- Et plaf ! L'orage, ce fabuleux ovni musical beethovenowagnerien (sisisi, il y a un soupçon de Wagner dedans, je vous assure) qu'on ne peut jouer qu'en troquant son archet pour une hache. Le COE entre en fusion. Les contrebasses en furie tronçonnent leur instrument. Rien ne peut arrêter les violoncelles, altos et violons, mords aux dents, lancés au grand galop, le vent dans les cheveux. Le crin des archets se fait la malle. Ceci est une réaction nucléaire orchestrale. Les paratonnerres de la salle Pleyel sont-ils en état de marche ? Que va t'il advenir après l'explosion de l'orchestre ? Un hiver musical ?
PIM-PLAF ! Les timbales crèvent l'abcès. L'orage explose. Un piccolo quasi-cauchemardesque et des violoncelles en bourrasque (coucou Richard) font trembler une dernière fois les arbres de la salle Pleyel, arrachant quelques tuiles au passage. De gros nuages noirs s'attardent avant de se délester, puis s'en vont en grommelant.

Le cœur battant à toute allure, je vérifie ne pas m'être assise dans une flaque d'eau. Mon postérieur est en sécurité, au sec. Je n'en dirais pas tant des yeux de mon voisin, brillants de larmes - que voulez-vous, c'est à la fois son premier COE et son premier Haitink. Le dernier mouvement, peut-être le moins mémorable de la symphonie (quoique, cela fait deux jours que je sifflotte en boucle le petit motif de clarinette..), mais indispensable, ne serait-ce que pour se remettre du presque-infarctus que l'on vient de subir, me laisse temps de peaufiner ma liste de kidpnapping: tout compte fait, il me faudra les cuivres, les hautbois, les clarinettes, les bassons, les flûtes, les cordes, le timbalier et le chef (et si on kidnappait Leonidas Kavakos et Nikolaus Harnoncourt pour leur tenir compagnie, aussi ?).

Kidnapperont également des musiciens : Joël, Rick & Pick (Hugo aussi, mais il faudrait pour cela qu'il bloggue)

22 Comms':

{ Joël } at: 5 mars 2012 à 08:16 a dit…

> Car le COE ne lésine pas sur la qualité de ses seconds violons
En effet, j'ai beaucoup aimé regarder Mats Zetterqvist, le premier des seconds violons.

{ Klari } at: 5 mars 2012 à 10:47 a dit…

Oh oui ! Un des 30 ou 40 musiciens du COE dont je suis (secrètement) amoureuse. Il est en effet fantastique. Quelle énergie !

{ ricketpick } at: 5 mars 2012 à 18:59 a dit…

La musique est une langue.... Et bien voici que la grammaire française vient de s'enrichir d'un nouveau code : le CIHOHIsme !! Mon préféré : ton CIHOHIVITOUPOWÂ est mémorable :-DDD

Et qu'a donné l'anniversaire de Bernie samedi soir ??

{ Klari } at: 6 mars 2012 à 01:10 a dit…

Merci :-) (enfin, ce n'est pas moi qui ai inventé le concept, c'est eux, je me suis contentée de lui trouver un nom)

C'était très bien ! En cours de rédaction : ça donne envie de pondre les chroniquettes en moins de 6 mois, ce petit cycle Beethoven!

{ Coralia } at: 7 mars 2012 à 11:31 a dit…

J'aime beaucoup votre chroniquette Klari, surtout les 'sound effects' et le vocabulaire special Cihohi que vous employez! Il faudra songer a publier un dictionnaire... Amities a vous et vos amis du Cihohi Appreciation Society!
Coralia (en direct du COE)

{ Klari } at: 7 mars 2012 à 14:52 a dit…

Merci Coralia ! Quel honneur d'être lue par le CIHOHI.

Cihohi Appreciation Society: voilà le nom qu'il nous fallait! Peut-on vous proposer de rejoindre nos rangs en tant que Membre Honoraire ? :-)

{ Joël } at: 7 mars 2012 à 15:06 a dit…

Je vote pour !

{ Lutin Chamber Orchestra } at: 7 mars 2012 à 22:42 a dit…

Hé oui, au COE, même la section comm' fait de belles entrées !

[Moi aussi, j'aime beaucoup le COE.]

{ Coralia } at: 8 mars 2012 à 11:01 a dit…

J'accepte avec joie votre proposition de membre honoraire. Merci! (Et merci Joël pour votre compte-rendu très juste du dernier concert!)

{ Christusization } at: 9 mars 2012 à 18:11 a dit…

J'aime bien Cihohi. C'est une révélation !
Quant à moi, j'utilisais bêtement jusqu'ici "Orchestre de chambre d'Europe". ça fait plouc ? c'est déjà pris ?...

Anonyme at: 9 mars 2012 à 19:28 a dit…

Marrant de tomber sur ce post. Je viens de réécouter la Missa Solemnis ce matin par Harnoncourt et le tchamberorkestraofyouropp. Un must à mes yeux...

{ Klari } at: 12 mars 2012 à 11:33 a dit…

@Lutin Chamber Orchestra : oui, il faudrait que je me mette à chanter les louanges non seulement des musiciens, mais aussi de l'équipe administrative !

@Coralia : Hourrah !

@Christusization : "Orchestre de Chambre d'Europe" n'est pas pris (pas à ma connaissance du moins) ni plouc. Par contre, ça m'ennuie d'utiliser des termes français pour désigner un ensemble dont, manifestement, la langue officielle est l'anglais - ou peut-être l'allemand ou le néerlandais, va savoir.
Et CIHOHI, je trouve, est raccord avec l'image que j'ai de cet orchestre, virtuose et ultra-talentueux, certes, mais aussi délicieusement farfelu (je n'en connais pas beaucoup qui s'amusent à poster des photos de dégustation de pinard sur Facebook (et c'est bien dommage!)

@Anonyme: hummm, ça fait envie. Ça ne rentre pas vraiment dans mon budget d'avril, mais il n'aurait pas fallu me forcer beaucoup pour que j'aille écouter la Missa Solemnis dirigée par Harnoncourt à Londres (du coup, se procurer se disque parait un excellent lot de consolation!)

{ Klari } at: 12 mars 2012 à 11:34 a dit…

@Anonyme : non, pas un lot de consolation. Disons plutôt une excellente idée, plus économique.

{ DavidLeMarrec } at: 14 mars 2012 à 21:32 a dit…

Je viens de lire le programme de la prochaine saison de Pleyel... et je découvre que Klari est en réalité consultante exclusive dans cette maison !

Même dans Szymanowski, on ne peut pas aller écouter un concerto pour crincrin tranquille sans supporter un tel K.

Bonsoir !

Ugolino le profond at: 15 mars 2012 à 02:12 a dit…

Kavakos dans le deuxième de Szymanowski (et Jansen dans le premier), c'est juste du bon sens...

{ Klari } at: 16 mars 2012 à 01:55 a dit…

@DavidLeMarrec : oui, j'ai poussé quelques youpis dont tu as du identifier la cause ! Ceci dit, j'ai aussi poussé quelques groumph et quelques bofs, mais je trouve globalement mon bonheur dans cette nouvelle saison (aaaah, la série Barhms-Berlin avec mon Guy Braunstein adoré, mmmmm !), pour les concerts-groumph, et bien je n'y irai pas.

(je n'ai pas ajouté à mon abo le concert Berlin-Perényi, je le regrette déjà. Le concert me parait un peu chérot. Mais Perényi, flûte, quoi. Tu en penses quoi ?)

@Ugolino : n'est-ce-pas ? A vrai dire, je ne connais pas du tout Szymanowski, mais le LSO sait très bien me prendre par les sentiments pour me donner envie d'en écouter !)

{ DavidLeMarrec } at: 21 mars 2012 à 14:49 a dit…

@ Ugolino :
C'était purement de la taquinerie. Cela dit, si je dois parler sérieusement, je m'interroge comment Kavakos sonnera au milieu d'une telle masse orchestrale et dans un espace aussi vaste. Ce qui est raffiné de près pourrait paraître malingre de loin.

@ Klari :
Je n'ai pas relevé ce concert, donc manifestement le programme n'était "pas assez bien" pour moi. |:-o
Perényi, que j'ai entendu de près dans Kurtág, sonne un peu rêche et sec, sans qu'il ait le magnétisme, dans le même genre, de Starker. Pas précisément le violoncelliste que j'irais voir sans tenir compte du programme, mais ça dépend aussi du type de son que tu aimes !

{ Klari } at: 22 mars 2012 à 01:58 a dit…

@DavidLeMarrec :Cela dit, si je dois parler sérieusement, je m'interroge comment Kavakos sonnera au milieu d'une telle masse orchestrale et dans un espace aussi vaste : tu me cherches ?!
A mon sens, Kavakos n'a pas de souci de projection, je trouve. Si j'ai tendance à me terrer vers le deuxième rang pour ne pas manquer une seule miette de mon grand Grec Adulé, Gentil-Prof relégué au premier balcon n'a pas semblé frustré de ce qui est arrivé à ses oreilles.

Aaaaaah, tu as entendu Starker en vrai ?! Aaaah ! Je ne suis pas tant sensible à la beauté du son qu'à la tension, la ligne. Tu vois, sous la torture, je pourrais admettre que Kavakos, éventuellement, parfois, aproduit un son un peu sec. Et pourtant, quelle musicalité, quel pouvoir de fascination, etc, etc (je m'arrête avant de dégouliner).
Tu l'imagines plutôt dans quel répertoire, Perényi ?

{ DavidLeMarrec } at: 22 mars 2012 à 18:06 a dit…

Je n'ai pas dit qu'il manquait de projection, il incarne pour moi une forme de perfection dans l'équilibre de tous les paramètres. Mais dans une choucroute aussi contrapuntique que le concerto de Szyma, j'ai un peu peur qu'il paraisse encore plus malingre que pour Tchaïkovski, même si stylistiquement beaucoup plus adéquat évidemment.

Si je n'y suis pas (ce qui est probable, vu le nombre de choix à faire...), tu me raconteras.

Non, je n'ai pas entendu Starker en vrai, mais je ne trouve ni lui ni Perényi particulièrement tendus, il y a une forme de densité _dans_ le son qui supplée au phrasé... Starker est souvent un brin indolent, et Perényi peut-être un rien fragmenté.


Tu l'imagines plutôt dans quel répertoire, Perényi ?
C'est une très bonne question. Vraisemblablement plutôt dans l'austérité beethovenienne et dans la rugosité du premier vingtième (ou bien dans Chosta, j'aimerais bien cette robustesse sèche).

Mais j'avoue ne pas avoir trop creusé son legs, puisque je n'ai pas d'affinités spécifiques avec son style, et que les oeuvres qu'il a parcourues sont disponibles par quantité d'autres solistes internationaux (souvent mieux distribués dans les bacs de surcroît...).

{ Klari } at: 23 mars 2012 à 01:34 a dit…

Tiens, blogger s'est remis à te considérer "spamifère". Tu aurais dit du mal de Kavakos, j'aurais compris, mais là...

"une forme de perfection dans l'équilibre de tous les paramètres
Ben oui. Merci d'avoir trouvé les mots !

Dans mon cas, je pense qu'en prime Kavakos répond exactement à mes besoins musicaux latents : il est capable, lui, de réaliser les idées musicales qui seraient peut-être les miennes si j'avais le bagage, les connaissances, l'intelligence d'explorer, d'interpréter de la musique.
C'est ce qui explique, j'imagine, qu'à chaque fois que je l'écoute, je ressens cette fabuleuse sensation d'évidence, de naturel, de confort. "youpi ! maison !" Je suppose que c'est un privilège, Kavakos aurait très bien pu débarquer dans une génération et demi (et là, j'aurais eu l'air fin) , ou il y a deux générations (même remarque), ou ne pas percer (quoique...) et je n'aurais pas le luxe de découvrir le répertoire pour violon grâce à / avec lui.

"une choucroute aussi contrapuntique que le concerto de Szyma"
Tu m'inquiètes ! un concerto choucrouteux... intrigant !

Question indiscrète : tu te procures combien de disques, environ, par mois ? (ou par semaine, si c'est plus facile à compter ?)

{ DavidLeMarrec } at: 23 mars 2012 à 22:06 a dit…

Quand je dis choucroute, ce n'est pas parce que c'est épais, simplement parce que c'est un immense machin avec beaucoup de vermicelle (chou émincé, quoi) dedans.

Pour le dire de façon plus positive (parce que ce n'est pas de la musiquette, loin s'en faut), on pourrait parler de luxuriance extrême.

D'où mon interrogation...

--

Pour le nombre de disques, ça dépend si on compte en achat (peu) ou en écoutes (beaucoup, surtout si on compte aussi les captations radio).

{ Klari } at: 24 mars 2012 à 11:14 a dit…

Bon, rendez-vous dans quelques mois pour le débrief Szymanowskokavakien ?

En écoute ! (2-3 cd/captations par semaine, plus ? moins ?)

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