jeudi 2 février 2012

Planning février


11 Comms'
Et voici (encore une fois en retard) le planning des réjouissances de février. Un mois relativement raisonnable pour laisser l'appétit s'ouvrir, avant le mois de mars, qui devrait voir tous mes chouchous se produire à Paris : Bernard Haitink (trois fois!), Leonidas Kavakos, le Budapest Festival Orchestra..!

Nous disions donc :

11 Comms':

Hugo at: 2 février 2012 à 23:36 a dit…

Ah ben c'est malin ! Du coup on s'est ratés hier ! Et on ne se verra pas ce mois. Tristesse. (Surtout que cette fois c'est à toi d'offrir le café)

Ugolino le profond at: 2 février 2012 à 23:48 a dit…

L'orchestre de Paris dans Ravel avec Maazel, l'orchestre de Paris dans Ravel puis dans Gerschwin avec Chailly, puis New York avec Gilbert, mazette, c'est un mois pour ceux qui aiment se suicider à coup de mauvais goût. Sans même les entendre, on peut être certain qu'on tient trois des pires concerts de la saison parisienne, et à peu près les pires concerts symphoniques imaginables, les plus complaisants, grossiers, vulgaires et malsains qu'on puisse jouer.
Ceci dit, je trouve ca très bien que Maazel et Chailly viennent jouer avec l'OP ces machins-là : ca leur évite de massacrer des musiques sérieuses avec des orchestres sérieux (même si j'aimerais bien entendre un jour un Daphnis sérieux).

Heureusement, ailleurs, on va jouer sérieusement de la bonne musique.

{ Klari } at: 3 février 2012 à 00:28 a dit…

@Hugo : Flûte. Ceci dit, il me semble que j'ai réussi à oublier des concerts. J'ai vaguement souvenir d'avoir pris des billets pour 2-3 choses à la Cité de la Musique, mais je ne sais plus ni où, ni quand, ni quoi, ni où sont mes billets.
(je deviens sénile)
(café en mars?)

@Ugolino : Allons bon. Me voici sujette au Syndrôme d'Autolyse par Mélomanie Misgustative.

Sinon, pour ma culture générale :
C'est quoi, un orchestre sérieux ? Ca se reconnait à quoi ?
En quoi ce n'est pas sérieux, Ravel ?
C'est où, "ailleurs" ?
C'est quoi un Daphnis sérieux (à l'inverse, un Daphnis rigolo?)
C'est quoi, de la bonne musique ?

"les pires concerts symphoniques imaginables, les plus complaisants, grossiers, vulgaires et malsains qu'on puisse jouer" Fichtre ! Et encore, ce n'est rien par rapport à la consternation, la souffrance que tu risques de ressentir à l'éventuelle lecture d'une chroniquette ravie suite à l'un (voire les deux) des concerts de Chailly avec l'OP !

(ceci dit, rien que les solos de basson et P. Aïche en soliste justifiaient le détour hier soir. Tu confirmes, Hugo ?)

Hugo at: 3 février 2012 à 01:41 a dit…

Tu vas au concert des Dissonances le 24 ? (La pastoraaaaaale !) Car j'ai acheté un billet... que je vais devoir revendre (s'il y a des intéressés ici, qu'ils se fassent connaitre), je peux pas y aller, il parait que je suis ingénieur et on veut me donner un papier ce soir-là pour me le prouver. Quelle drôle d'idée.

Bien sûr qu'on devrait se voir en mars ! On a assemblée générale extraordinaire de l'AVALK, et puis c'est un peu uniquement de ta faute si je me suis ruiné pour aller voir le COE + Haitink.
(D'ailleurs, puisque j'ai maintenant une place pour un joli programme Beethoven COE+Haitink le 5 mars à Pleyel, je ne peux plus aller au joli programme Beethoven EOP+Vengerov au TCE, je revends donc ma place. Hein quoi ? Que dis-tu Klari ? Les commentaires, c'est pas klariBay ? Oups, pardon.)

Ah là là, les solos de basson (et de contrebasson !). En sortant, j'avais pensé à tweeter un truc du genre "basson à foison, pâmoison", mais je ne l'ai pas fait, car en plus d'avoir honte de faire des jeux de mots pourris, il faisait froid et mes gants sont incompatibles avec mon téléphone tactile. Alors, je l'admets ici : LE BASSON C'EST LE BIEN. (Et, au risque de me faire traiter de voleur par Palpat', je vais aussi ajouter : LOLAAAA...)

Philippe Aïche... C'est la première fois que je vois un violon solo en soliste. Pas juste "Ah tiens, on joue un truc où y'a pas mal de solos de violon (genre Schéhérazade, même s'il parait qu'il y aussi du basson), on va te mettre ton nom sur le programme (mais pas le basson faut pas déconner non plus, ho)". Mais un vrai "Bon, les premiers violons, vous reculez maintenant, on a un SOLISTE, OK ?". Formule tout compris, bis inclu.
Et... punaise, ça marche. Aïche est parfaitement convainquant en soliste, alors que ça faisait plusieurs concerts où des solistes m'avaient passablement déçus.
Pendant l'entracte, je surprends une conversation de ceux que j'identifie comme Papa et Maman Aïche : "Je ne pense pas que Philippe jouera aussi la deuxième partie, après ça..." Eh ben si. Respect.

Ugolino le profond at: 3 février 2012 à 01:47 a dit…

"C'est quoi, un orchestre sérieux ? Ca se reconnait à quoi ?"
Pour reprendre les propos d'un ami : un bon orchestre, c'est la discipline militaire aux cordes et l'anarchie aux bois.
Donc, pour reconnaître, c'est facile : les bois hurlent, les cordes sont moches mais jouent ensemble des phrases qui ont un sens, et les cors sont capables de jouer un pianissimo. Corrélats : pas de tentative de jouer "en style", pas de volonté de "faire de la musique" ni d'exprimer quoi que se soit, pas de phrasés, pas de beau son, pas de ploum-ploum pour montrer qu'on peut faire du joli bruit, pas de culture.
Bref, un orchestre sérieux, c'est bête et méchant, et pas gentil et cultivé (d'où le fait que les orchestres sérieux sont souvent russes, ou d'Europe de l'est).

"En quoi ce n'est pas sérieux, Ravel ?"
Oh, il y a des choses très belles chez Ravel, en musique de chambre surtout, mais ce Ravel-là, c'est de la musique pornographique, un étalage sans pudeur des plus gros effets d'orchestration imaginables, avec tous les instruments qui y vont de leurs "trucs", le tout réalisé le petit doigt en l'air, très chic. C'est très joli. C'est très vide. C'est de la musique décorative.

"C'est où, "ailleurs" ?"
Ce mois-ci, Orsay, Cortot, Bouffes du nord, Cité de la musique un peu pour une fois...

"C'est quoi un Daphnis sérieux (à l'inverse, un Daphnis rigolo?)"
Un Daphnis sérieux, c'est probablement un Daphnis rigolo, parce qu'ayant accepté le fait que ce n'était pas de la musique sérieuse. C'est de la musique de cirque, il faut la jouer comme de la musique de cirque. Le chef qui rend Daphnis drôle est un grand chef.
A l'inverse, les Daphnis vulgaires sont ceux joués comme une très sérieuse et opulente musique sensuelle. Cela revient à aller au bordel.

Mais j'aime beaucoup Daphnis hein, c'est juste que dans le climat de la pratique orchestrale actuelle, où il s'agit de faire du beau bruit en fronçant les sourcils, c'est juste grossier (d'autant que sur le plan de la continuité, c'est très difficile à gérer, alors la plupart des exécutions sont non seulement grossières mais mal foutues - et si je dois aller aux putes, je veux au moins qu'elles soient bien foutues (regardez, je m'abaisse à parler le langage de Chailly)).

"C'est quoi, de la bonne musique ?"
De la musique pas décorative.

"Fichtre ! Et encore, ce n'est rien par rapport à la consternation, la souffrance que tu risques de ressentir à l'éventuelle lecture d'une chroniquette ravie suite à l'un (voire les deux) des concerts de Chailly avec l'OP !"
Si je souffrais pour ça, je serais bon pour l'asile.

{ Klari } at: 3 février 2012 à 11:23 a dit…

Punaise ! Ca n'a pas chômé, cette nuit !

je vous réponds à tête reposée ce soir ;-)

{ Klari } at: 4 février 2012 à 22:37 a dit…

@Hugo & Ugolino : pseudos ressemblants, commentaires à moins de 10 minutes l'un de l'autre, je vais finir par vous soupçonner d'être une seule et unique personne.

@Hugo : klaribayifie autant que tu veux. Je ne pense pas que mon lectorat soit suffisant pour te garantir un repreneur avec une proba satisfaisante, je suis désolée..

Oui, le basson c'est le bien. Résignons-nous à l'inévitable palpatinisation de ce blog et chantons tous en choeur :
"Vive le basson".
Si Palpatine et toi (oh! condition humaine!) vous êtes laissés éblouir par les sirènes bassonifiantes de l'OP, je sais rester objective. La musique avant tout ! Et c'est donc pour ça que je me contenterai d'hululer discrètement : "GIORGIIIO" (tu remarqueras qu'il rejoint à cette occasion les artistes tripliiifiés du k'scope).
Bref. Blague à part, les bassons, contre ou non, ont été tout bonnement somptueux
(oui oui, je vais écrire une chroniquette un jour)

Eh oui, P. Aïche a été tout bonnement somptueux en soliste. Me suis fait la même réflexion que toi : il n'est pas somptueux-en-tant-que-premier-violon-solo-qui-fait-soliste-pour-une-fois, il est somptueux tout court et tout autant, voire plus convainquant que d'autres.
(en plus, j'imagine qu'il doit coûter moins cher à inviter que certains des autres solistes invités de l'orchestre).

Dans le genre tueur à gages (le seul qui pour l'instant ait résisté à l'effet-kavakos (qui, pour rappel, rend inécoutable par 1 autre violoniste tout ce que j'ai écouté par Leonichou)): Guy Braunstein. Premier violon solo du Philharmonique de Berlin.
Ils ont mis sur le digital concert hall un mini-extrait (gratuit) du concerto de Brahms qu'il a joué en soliste avec le Philhar de Berlin : au bout de 20 secondes, malgré l'effet répétition, malgré l'effet son pourri de l'ordi, malgré la mini-image sur mon mini-écran d'ordi, je m'étais évanouie.
(ne te laisse pas aveugler par sa mine de nounours débonnaire)

Maintenant, je prie pour que le Philharmonique de Berlin nous l’amène jouer un concerto à Pleyel.
(ce qui me parait hautement improbable, pourquoi faire jouer un immensissime violoniste pas connu quand on peut faire jouer un moins bon violoniste archiconnu qui permet de multiplier par deux le prix du billet ?)
(pardon, mais ça m'agace).
Tant pis, j'irai le voir à Berlin..

(dans le genre surhomme, celui qui m'avait bluffé, c'était François Leleux : concerto pour hautbois de Strauss ! (vlan!), puis méga-bis (Bach, mais ne me demande pas quoi) pour revenir, tout fringant avec la pause, jouer dans le Chamber Orchestra of Europe une 'tite symphonie de Schumann (pour te donner un ordre de grandeur, je m'évanouis au bout de 20 min de hautbois)

{ Klari } at: 4 février 2012 à 22:50 a dit…

@Ugolino : si tu me prends par les sentiments.. Evidemment que j'adore les orchestres russes et d'Europe de l'Est. En particulier les orchestres hongrois. En particulier le Bfz, évidemment.

Malgré toute l'affection que je leur porte, je ne crois pas qu'ils puissent jouer tout, génialement mieux que tous les autres orchestres. je parierais pas sur un orchestre ou hongrois pour jouer Ravel.
(mais bon, ce n'est qu'une intuition personnelle à partir de ce que j'ai déjà entendu).

(je dois admettre que Tsigane et la Rhapsodie Espagnole m'ont un brin frustrée musicalement (un petit coup de pizz, un p'tit coup d'accelerando et youpi, ça fait hongrois (gnnnn!) je te rejoins sur certains points mais ça ne m'a pas empêchée de me réjouir sincèrement d'écouter P. Aïche en soliste (et de ces solos de basson - on l'aura compris).

Je dois avoir un seuil de tolérance à la musique décorative plus élevé que le tien - ce qui me rend la vie plus facile, je ne vais pas m'en plaindre !

Et donc, Daphnis ?! Qui pourrait en faire un Daphnis rigolo donc sérieux ? Des noms, des noms !

Ugolino le profond at: 5 février 2012 à 03:11 a dit…

Le Bfz, je ne sais pas, sans doute, mais il est tout le temps dirigé par un tocard de première.

Un orchestre qui sait tout jouer mieux que les autres sauf Ravel, c'est plutôt bon signe. Un orchestre n'a pas besoin de savoir jouer Ravel.

Un Daphnis rigolo donc sérieux ? J'imagine que Gergiev fait ca très bien. Enfin, il doit jouer ça parfaitement sérieux, tellement sérieux (mais pas sérieux-vulgaire, sérieux-Gergiev) que le rigolo de la partition surgit tout seul. Un chef qui dirige le Boléro avec un cure dent (http://www.youtube.com/watch?v=4LLylhgR3uM) a de toute façon tout compris à Ravel. Cette pensée m'a permis de voir que c'était sorti sur le label LSO live, et les extraits sont tout à fait alléchants. M'en vais acheter ça pour voir.

{ Klari } at: 5 février 2012 à 15:55 a dit…

Ah, non,je ne suis pas d'acord, faut être logique.

Soit le "tocard de première" a quand même des instants de lucidité qui lui ont permis de créer puis façonner un orchestre que tu estimes "sans doute bon",
soit le Budapest Festival est un orchestre-tocard.

Sinon, tout est bon chez LSO Live. Diriger avec un cure-dent... Ce cher Valery. (merci pour la vidéo, elle vaut le détour (avec, qui plus est, un de mes premiers violons solo d'orchestre préférés))

Ugolino le profond at: 11 février 2012 à 02:19 a dit…

Je ne crois pas que cela soit la même chose : on peut former un orchestre à briller tout en livrant des interprétations absurdes, ce n'est pas contradictoire. Et Budapest brille certainement. Mais pour moi, briller ne suffit pas à disqualifier du statut de toquard de première.
L'orchestre se met à poser problème en lui-même quand sous la baguette d'un meilleur chef il continue à ne faire que briller.

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