dimanche 8 janvier 2012

Cleveland


3 Comms'
Mercredi 26 octobre 2011, 20h
Orchestre de Cleveland, Franz Welser-Möst (direction)
***
Mendelssohn, Symphonie n°3 'Ecossaise'
Adams, Doctor Atomic Symphony,
Ravel, Boléro
***
Je souffre de préjugés plus ou moins fondés vis-à-vis des orchestres américains (une forme d'antiaméricanisme à la française?). J'ai trouvé le jeu de ceux que j'ai eu l'occasion d'écouter méticuleusement précis, en place, parfois un peu massif. Et c'est tout. Pas de papillons dans l'estomac, ni de tapotis de pieds sous mon fauteuil, ni de paupières humides. L'exception : Charles Dutoit et l'orchestre de Philadelphie, sublimissime orchestre, qui, au cours d'un concert inoubliable, m'a tout bonnement réconciliée avec la Symphonie Fantastique de Berlioz.

Je voulais en avoir le cœur net avant de jeter avec l'eau du bain tous ces bébés-orchestres américains dont on dit pourtant tant de bien. C'était ainsi au tour de l'orchestre de Cleveland de passer le klariscopotest. J'étais confiante : le chef, Welser-Möst, a une bonne réputation, et rendre ennuyeuse la Symphonie n°3 de Mendelssohn (la symphonie des châteaux écossais dans la brume, des farfadets taquins qui tirent les couettes des kelpies, la symphonie écossaise, voyons !) me paraît un défi hors de portée de tout orchestre.

C'est pourtant possible. Il suffit de jouer toutes les notes, justes, oui, joliment, certes, en rythme, pourquoi pas. Mais égales, sans phrasé, avec les nuances les plus mécaniques possibles. Il ne manque plus à cela que l'engagement et l'émotion que vous mettriez à lire le catalogue de la Redoute à voix haute. Quelques minutes suffisent à m'achever et, une proto-grippette-en-couvaison aidant, m'endors comme une masse (ce que je ne m'autorise JA-MAIS en concert, hormis présence avérée de Schumann au programme). Djac, retrouvé à l'entracte, crache et siffle comme un chat sur la queue duquel on a marché :
"Neuf contrebasses ? Treize altos ? Vandales ! Mendelssohn avec un effectif aussi massif?! Et la légèreté, la transparence de Mendelssohn, ils en font quoi, hein ? Et il leur faut combien de basses pour jouer Bruckner ?"
L'effectif ne me choque pas outre mesure (j'admets que jouer Mendelssohn à 9 contrebasses s'apparente à découper du saucisson au lance-flammes. Mais si c'est bien fait, pourquoi pas ?), je me contente, entre deux bâillements ensommeillés, d'émettre quelques bougonnements bien sentis contre ce chef qui a osé rendre Mendelssohn aussi soporifique à mes oreilles que Schumann. Il y a des tomates qui se perdent.


Deuxième partie plus à l'avantage de l'orchestre avec la Doctor Atomic Symphony, une oeuvre qui n'est pas sans quelques longueurs, mais à l'orchestration somptueuse: John Adams n'hésite pas à créer des associations d'instruments inattendues, aux magnifiques couleurs intrigantes, chatoyantes qui mettent superbement en valeur la technique des musiciens de l'orchestre. Puis les musiciens de Cleveland s'engagent dans le Boléro, œuvre inratable s'il en est. Mais dans les dernières mesures Welser-Möst réussit également à provoquer l'ire de Djac :
"Déclencher un accelerando dans le Boléro ?! Changer le tempo d'un mouvement perpétuel ? Mais c'est barbare ! Brute ! Quelle honte !"
Apparemment, même Ravel n'apprécierait guère le petit cran de métronome en plus à la fin du Boléro.

Bref, Cleveland ne passe pas le test.

Aussi : Joël, Palpatine, Concertonet.

3 Comms':

Anonyme at: 14 janvier 2012 à 12:13 a dit…

Pour moi Akiko Suwanai a bien pris le violon de Roland Daugareil, j'en suis à peu près sur, et pour la décision c'est allé tellement vite que cela paraissait etre un réflexe pour la soliste d'échanger son violon et Paavo Jarvi n'a pu qu'approuver d'un hochement de tête... Mais effectivement les versions diffèrent !

{ Klari } at: 15 janvier 2012 à 20:04 a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
{ Klari } at: 15 janvier 2012 à 20:05 a dit…

Oups, je déplace votre commentaire sous le message "Pilulip ..." et vous répond là-bas.
(j'admets sans peine que le lien qui mène au formulaire de commentaires n'est pas très clair)

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