mercredi 25 janvier 2012

Beethoven, Strauss


21 Comms'
Salle Pleyel, mercredi 18 janvier
Orchestre de Paris, Sergei Kachatryan (violon), Andris Nelsons (direction)

Beethoven, Concerto pour violon,
Strauss, Alpensinfonie
***
Mille milliards de tabarouettes en bois. J'avais promis à mes oreilles, la semaine précédente, de ne plus jamais écouter de Strauss depuis l'arrière-scène. En aucun cas depuis le premier rang de l'arrière-scène, si près de terrifiants et très nombreux cuivres et percussions. Évidemment, ma place d'abonnement était... au premier rang de l'arrière-scène.

Ceci dit, ça me convenait tout à fait pour le concerto de Beethoven. Officiellement, il s'agit d'un concerto pour violon (Beethoven n'était pas idiot, il savait que le répertoire pour violon se marketait bien). Nous sommes toutefois quelques uns, assurément très peu nombreux, à savoir. L'opus 61 est un concerto pour basson.
A l'arrière-scène, on est ainsi aux toutes premières loges pour guetter le Pon!-pon!-pon!-pon! du cor solo (version raccourcie du pied pentasyllabique qui hante le 1er mouvement du concerto) qui inaugure ce sublimissime passage où le violon solo se fait tout petit pour mieux accompagner le magnifique motif descendant joué plusieurs fois par le basson. Boucle bouclée avec un deuxième  "po-po-po-po-poom", apaisé, de cor. Que n'ai-je regretté l'absence d'une barre de reprise à cet endroit.
Beethoven nous console dans les toutes dernières mesures du premier mouvement : retour du basson, qui conclut le premier mouvement avec un petit motif ascendant (à '28) qui semble faire écho au précédent.

Écoutez deux-trois fois d'affilée les deux premières minutes du second mouvement puis cet extrait de la B.O. du Soldat Ryan. N'y voyez-vous pas un petit air de parenté ? En insistant un peu ? Ces longues phrases de cordes ? L'air un peu martial et mélancolique des cors ?  Tolérez avec amusement que le second mouvement du concerto m'évoque irrésistiblement des débarquements spielbergiens en Normandie, explosions de mines au ralenti, ordres déformés que la musique du film ne masque pas totalement. La ressemblance est parfaite par les mugissements du régisseur qu'on entend via le casque d'un des cameramen filmant le concert.

Et qui joue de beaux solos dans le deuxième mouvement (31'30 environ) ? Dans le troisième mouvement, que viennent accompagner les gazouillis aigus du violon solo ? Le basson. Désormais, vous savez. Le concerto pour violon de Beethoven est un concerto pour basson.

La série de ploums, somptueux, parfaitement ensembles, ronds et ouatés, (pas un plic! ne dépasse) qui avait salué la fin de la première cadence du soliste m'avait mis la puce à l'oreille. Ce genre de ploum n'arrive pas par hasard. Plus généralement, l'accompagnement - pas uniquement le basson, est superbe. L'orchestre dégage de plus ce petit machin-chose en plus que je n'avais pas perçu depuis la saison dernière. L'influence du chef ?

La gestique d'Andris Nelsons mériterait une chroniquette dédiée. Du moins un Ig-Nobel, catégorie direction d'orchestre ("la direction qui fait rire, puis fait réfléchir"). Avec tout ce temps passé au concert, je commence tout doucement à trouver une certaine logique dans les gesticulations des chefs que je vois s'affairer. Parfois même une certaine corrélation avec ce que mes oreilles perçoivent.
Mais dans le cas d'Andris Nelsons.. Je vois ce grand gabarit au visage poupin se dandiner, bayer aux corneilles, balayer le pupitre de sa baguette, et je ne comprends pas. Que signifient ses vols planés au dessus de sa partition ? Pourquoi se ratatine-t'il sous son pupitre en faisant mine de planter la baguette dans l'estrade ? Quid de ces sauts de chats, bras dans les nuages, patauds et étrangement grâcieux ? (Joël les imite très bien). N'importe quel autre chef serait irrémédiablement ridicule, Andris Nelsons, lui, interloque puis entraîne, peut-être parce que son arsenal de sourires (ça va du petit sourire taquin au sourire ébahi, yeux exorbités, de celui qui a découvert un pot de Nutella de 5kg dans un placard) ne dégage qu'un enthousiasme sincère et irrépressible.
Et les oreilles ne mentent pas. Ce concerto est superbe.

En deuxième partie, la Symphonie Alpestre, que j'ai tour à tour entendu appeler le pudding, la symphonie alpine, le gros machin. Comment voulez-vous prendre au sérieux un compositeur qui, à la suite d'un monstrueux tutti de grosse caisse, caisses plus ou moins claire, machines diverses (vvvrrrouuuuiiiiiii), cuivres à volonté, triangle, harpe(s?) enchaîne peu après sur un accord tonitruant à .... l'orgue. Sérieusement. S'il n'y avait pas le concerto pour hautbois...

Quoi qu'il en soit, derrière l'arsenal d'au moins neuf cors (il s'en cache d'autres sous la scène), le triangle, la maxi-crécelle, la grosse caisse, que sais-je encore, je perds au bout de quelques minutes l'usage de mes oreilles. Je regarde dès lors avec envie les pare-sons et les boules quiès de compétition que des musiciens prévoyants ont enfoui dans leurs oreilles.

Malheureux corniste, victime d'un incident technique pendant une accalmie alpine -  une partie de son instrument prend la poudre d'escampette avec un joyeux drelin-drelin sonore que personne n'aurait entendu quelques instants plus tôt ou plus tard.

Je suis depuis longtemps d'avis que les vrais et authentiques concertivores se trouvent à l'arrière-scène. Preuve en est faite ce soir : en plus de quatre ou cinq musiciens amateurs, il s'y trouve un extraordinaire pupitre de bronchiteux, qui, plutôt que de gâcher un silence, profitent opportunément du premier grand tutti du concerto (pa-pa-pa-pa PLIF! PLOUF! PLAM!) pour soulager leurs voies respiratoires endolories, faisant preuve d'une connaissance de l'oeuvre et d'un contrôle de leur fonctions expectoratives admirables. De plus, il y règne une ambiance bon enfant, et ceux que la présence d'un gigantesque rouleau de tissu sur pattes intrigue peuvent discrètement demander à un des musiciens :
"- C'est quoi, le, euh, enfin, votre, le, la..?
- Une machine à vent !"

Aussi : Joël, Andante con Anima, Palpatine,

21 Comms':

viviana at: 25 janvier 2012 à 07:03 a dit…

Ah, l'Alpestre... Mon prof de musique de chambre nous répètait souvent "Pour mon enterrement, je veux qu'on joue l'Alpestre, de Strauss". On demandait, naïf (la première fois) "Pourquoi, maître, c'est votre préférée ?" "non, mais c'est la plus longue !!!"
Il faut dire qu'il était hautboïste, et c'est vrai que Strauss est un de ceux qui a le plus gâté les hautboïstes...

Quand au basson, je confirme : être bassoniste, dans Beethoven, mais aussi dans les derniers concertos pour piano de Mozart, ou ses dernières symphonies, ou (dans plein plein plein d'autre musique), c'est quand même vachement chouette !

{ klari } at: 25 janvier 2012 à 08:28 a dit…

Ah, il y a du hautbois, dans l'Alpestre ? Je croyais qu'il n'y avait que 15 cors, 27 percussions, et 2-3 cordes !?

Yep, quand on a joué le concerto de Beethoven à l'orchestre (amateur), j'étais, en tant que V2, juste devant le basson pour la plupart des répétitions, et bigre, je me suis régalée lors de la plupart de ses interventions !

(en plus, en tant qu'amateurs, on fait plus de répétitions, on peut donc se régaler plus longtemps et plus souvent, youpi)

{ Joël } at: 25 janvier 2012 à 10:49 a dit…

Il faut que je l'avoue, mais quand je n'écoutais pratiquement que du baroque, je ne comprenais pas l'intérêt du basson (« le bidule long qui fait pouët-pouët »). Il a fallu que j'entende la Sacre du printemps pour voir l'intérêt...

{ Klari } at: 25 janvier 2012 à 10:56 a dit…

Le.Bidule.Long.Qui.Fait.Pouetpouet.

Je me demande s'il y a une section spéciale au purgatoire, dédiée à ceux qui ont dit du mal de cet instrument (divin, évidemment). La punition idéal serait de gratter des anches jusqu'au jugement dernier.

(tu vas t'amuser, tiens!)

{ JPR } at: 25 janvier 2012 à 23:18 a dit…

http://rousseaumusique.blog.com/2012/01/25/ambulatoire/

Hugo at: 26 janvier 2012 à 02:19 a dit…

Ah tiens j'ai réécouté Shéhérazade, et ah oui, il y a du basson. C'est fou.

{ Joël } at: 26 janvier 2012 à 02:38 a dit…

Il y a de la flûte, aussi, et une allusion à la Chine extraordinairement subtile par rapport à la version chinoise de la marche de Radetzky http://www.youtube.com/watch?v=M13e1M76SqM signalée par Zvezdo.

{ Klari } at: 26 janvier 2012 à 09:59 a dit…

@JPR : merci ! Votre petit mot est très très flatteur. Je ne crois pas mériter l'entièreté du compliment

@Hugo : Et oui, c'est fou ! Dans Stravinski, chez Rimski, chez Tchaiko, chez Mozart (oooooh, les parties de basson chez Mozart), chez Beethoven, chez Schubert.
Maintenant, t'es foutu, tu en entendras PARTOUT !

@Joël : et des tas d'autres bonnes choses ! Mais le basson (d'ailleurs, je trouve qu'un basson fait pon-pon plus que pouet-pouet)

{ Klari } at: 26 janvier 2012 à 11:54 a dit…

Flûte, j'ai oublié de finir ma réponse

@JPR : merci ! Votre petit mot est très très flatteur. Je ne crois pas mériter l'entièreté du compliment, mais c'est le genre de petit mot qui nourrit la motivation : merci!

{ DavidLeMarrec } at: 29 janvier 2012 à 13:51 a dit…

Bonjour !

Il faut toutefois préciser (pour se garder des aléas tubistiques évoqués la dernière fois) que le Strauss symphonique est un compositeur extrêmement différent du Strauss lyrique - ce qui correspond d'ailleurs à deux périodes successives de sa carrière. Certes, il produit presque toujours un tintamarre très respectable ; toutefois, en matière de densité du discours et de raffinement, la mesure change totalement entre les deux corpus. Autant, à l'orchestre, l'ostentation sonore dépasse quelquefois la substance musicale (pourtant pas minime), autant à l'opéra le rapport entre moyens et propos est d'une qualité assez exceptionnelle.

J'avoue que malgré l'immense beauté de l'Alpestre, je trouve moi aussi ça un peu ''trop'', par rapport à un contenu musical finalement très sagement descriptif.

Grâce à cette petite nuance, les CDS (Composer Default Swap) des lecteurs paniqués ne devraient pas être activés sur le Klariscope, évitant l'effrondrement de toute la concertosphère francophone. Merci DLM.


@ Viviana : Il faisait alors erreur, parce que la plus longue, c'est la Troisième de Mahler. Même dans le répertoire rare, je n'ai pas trouvé plus étendu à ce jour (et plusieurs autres symphonies excèdent la cinquantaine de minutes de l'Alpestre).
La plus courte, ce doit être la Onzième de Langgaard (six minutes, même Milhaud est battu).

{ DavidLeMarrec } at: 29 janvier 2012 à 13:54 a dit…

(Au passage, il en est peu question dans ce compte-rendu, mais Khachatryan est vraiment un gars intéressant, ses Bach solos sont peut-être ce qui se tient le plus, en matière de tension, dans une perspective romantique de ces suites.)

{ Klari } at: 29 janvier 2012 à 22:32 a dit…

Ah, ça devait être une symphonie pour twitter, la Onzième de Langgaard..

Longueur de symphonie :
Hum, en longueur *perçue*, l'Alpestre se défend... Elle m'a parue à l'écoute beaucoup plus longue que la Troisième de Mahler !

Straussogate :
On peut en effet tout pardonner (même l'Alpestre) à quelqu'un qui a composé un concerto pour hautbois et des Derniers Lieder si beaux.
Tu mets le doigt sur le problème, le décalage moyens-propos. Maintenant que j'y repense, le même genre d'effectif faramineux dans les Gurre-Lieder ne m'a pas choqué le moins du monde. Mais quelle orchestration, mes aïeux (ce bourdon de 4 piccolos, je ne m'en suis toujours pas remise. enfin, sachant que j'ai bien 10 ans à attendre avant que quelqu'un ne se décide à le rejouer?)

Tu crois vraiment que j'ai un pouvoir de vie ou de mort sur la concertosphère française ? (hiii). Merci à toi de veiller à rétablir l'équité là où le besoin s'en fait sentir !

Sergey Kachatryan : il n'a pas du tout été question de lui (hormis la mention de son nom dans l'en-tête de la chroniquette). Tout simplement parce que je n'ai pas du tout aimé : en règle générale, je préfère passer du temps à meremémorer ce que j'ai aimé. Qui sait, il pourrait d'ailleurs emprunter un tuba à un des membres de l'orchestre et me taper dessus...

Pour faire une mini-chroniquette sur ce violoniste :
- zuperbe technique, beau son, (p'têt intonation à parfaire par-ci, par-là). C'est bien.
- il n'a pas annonné son Beethoven comme tant d'autres. Il m' paru avoir réfléchi à la question et avoir développé des idées musicales à appliquer, qu'il a appliquées d'ailleurs, il en a les moyens techniques. C'est bien.
- mais, beurk. Beethoven lyrique et sentimental (disons que j'aurais adoré Mendelssohn joué comme il a joué Beethoven), je ne peux pas. (et je n'ai pas du tout aimé son Bach non plus. Décharné, apathique, livide. Très étrange.

Par contre, je n'exclus pas du tout de le suivre de loin. Ce jeune homme a des idées, c'est manifeste, et un jour, les miennes et les siennes peuvent être amenées à concorder, peut-être et je me régalerai certainement !

{ Klari } at: 29 janvier 2012 à 22:35 a dit…

ps : j'avoue ne pas très bien connaître Strauss. Je laisse le soin à la programmation Pleyel/Cité de la Musique de m'introduire à une œuvre de Strauss de temps en temps.

(d'ailleurs, j'ai un bon souvenir des Métamorphoses par l'Orchestre de Paris à la Cité de la Musique. (Andris Nelsons n'avait d'ailleurs apparemment pas résisté à l'attraction d'un Strauss bruyant ensuite : Ainsi Parlait Zarathoustra. (blam!)))

{ DavidLeMarrec } at: 1 février 2012 à 13:53 a dit…

Ca date toute de même de 1944-5, la composition de la Onzième de Langgaard. Au passage, on pourrait nous jouer de temps à autre ses symphonies en concert : la Première, les wagnéro-mahlériens adoreraient (au même titre que Rott ou Hausegger), et plus personnelles, la Quatrième, les deux Cinquième, la Sixième auraient aussi la possibilité de trouver leur public - c'est d'un goût un peu plus nielsenien, en fait. (Oui, il a écrit DEUX Cinquième Symphonie très différentes...)

Il me paraît normal que l'Alpestre soit sentie plus longue que la Troisième de Mahler, la _poussée_ du propos n'est pas du tout comparable, l'une décrit alors que l'autre parle et dramatise. (Et mon choix à moi serait vite fait, dans le même sens que toi.)

Et on peut tout pardonner (surtout que l'Alpestre est quand même délectable, sans doute plus au disque qu'à l'arrière-scène de Pleyel-qui-sature, je te l'accorde...) à quelqu'un qui a écrit CE concerto pour hautbois.

De toute façon, je suis toujours partisan de la réduction des effectifs : c'est plus économique et on entend beaucoup mieux. A part pour quelques partitions très physiques (comme les symphonies de Mahler, précisément), on pourrait jouer la plupart du répertoire (sans rien perdre des lignes écrites) pour nonette. Ca aurait énormément d'avantages : coût de la soirée possible à amortir pour l'organisateur, clarté des lignes pour l'auditeur, et souvent la qualité en coloris y gagne considérablement. On ne perd que pour les explosions les plus violentes (un tutti gurreliederien ne fait pas le même effet à neuf qu'à cent soixante-dix-neuf...) ce qu'on gagne en grâce en permanence.
C'est encore plus clair pour les choeurs, où c'est _toujours_ mieux à quatre (voire à un !) par partie qu'à vingt par partie.

{ DavidLeMarrec } at: 1 février 2012 à 13:56 a dit…

Ne te plains pas trop sur les Gurre, cela dit, parce que tu le reverras. Alors que moi qui attends Vom Ewigen Leben de Schreker ou les Vier Dramatische Gesänge de Gurlitt, je ne suis pas certain qu'une vie d'attente me permette de l'entendre quelque part en France (je n'étais pas à Paris lorsque Armin Jordan, lors d'un de ses derniers concerts, les a donnés avec Brigitte Hahn)... Ils pourraient nous offrir ça de temps à autre à la place des Derniers de Strauss, je suis sûr qu'au moins pour le Schreker, le public serait vraiment convaincu.

"Tu crois vraiment que j'ai un pouvoir de vie ou de mort sur la concertosphère française ? (hiii)."
Ce n'est pas tout à fait ce que j'ai dit (tu as plus ou moins été comparée à la place de la Grèce dans l'UE). [Je ne suis pas sûr que j'aurais dû expliciter en fait : dit comme ça, ça devient assez vexant finalement...]

"Merci à toi de veiller à rétablir l'équité là où le besoin s'en fait sentir !"
Un carnettiste qui surgit hors de la nuit / Court vers le Klariscope, et au galop / etc.

"Sergey Kachatryan : il n'a pas du tout été question de lui (hormis la mention de son nom dans l'en-tête de la chroniquette). Tout simplement parce que je n'ai pas du tout aimé"
Disons que si tu as l'autre K*** dans l'oreille, il risque être difficile d'y trouver le même genre de grâce.

"Beethoven lyrique et sentimental (disons que j'aurais adoré Mendelssohn joué comme il a joué Beethoven), je ne peux pas. (et je n'ai pas du tout aimé son Bach non plus. Décharné, apathique, livide. Très étrange."
Je crois que je vois. Je ne l'ai pas encor entendu sur scène, mais c'est sans doute un peu épais (côté son) et très lyriquement affirmé si on veut du Beethoven totalement en style (mais qui se soucie du style dans les concertos ?). Ce n'était pas particulièrement tentant dans Beethoven (la grammaire de ce concerto reste de toute façon limitée), mais comme tu l'as dit, je suppose que ce devait être vraiment maîtrisé (au delà des "simples" doigts)

Pour le Bach, c'est l'aspect romantique-qui-a-écouté-les-baroqueux qui t'a plu ? Sa lecture est très dense, mais effectivement, il y a quelque chose de brut, de nu, que j'aime beaucoup justement.

{ DavidLeMarrec } at: 1 février 2012 à 13:57 a dit…

"(d'ailleurs, j'ai un bon souvenir des Métamorphoses par l'Orchestre de Paris à la Cité de la Musique. (Andris Nelsons n'avait d'ailleurs apparemment pas résisté à l'attraction d'un Strauss bruyant ensuite : Ainsi Parlait Zarathoustra. (blam!)))"
Je n'aime beaucoup Zarathustra, effectivement très ostentatoire (l'Alpestre, à côté, est un petit camée pudique), mais effectivement il existe tout un pan aux antipodes de cela chez lui, aussi bien dans le genre lyrique généreux (Vier Letzte Lieder et Arabella, par exemple) que dans la violence (où les moyens concordent réellement avec le propos, comme Elektra) ou le chambrisme archaïque (Ariadne), la conversation en musique (Intermezzo ou Capriccio), etc.

Dans le genre forces-musicales-pléthoriques-en-délire, ce qu'il a le mieux réussi est sans doute le final de Friedenstag (une sorte de pastiche du final de Fidelio ou du Gloria de la Missa Solemnis...), une exultation beethovenienne conduite comme un final mahlerien.

{ Klari } at: 2 février 2012 à 00:04 a dit…

Pour répondre avec ordre et méthode :

Effectifs :je te rejoins entièrement sur la question des effectifs. Moins on est de fous, plus on rit. J'ai d'ailleurs été très agréablement surprise par le résultat du mini-ring (je crois que tu en avais parlé sur tes carnets?), même si j'aurais toutefois ajouté deux ou trois violons et un alto.
Notre 4è Bruckner en formation Camerata Brucknerata commence à avoir de la gueule également, même si 5 petits seconds violons ont du mal à lutter contre trois trombones, ravis de jouer et qui le font savoir.

Évidemment, il y a aussi des exceptions : par exemple, le choeur de la radio de Berlin, que j'ai eu le privilège d'entendre dans ze Philharmonie avec les Philharmoniker. Malgré un effectif assez mastoc, je n'ai jamais entendu un chœur aussi transparent, limpide, des ppp aussi impalpables.(et cette quasi-absence de vibrato ! ah ! si tu savais ! (d'ailleurs, le concert est accessible sur le digital concert hall (il s'agit de la Messe en Ut du 29/10/2011)). Pour le coup, les ffff, surpuissants, pleins et sans dureté, n'auraient peut-être pas été possibles en effectif moindre.
Je suis également sensible à l'argument financier : si on peut monter plus de mini-choses à mini-prix dans des mini-salles, le public ne s'en portera pas plus mal. Je me demande par contre si nous autres spectateurs (moi la première) n'avons pas des réticences à aller écouter ce qui n'est pas suffisamment cher, ou estampillé "connu et vu à la télé". Toute une éducation du public à revoir..

Strauss :
Je note tes bons conseils. Ariadne m'est complètement passée au dessus du képi l'année dernière, j'insisterai un peu. Plus tard. Par contre, je devrais avoir l'occasion d'écouter pour la première fois en concert les 4 derniers Lieder cette année. Je note le Friedenstag, j'aime bien les forces-musicales-pléthoriques-en-délire.

Compositeurs obscurs :
Je voulais aller sur Wikipedia, et quand on google "Vom Ewigen Leben de Schreker" on tombe sur... Carnets sur sol, évidemment (tu ne viens pas de les inventer ?)

Bach par Kachatryan :
Je paie (au prix fort) l'effet K*** : il m'est presque douloureux d'entendre une oeuvre que j'ai entendu jouée par Kavakikou interprétée par quelqu'un d'autre...
Je me suis amusée à ce petit jeu sur youtube, avec le tout début du concerto de Sibelius : Vengerov, sympa ce petit côté oriental (et ette pâte!! ojojoj), Hahn Junior (impeccable), Oistrakh (splendide aussi, il le Tchaikovskise un peu, ne trouves-tu pas), et Kavakos, who else. Là, c'est l'évidence ! Le son un peu distant, délibérément anémié qui semble te provenir par delà une forêt enneigée de bouleaux.
Foin d'envolées lyriques - toujours est-il que n'arrive pas à écouter ce que j'ai entendu joué par lui : il m'a déjà "gâché" pour d'autre le Brahms, le Dvorak, bientôt le Sibelius, aussi.
Bach, aussi, tiens. Lui aussi a une approche de romantique qui a écouté du baroqueux, je trouve, mais il arrive (parce qu'il est tellement beau, tellement musiciiiiien, tellement intelliiigent, et tellement bôôô) à une sorte d'ascèse, là où Kachatryan (à mes oreilles) n'arrive qu'à une coquille creuse. A sa décharge, K** senior a eu quelques années de plus pour réfléchir à la question, ça joue.
(d'ailleurs, il était où, dans les années 90, Kavakos ?! Perdu dasn ses réflexions dans des forêts finlandaises ?)

Divers :
- la Grèce en UE ? La Grèce ?! (qui tiendrait le rôle de la BCE ?)
- deux cinquième.. Voilà qui n'est pas banal (si seulement Beethoven aussi, tiens tiens)

{ DM } at: 5 février 2012 à 16:02 a dit…

Ah, ça s'appelle une machine à vent! J'en avais vu dans un concert de David Gilmour...

{ Klari } at: 6 février 2012 à 00:34 a dit…

Bonjour et bienvenue ! Premier commentaire par ici, je crois?

Eh oui, il s'agit bel et bien d'une machine à vent, la cousine germaine de la machine à tonnerre, qui fait un boucan pas possible, surtout en cas de catastrophe (vers 3'20 dans cette vidéo )

{ Joël } at: 6 février 2012 à 05:54 a dit…

Oh la la, c'est cruel, mais j'ai vraiment failli mourir de rire.

{ Klari } at: 6 février 2012 à 08:42 a dit…

Moi aussi. Surtout le avec schtoung-boum dans le silence qui suit l'accord de fin!

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