samedi 28 janvier 2012

Bartók au TCE


7 Comms'
Vendredi 27 janvier 2012, Théâtre des Champs-Elysées,
Philharmonia Orchestra, Esa-Pekka Salonen (direction), Christian Tetzlaff (violon)

Bartók : Suites de Danses sz. 77 , Concerto pour violon n°2, Mandarin Merveilleux suite op.19 sz.73
(et un soupçon de Debussy et de Stravinsky pour la forme).
***
A recopier 10 fois pour lundi :

Leçon n°1 : je ne dirais plus jamais de mal de Christian Tetzlaff. Il dégouline de sentimentalité mal embouchée sur le concerto de Mendelssohn (c'est très vilain) certes mais tout doit être pardonné à un musicien qui joue Bartók comme ça.
  • Le son : rauque et angoissé. Ouste, le minaudo-vibrato omniprésent. Quelles sont belles, ces notes graves timbrées, sans la moindre esquisse de vibrato.
  • La gestuelle : finies, les ondulations pendulaires des genoux qui m'agaçaient tant. Ancrés dans le sol, les flexions-extensions des genoux viennent renforcer des phrasés et des accents féroces.
  • L'interaction avec l'orchestre : avec lequel il se fond, dont il prépare les interventions, qu'il écoute. 
  • Les silences. J'ai un faible pour ces musiciens qui savent jouer les silences. Densifier ces quelques instants avant et/ou après une note. Christian Teztlaff en fait partie.
Leçon n°1 bis : par contre, Teztlaff et Bach, ahem (mais je n'ai plus le droit de dire du mal de Christian Teztlaff)

Leçon n°2 : Salonen dirige infiniment mieux Bartók que Boulez, qui avait osé me dénerver Bartók et le mettre au congélateur sous cellophane. Salonen propose un vrai Bartók âpre, ronchon et tendre (aussi), qui tape du pied avec véhémence en racontant ses histoires. Philippe[s] s'inquiète pour moi  (le pauvre, il a subi en primeur ma fureur post-boulezienne de décembre), est-ce suffisamment finno-ougrien à mon goût ? Oh oui !

Leçon n°3 : le Mandarin Merveilleux (que je découvrais ce soir-là) est une pièce magnifique. Vorace, cruelle, grinçante, crue et malicieuse. Je déchante vite : le bal est ouvert par les seconds violons qui s'engagent dans une autoroute de doubles croches lancées à pleine vitesse. Encore une œuvre interdite aux orchestres amateurs..S'il n'y avait pas les duos pour deux violons, que deviendrons-nous...?

Aussi : Zvezdo, Concertonet, Paris-Broadway.

7 Comms':

{ Gamacé } at: 28 janvier 2012 à 23:01 a dit…

(bon on s'est encore une fois ratées :D)
Tu t'y connais mille fois mieux que moi en Bartok, je découvrais un peu beaucoup ; mais j'ai quand même beaucoup apprécié Le Mandarin merveilleux aussi.
Par contre je ne suis pas capable d'entendre ce qu'il y avait de si horribilaffreux dans le Bach (pas taper)... On va dire que c'était juste que j'étais contente parce j'arrivais quand même beaucoup mieux à suivre que dans Bartok :o)

{ Klari } at: 28 janvier 2012 à 23:11 a dit…

Caramba, encore ratées ! (la prochaine fois?)

Oh, non, je ne m'y connais pas ! (Djac vient de me faire lire un blabla analytique sur le Mandarin, je n'y ai rien compris).

Par contre, Bartok (sans que je ne puisse m'expliquer pourquoi) est une musique qui me fait un effet-monstre, qui me met quasiment en trance (je soupçonne les petites choses rythmiques spécifiques à Bartok et les petits coucoux que nous adressent des modes peu usités chez les compositeurs "normaux" de me faire cet effet). Du coup, mon analyse se résume à ça : si je m'ennuie, le chef a dirigé Bartok comme un pied (un brin plus sérieusement, Boulez a enlevé toute traces des modes, a adouci la scansion des phrases musicales (bordel, les accents en fin de phrase, quoi!) les appuis que n'importe qui avec deux notions de hongrois / ou de chants populaires hongrois (qui sont *toujours* présent en arrière-plan) aurait maintenus, j'ai trouvé ça quasi-criminel. Surtout, je me suis ennuyée. Je ne lui pardonnerai jamais.

Et Salonen, eh bien, il me fait taper du pied, des mains sur mes genoux, agiter la tête, ergo :il dirige comme un seigneur.

(ahem, c'est pas très clair, tout çà).

Pour faire court, (mais tout ça, ce sont des histoires de goûts et de couleurs - je ne devrais pas avoir le droit d'écrire : "le Bach de Teztlaff est nul" mais plutôt "le Bach de Teztlaff ne s'accorde pas de tout avec mes goûts"), je trouve le Bach de Tetzlaff trop alambiqué, trop vibré, trop phrasé, trop chargé. J'aime beaucoup le dépouillement chez Bach, quand les musiciens se mettent en retrait pour tout simplement laisser sonner les notes, les uns après les autres - c'est comme ça que Bach m'émeut le plus. (genre Kavakos)

(encore une fois, goûts, couleurs... plus que connaissances, hein!)

{ Djac Baweur } at: 29 janvier 2012 à 00:43 a dit…

Un bla-bla ?
Mon dossier de prix d'analyse ?
J'te jure...

Ugolino le profond at: 29 janvier 2012 à 13:34 a dit…

Ce n'est pas principalement la faute de Boulez si ce concert de décembre était raté, c'est la faute de l'Orchestre de Paris.
On a le droit d'écrire que le Bach de Tetzlaff était nul, parce qu'il était nul, et ce n'est pas une question de goût, à moins de me conférer le droit de péter les études d'exécution transcendante dans un kazoo et de dire que c'est "une question de goût".
En plus, la preuve, c'est que ca a fait pleurer une petite fille, et on sait que la vérité sort de la bouche des enfants.

{ Klari } at: 29 janvier 2012 à 21:49 a dit…

@Djac : oui, monsieur, du blabla. Il y a de sombres histoires d'étages dans des escaliers de quartes, Bartok, ce n'est pas du BTP, mais de la musique, môssieu.

(et tu n'as mis les accents ni sur Béla ni sur Bartók : ergo, tu n'as rien compris à Bartók)
(un hongrois qui écrirait un dossier d'analyse sur Debüszi, tu serais le premier à te gausser..)

=> Prout !

@Ugolino le Profond : Tu aimes trop taper sur l'orchestre de Paris pour que je puisses te contredire avec quelque espoir de te convaincre ;-) Je serai brève : sache que tu as tort !

Certes, la vérité sort de la bouche des enfants, mais on ne sait pas ce qui a fait pleurer ladite petite fille ! J'en ai pour ma part déduit que les enfants préfèrent (avec raison!) Bartok à Bach, mais qui sait ? Elle aurait peut-être préféré un autre extrait des partitas ? Ou elle n'était pas d'accord avec le tempo ?
Va savoir ...

(tu m'inviterais à ton éventuel concert de kazoo ?)

{ DavidLeMarrec } at: 4 février 2012 à 18:38 a dit…

Concernant la leçon n°3, c'est un vrai problème en effet, il y a très peu de musique de concert du XXe accessible aux amateurs. Mais ça ne concerne pas que BB, loin s'en faut...

{ Klari } at: 4 février 2012 à 22:01 a dit…

Après Bruckner, c'est la mort du petit cheval amateur. Sibelius, c'est déjà limite (l'attaque du GrandBémolGéant), Bartok, c'est in-mise-en-placeable..

L'année dernière on a joué à l'orchestre une orchestration à l'écriture résolument moderne (A. Girard) d'une des Ballades de Chopin, et ma foi, elle avait une certaine gueule !
Certes, on l'avait bossée comme des chacals.. Certes, n a censuré 15% de la partition (trop bémollisée, trop aigue, etc).
Un petit miracle de l'Amateurisme, sans doute !

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