vendredi 2 décembre 2011

Stravinsky & Widmann à Pleyel


2 Comms'
Vendredi 14 octobre 2011, 20h - Salle Pleyel
Orchestre Philharmonique de Radio-France, Christian Tetzlaff (violon), John Storgards (direction)
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Stravinsky, Scènes de ballet
Widmann, Concerto pour violon
Stravinsky, Symphonie en ut
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Ce concert fait partie de la série d'abonnement-Pleyel n°19*. La précision est d'importance, car cette série intitulée 'création contemporaine' (mais qui aurait aussi pu être nommée 'Orchestres parisiens') contient les très rares concerts auxquels à la fois Bladsurb et moi sommes susceptibles d'assister. Lui n'écoute rien qui n'ait plus d'une cinquantaine d'années, moi, je préfère les vieilleries mais j'aime beaucoup les orchestres français. Nous réussissons toutefois à tomber d'accord sur l'oubliabilité des Sçàcènes (merci minet) de ballet de Stravinsky, qu'il trouve un brin trop classiques et moi, tout à fait modernes, évidemment.


Malheureusement, Christian Tetzlaff me fait une impression aussi décevante qu'en mai dernier (concerto de Mendelssohn avec le San Francisco Symphony), pour les mêmes raisons, sur un concerto pourtant bien différent. Le pauvre, il cumule tous les torts :
  • Il gigote. Inspiration, flexion genou droit, passage du poids sur la jambe gauche, flexion genou gauche, extension genou gauche, flexion, passage du poids sur la jambe droite, extension. Oh que ça m'agace. Je ne prétends pas que mon agacement soit justifié, mais il n'en est pas moins réel (reste-t'il seulement suffisamment d'énergie pour jouer?)
  • Le vibrato est sa raison d'être. Sur Bach, sur Widmann, sur Mendelssohn. Trop, c'est trop (met-il cinq sucres dans son café ?)
  • Il dégouline du phrasé. Il les fignole, ses phrasés. S'il était possible de jouer du violon le petit doigt en l'air, il le ferait. Dès lors, le concerto parait bien creux, comme un simple prétexte pour empoigner un violon et en tirer un joli son, à la fois exagérément emphatique et inexistant.
  • J'ai horreur de son Bach (on dirait une soprano spécialiste de bel canto qui s'amuse à fredonner du Purcell. gnnnn).
Je m'accorde en général deux chances avec un soliste. Au bout de deux occasions ratées (on n'est jamais à l'abri d'un mauvais soir), je divorce pour différences artistiques irréconciliables. J'espérais que les couleurs un brin austères du concerto (certains y voient du Schnittke, d'autres du Berg) atténuent ces aspects de son jeu qui me déplaisent, en vain.

(ceci dit, Teztlaff est un excellent violoniste - techniquement - un son magnifique, une aisance indéniable - pas un crissement d'archet rebelle, pas l'ombre d'un couac, son esthétique ne me convient pas, c'est tout. Mais il eut très bien enchanter d'autres auditeurs, Concertonet a adoré par exemple)
(à l'inverse, je peux concevoir (difficilement, certes, mais j'y arrive) qu'on n'aime pas Kavakos)

Deuxième partie avec la délicieuse Symphonie en Ut de Stravinsky, où le hautbois se gargarise au cours du 1er mouvement d'une adorable ritournelle, comme un lièvre rieur qui gambade dans un champ, ignorant les renards-cordes qui complotent à l'orée du bois (plus benoitement que leurs confrères américains). Dommage toutefois que le chef ne sache pas quoi faire de la symphonie (?) / qu'elle n'ait pas été suffisamment répétée (?) / que les musiciens soient fatigués (?) car les interventions des bois se carambolent un peu les unes entre elles. Pourtant, qu'elle est jolie, cette symphonie.

Encore une fois, nous n'étions que quelques privilégiés à assister à ce concert du Philharmonique de Radio-France, qui sans être le concert de l'année, s'est avéré un très agréable moment (B. a beau me taquiner en commentaire, j'ai passé un très bon moment - même si je râle): la salle Pleyel est bien clairsemée.

2 Comms':

{ bladsurb } at: 2 décembre 2011 à 22:56 a dit…

Résumons : un premier morceau très oubliable, un deuxième gâché par un violoniste insupportable, et un troisième à l'interprétation passable. Ah oui, "un très agréable moment", tout à fait :-)

{ Klari } at: 2 décembre 2011 à 23:03 a dit…

Marre-toi, mais sisisi j'ai passé un très bon moment, même si ta démonstration semble d'une logique implacable ;-)

et j'étais très contente de faire la connaissance de la symphonie en ut !

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