vendredi 7 octobre 2011

Concert à thème 'hongrois' par le Philhar de Radio-France


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Salle Pleyel - Vendredi 30 septembre 2011, 20h
Orchestre Philharmonique de Radio-France, Garrick Ohlsson (piano), Myung-Whun Chung (dir)

Kodály, Danses de Galánta
Barber, Concerto pour piano
Bartók, Concerto pour orchestre
***
Un beau concert tout souriant pour assurer la transition avec le week-end :

D'abors un sourire gêné-ravi : un ouvreur m'annonce que les passagers du second balcon sont invités à se replacer à l'orchestre. Je lutte contre un vague sentiment de culpabilité à l'idée de resquiller, même légalement - mes états d'âme sont vite dissipés alors que ma voisine et moi étirons voluptueusement nos gambettes dans de confortables places de première classe.

Sourire impatient puis réjoui pour les Danses de Galánta, dont je raffole : j'avais bondi sur l'occasion unique (il n'y aura plus d'autre Kodály cette saison à Pleyel (par contre du Bruckner, hein (bon))) de les écouter. Parce qu'elles me font sourire, taper des pieds, des genoux. Parce que les petits motifs des vents me rappellent le petit ourson de la télé hongroise qui se brosse les dents avant le "Conte du soir" - nostalgie des vacances estivales chez la grand-mère, probablement. Parce que les contretemps sont tellement contre le temps qu'ils font sautiller les pieds de chaises et de musiciens (gnac! gnac! gnac!). Parce qu'elles me paraissent familières et accueillantes, ces Danses, comme une vieille amie qu'on connaît depuis toujours, dont on apprécie particulièrement l'humour saugrenu - ces accelerando qui s'arrêtent en cours de route, ce gigantesque ebouillantissimo qui aboutit sur.. rien. Et toujours, surtout dans les passages les plus endiablés, une petite touche âpre (un cuivre qui se râcle la gorge au fond, une couleur angoissée) qui fait que cette oeuvre n'est jamais plan-plan.

Abandonnons quelques instants le Philharmonique de Radio-France pour regarder leurs collègues berlinois jouer un extrait de ces Danses :

A 0'38, vous me ferez le plaisir de savourer cette hystérie collective qui se propage dans le pupitre de premiers violons (regardez les chaussures !), vous verrez ensuite comment on joue un accent, un vrai, à 0'56", des contre-contre-contretemps à 1'11" (ouf, l'alto solo ne se met toutefois pas à jouer de son instrument à la verticale) . Le meilleur moment étant le petit coup de coude du chef d'attaque des seconds à 1'55, en compétition avec les dandinements du flûtiste, Emmanuel Pahud, à 2'03.

Voici une petite idée du plaisir jubilatoire qu'on éprouve à regarder les musiciens du Philhar' jouer cette pièce. Un violoniste chantonne silencieusement la partie de basson. Une de ses collègues tape joyeusement des deux pieds  - un pour les temps, un pour les subdivisions, peu après, PLOC!ploc!ploc!, quelques dizaines de chaussures se mettent à frétiller, plus haut, au-dessus des chaises, une douzaine de postérieurs se soulèvent à demi, et plaf ! Un accent, monumental, irrésistible.
(Et les solos de clarinette - ouh, les solos de clarinette)

Le deuxième mouvement du Concerto pour piano de Barber : sourire apaisé par un magnifique moment de musique réconfortant et touchant, servi par un pianiste au jeu consistant avec sa physionomie - puissant, mais bonhomme et souriant, n'hésitant pas à se mettre délicatement en retrait quand la musique l'exige.

Sourires chez les cordes du Philhar' pendant les bis, parfois même un peu figés laissant supposer qu'un début de fou rire met en danger la sérénité de l'orchestre (les symptômes ne mentent pas : mines concentrées, regards brillants, lèvres un peu trop serrées contre les volutes des violons). Il est vrai que Garrick Olssohn a choisi de jouer en bis ni du Chopin-romantique, ni du Chopin-exalté, ni du-Chopin-délicat, mais du Chopin-rigolo comme une musique de dessin-animé. Caricaturalement emphatique, exagérément trottinant, abondamment rubatifié et beaucoup trop guilleret, crime impardonnable de lèse-Chopin. J'aurais raisonnablement du détester mais G. Ohlsson dégage trop de naturel et de sympathie : on dirait qu'il a envie de s'amuser, tout simplement, d'envoyer gentiment valdinguer par-dessus les moulins les règles de la bienséance chopinienne. Je lui pardonne vite et me régale sans plus d'arrière-pensées.

Sourire ravi mais fatigué pendant la deuxième partie, après l'entracte. J'ai épuisé mes capactiés de concentration, je crains, la première partie a été particulièrement dense. Mon cerveau s'est gentiment mis au point mort, content de laisser les oreilles entre de si bonnes mains pour le Concerto pour orchestre - un excellent moment, prolongé par de monumentales profiteroles au chocolat à la pizzeria du coin (après Kavakos, j'essaierai la meringue glacée au coulis de chocolat).
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En bonus, le générique de fin du 'Conte du Soir'.
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Étaient là : Laurent, Palpatine, La Souris, Concertonet.

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