mercredi 5 octobre 2011

Concert-éveil de l'Orchestre Colonne


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Salle Pleyel - Dimanche 2 octobre, 10h45
Orchestre Colonne, Laurent Petitgirard (direction)

Debussy: Nocturnes (Nuages, Fêtes), La Mer.
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On fait tout un foin sur le concours international de jeunes chef de Besançon, les jeunes chefs qui prendront d'assaut les grandes scènes internationales, les Luke Skywalker de la baguette, patatipatata, mais si vous vouliez voir diriger la future aristocratie de la direction d'orchestre, il fallait se lever tôt dimanche dernier et assister au concert-éveil de l'Orchestre Colonne.

Après un premier Nocturne de Debussy, "Nuages", Laurent Petitgirard demande à la cantonade s'il n'y aurait pas quelques petits volontaires pour diriger "Fêtes". Un peu perplexe, il s'étonne de ne pas voir de mains levées, mais il devrait se retourner : l'arrière-scène trépigne, hurle, s'égosille, lève une, deux, quinze mains ! "Moi! moi! ". Sans se le faire dire deux fois, un petit escadron de mini-chefs dégringole les escaliers de l'arrière-scène pour se presser tout autour du chef. Plusieurs écoles de direction sont représentées :
* l'école Moulinets : dont est issue notre première candidate, une adorable gaminette d'à peine une dizaine d'années, dont les "moi! moi ! je veux diriger !" devaient s'entendre depuis la Place des Ternes. L'orchestre s'adapte tant bien que mal aux grands gestes assurés, mais plus poétiques que musicaux de notre petite cheffette, toute concentrée. Le résultat est adorablement pas très bon. Mais qu'importe ! Elle vient de diriger Fêtes (quelques mesures de Fêtes) à Pleyel.
* après un petit intermède technique ("tu vois, il faut agiter la baguette en rythme, si j'accélère, regarde ce que ça donne" - s'ensuit un magnifique accelerando supersonico-turbissimo de l'orchestre, qui ne cache pas son amusement), le prochain candidat, d'une école drastiquement différente : l'école Métronomique. "Clac! Clac! Clac! Clac!" Ça fonctionne excellement bien, à entendre les triolets acérés des premiers violons.
* s'ensuivent ceux qui dirigent hors des sentiers battus. L'Ecole Dictatoriale (dont est issu un grand nombre de chefs hongrois, oups). Sur les douteuses recommandations du chef "il faut que tu diriges avec un regard cruel, sinon l'orchestre ne va pas t'obéir", le candidat suivant affiche un très convaincant 'regard cruel', quoique tempéré par une bouille ronde et d'attendrissantes petits lunettes rouges, plus mutines que cruelles. Un futur Karajan, peut-être ?
* l'école de Direction Vocale, qui, pour ne pas se tromper, dirige avec la parole "un... deux... et PAF !" (méthode pas très orthodoxe, mais rudement efficace, si seulement j'y avais pensé en janvier dernier, quand je me suis essayée au maniement de la baguette).

On rit de bon cœur, dans l'orchestre, dans le public, à l'arrière-scène (où s'organise sur le champ un petit concours de "regards cruels"), mais celui qui devrait rire un peu jaune, c'est Laurent Petitgirard. Coïncidence ou non, les Nocturnes de Debussy sont l'une des oeuvres qui ont poussé un de ses illustres confrères, Claudio Abbado, à devenir chef d'orchestre. Lequel de ces adorables mouflets viendra détrôner Petitgirard ?

Avant de cliquer sur le bouton "publier", adressons une mention respectueuse au pupitre de cor - impérial de bout en bout - ainsi qu'au cor anglais, qui n'a pas chômé ce matin - entre la surabondance debussyste de parties (au demeurant magnifiques) de cor anglais et la lourde responsabilité d'amorcer le concert ("tiens, avant de commencer, on va demander au cor anglais - qui est aussi hautboïste, de vous jouer le solo de "Nuages"). A cela s'ajoute la simple performance physique de jouer d'un instrument à anche double le matin (souffler dans une anche double peu après le réveil est comparable, en termes de sensations corporelles, à boire un seau de café et ingurgiter quelques tartines de miel faisandé).

Tiens, on apprend aussi que Gentil-Prof était déjà là quand Debussy a dirigé pour la première fois La Mer ... aux Concerts Colonne ! Mais l'âge fait qu'il ne se rappelle plus très bien de cette expérience, pourtant historique.

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