mercredi 28 septembre 2011

François Leleux & Philharmonique de R-F.


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Salle Pleyel - Vendredi 23 septembre 2011, 20h
Orchestre Philharmonique de Radio-France, François Leleux (hautbois), Myung-Whun Chung (direction)
et Grorûm, invité surprise
***
Mozart, Concerto pour hautbois
Bruckner, Symphonie n°6
***
AVANT

Pardon pardon, est-ce que je peux me mettre là poussez-vous pardon il reste des places encore plus près pardon pardon la place à côté de vous est libre pardon merci oups pardon. Je n'aurais jamais du attendre le dernier moment pour venir me blottir tout près des souliers vernis de sa Grande Hautboïtude. J'ai fait se lever une demi-rangée pour mes/ses beaux yeux, comme j'ai honte.

PENDANT (Mozart)

Trois ingrédients magiques : "Mozart+concerto+hautbois". Haubtois, check. Un double salto fortissimo avant, une vrille de côté sur trois octaves. Vous préférez peut-être du timbré du flûté du cuivré du détimbré du pétaradant ? Vos fantasmes hautboïstiques sont des ordres.
Concerto, check. Ca concerte, oh oui, ça concerte avec le mini-Philhar. Coucou-hiboux pépient les cors coucou! rétorque le hautbois tagadi ploum ploum gazouillent les cordes et François Leleux répond d'un joyeux mouvement circulaire de pavillon. Un petit sourire complice au premier violon au passage (on peut sourire en jouant du hautbois ?).
Mozart, hum. Phrasé un brin trop sophistiqué à mon goût - trop de vibrato aussi. Va pour 2/3.

APRÈS

Clap clap clap trois petits saluts et il s'en va, anche au bec. Que se passe t'il quand un ouvreur à une vitesse v1 croise un hautbois à vitesse v2 lancé sur une trajectoire perpendiculaire? Un entrechat, un petit sourire et la collision est évitée ouf. Mon royaume pour une bouillotte et du paracétamol je sentis tout mon corps transir et brûler (ferait un bon slogan pour Fervex). Cela fait trop longtemps que je n'ai pas regardé un orchestre de tout près au microscope, tiens (trop près pour les oreilles, elles prendront leur revanche une autre fois)

ENCORE UN PEU APRÈS (Bruckner)

Maxi-Philhar pour Bruckner : 180 chaussures noires sous mon nez, vernies, cirées, à talons, plates, douteuses ou étincelantes en demi-cercle autour du chef. Sages comme des images tant qu'il n'y a que de minuscules tigididzouip puis lentement frémissent s'agitent dansent trémolent contre les pieds de chaises. Penser à calculer le coefficient de corrélation entre l'amplitude du mouvement des chaussures et la distance par rapport au premier violon. Dont les pieds de violoniste frétillent nerveusement mais sans toctoctocquer contre le plancher. Pittoresque ces queue-de-pie (mettent joliment en valeur les épaules ceci dit) où achète-t'on des queue-de-pie au XXIè siècle ?

Un des musiciens ne va pas avoir le temps de finir de se rafraîchir avant le début du prochain mouvement, il faut encore tapoter et éponger, plier le mouchoir, ranger le mouchoir, rajuster veste et coussin, resserer queue-de-cheval et esquisser quelques mouvements de gymnastique digitale. Il reste quelques secondes de battement avant le départ. C'est parti. Un coup d'oeil à tribord vers les violoncelles, un regard appuyé en face à l'attention du Boss dans le dos du Chef. Que se disent-ils ? Mystère. Mais le message a du passer. A la fin du concert, alors que Myung-Whun Chung est très affairé à distribuer des fleurs ils s'échangent un autre regard entendu et un petit sourire satisfait.

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