mardi 30 août 2011

Khatia Buniatishvili - Sceaux


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Samedi 13 août 2011, 17h - Khatia Buniatishvili (piano) - Orangerie du Parc de Sceaux.
Schumann, Fantaisie
Chopin, Ballade n°4 et Scherzo n°3(?)
Stravinsky, Petrouchka
***
Constat n°1 : Vive le dépaysement ! Changement de décor drastique. Loin du bruit et de la fureur du VIIIè arrondissement, les matous scéens et des écureuils se pourchassent avec allégresse sous les arbres du Parc. Ambiance détendue à l'Orangerie, entre un Galate suicidaire et un dragon bourru trône une grande estrade pour le piano tout autour de laquelle se blottissent les chaises du public.

Constat n°2 : mon Schumannophobimètre, toujours aussi finement réglé. J'étais revenue du concert de l'Orchestre de Paris du 23 juin dernier effarée - céleste ciel, j'avais, à défaut d'adorer, apprécié une bonne partie de la Symphonie n°3 de l'affreux Schumann. Mon Schumannophobimètre me ferait-il défaut ? Me voici rassurée, quelques instants à peine àprès le début du premier morceau du récital, je souffre des symptômes suivants : somnolence, déficit d'attention, perception du passage du temps altérée. Un rapide coup d'oeil au programme de ma voisine m'apprend que c'est du Schumann. Tout s'explique.
(pendant une bonne demi-heure, le piano se lamente, hurle de joie, gémit, gambade extatiquement, pleure, exulte, en réussissant à caler ici et là une ou deux mesures d'une beauté incommensurable entre deux sanglots. En bref : "..it is a tale / Told by an idiot, full of sound and fury / Signifying nothing.").


Constat n°3 : Et Khatia Buniatishvili ? (en robe noire à sequins) D'après ma dernière Grande Théorie, les solistes, en particulier du sexe féminin jouent comme ils s'habillent - et vice-versa. Khatia Buniatishvili porte une robe longue droite, noire. Toutes ne peuvent pas oser l'austérité d'une robe sobre, impeccablement coupée. Ni fendue, ni ultra-décolletée, ni-transparente, sans volants ni fanfreluches.  Pas de bijouterie clinquante non plus. Ça requiert une certaine assurance ("je vais attirer votre attention, mais je n'ai pas besoin de me déguiser en chou-fleur pour cela, il me suffira de jouer") qui s'entend : je ne remarque pas de baisse de tension, d'indécision "mais que pourrais-je bien faire de ces mesures-là?", les Chopin et Petrouchka sont portés par une réel engagement.
Mais, mais, mais, cette fameuse robe noire parfaitement coupée est entièrement rebrodée de sequins. Ce qui  laisse imaginer une légère propension au kitsch, que malheureusement certains détails confirment : un rubato parfois un tantinet exagéré, voire hors-sujet (horreur et damnation, du rubato chez Stravinsky, gargl!), ou encore un léger excès de pédale, qui dans certains passages de la Ballade, transforme les impétueux grondements de la main gauche en borborygmes inarticulés.
Alors que je m'attendais à être éblouie, je ressors 'seulement' très très contente. Et je reviendrais bien sûr l'écouter, en priant toutefois pour que l'appel de la robe noire longue prime sur l'attrait des sequins.

Constat n°4: Ayant le douteux honneur de faire partie du club des noms régulièrement écorchés (30% de voyelles dans un nom de famille, ça vous transforme un orateur de première classe en bègue), je m'insurge. Le nom Buniatishvili a un ratio voyelle/consonne tout à fait raisonnable, ne contient en outre aucun son inconnu au bataillon en français, la moindre des choses eut été de préparer le dossier, voire de se faire briefer auprès de la pianiste, au lieu de s'autopersuader de l'impossibilité de prononcer son nom et se résigner à annoncer piteusement Melle Bu-euh-nia-euh-vili. A ce propos, je me demande comment un étranger non briefé prononcerait 'Sceaux'. Skéahoukse ?

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