lundi 4 juillet 2011

Racha Arodaky, Pierre Hamel - Sainte Chapelle


4 Comms'
Sainte Chapelle ▪ Vendredi 17 juin 2011, 19h
Racha Arodaky, Solistes français

Concertos en la majeur et fa mineur, Racha Arodaky (piano)
Concerto en la mineur, Pierre Hamel (violon)
***
"- Klari, je joue le la mineur à la Sainte-Chapelle vendredi, ça te dit ?
- Le lamineur ? Connais pas.
- Le la mineur !
-  Euh.... (des gammes en concert ?!)
- Le concerto-en-la-mineur-bédoublevévé-1041 de Bach. Jean-Sébastien de son prénom.
- Ha ! Oui, je viens."


Foutu jargon de musicien. L'occasion était rêvée : enfin écouter en concert Racha Arodaky, dont le Poisson Rêveur chante les louanges depuis quelques années, et Gentil-Prof, la source des meilleurs jeux de mots du blog ("... quand Wotan, à l'instar de Johnny, met le feu" et j'en passe des meilleurs) qui accompagne avec un dévouement sans pareil les minuscules progrès de son élève - enfin passée de Wohlfahrt à Kayser.

Je ne vais pas m'attarder sur les concertos pour piano. Autant la Sainte-Chapelle est clémente à l'égard des instruments à cordes, autant elle a horreur du piano dont elle transforme le son cristallin en infâme bourbier spongieux. De ce que j'ai entendu, j'ai suffisamment aimé pour avoir envie d'écouter Racha Arodaky dans de meilleures conditions.Et puis la star de la soirée, c'était Gentil-Prof. Evidemment.

Grand dilemme en ce qui concerne la chroniquette :
  • Option 1 : écrire à toute vitesse une chroniquette avant notre prochain cours. Or, si quelque chose lui déplait dans ladite chroniquette, il risque de se venger à l'occasion du cours. 
  • Option 2 : laisser reposer, attendre que le cours soit passé avant de rédiger le compte-rendu du concert. Espérons qu'il ne se chiffonne pas des délais de rédaction.
Une chose est certaine, gentil ou non, Gentil-Prof avait les moyens de se venger.

Et pourtant, qu'est ce que j'avais aimé l'écouter (sur autre chose que du Wohlfahrt  ou du Kayser). Il était accompagné d'un mini-orchestre - quatre ou cinq musiciens au maximum, effectif amplement suffisant, rendant inutile de jouer comme un forcené. Le concerto était illuminé du petit sourire narquois qu'il arbore toujours en jouant du violon. Je me suis régalée de son beau son (surtout dans les graves, mmm, miam) et d'un concerto enthousiasmant, peut-être un tantinet trop romantique pour mes oreilles (Pierre, ôte-moi ce vibrato que je ne saurais voir), mais interprété avec beaucoup de goût.

Manifestement, les délais ne lui conviennent pas (si vous n'êtes pas contents, écrivez vos chroniquettes vous-même) car la punition n'a pas tardé : au cours suivant, le verdict a été sans appel : cordes à vide.

Quoi ?
Des cordes à vide ? Après tant d'années d'effort acharné, des cordes à vide* ?
Quelle honte, quelle infâmie !

* pour les non-initiés, la "corde à vide" est la punition traditionnellement infligée aux tout-petits qui débutent le violon. J'y ai échappé jusqu'ici, heureusement, sinon, j'aurais aussitôt laissé tomber. La main gauche est oisive, on se contente de passer l'archet sur des cordes qu'aucun doigt ne vient raccourcir. Sol-ré-la-mi (ou approchant, si le violon est mal accordé). Gentil-Prof s'est fait avoir à son propre piège, c'est absolument addictif. Je pourrais passer des heures à regarder la corde se mettre timidement en vibration, pas encore tout à fait, ça grinçouille encore un peu, jusqu'à ce qu'enfin, il se passe un petit quelque chose entre les crins de l'archet et la corde, laquelle se met à dessiner des papillons de part et d'autre de l'archet. Qui plus est, le son d'un violon à vide est presque, je dis bien presque, aussi beau que le son d'une tampura pas trop mal accordée. Addictif, ce truc. Adieu, ignoble Kayser ! Bonjour, cordes à vide !

4 Comms':

{ Joël } at: 5 juillet 2011 à 10:02 a dit…

Les concertos pour clavier, ils étaient aussi de Bach ? BWV 1055 & 1056 ?

{ klari } at: 5 juillet 2011 à 11:04 a dit…

Chépa. Attends que Gentil-Prof passe par là, il pourra peut-être nous donner ces infos chiffrées ?

{ Djac Baweur } at: 5 juillet 2011 à 19:21 a dit…

Oulà.
Méfie-toi, ça commence avec des cordes à vide - et après, tu tombes sur un malade qui te demande de faire les 1040 coups d'archet (sans tenir compte des différents tempo) de l'opus 2 de Sevcik.
Mais, enfin, ton Gentil-Prof ne m'a pas l'air d'être atteint à ce point-là. Non, quand même pas. Impossible qu'il soit si tordu que ça.

{ klari } at: 5 juillet 2011 à 23:27 a dit…

Chhhhhuut ! Tu vas lui donner de mauvaises idées.

(il a compris depuis belle lurette qu'entre Sevcik et moi, ce n'était pas l'amour fou)

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