jeudi 9 juin 2011

Escaich, Dvorak, Saint-Saens - Orchestre de Paris


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Salle Pleyel mercredi 18 mai 2011
Orchestre de Paris, Thierry Escaich (orgue), Gautier Capuçon (violoncelle), Paavo Järvi (direction)
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Thierry Escaich, La Barque Solaire,
Antonin Dvorak, Concerto pour violoncelle
Camille Saint-Saëns, Symphonie n°3
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Il faut saluer la délicatesse de l'orchestre de Paris, qui, en programmant la Symphonie n°3 de Saint-Saens les 18 et 19 mai, célèbre deux anniversaires : celui de la symphonie, créée le 19 mai 1886, et le mien. A chaque concert, je trouve cet orchestre plus enthousiasmant, opinion manifestement partagée par les caméramen de Mezzo/Arte/Cité de la Musique (?), qui se pressent de plus en plus nombreux aux concerts de l'Orchestre. Il fut un temps où ils se faisaient tout petits, recroquevillés derrière leur caméra dans les coins du praticable. Temps révolus. Ils viennent désormais en masse, vêtus de noir, et occupent le terrain. Certains demeurent à leur poste de bataille, d'autres galopent de-ci de-là, caméra à l'épaule.

Illico, je m'attache à les dénombrer. Et moi qui me plaignais de l'absence d'activités ludiques sur le site de la Salle Pleyel ; le Palais des Arts de Budapest, une vraie philharmonie, avec tout le confort moderne, propose à ses internautes wagnéreux un "Cygnechevalier-jeux à participer" (les joies des langues agglutinantes !) fort divertissant, surtout traduit en français via google.

Quand les musiciens s'installent, se faufilant entre pianos, pupitres, caméras et haut-parleurs (l'orgue de Pleyel est un "faux", avec de prosaïques haut-parleurs à la place de la tuyauterie), enjambant des fils électriques entortillés dans du ruban adhésif noir, mon voisin et moi avons déjà localisé 5 Hommes en Noir. En entrée, la Barque Solaire. De et avec Thierry Escaich, titulaire à Saint-Etienne du Mont. Un brin de fatigue ne m'aide pas à apprécier cette œuvre, un peu trop riche à mon goût : trop d'orgue, trop de notes, trop de cuivres..

Quelques instants de latence, le temps d'apporter une estrade pour le violoncelliste et d'identifier une ou deux caméras supplémentaires. J'étais venu avec mon lot de préjugés à l'égard de Gautier Capuçon : un peu trop connu, un brin trop bien coiffé, beaucoup trop marketé. Il me faut reconnaître qu'il a un son magnifique, puissant (quel bonheur de ne pas avoir à tendre l'oreille depuis l'arrière-scène !) et joue avec un engagement très convaincant. Ce n'est pas Xavier Phillips, certes, car il n'y a qu'un Xavier Phillips, cependant je reviendrai très volontiers l'écouter. Son bis, Mon cœur s'ouvre à ta voix de Samson et Dalila, accompagné de Thierry Escaich à l'orgue, met en valeur son beau jeu, mais le talent de M. Escaich est impuissant à compenser le son de l'orgue-à-haut-parleurs, un terrifiant hybride de piccolo désaccordé et de contrebasson Bontempi. Un des Hommes en Noir fournit une diversion bienvenue en opérant un travelling arrière sur l'orgue : il se recule de quelques pas, encore un petit peu, encore un pas et ... sklonk! se cogne à une porte.
(héhéhé)

Laurent m'attribue une théorie - j'aurais affirmé que les concerts du jeudi de l'Orchestre de Paris sont plus excitants que ceux du mercredi. Je n'en sais fichtre rien, je n'ai quasiment jamais assisté à un concert du jeudi. Par contre, j'ai clamé haut et fort que les deuxièmes parties de concert sont de plus en plus réjouissantes (La 4è de Beethoven ! Le 5è de Sibelius ! la 5è de Prokofiev !) et cette théorie est confirmée par une 3è de Saint-Saens impétueuse, flamboyante. J'en oublie illico de compter les caméras - on était arrivé entre temps à une petite dizaine - pour savourer le beau son timbré des cordes (avec un je-ne-sais-quoi plus présent, fougueux que d'habitude - du bois qui vibre ? des archets qui crissent avec fébrilité ?) qui dialoguent les unes avec les autres, les tressautements pressants des vents dans les mouvements tumultueux qui, dirait-on, envoient un mystérieux message en morse. Quel régal de bout en bout.

Magnifique compliment de l'un part d'un de mes collègues, pour qui il s'agissait de son tout premier concert de musique classique. Si le Escaich lui a paru un peu confus, il a beaucoup aimé le Saint-Saens. Toucher et retenir l'attention d'un mélomane-débutant, quelle belle prouesse.

Exclu ! le plan de bataille des 13 Hommes en noir.


Aussi : "On s'en régale sur une grande nappe blanche, dans le glissement discret des flûtes et des couteaux à poisson" (Grignotages), "Hier soir, c'était orgue-orgue-orgue" (Orchestre de Paris), "Je suppose que le rendu n’est pas le même avec un orgue avec tous ses tuyaux" (Levia Carmina)

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