dimanche 26 juin 2011

Au Revoir Parapluie - Th. Marigny


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Théâtre Marigny, dimanche 29 mai 16h30
Au Revoir Parapluie, mise en scène : James Spencer Thiérrée / La Compagnie du Hanneton
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"Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Ha ! Hou !"

Voici que ma co-bureau adopte un comportement semblable au mien quand la chasse aux abonnements de concerts est ouverte. Cela ne lui ressemble pas. Résolvons ce mystère.

" Parapluiiiie !"

Il lui faut une camomille, fissa. Il n'y a pas un nuage à l'horizon.

" Au revoir Parapluie !"

Quand elle sera fini de jouer les pois sauteurs dans le couloir, je lui demanderai ce qui lui arrive. Ah, un spectacle. De qui donc ? Thiérée. James Thiérée. Chaplin junior junior. Un chanteur ? Un acteur ? Aurais-je la même expression, à la fois sidérée et exaspérée, quand on me demande qui est Leonidas Kavakos ?

C'est LE spectacle à ne pas manquer, hurle-t'elle, les yeux fous, exorbités. Si c'est à la danse-pantomime ce que mon London Symphony est à la musique classique, je n'ai plus qu'à sortir la carte bleue. Avec résignation. Je m'étais promis de ne plus acheter de billets de concerts pour le reste de la saison 2010/11. Mais ce n'est pas tout à fait un concert, ça ne compte pas.

Le jour venu, nous voici tout en haut du théatre Marigny, il fait une chaleur à crever et nous n'y voyons rien. Je savourerai le spectacle debout, du haut d'un escalier au second balcon. Emerveillée, éblouie, si bien que mes plantes de pieds se tiennent coites et n'osent pas me réclamer de m'asseoir.

Le schéma habituel (le décor sert de trame de fond, la musique de papier peint, les costumes de faire-valoir aux acteurs, qui eux-mêmes sont au service d'une histoire) est complètement bouleversé. Qui est le personnage principal du spectacle ? Les acteurs-danseurs ? Ou ne servent-ils pas plutôt de faire-valoir aux lumières, aux décors, à ces choses incongrues qui sortent d'une imagination débridée : la maison-corde, une sauterelle-peluche, la moiss'-batt'-vélo-manège ? Musique, décors, lumières et danseurs contribuent tous, à part égale, à constituer un tout à l'implacable logique et la délicieuse aburdité du rêve.

James Thiérrée porte un regard d'enfant émerveillé sur les petits riens du quotidien, qui nous fait redécouvrir leur beauté. Qu'elles sont belles, les ondulations qui se transmettent de bas en haut à une corde qu'on secoue. Que fait un petit air de musique, quand on l'attrape, le coince dans une poche, puis l'ingurgite ?

Comme une bonne nuit de sommeil, le spectacle paraît moins long qu'il n'est. Je jurerais n'avoir passé que 10 minutes dans le Théâtre. Entre deux applaudissements, je me frotte les yeux, perplexe, pas tout à fait certaine de ne pas avoir rêvé ce prodigieux spectacle.
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Danseurs : Kaori Ito, Magnus Jakobsson, Satchie Noro, Maria Sendow, James Thiérrée
Costumes : Victoria Thiérrée
Lumière : Jérôme Sabre
Son : Thomas Delot
Plateau : Léon Bony & Marc Moura
Habillage et accessoires : Liliane Hérin
Assistante mise en scène : Sidonie Pigeon

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