lundi 16 mai 2011

Duruflé, Brahms, Sibelius - Orchestre de Paris


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Salle Pleyel • Mercredi 27 avril 2011, 20h
Orchestre de Paris, Paavo Järvi (direction), Lars Vogt (piano)
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Duruflé : Trois Danses pour orchestre (1932)
Brahms : Concerto pour piano n°1
Sibelius : Symphonie n°5
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Duruflé. Trois Danses pour orchestre que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam. Nous devions être nombreux dans ce cas, les partitions ont pris la poussière 80 ans dans les cartons avant que l'Orchestre de Paris ne se décide à les jouer. Je me régale d'une orchestration veloutée et douillette comme un édredon, de jolis passages où figurent de splendides solos de vents. Parfois de grands méli-mélos d'où émergent un triangle (?) scintillant et des ricanements d'altos.

Alors que les cordes se mettent à trottiner joyeusement de concert avec un basson alerte, j'enfile mon manteau rouge et mon chapeau pointu (bleu) et me téléporte dans un univers parallèle, où je fais des bêtises avec des chaudrons malicieux et des balais en paille. Le tout trop vite fini, prestement conclu par un ploum-ploum coin-coin d'anches doubles.
(je suis à la fois sidérée qu'on m'ait caché cette œuvre - c'est une honte!, et ravie d'avoir l'occasion de me rincer les oreilles de si agréables nouveautés - youpi!)

Brahms. J'étais jeune, j'étais pauvre, j'avais déboursé 50 francs, une fortune, pour écouter Kissin sur ce même concerto. C'était un concert-graal, ceux où le temps s'arrête et qui pourtant, semblent durer à peine quelques milli-secondes (voir un essai de définition ici). Impossible d'écouter Lars Vogt, le souvenir de Kissin est encore trop présent.
Le malheureux Lars Vogt admet souffrir d'une crève carabinée: le premier mouvement est hébété et fiévreux, le deuxième mouvement, exsangue, est interminable. Quel dommage, Lars Vogt montre dans le bis de magnifiques qualités de son, de phrasé, qui me donnent très envie de l'écouter à nouveau, mais dans des conditions plus clémentes.

Entracte : sprint vers un coin de banquette à l'arrière-scène. Sibelius. Symphonie-madeleine pour moi, puisque JE L'AI DEJA JOUEE (si j'étais honnête, je me contenterais d'affirmer en avoir joué une portion non-négligeable - nombre de ces moustiquades bemoliésées étaient bien trop difficiles pour moi).

L'orchestre me semble particulièrement en forme - il serait si facile de s'endormir entre deux battements d'aile et de faire de la bouillabaisse à partir de cette symphonie ! Les musiciens font prendre vie à ces improbables essaims de moustique, qui s'échelonnent du sombre bourdonnement d'alto aux bruissements énervés de premiers violons (mis en danger par un vigoureux schllourfff - ce n'est pas un dormeur dérangé qui agite un journal roulé, ce n'est qu'une tourne mal placée - les seconds violons, eux, ont joué du ciseau et de la colle hu-hu pour éviter une tourne piégeuse, héhé) et servent de toile de fond aux interventions des bois et des cors.

Que je découvre d'ailleurs, ayant toujours été trop occupée à ne pas perdre mon chemin dans les méandres de la partition de seconds violons, ou à me faire toute petite derrière mon pupitre dans des passages décidement trop rapides, comme la magnifique cavalcade qui clôt le premier mouvement, prise à toute allure par des musiciens qui assènent un hyper-crescendo impétueux à un niveau sonore déjà coquet, avant de galoper de plus belle vers le finale (l'hyper-crescendo*, c'est à la musique ce qu'est à la danse le 32è saut d'Ivan Vassiliev après 30 sauts/vrilles/saut périlleux/ et 12 portés à une main : improbable et savoureux).

Ah. Ivan.
Ah.
Nous disions donc. Pleyel. Orchestre de Paris. Sibelius.
PS : Ivan Vasiliev danse en juillet à Londres - Roméo et Juliette. J'ai mes billets, et vous ?

Après une petite demi-heure que je ne vois pas passer, les grands ploums farceurs des dernières mesures, espacés juste un peu trop longtemps pour qu'à chaque fois, on se demande s'il s'agit du dernier. On voit apparaître un à un des points d'interrogation au-dessus de quelques têtes dans le public, partagées entre l'envie bien légitime d'applaudir et la peur du vide. Paavo Järvi affiche un petit sourire en coin après le premier ploum : çà doit être très rigolo à diriger, ces ploums !

Vos devoirs à la maison :

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* n'utilisez pas ce terme en société, il n'existe pas. Après, ça va encore être de ma faute.

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