lundi 2 mai 2011

Chambre Philharmonique, LvB 4 & 7


7 Comms'
Cité de la Musique jeudi 14 avril 2011 20h
Chambre Philharmonique, Dir. Emmanuel Krivine

Beethoven, Symphonies n°4 & 7
***

Pour le premier concert de l'Intégrale-Express des symphonies de Beethoven par la Chambre Philharmonique, la grande salle de la Cité de la Musique est pleine à craquer. Une fois n'est pas coutume, on dénombre beaucoup de musiciens dans le public : sont-ils plutôt attirés par la présence sur scène de collègues issus d'orchestre locaux* ou par les oeuvres jouées, l'histoire ne le dit pas.

Moi qui ai en horreur les notes de programme (mais pourquoi nous assène-t'on la liste exhaustive des enregistrements du chef ?), celle-ci se démarque par des  métaphores justement évocatrices et savoureusement taquines: "le premier thème en mineur n’en finit pas de descendre, accablé de sforzandos" sans épargner les bassons, qui, un peu fatigués après leur "trottinement de deux bassons ingambes", sont pris en flagrant délit de somnolence "..rythme en ostinato, où les deux bassons rêvent". Merci mille fois pour cette délicieuse note de programme, que je conserverai précieusement dans mes archives.

Les musiciens sont exceptionnels, mais je suis encore trop sous l'influence de la magnifique 4à de l'Orchestre de Paris, complètement habitée de la première à la dernière mesure, pour commenter honnêtement le concert. Je dois aussi admettre être obnubilée par le souvenir de la demi-intégrale des symphonies de Beethoven par le Chamber Orchestra of Europe : leur engagement malicieux, presque tangible quand on les regardécoute jouer, me manque.

Un "mais-oui-mais-c'est-bien-sûr" : le presto de la 7è - juste après le mouvement-tube, est en fait une magnifique course-poursuite pleine d'entrain, amorcée par les gazouillis narquois des vents à l'adresse des cordes, qui répliquent avec enthousiasme avant de se coincer la patte dans la tapette-timbale à souris, plink-plonk !

Dans l'Allegro con Brio, Tom et Jerry se réconcilient lors d'une farandole endiablée (quelques caracolades un peu belliqueuses laissent toutefois penser qu'il y aura d'autres courses-poursuites, la pax felina n'est jamais complètement acquise).

***
Suite à l'über-beethovenage dont je souffre actuellement (trois 7è en trois mois), quelques remarquent s'imposent :

  • le trop est l'ennemi du beaucoup
  • en janvier dernier - première demi-intégrale des symphonies de Beethoven par la dream team  COE / Haitink,  j'ai trouvé mon Graal symphonique - mais faut-il s'en réjouir ?
D'un côté, un privilège : J'AI TROUVE MON GRAAL BEETHOVENIEN.
De l'autre, un prix terrible à payer :
  • le risque d'être déçue par tous ceux qui s'essaient aux symphonies de Beethoven : la 7è dirigée par Dudamel ne m'a laissé strictement aucun souvenir (oups), celle du Concertgebouw m'a mise en joie (ouf, quand même) mais quelle formation aura une chance de m'éblouir après celle du COE, en mars prochain ?
  • et, après mars 2012, qu'ouïr ? J'aurai (touchons du bois) écouté TOUTES les symphonies de Beethoven par le COE. Serai-je condamnée à les éviter ad vitam aeternam de crainte d'être déçue, ou à toujours tout comparer avec le COE comme une mamie blasée ? Privée de Beethoven dès mars 2012 ? Ou de COE ?  Plutôt mourir ! Vues sous cet angle, les théories prévoyant la fin du monde en 2012 prennent sens. Je suggérerai d'ailleurs de la programmer pour le lundi 5 mars 2012, vers 22h30, juste après ceci.

7 Comms':

{ la souris } at: 8 mai 2011 à 22:42 a dit…

Après Jerry, la souris se rappelle d'un autre dessin animé. C'était un épisode où un Moomin était tout dépité d'avoir trouvé la dernière fleur qui achevait sa collection. Gamine, je le trouvais un peu crétin, mais le divertissement pascalien est passé par là et c'est vrai que ne plus espérer de trouver la perle rare... Peut-être y a-t-il plusieurs Graal dans les interprétations musicales, lorsqu'on fait taire la mémoire embellissante et qu'on se laisse à nouveau surprendre ?

{ Klari } at: 9 mai 2011 à 11:11 a dit…

Il y a certainement plusieurs expériences mémorables, mais un seul Graal (qui, lui, empêche les expériences qui auraient pu être mémorables de l'être).

prenons un autre exemple : en 98, j'ai eu la chance d'assister à une version graalesque du concerto pour piano et orchestre de Brahms (le n°1). 13 ans plus tard, les souvenirs sont frais comme si c'était hier, et immanquablement, je n'écoute pas, je compare.

Au pied levé, mes concerts Graaleux :
- le concerto pour piano et orch n°1 de Brahms par Evgueny Kissin. En 98 ou 99, au Théâtre des Champs-Elysées,
- 9è de Beethoven par le LSO, Gardiner à la direction,
- la 4è de Beethoven par l'OP n'est pas loin d'atteindre ce statut, j'attends encore quelques mois avant de trancher (ça se décide après 6 mois-un an, à mon avis, le statut Graal ou non d'un concert),
- concerto pour hautbois de Strauss avec François Leleux, accompagné par le COE - un petit problème d'écho dans la salle, par ailleurs magnifique, de l'auditorium de Dijon, m'a empêchée de me laisser complètement envoûter !
- pratiquement tous les concerts du COE en général, la 3è de Schubert, et leur Beethoven en particulier !

Et les tiens ?

(super, la suggestion de regarder les Moomin. j'ai grandi avec les livres, je ne savais pas qu'il y en avait en dessin animé.? En effet, la déception d'achever une quête, ça ne peut pas parler aux enfants, je crains)

{ mimylasouris } at: 10 mai 2011 à 15:23 a dit…

Cela fait à peine deux ans qu'aller à l'opéra n'est plus univoquement synonyme de danse, et que je vais aux concerts, alors je crois qu'il est encore un peu tôt pour parler de Graal. Il va falloir attendre que le plaisir de la découverte laisse place à celui de réécouter les œuvres. Mais dans les moments wow, à brûle-pourpoint, il y a eu le concert tout Fauré à Pleyel cette année, Kullervo de Sibelius aussi, et le concerto de Chostakovitch avec Vadim Repin.

(Moomin était pour moi d'abord un dessin animé - croisé un seul petit livre. Mais cette année, en lisant dans l'Eurostar une page du Financial Times que Palpatine avait pris à l'hôtel, j'ai appris qu'est sorti, dans je ne sais quel pays scandinave, un bouquin de... cuisine avec Moomin)

{ Klari } at: 11 mai 2011 à 15:14 a dit…

Ce qui est fabuleux, c'est quand le concert initialement pensé concert-découverte s'avère concert-graaleux.

De toute façon, il faut que ça se décante un peu. Mais si dans quelques mois/années, tu repenses à ces concerts avec un sourire toujours aussi réjoui, tu peux te dire, youpi, c'était un concert-graal (pas toujours immédiatement identifiables, les lascars).

Oui, oui, oui, le concert 100% Fauré de l'orchestre de Paris m'a beaucoup émue. Et pourtant, je n'ai assisté "qu'" à la répétition générale. Je re-signerais volontiers pour un deuxième !

(Palp' et toi avez pris des billets pour les concerts de l'OP dirigés par Riccardo Chailly, l'année prochaine? j'ai hâte !!)

{ Klari } at: 11 mai 2011 à 15:15 a dit…

PS: on joue la Pavane de Fauré aux Concerts Gais, les 27 et 28 mai ! (une version avec choeurs, le 27, une version orchestre seul le 28 ! Venez )

{ la souris } at: 14 mai 2011 à 23:17 a dit…

Graaleux, ça fait un peu galeux...

Pour l'année prochaine, j'ai du prendre une bonne dizaine de concerts, Palpat' la quasi-intégralité de l'Orchestre de Paris ; j'ai déjà du mal à me souvenir de ce que l'on jouait, alors de là à me souvenir QUI...

Et sache qu'avec mon dossier de master, mon dossier de séminaire, mon dossier bibliographique, mon rapport de stage et mon mémoire, c'est très mal de me tenter (d'autant que je sors déjà la veille, pour découvrir Julia Fischer).

{ Klari } at: 16 mai 2011 à 15:34 a dit…

Mais tu es accro !

De mon côté, j'ai définitivement succombé aux charmes vassilieviens. Je traverse la Manche mi-juillet voir leur sauterie londonienne, Djac dans les bagages, qui n'a vu que les petites culottes des danseuses depuis la fosse d'orchestre.

Tu peux toutà fait venir avec ton ordi et bosser sur tes mémoires, nous ne t'en voudrons pas, l'essentiel est de venir, c'est tout ! En outre, P. et toi êtes forcément libres, puisque l'OP s'en va faire des fredaines à Vienne, nous laissant toutefois un corniste, qui sera l'un des solistes sur le GrosBousin de Schumann. Ceci dit, ça rend pas si mal que ça, ce GrosStück, avec les solistes.

Mais enfin, la Pavane? Le Bruch (avec Djac en soliste!!) C'est immanquable, voyons ! Et tu pourras dire aux générations futures, alors que marc K. dirigera le Philhar' de Berlin "moi, je l'ai vu diriger, alors qu'il dirigeait encore des amateurs !"

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