mardi 19 avril 2011

Walton, Prokofiev - Orchestre de Paris


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Salle Pleyel ¤ Mercredi 6 avril 2011, 20h
Orchestre de Paris, Yoël Levi (direction), Gil Shaham (violon)

Sibelius, Finlandia; Walton, Concerto pour violon ; Prokofiev, Symphonie n°5
***
Le confort des places à Pleyel est souvent inversement proportionnel au coût du billet. Dans le petit balconnet surélevé du rang ZZ, nous ne sommes que trois, avec toute latitude de s'étaler. J'en profite pour éparpiller sac à main, veste, crayons, lunettes, programme.. A mon rang ZZ, trois ouvreurs sont aux petits soins pour moi, s'enquérant de mon confort, veillant à ce que je sois munie de programmes, me proposant de me replacer, ce que je refuse, enchantée de ma place. Sachez qu'en première catégorie, il y avait des remontées d'égout, ce soir-là.

Malheureusement, le son du violon n'arrive pas tout à fait à se frayer un chemin jusqu'à mon recoin. J'en suis d'autant plus désolée que je me faisais une joie d'écouter ce violoniste, éminemment sympathique, qui a mitonné avec l'Orchestre de Paris un petit parcours sur 2-3 ans à base de concertos plus rares que les Tchaïkovski, Mendelssohn et autres joyeusetés biberonnées par les violonistes dès leur plus tendre enfance. S'aventurer ainsi en terra quasi incognita chez Berg, Britten, Walton requiert une saine dose de courage, et beaucoup plus de travail, j'imagine.

Je suis convaincue qu'on peut catégoriser les grands violonistes : le Blasé-qui-a-tout-joué, le Kéké-assez-Talentueux-mais-surtout-très-bien-Marketé, les Killers Discrets (Gentil-Prof, bien sûr), et le Grand-Gourou : Leonidas Kavakos, bien sûr. J'aurais envie de classer Gil Shaham dans la grande famille des Violonistes-Aussi-Sympathiques-que-des-Altistes, sous-famille des Pois Sauteurs Malicieux. Ses sauts allègres, le large sourire dont il ne se dépare pas, qu'il adresse au chef d'orchestre et au premier violon, font que je me laisse entraîner par sa bonne humeur, même si mes oreilles sont frustrées. Les bis, qu'il annonce avec son délicieux accent ensoleillé, Gavotte en Rondeau (ah tiens, hgn, encore) entre autres me donnent enfin l'occasion de savourer les magnifiques couleurs de son jeu.

Pendant l'entracte, le premier rang de l'arrière-scène, relativement clairsemé en première partie, est pris d'assaut par ceux qui ont envie de savourer la 5è de Prokofiev de près, voire de s'imaginer quelque temps de faire partie de la section cuivres de l'orchestre. Si les spectateurs assis de l'autre côté ont noté les grands sourires des musiciens, de dos, leur bonne humeur quasi-généralisée se trahit par de petits gestes joyeux et des archets plus frétillants qu'à l'ordinaire. Quelques cornistes enjoués se dandinent gaiement, des bassons réjouis ondulent, les altos se trémoussent, les contrebasses s'ébrouent.. pour faire court, la symphonie se finit sur un Allegro extrêmement Giocoso, délicieusement roboratif.

Aussi : Concertonet, Paris-Broadway, Anaclase, Palpatine, Mimy, Resmusica.

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