mercredi 6 avril 2011

Siegfried - Opéra Bastille


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Opéra Bastille ¤ mercredi 30 mars 2011 18h
Siegfried, Richard Wagner

Philippe Jordan (dir), Günter Krämer (mes), Torsten Kerl (Siegfried) Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (Mime), Juha Uusitalo (Wanderer), Stephen Milling (Fafner), Qui Lin Zhang (Erda), Elena Tsallagova (Waldvogel), Katarina Dalayman (Brünnhilde)
***
Malgré une préparation enthousiaste, je n'étais pas prête. Mercredi à midi, je confondais encore allègrement la plupart de ces %¤@& motifs, je n'avais pas ouvert ma dernière acquisition, je n'avais pas fini de visionner la Walkyrie et j'avais même oublié de me préparer un viatique pour survivre aux cinq heures de spectacle. Profitant de la multitude de crêperies-gaufreries de la rue de la Roquette, je me console avec une gaufre au Nutella.


Comment sinon, aurais-je pu tenir jusqu'à la fin du spectacle ? Comment résister à la vue du pot de Nutella qui fait partie de la mise en scène, discrètement intégré dans le coin-cuisine de l'antre de Mime le Nain, entre une marmite et un moulin à vents entourés de nains de jardins. Comment ?

A force de lire des critiques cinglantes à propos de la mise en scène, j'étais disposée à la juger avec indulgence. Je n'ai en général que peu d'attentes en ce qui concerne les mises en scène : tant qu'elles ne me paraissent pas insupportablement laides et ne m'empêchent pas de comprendre le déroulement de l'intrigue, tout me convient. Les décors sont fantabuleusement beaux et efficaces (la forge de Mime ! la forêt du dragon ! la bibliothèque d'Erda !) même si je lui reprocherai toutefois un côté un peu bruyant (les bruits de vaisselle sale qui couvrent le récit de la naissance de Siegfried m'agacent), et aveuglant : le gigantesque escalier qui mène au Valhalla est éclairé du dessus, la surface des marches reflète ainsi la lumière  : l'effet doit être des plus réussis pour les petits chanceux au rez-de-chaussée qui ne voient qu'un mince filet lumineux au dessus de chaque marche, au second balcon, je risque l'overdose de lumens, mes yeux chauffent, le mal-de-tête pointe son vilain museau.

L'orchestre de l'Opéra de Paris est un orchestre superlativement doué, cela ne fait pas de doute : il faut attendre la deuxième moitié du troisième acte, pour qu'enfin, on entende quelques couacs et craquouillis presque rassurants (ouf, ils sont humains,tout de même !). Ils produisent un son incroyablement clair et transparent qui rend possible, y compris pour les novices comme moi, d'identifier les sous-motifs qui se cachent derrière d'autres (il y a une magnifique macédoine de motifs au début du 3è acte que j'apprécie particulièrement). Si le Budapest Festival Orchestra - dont le son est tout aussi limpide, m'avait émue/terrorisée/fascinée, je reste de marbre : j'attribue ceci au caractère au manque de souplesse rythmique de la direction ( les clon-clon-clon-clonk du motif de Mime le Forgeron ou Mime buté, joués avec un peu plus de turbulence, devraient déclencher une irrésistible envie de se dandiner sur son arrière-train - quant au motif lent et pesant du Géant (habillé en moujahiddin afghan), il exigerait d'être joué un tantinet (un poullième de milliseconde, pas plus) en retard pour venir chatouiller l'estomac.
(On néglide trop souvent le rôle de l'estomac dans la perception musicale).
A ceci s'ajoute un manque d'engagement chagrinant chez beaucoup de musiciens, qui doit empêcher l'orchestre de révéler tout son potentiel : chez les altos, je n'en identifie qu'un seul qui semble s'amuser un tant soit peu auquel j'envoie illico un bisou électronique en remerciement.

Quant aux chanteurs, beaucoup chantent uniquement pour les spectateurs du parterre (groumph) et me semblent assez vite couverts par l'orchestre, mais il serait criminel de ma part d'omettre de signaler la magnifique prestation d'Erda, et surtout de Fafner le géant (Stephen Milling), dont la voix de basse superbement puissante (parfaitement audible depuis les tréfonds du second balcon), laisse pourtant s'exprimer l'orchestre sans l'écraser. Si seulement Fafner réglait son compte à ce chenapan de Siegfried, on aurait pu en profiter plus...

Aussi : Joël (qui explique avec moult détails l'intrigue), Palpatine, Zvezdo, Fomalhaut, l'Oeil et l'Oreille, Artistikrezo, Wanderer, Opera Cake, Paris-Broadway, Operacritiques

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