lundi 18 avril 2011

Pelléas et Mélisande


4 Comms'
Théâtre des Champs-Elysées, dimanche 17 avril 2011
Pelléas et Mélisande
Orchestre de Paris, Louis Langrée (dir.), Natalie Dessay, Simon Keenlyside, Marie-Nicole Lemieux, Laurent Naouri, Alain Vernhes.
***
Il règne une ambiance un peu surréaliste ce soir-là dans le 8è arrondissement : non loin du Théâtre des Champs-Elysées, la petite étendue verdoyante entre le Théâtre du Rond-Point et le Grand-Palais s'est transformée en gigantesque écurie. Autour de la montagne de purin, vadrouillent quelques agents de la police montée.


  • Exercice silencieux et méditatif pour le cymbaliste et les cuivres, en particulier le tuba. Pas une moustache du Bonze-aux-Cymbales ne frémit alors qu'il contemple l'éternité de l'entre-deux-notes. Il abandonne la partie avant la fin du 5è acte, laissant seul le tubiste compter les notes, les mesures si ce n'est les actes,
  • Exercice de divination pour le public, qui, sans sur-titres ni programmes (le programme est payant !) doit s'aider des bribes de dialogue perçues pour reconstituer l'action, chose rendue d'autant plus difficile par la propension de Mélisande à répondre à côté de la plaque :
    PELLÉAS : Pourquoi ne vouliez-vous pas?
    MÉLISANDE : Oh! oh! j'ai vu passer quelque chose au fond de l'eau…
  • Joaillerie orchestrale : Entre d'incongrus "Il y a un tilleul" (Pelléas) et "Je vais dire quelque chose à quelqu'un" (Ygniold), des petits bijoux scintillants glanés deci-delà dans une campagne en demi-teintes délicatement vallonnée, assombrie par le trou noir acoustique du TCE (mais où va donc le son ?) : un superbissime trio hautbois*2 et cor anglais, des crissements caverneux de cymbales, un magnifique solo de violoncelle, vite rejoint par un cor..
  • Splendissime Laurent Naouri qui montre une variété de timbres et de couleurs sidérante, sans jamais oublier que le public ne connaît pas forcément le livret sur le bout des doigts.
  • Test d'élasticité-prix grandeur nature : l'économie réalisée sur le prix du billet (soldé sur la Fnac) permet de faire face plus sereinement aux nombreuses sollicitations : le pourboire de l'ouvreuse, schlkink, le vestiaire, gouloung, un schweppes millésimé, billing-o-cling, le programme auquel je renonce, frustrée, contribuent à me faire repartir plus légère que je ne suis venue.
Aussi : Joël, Palp', le Monde, Concertonet, Fomalhaut.

4 Comms':

{ Joël } at: 18 avril 2011 à 19:05 a dit…

Vendredi, il y avait même des agentes de la police montée trottant avenue Montaigne.
Laurent Naouri était vraiment exceptionnel ! Les autres étaient aussi intelligibles la plupart du temps. Mais il est vrai qu'une bonne mise en scène, cela aide à s'y retrouver dans l'histoire...

{ klari } at: 19 avril 2011 à 10:09 a dit…

"des agentes de la police montée trottant avenue Montaigne". La classe. J'adore quand Paris prend des airs de décors d'Amélie Poulain.

Ou étais-tu placé ? Premier balcon de face, difficile de comprendre grand'chose - un copain acousticien m'a récemment appris que les chanteurs projettent essentiellement vers le bas et les côtés.. Quand je pense aux petits malheureux du poulailler..

{ Joël } at: 19 avril 2011 à 11:13 a dit…

Premier rang de première loge (paire) de corbeille de côté.
(Dans les loges de face, comme la veille pour Parsifal, d'une place à l'autre, on n'entend pas du tout la même chose. La spectatrice qui était au rang derrière moi disait qu'en s'avançant de 30 cm, sa perception changeait complètement. Je veux bien la croire parce que j'ai déjà été deux fois dans un tel fond de loge de face, et effectivement, il semble que les cloisons latérales isolent (ce qui ne se fait plus sentir au premier rang). On entend relativement bien, mais en même temps on entend son corps (et accessoirement celui des voisins) comme dans un silence absolu !)
Enfin, bref, ce serait pas mal si au TCE, on surtitrait les opéras en français, même Pelléas donc.

{ klari } at: 19 avril 2011 à 16:47 a dit…

Tiens, un article sur des travaux au TCE visant à améliorer l'acoustique.
http://www.arteoh.fr/article/amelioration-de-l-acoustique-au-theatre-des-champs-elysees.html

Sérieusement, viens un jour aux Menus plaisirs des Concerts Gais, tu pourras y déchiffrer quelque chose pour piano et machin, si le coeur t'en dit, et discuter avec un copain acousticien, très pédagogue, absolument fascinant à écouter!

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