jeudi 7 avril 2011

Berg - Wagner, Orchestre de Paris


13 Comms'
Salle Pleyel ¤ jeudi 31 mars 2010
Orchestre de Paris, Christoph Eschenbach (direction). Iréne Theorin (soprano), Iris Vermillion (mezzo-soprano), Gary Lehman (ténor), Albert Dohmen (basse), Daniel Johansson (ténor)


Alban Berg, Trois pièces op. 6; Richard Wagner, Tristan et Isolde acte II
***
Flûte, la rencontre de mon carnet à chroniquette avec un café au lait s'est avéré désastreuse. Il me faut fouiller dans mes souvenirs.

  • Berg : De l'arrière-scène, c'est un concerto pour tuba. Saviez-vous que la sourdine d'un tuba est munie d'une poignée pour permettre de l'enfourner dans le pavillon de l'instrument ? Ce qui exige une certaine gymnastique, le pavillon étant très haut quand on joue de l'instrument en question (mettre la sourdine revient à attraper les yeux bandés un pot de confiture sur l'étagère du haut sans déloger le pot de beurre de cacahuètes en équilibre instable). Saviez-vous aussi qu'on peut réparer un tuba mal embouché avec un manche à balai ? (cf. le Tubascope et le Forum des Gros Cuivres). Ma contemplation de cet instrument mystérieux est interrompue par l'entrée du Gros Marteau.
  • Gros Marteau : sur le conducteur, on lit Grosses Hammer. Imaginez ma stupéfaction alors que s'élève majestueusement d'un magma de musiciens en noir-sérieux, ce fils naturel du marteau de Thor et de la massue de Cétautomatix avant de s'écraser avec fracas sur une table IKEA. Tout l'arrière-scène s'envoie des coups de coude fébriles "T'as vu ? T'as vu ?!" et attend avec impatience l'intervention suivante du Grosses Hammer.
  • Tristan et Isolde : Traversée de la salle Pleyel au petit trop à l'entracte pour profiter depuis le 2nd balcon, des chanteurs (raté! on n'entend que l'orchestre, tout là-haut) et des surtitres. Les personnages féminins de Wagner m'agacent. Entre les jérémiades de Sieglinde qui décrète ne pas être digne de Siegmund, les lamentations de Brünnhilde, qui, dès le réveil, gémit "l'astre du jour éclaire mon opprobre ! Vois, Siegfried, ma terreur!", on atteint des sommets de nunucherie avec cette Isolde qui se lamente, empoisonne son amoureux, avant de lui proclamer sa "loyauté et sa tendresse" (gné?). Heureusement, il y a ...
  • Brangäne : somptueuse Iris Vermillion en robe écarlate (!), perchée tout en haut de l'arrière-scène, dont la voix semble se mêler à l'orchestre (sans se laisser couvrir) pour le "Solitaire je reste.." qui tirerait des larmes du percepteur des impôts le plus aggueri.
(par contre, le tuba est un instrument hors de prix, et transpositeur, en plus. Biiiiiih) 

Aussi : Zvezdo, Palpatine, Mimy.

13 Comms':

zvezdo at: 7 avril 2011 à 07:45 a dit…

héhé.... tu tends vers la chroniquette de synthèse (un nouveau genre)

{ klari } at: 7 avril 2011 à 10:46 a dit…

C'était ça ou rien, il fallait que je rattrape mon retard de chroniquettes. Nouveau genre, peut-être, mais que c'est pratique.

(la version ultra-synthétique eut été "Oh! un Tuba ! Oh ! Un Gros Marteau! Oh ! Brangäne !")

{ Discophile } at: 8 avril 2011 à 15:48 a dit…

Effectivement le tuba est un instrument hors de prix, mais il vous le rendra bien en vous restant fidèle pour la vie!! Par contre tous ne sont pas transpositeurs:ils en existent en Si bémol et en Fa, mais aussi en Ut (comme le miens). les tubas fondent une grande famille où il est parfois difficile de s'y retrouver !!

{ klari } at: 9 avril 2011 à 00:37 a dit…

Bonjour et bienvenue sur mon blog.

Ne me tentez pas : je ne doute pas de la fidélité du tuba, je souffre toutefois d'une instrumentdemusicopathie incurable, qui fait qu'il me suffit de regarder/écouter un instrument de musique 10-15 minutes pour avoir envie d'en jouer. (J'ai déjà ressenti des envies de me mettre à l'alto, au violoncelle, au basson, au cor anglais, au cor tout court, au piano etc...), alors non ! pas de tuba ! Surtout je n'ai pas la place pour un tuba chez moi.

Si les tubas existent en différents formats comme les clarinettes, dont certains transpositeurs, ça veut dire que le tuba du malheureux tubiste amateur est forcément différent de celui exigé dans le morceau joué à l'orchestre/fanfare/harmonie, etc. J'avais un copain clarinettiste avec ce genre de problèmes...

{ tubaland } at: 9 avril 2011 à 10:36 a dit…

Disons qu'on peut s'arranger avec un seul tuba pour jouer en harmonie/fanfare/ orchestre (du moment qu'on est dans l'esprit de l'orchestre), il n'y a que le quatuor (et les petits ensemble) qui nécessites presque impérativement de jouer sur un tuba en Fa (qui pour compliquer un peut plus, est pensé en ut!!).

{ klari } at: 11 avril 2011 à 10:30 a dit…

"un tuba en Fa qui pour compliquer un peut plus, est pensé en ut!!" C'est le moment où je lâche prise et regarde avec des yeux ronds comme des billes mon interlocuteur, en me demandant dans quelle galère transpositrice il est allé se fourrer ! ;-)

{ mimylasouris } at: 11 avril 2011 à 23:13 a dit…

Cela me démange depuis un moment, il faudra absolument que j'assiste à un concert à Pleyel depuis l'arrière-scène. Parce que maintenant que j'ai un hérisson violoncelliste et un poète contrebassiste (accompagnés d'un Tintin altiste, et d'une Laitière violoniste), il faudrait que je passe aux rangées de derrière. Surtout que c'est à force de voir le geste des musiciens en même temps que la belle macédoine de l'orchestre que je finis par être capable de savoir quel pupitre est à l'origine de quel son (on part de loin). Vraiment, le tuba... comment vais-je faire maintenant pour ne pas avoir envie de peanut butter en le voyant ? Et le marteau sur table ikéa est un coup de maître.
(Je note que je ne suis pas la seule à avoir noté la couleur de la robe assortie au nom ^^)

{ Klari } at: 12 avril 2011 à 00:59 a dit…

Tu es fin mûre pour l'arrière-scène. Si tu as tes têtes dans l'orchestre (un Tintin altiste ?! Il faudra que tu me donnes quelques indices), tu pourras encore mieux zyeuter. (hinhinhin)

Plus sérieusement, c'est un endroit rêvé pour écouter des pièces avec une orchestration un peu compliquée, ou dense. Pour le coup, j'apprécie plus de regarder (!) du Mahler depuis l'arrière-scène, voir ce qui se passe m'aide à comprendre un peu ce que mes oreilles sont censées percevoir. Dans un autre genre de délire, je ne peux identifier le son d'un instrument dans la masse que si je le regarde.

Et surtout, on ne s'ennuie jamais de l'arrière-scène, il se passe toujours quelque chose d'amusant à regarder (de ce que je lis chez toi, il me semble que tu regardes autant, si ce n'est plus, que tu écoutes, un concert ) : ça va te plaire. Et la sensation de faire un peu partie - officieusement de l'orchestre est assez fabuleuse.

Du point de vue acoustique, ça va. Sauf quand il y a un grand solo de beurre de cacahuètes, pardon, de tuba, mais ça n'arrive pas non plus toutes les cinq minutes.

(tout ça pour dire que je veux un débrief quand tu auras grimpé pour la première fois ces mystérieuses marches qui montent à côté de la scène)

{ la souris } at: 13 avril 2011 à 12:06 a dit…

Alors, sans lien mais dans l'ordre :
- Tintin, mais siii, c'est un altiste qui est presque toujours devant (de mémoire, je dirais premier rang pour le public, deuxième rang par rapport au chef) et qui a une petite mèche de cheveux qui rebique à la tintin...
- Isoler le son d'un instrument dans la masse en le regardant, je vois tout à fait, c'est le degré supérieur après son identification. J'adore faire ça avec les contrebasses dont les poum poum parfois très espacés prennent ainsi du relief.
- À part quand je ne rentre pas dans la musique (genre : Berg, Je ne sais pas si je regarde plus un concert que je l'écoute. En tant que danseuse (amateur, certes mais amatrice), le geste et les corps ont énormément d'importance pour moi, et conformément au bon mot de Balanchine, je regarde la musique et j'écoute la danse... fusse celle des archets. À ceci s'ajoute le fait que mon manque de connaissance musicale et de vocabulaire technique me conduit souvent à traduire mes impressions en images visuelles - sorte de mini-chorégraphie par l'écriture.
(je garde l'arrière-scène à l'horizon, plutôt pour un concert en extra, vu que j'aurais des regrets/scrupules à dédaigner les places de l'abonnement jeune)

{ Klari } at: 14 avril 2011 à 23:35 a dit…

- Tintin : oui, je vois très bien !

- Regarder la musique : je ne pense pas qu'il y ait une seule manière d'écouter de la musique. Et surtout pas que la manière ultime vers laquelle tout le monde devrait tendre est celle permise par d'amples connaissances en musicologie.

Je suppose que chacun doit trouver son angle d'attaque, celui qui va permettre d'aimer la musique (la comprendre, ce n'est pas très intéressant, l'aimer, voilà qui est plus ardu), et si il te faut passer par le regard, je dis "youpi!".

En outre, je pense aussi que les gestes, soit individuels, soit collectifs, ne sont pas anodins et sont représentatifs de ce qui est produit musicalement. Par exemple, quand tu vois (et c'est magnifique à observer!) la parfait concordance des gestes des bois du Chamber Orchestra of Europe sur une nuance, ou sur un accent, ça reflète la qualité de l'écoute mutuelle et l'adhérence de tous à un projet commun (tu n'as pas de gestes aussi bien accordés dans d'autres orchestres). En fait, voir le COE jouer, c'est un peu comme voir 50 Nicolas Le Riche (Nicolas Les Riches?) danser ensemble..Les écouter, aussi ! ;-)

{ la souris } at: 15 avril 2011 à 18:16 a dit…

50 Nicolas Leriche (où sont mes sels ? du sucre, vite ! faut pas dire des choses comme ça sans préparation)... non, je n'en suis pas encore là. Plutôt au corps de ballet, pour le moment. Quelquefois des étoiles (comme pour le concert Fauré cette année). Mais pas un corps de ballet d'étoiles.

{ Klari } at: 16 avril 2011 à 18:28 a dit…

Tu as peut-être raison - le danger est de se mettre à comparer les autres concerts aux concerts du Corps de Ballet d'Etoiles (la comparaison se finit rarement à l'avantage de formations "normales") Si tu veux te laisser tenter, ils joueront le 24 mai à la Cité de la Musique (et oui, j'ai mes billets ! (en fait, j'ai embarqué une dizaine d'amis avec))

Anonyme at: 8 janvier 2012 à 13:18 a dit…

super

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