dimanche 6 février 2011

Orchestre de Paris - Concert éducatif


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Salle Pleyel, Paris • 06.02.11 à 11h
Orchestre de Paris, Eivind Gullberg Jensen (direction), Richard Mc Nicol (présentation, clowneries, combats à l'épée, animations variées)

Dmitri Chostakovitch, Symphonie n°6 en si mineur op.54 (petits morceaux),
Piotr Ilitch Tchaïkovski, Roméo et Juliette, Ouverture, version de 1880
***
Enfin l'occasion de voir M. McNicol à l'oeuvre. J'ai entendu tellement de bien de lui. A ceux qui s'étonneraient de ma présence au 'Concert en famille', je rétorquerais qu'il n'est jamais trop tard pour se mettre aux concerts éducatifs. D'ailleurs, le programme ne mentionne pas d'âge limite supérieur : le concert s'adresse aux plus de huit ans. Soulagée d'être dans la tranche d'âge règlementaire, je m'interroge cependant: quid des moins de huit ans ? Privés de concert ? A entendre les gazouillis et les sanglots ambiants, de nombreux parents ont enfreint la consigne, une bonne partie du public est bien loin de son huitième anniversaire. Tant mieux.

Peu après le début du concert, M. McNicol fait son entrée en gambadant (sait-il d'ailleurs faire autre chose que gambader, sautiller, bondir et caracoler ? Lui, déambuler d'un pas vénérable ?), son délicieux accent d'outre-manche en bandoulière et quelques petites approximations de vocabulaire qui le rendent d'autant plus attachant.

Pour expliquer la structure du Roméo et Juliette de Tchaikovski (bagarre/ roucoulades/bagarres/tragédie), il requiert l'assistance d'un jeune membre du public. Un petit duel à l'épée (en musique) s'ensuit. Puis il donne son épée en plastique jaune au chef, en remplacement de la baguette tradition (qu'une jeune experte assise non loin identifie instantanément: il s'agit de l'épée d'Arthur et les Minimoys). Le chef (charmant trentenaire norvégien - que signifie cette horde balto-scandinave de jeunes chefs qui envahit nos estrades ?), bonne pâte, se met à diriger à l'épée. Disons plutôt à pourfendre une demi-douzaine de dragons invisibles. Les musiciens ne semblent pas déconcentrés par les pitreries du chef. Peut-être ne le regardent-ils tout simplement pas ?

Mine de rien, l'équipe communique quelques notions d'orchestration et met en relief la structure du morceau. J'aurais toutefois attendu un tantinet plus de contenu, surtout dans le cadre d'un programme pour des plus de huit ans - après tout, on leur inflige déjà sans remords solfège et divisions à plusieurs décimales. Ceci étant dit, les enfants ont l'occasion d'écouter beaucoup de musique (l'orchestre joue presque sans discontinuer) dans une ambiance farfelue et souriante. Et qui fait regretter de ne pas avoir assisté à la version pour 'grands' - qui n'est d'ailleurs pas disponible sur citedelamusique.tv, tarabiscot de mortaise.

Bien qu'ayant réservé assez tardivement, le site de l'Orchestre de Paris m'avait gracieusement proposé une très très belle place (une de celles qui nécessitent d'habitude de s'endetter sur 15 ans), d'où je peux examiner méticuleusement l'orchestre. Rien à signaler, les chaussures sont cirées ou époussetées, les chemises repassées. Tout au plus aperçoit-on quelques zouaveries chez les cors, un peu dissipés, qui jouent à une version de leur cru des indiens et des cow-boys.

Mon fauteuil est suffisamment loin toutefois pour entendre autre chose que les violons et même profiter du son d'alto ! Une des très rares places à Pleyel où les altos sont audibles, certainement, la salle Pleyel étant notoirement coupable du délit d'altophagie. Le prix à payer : on entend peu les vents. Pas de cor anglais pour nous. Mais où peut bien être le fauteuil au meilleur rapport qualité-prix de Pleyel ?

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