dimanche 13 février 2011

Fauré - Orchestre de Paris


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Salle Pleyel • 08.II.2011 à 20h (répétition générale)
Choeur & Orchestre de Paris, Paavo Järvi (direction), Chen Reiss (soprano), Matthias Goerne (baryton) Eric Picard (violoncelle) Stephen Betteridge (chef de choeur)

Gabriel Fauré : Pavane, pour choeur et orchestre en fa dièse op.50 ; Elégie, pour violoncelle et orchestre; Psaume "Super flumina Babylonis"; Cantique de Jean Racine pour choeur mixte et orchestre op.11 ; Requiem op.48

Contrairement à certains, je n'avais pas prévu d'assister à ce concert. Après tout, Fauré, Fauré...Je l'ai soigneusement évité depuis que j'écoute de la musique classique, et je n'ai pas particulièrement l'intention de changer de stratégie. Toutefois, quand se présente l'occasion d'obtenir une place pour la générale, je ne vois pas de raison pour refuser. Après tout, les 12 concerts de cette semaine me laissent un créneau libre le mardi soir.

En squizzant les aller-retours de chef et les saluts, le temps gagné par rapport à un concert en bonne et due forme permet de jouer deux fois chaque oeuvre du programme. La deuxième écoute permet de fignoler quelques points, je suppose, (on n'entend malheureusement rien des indications du chef à l'orchestre et au choeur) et permet à l'auditeur de savourer à nouveau les plus beaux passages de telle ou telle pièce.

Jusqu'à mardi dernier, j'ai vécu en ignorant les vertus thérapeutiques de la production de Fauré. Tout en ondoiements délicats et retenus, sans épanchements exaspérants, sans pathos ni violence, elle distille une atmosphère sereine et bienveillante qui dissout en un instant les soucis de la journée. La gentillesse sans affectation de la musique de Fauré est tempérée par suffisamment de raffinement dans l'écriture pour éviter de sombrer dans la cucul-la-pralinerie la plus consternante.

Après la pause, le Requiem. Si celui de Verdi se prêterait bien aux funérailles d'un chef de guerre grandiloquent et volubile, celui de Mozart à celles d'un haut-dignitaire de la franc-maçonnerie, celui de Fauré semble célébrer le départ d'un vieux sage discret, amateur de jardins à l'anglaise, d'écureuils et de papillons, qui se serait paisiblement éteint, assis sous un saule pleureur. Si M. McNicol affirmait dimanche dernier que "dès qu'on ajoute les violons, ça devient plus excitant", Gabriel Fauré préfère laisser les cordes aigues au chômage technique (la partie de 2nd violons est en directe filiation avec celle de trombone de la Pastorale, voyez plutôt), s'installant ainsi dans un registre medium-grave posé et serein.

Pendant ces vacances inopinées, un des musiciens suspend son violon au pupitre par la volute. Confortable, certes, mais quelle témérité ! Je sais de première main que ce genre de cascade se finit très souvent de manière catastrophique. J'en oublie quelques instants d'écouter la musique pour mieux fixer ce malheureux biniou, mobilisant tout mes talents de télépathe afin que la chaussure du voisin ne s'approche pas de l'instrument.

Petit bémol : la soprano, dont le timbre voluptueux est un peu gâché par un vibrato large comme un estuaire (pardon). Et les dièses (arf) : le violoncelle solo qui a magnifiquement défendu l'Elegie, malgré un soupçon de nervosité, peut-être, le flûtiste pour les solo de la Pavane et les quatre solistes issus du choeur, dont l'intervention dans le Super Flumina Babylonis ne leur vaut pas une mention dans le programme, dommage.

Si le Requiem s'était achevé sur le Libera Me, divinement interprété (deux fois de suite !!) par Mathias Goerne, il aurait fallu m'expulser manu militari de Pleyel. Je serais sinon restée indéfiniment figée sur mon fauteuil dans un état de semi-extase jusqu'à ce que je me désintègre en un petit tas de poussière.

Heureusement, le Requiem se conclut par le In Paradisum, bâti sur un
"tougougou ? tougoudou. tougoudou !" d'orgue répété cinquante-huit fois, évoquant plus un purgatoire où de mauvais musiciens amateurs expieraient leurs péchés (en écoutant J-M Jarre  - en boucle) que la Jérusalem Céleste.

Et aussi : Laurent, Palp', Le Monde, Laura, ConcertoNet, Altamusica et bien sûr, la vidéo sur le site de la Cité de la Musique. (les tougoudou sont à 1h09)

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