mardi 1 février 2011

Dudamel & LA Phil (1/2)


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Salle Pleyel, Paris • 30.01.11 à 20h
Los Angeles Philharmonic, Gustavo Dudamel (direction), Kelley O'Connor (mezzo)


John Adams, Slonimsky's Earbox
Leonard Bernstein, Symphonie n° 1 "Jeremiah"
Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 7
***
On peut débattre des heures durant après un concert, du chef, de l'orchestre, de l'intonation, de la ligne, du bouquet des cuivres, de la saveur des cordes, etc, etc. Mais ce qui fait fondamentalement la différence, ce sont les attentes avec lesquelles on pointe le bout du nez à Pleyel.

Il y a un an ou deux, j'aurais sincèrement adoré le LA Phil, son son puissant, son athlétique section de cuivres, ses cordes martiales. Leur capacité à faire trembler les murs et les fauteuils de la Salle Pleyel m'aurait fait glousser de plaisir.
Sauf que, funeste rostre de ponte, entre temps le Chamber Orchestra of Europe est passé par ici. Un jour, on se trouve nez-à-nez avec son Graal Musical (Abbado pour certains, le COE et le LSO pour moi), après quoi il s'avère stérile de continuer à assister à des concerts. On s'entête avec aveuglement. Tout semble un peu fade et bâclé. Quelle guigne pour le malheureux orchestre qui dépose ses valises à Paris une petite semaine après Haitink et le COE.

Habituellement, quand je vois et écoute un orchestre, il me faut lutter contre une furieuse envie d'arracher son instrument à l'un des musiciens, le flanquer dehors à grands coup de pieds pour prendre sa place. Pas ce soir : ils jouent avec une application toute professionnelle, entre du mezzoforte imposant et du polyfortissimo belliqueux, mais je ne discerne pas la malice d'un COE qui s'apprête à jouer un bon tour à son audience ("hin,hin, on va leur mijoter une petite montée de derrière les fagots qui va les faire sursauter"). Les nuances sont un brin scolaires. Je ne renifle pas la moindre effluve de joie émanant des musiciens. Ils sont en train de jouer tous ensemble la 7ième de Beethoven, on devrait être inondés de bonheur, non ?
Que c'est efficace. Tendre, poétique, sonore, comme un escadron de C-5 Galaxy escortés de F-22.

Manifestement, je projette mes pires préjugés anti-américains sur ce pauvre orchestre, pourtant plein de ressources. Si je poursuis l'analogie, dois-je en conclure que les orchestres hongrois sont dépressifs et ultra-intellectuels (ça expliquerait la quantité outrageuse de Bruckner jouée à Budapest, ceci dit), les orchestres allemands disciplinés et amoureux de petites fleurs et de BMW, les français râlouilleurs et mauvais en langues ? Que dire des orchestres russes ? Italiens ? Et des Britanniques ?

Dudamel et son orchestre angeleno m'en mettent plein la vue : je suis toute ébaubie de décibels et de perfection technique, pas émue. Ce chef et cet orchestre en sont indéniablement capables, je leur en tiens d'autant plus rigueur. Ceci étant dit, il n'y pas de raison qu'ils ne se bonifient pas avec le temps.

Aussi : Joël, Laurent, Palpatine, LA Phil, Kelley O'Connor. Classique info donne des pistes qui contribuent à expliquer le plof du concert.

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