mardi 16 mars 2010

Un peu de pop-rock par ici !

Si vous suivez ce blog, vous n'êtes pas sans savoir que j'ai fait des études qui ne prédestinent pas exactement à la musique. Et pourtant, il arrive que certains de mes congénères sortent des chemins battus et fassent autre chose. Certains font de la recette musicale, d'autre des tournées en Inde !

Et d'autres qui sortent un deuxième (!) album : le groupe Swan, par exemple.


Et un petit copié-collé du communiqué de presse :
Le trio pop-rock SWAN s’est formé à Paris à la fin des années 90. La musique de SWAN s’inspire principalement des groupes britanniques légendaires comme Queen, les Beatles ou Radiohead. Le 1er E.P de 2003 a été décrit par Rock & Folk, 1er magazine musical de France, comme « brillant, séducteur et extrêmement maîtrisé, tant sur le plan vocal qu'instrumental », tandis que l’album Everything Changes,Nothing Is Lost, sorti en 2008, a été qualifié « d’élégant, qui reste fidèle à sa passion initiale : un pop-rock anglophone qui plonge ses racines dans l’héritage des Beatles en se régalant de mélodies malignes et de chœurs pétillants ». SWAN est aussi un groupe de scène de premier plan et a notamment joué au Bataclan et à La Scène Bastille.

nb : je ne sais pas s'il y a des gens sortis de ce même type d'institutions qui sont devenus violonistes, altistes professionnels. On doit en trouver, je suppose ?

lundi 15 mars 2010

0%, 12,5%, 25%, 50% : la rentabilité du second violon

En répétition avec Les Concerts Gais (& Beaux): nous travaillons un passage connu comme le loup blanc chez les seconds violons du monde entier : le 4è mouvement de la 4ème de Schubert :
"à juste titre surnommée 'Tragique', l'est surtout pour les 2èmes violons; attends-toi à souffrir. Les traits du final sont diaboliques, et les seconds les jouent tous en alternance avec les 1ers et les altos : c'est la pire des parties dans cette symphonie ... Un [...] cauchemar en perspective, traumatisme assuré". dixit mon prof, dans sa grande sagesse.

En effet. Deux pages en particulier de ce long mouvement comprennent toutes mes phobies violonistiques :

- des croches (prises à toute bringue, l'équivalent de double-, voire triple-croches chez les gens civilisés)
- des bémols à foison
- des changements de cordes toutes les deux notes : GRRRR
- ça ne s'arrête jamais (sans mon quota de quart-, demi- et soupirs entiers, avec quelques G.P.* bien dosés, je rechigne à l'ouvrage)
- le reste de l'orchestre joue des choses mélodiques qui n'ont pas grand'chose à voir avec nos croches effrénés, d'autant plus difficile de trouver ses repères.

Ma co-pupitre préférée et moi élaborons une stratégie alternative : nous nous fixons des pourcentages de notes à jouer. Nous commençons à 0%, puis jouons timidement la première note de chaque mesure** : 12,5% !
Après quelques heures de répétition, nous arrivons enfin à jouer presque sereinement (sans s'emm**** avec les nuances) 25% des notes : une croche toutes les blanches, alleluia !
Quand enfin, nous arrivons à jouer les deux premières croches de chaque double (4 notes par mesure*** !), le chef déclare :

"Toutes ces croches, c'est essentiellement un effet, il ne faut pas paniquer. Je ne veux pas dire non plus qu'il faut faire n'importe quoi et mettre des bouses en plein milieu: car vous le faites très bien".

M'enfin ?!

*G.P. : Grande Pause (youpi)
** les mesures doivent durer moins d'une seconde, j'en suis persuadée. Elles contiennent deux blanches chacunes, soit 8 croches. Oui, c'est beaucoup trop.

*** même atteint le 75% pendant deux ou trois mesures. L'état de grâce !

mercredi 10 mars 2010

Dissonnances - Beethoven à la Cité de la Musique

Cité de la Musique, 09-III-2010 20h
Les Dissonnances*, David Grimal (violon & direction), Quatuor Ardeo
Symphonie #1, Beethoven,
Quatuor les Dissonances, Mozart
Concerto pour violon, Beethoven
Le public : Xavier Phillips, Zvezdo, Klari et alii.

J'arrive à la Cité de la Musique un peu abrutie après une longue journée mais suis vite ragaillardie par quelques bonnes nouvelles : une jeune femme me propose une place gratuite. J'ai acheté mes billets le midi même, mais l'offre me touche. Ensuite, qui vois-je arriver ? Xavier Phillips en chair et en os ! Venu écouter Gentil-Prof et ses acolytes.

Le temps de me demander si je vais aller l'agresser, il est sauvé par Zvezdo, qui choisit cet instant pour apparaître dans le hall de la CdM. Je me dirige vers lui tel un kangourou piqué par un frelon, pour lui expliquer que Xavier Philliiiiips est là. Lui il s'en fout, c'est un supporter de Jean-Guihen Queyras.

Bref.

Quand l'orchestre, tout sourire, s'installe, nous nous faisons la réflexion qu'il s'agit d'une organisation auto-gérée,sans chef, un peu à la Menus Plaisirs. En effet: pas de chef d'orchestre, une disposition des musiciens peu orthodoxe : vents au premier rang, cordes sur les côtés. Instruments d'époque pour certains (timbales, cors, flûte), pas tous. Ils sont en effectif réduit, on se situe probablement quelque part entre la musique de chambre et l'orchestre.

La dernière fois que j'ai écouté la 1ère de Beethoven, c'était avec le LSO et John Eliot Gardiner: j'avais un peu peur de mettre la barre très haut en comparant malgré moi leur prestation avec celle du LSO. Pas d'inquiétude de ce côté-là, on retrouve l'énergie, la lisibilité, la fougue de cette fabuleuse symphonie, toute simple et remplie à craquer d'astucieuses trouvailles, accessible et riche à souhait. La grande salle de la Cité de la Musique, conserve un côté intimiste, bien plus qu'à Pleyel, qui me semble tout à fait convenir à ce type de formation et d'œuvre (en outre, je peux toujours essayer de faire des grands coucous à mon prof, la probabilité qu'il m'aperçoive n'est pas nulle).

L'orchestre part se dégourdir les jambes le temps d'un quatuor. Insérer un quatuor à cordes entre deux œuvres pour orchestre me paraît très futé: je ne suis pas friande outre mesure de musique de chambre et ne fréquente donc guère les concerts de quatuor à cordes, mais la possibilité d'en écouter un peu me réjouit. L'introduction des Dissonances est fabuleuse, inouïe, et je me demande à quoi ressemblerait le catalogue des œuvres de Mozart s'il avait pu vivre 350 ans. Comment peut-on composer quelque chose d'aussi contemporain et classique à la fois, cela me laisse perplexe.

Après la pause, le concerto de Beethoven. Je me pâme à chaque intervention du basson, à qui Beethoven a confié de magnifiques parties, dans le premier mouvement en particulier. La cadence me fait sursauter, mais d'où sort ce piano ?! L'association piano-violon ne me paraît pas très heureuse, même si cela répond à une question que je me posais : écrit-on encore de nouvelles cadences pour des concerti aussi connus?
Le soliste me paraît particulièrement dans son élément dans le 2nd mouvement, où il crée une ambiance onirique, poétique, d'une impalpable délicatesse, qui me transporte au point que je n'ai qu'un souvenir un peu flou de la suite du concerto.

En attendant, le soliste ayant troqué son siège pour la position debout, au milieu de la scène, un petit jeune a pris la direction de l'orchestre. Je me doute bien qu'il faut s'agiter un peu pour diriger depuis le pupitre, mais a t'il besoin de souligner des trémolos par des battements frénétiques des genoux? D'accentuer un sforzando par des grands coups de pieds dans le vide ? De se mettre à quatre pattes sous son siège pour signaler à l'orchestre un ppp ? Ou de bondir et taper des deux pieds, comme un marsupilami sous amphèt'. En comparaison, Philippe Aiche ( dont j'ai pourtant beaucoup critiqué le pied droit) est un monument de sérénité et de quiétude.
Il me faut me concentrer, et soigneusement éviter de regarder ce jeune violoniste pour éviter le fou-rire. Plus sérieusement, le mouvement attire l'attention, et quand cela se produit au détriment de l'attention portée à la musique, c'est fort dommage.

Mais l'orchestre a du percevoir que le public a particulièrement apprécié la symphonie de Beethoven, et nous font le petit cadeau du finale de la 7è avant de partir !

* dont fait partie Gentil-Prof (si vous aviez manqué quelques épisodes), qui jouera très bientôt, les 17 et 18 avril, le Concerto de Beethoven, en soliste, avec l'orchestre des Concerts Gais & Beaux. Venez !

lundi 8 mars 2010

Hourrah !

Le LSO aura une saison à la Salle Pleyel en 2010-11 !!

Certes, l'annonce de la programmation 2010-11 n'aura lieu que demain soir. Mais sur les grandes affiches dans le métro, qui trouve t'on dans le petit encadré en haut à droite de l'affiche ? Je vous le donne en mille :
- l'Orchestre de Paris, les occupants officiels de Pleyel,
- Le Philhar' de Radio-France, l'autre orchestre avec une saison à Pleyel,

eeeeeet ( s'imaginer P. Bettany en Geoffrey Chaucer dans A Knight's Tale)

le LSO ! Mon LSO adoré ! Si cela ne veut pas dire qu'ils sont une résidence à Pleyel l'année prochaine, j'arrête le violon.

Euh.

mercredi 3 mars 2010

Le Philharmonique de Berlin

Berliner Philharmoniker
Sir Simon Rattle - Mitsuko Uchida
vendredi 26/02 2010 20:00

György Ligeti, San Francisco Polyphony
Ludwig van Beethoven, Concerto pour piano n° 4
Jean Sibelius, Symphonie n° 2

Indéniablement, c'est un orchestre intimidant, légendaire : un de ces orchestres si connus qu'il en a quelque chose d'irréel. Et pourtant il existe bel et bien et le voici en chair et en os à Pleyel, à la Cité de la Musique, pour toute une ribambelle de concerts, tables rondes et autres joyeusetés. A l'entrée de Pleyel, je manque me cogner au plus grand musicien du monde : 2m et des poussières de corniste anglais en queue-de-pie, ca ne se trouve pas au coin des rues.

Je prends ma place à l'arrière-scène, mon perchoir préféré, alors qu'une harpiste et les contrebassistes s'échauffent les doigts. Le résultat, quoique improbable (qui composerait pour quatre contrebasses et harpes, je vous le demande) est très doux, apaisant et toutefois un tantinet étrange. Pour l'occasion, Pleyel a même fait un peu de surbooking : deux spectateurs se retrouvent assis à la même place, sur une des banquettes de l'arrière-scène, au grand dam des ouvreuses qui se retrouvent à négocier au talkie-walkie pendant l'entrée des musiciens. Finalement, tout le monde se serre un peu, et on n'en parle plus. (une demi-place au premier rang de l'arrière-scène, ça ne se refuse jamais). Entre temps, je fais des grands coucou à un ami pianiste, placé à quelques sièges de moi.

On commence par un Ligeti, étrange, beau et dissonant, qui me laisse suffisamment perplexe pour que je ne me risque pas à le commenter. Sans transition, un concerto de Beethoven : je reste un peu sur ma faim, sans réussir à mettre le doigt sur le pourquoi du comment. Tout en accompagnant mes déambulations dans les escaliers de Pleyel (je cherche à localiser d'éventuels acheteurs de places pour les Concerts Gais), l'ami pianiste réussit bien mieux que moi à mettre en mots son ressenti : d'après lui, Mitsuko Uchida est juste une pianiste, pas un ovni à la Sokolov, Berezovski, etc. Une pianiste, avec beaucoup de sensibilité, mais des moyens techniques raisonnables, avec lesquels elle fait de son mieux, ce qui la rend touchante, humaine. En effet, elle émeut, sans qu'on ressente cet effroi admiratif que d'autres peuvent provoquer : par exemple, je ne me suis toujours pas remise d'un concerto de Brahms par Kissin, que j'avais eu le privilège d'écouter au TCE en 99, j'ai des frissons rien qu'en y repensant.

Après l'entracte, le Sibelius. Il paraîtrait que ce soit l'une des œuvres les plus appréciées du finlandais, mais je suis un peu déçue par l'alternance entre des passages délicats, poétiques, très émouvants, et des passages franchement pompiers. Le Philharmonique de Berlin ne se laisse pas démotiver, et bien que cette pièce ne soit pas, à mon avis, dans leur cœur de métier, ils jouent avec un engagement qui laisse pantois.
Ceci est d'autant plus frappant dans les passages ffff grandiloquents et dramatiques, où le Philharmonique évoque un Boeing qui décolle - dans le genre long courrier qui manœuvre, j'aimerais les voir jouer une Symphonie Alpestre, bref - où ils donnent à ces passages une intensité que Sibelius n'avait à mon avis pas prévue.. La symphonie me parait trop mignonne, trop étriquée pour donner lieu à tant de déchainement musical. Globalement, je suis un peu sur ma faim, ayant l'impression d'avoir écouté une succession de beaux passages, sans unité. Djac me suggère plus tard que Rattle était en petite forme, peut-être ?

A la fin du concert, nous réalisons que pratiquement personne n'a toussé à ce concert - je n'ai compté que quatre "rrhhheuuuurph", pendant toute la soirée. J'émets alors la théorie que le Philharmonique de Berlin doit sérieusement intimider ses spectateurs, certainement terrorisés à l'idée d'être foudroyés par le fantôme de Karajan. Quelques instants plus tard, j'ai l'occasion de vérifier ma théorie : l'ami mélomane-musicien a ses entrées, et nous nous retrouvons dans les loges. Cernée par des dizaines de musiciens en train de se changer / trimballer d'immenses étui à contrebasses, je n'en mène pas large. Au bord de la panique, je me retrouve en train de serrer la main à un très courtois premier violon qu'on me présente (du Philharmonique de Berlin ! parlant français sans accent ! amateur de baroque ! élève de Heifetz !), à sourire timidement aux musiciens que l'on croise, que manifestement nous gênons - ca prend de la place un violoncelle. Après avoir franchi l'embouteillage qui entoure Simon Rattle, et fait un grand sourire à Mitsuko Uchida, qui sautille en souriant de toutes ses dents, nous descendons l'escalier de service derrière un vieux monsieur que je crois déjà avoir vu quelque part : "mais si! Tu connais!" Euh non, je ne vois pas. "Ivry Gtlis, voyons!" . Oups. Il ne reste plus qu'à traverser le long couloir de l'entrée rue Daru, en affichant un air digne et serein, alors que des dizaines de musiciens (du philharmonique de Berlin!) s'y massent.

Pfiou, en effet, c'est intimidant.