dimanche 31 janvier 2010

Week-end musical

Ai

- adoré joué le premier mouvement du concerto de Beethoven pendant la répétition des Concerts Gais & Beaux*

- étouffée, noyée, sous un tsunami de croches à la fin du premier mouvement de la très Tragique de Schubert, peu de temps après qu'on nous a expliqué que la réexposition du thème, c'est comme rentrer à la maison, un bain bien chaud (avec mousse) tout prêt,

- écouté, larmes aux yeux, deux incroyables 1ère et 9ème de Beethoven par mon LSO adoré, sous la baguette de Sir John Eliot Gardiner, mon héros, depuis le milieu du premier rang de l'arrière-scène, comme si j'étais un second violon ! Le meilleur concert de l'année (enfin, je dis ça à chaque fois, n'est-ce-pas?), à part les tournes aussi passionnées que les seconds violons de l'orchestre,

- couru hors d'haleine le long du Quai d'Orsay pour arriver cinq minutes après la fin du concert où était joué, entre autres, le premier mouvement du Trio pour flûte, alto et harpe de Djac: "pouf, pouf, alors, c'était comment?"

* merci à Nicolas P. pour ce jeu de mot délicieux qui me fait glousser depuis quelques jours déjà.
(quelques chroniquettes viendront étoffer tout ça, mais après les vacances)

vendredi 29 janvier 2010

James Ensor et la musique - Quatuor Debussy

Musée d'Orsay, Auditorium - 28 janvier 2010, 20h
Quatuor Debussy & François Dumont, piano

'James Ensor et la musique'
Guillaume Lekeu, Molto Adagio & un Quatuor à cordes (pas celui annoncé dans le programme, l'autre)
César Franck : Quintette en fa mineur
Brahms : Scherzo du Quintette av. piano

---
Mon collègue et moi ne savons pas vraiment quel peut bien être le lien entre James Ensor et le concert - manifestement, les musiciens du quatuor Debussy non plus, car ils invoquent des motifs plus ou moins plausibles pour avoir intégré telle ou telle œuvre au programme du concert.

Programme intéressant, car il permet de découvrir un compositeur que je ne connais absolument pas : Guillaume Lekeu, un belge que les français aiment considérer français, comme le souligne malicieusement le premier violon du quatuor. On ne peut que réprimer un frisson à l'idée que ce jeune homme est décédé à 23 ans à peine, du typhus.

Le programme a changé entre l'impression du programme-papier et le début du concert : on commence par un Molto Adagio languide, mystique et délicat à souhait. Ce morceau précède un quatuor à cordes. Mais le premier violon prend un malin plaisir à embrouiller son public: après son petit top, on ne sait plus s'il est question de jouer un quatuor inachevé, ou l'autre, l'achevé, ou si c'est l'Adagio Molto, qui en réalité, est inachevé. Qui devait d'ailleurs être joué ensuite, d'après le programme-papier.
Oh, bref.

Le quatuor joué, achevé ou non, est composé de six parties. Les mouvements agités me plaisent un tantinet moins, les mouvements lents sont très beaux, et laissent une place généreuse à de beaux solos pour le violoncelle et l'alto en particulier. C'est très beau, ni horriblement romantico-dégoulinant (on approche du XXè siècle) ni simpliste, et pourtant très accessible. J'irai ré-écouter avec joie cette pièce.

Un mini-entracte s'ensuit, avant d'enchaîner sur du Franck, un quintette avec piano, en l'occurrence. Je suis un peu inquiète, car je n'aime guère César Franck, qui me fait le même effet que Schumann : il a en commun avec ce compositeur d'étirer le temps - 10 minutes passées à en écouter en paraissent quarante. Je suis persuadée que l'enfer est peuplé de petits diablotins qui jouent sans discontinuer la sonate pour violon, accompagnés par des gobelins au piano.

Et pourtant, cette œuvre commence sous d'heureux auspices : un auditeur distrait fait sonner son téléphone, sonnerie malicieusement reprise en pizz' par le second violon, ce qui fait s'esclaffer le reste du public. Le second violon ne perdra pas sa bonne humeur, et son visage reflètera fidèlement les émotions que cette musique est censée évoquer : il affiche un grand sourire réjoui avant d'entamer de belles phrases musicales un peu grandiloquentes, il se cache derrière son pupitre, tous sourcils haussés, avant un pianissimo-surprise, et prend un air méchant avant un martelé agressif. Si je n'arrive pas à m'intéresser à la musique de Franck, je prends un plaisir sans mélange à voir l'enthousiasme avec lequel ce second violon joue sa partie, qui contraste avec les mines respectivement sereines et absorbées du violoncelliste et de l'altiste.

Et mes conclusions quant au quatuor ? Et bien, si j'avais trouvé le quatuor Gourmet enthousiasmant mais légèrement insuffisant techniquement, le quatuor Ysaye froid, je suis proprement enchantée : l'équipe est sérieuse sans se prendre au sérieux et on ressent le plaisir qu'ils prennent à jouer de la musique et à faire découvrir de nouvelles pièces au public.

Et en bis, le quatuor décide d'exaucer les souhaits du pianiste, et de joyeusement donner en bis le scherzo du quintette de Brahms. Ca donne envie de bosser son violon pour pouvoir faire un jour de la musique de chambre, tout ça...

(image chipée sur le site du quatuor Debussy, merci de votre compréhension)

mercredi 27 janvier 2010

le Crado'lfège TM

Le solfège est souvent assené aux tout petits qui commencent la musique, très certainement afin de s'assurer que seuls les futurs pros continuent l'étude de la musique et que les éventuels futurs musiciens amateurs soient à jamais dégoûtés de la musique.
Et cette stratégie fonctionne du feu de dieu.

Quand on apprend sur le tard, sans solfège, vient un moment - assez rapidement, où on finit par réaliser que le solfège n'est pas complètement inutile, notamment pour tout ce qui touche aux questions rythmiques. Apprendre quelque chose quand on en voit la finalité, ça marche tout de suite mieux. Mais le solfège, ça reste très rébarbatif, admettons-le.

J'ai du développer des stratégies alternatives : je vous présente ainsi ma méthode de solfège pour débutants, le Crado'lfège (TM), issu illustré par quelques exemples tirés de la partie de seconds violons du Concerto pour violon de Beethoven. Toute la méthode est basée sur le principe suivant : au lieu d'ânnoner des notes au nom barbare, énoncer des phrases simples tout en frappent régulièrement dans ses mains.

1. Les doubles croches
Dans cet exemple (et tous ceux qui vont suivre), il faut taper des mains, relativement régulièrement sur les petits points rouges, qui figurent les temps.
Exemple 1 :

Personnellement, je gamberge trop quand il s'agit de caser quatre notes dans un temps 'trop long?' 'trop court?' 'c'est quoi le bitonniau au milieu de la mesure?' et bam, je me suis pris entre temps trois mesures dans le nez.
Ici, il s'agit juste de taper des mains régulièrement : tout en énonçant les paroles "dans la salle de bains, dans la salle de bains", en essayant juste de mettre le 'dans' et le 'bain' sur le clap.
Hop: vous savez faire des doubles croches.

Exemple 2
"dans la salle de bains" ne marche malheureusement pas pour les longues séries de doubles croches. Il faut trouver autre chose. Les Indiens (notamment les percussionnistes) énoncent des syllabes qui donnent à la fois une indication de frappe, et de rythme : "taghadindinda, taketakadin", mais c'est complexe. "un deux trois quatre un deux trois quatre", simple mais monotone, à la longue.

Pour ce passage , je vous propose la solution suivante :
les syllabes suivantes: pi, dans, bains, plif et plouf, tombent sur le temps; temps que vous frappez dans les mains, bien sûr. Pensez-juste à parler un peu rapidement pendant les doubles.

3. Difficulté supplémentaire, le triolet
Quand on cherche à caser trois notes dans un temps, immanquablement, on en case deux si on est endormi, quatre en pleine forme. Trois notes, c'est redoutablement difficile.
Voici l'astuce (toujours le concerto pour violon de Beethoven, partie des seconds violons)

Un clap, un popotin, un clap, un popotin. Les triolets? Fingers in the nose !

La prochaine fois : des trucs syncopés.

mardi 19 janvier 2010

Boudiou, mais à quoi donc sert un chef d'orchestre ?

Il s'agit là d'une question qui mériterait d'être posée à l'écrit de l'agrégation de musicologie, voire de philosophie, n'est-ce pas. Mon flûtiste adoré de mon orchestre préféré apporte quelques éléments de réponse sur son blog:
"The question people ask me the most is, does a conductor make a difference to an orchestra or couldn’t you just all do it yourself. Well, the truth of the matter is, yes and yes sometimes"
puis il s'interroge sur Gergiev et son 'fluide'.

Le week-end dernier, l'orchestre 'Les Concerts Gais' a eu l'occasion, assez exceptionnelle, d'auditionner quatre chefs. Pas Gergiev, certes, mais du très beau monde toutefois. Je ne sais pas si cela a été intéressant pour les chefs auditionnés, mais pour un musicien (y compris pour un violon très très second, comme moi), c'est une expérience riche en enseignements..

Conditions du test :
- quatre chefs en lice, tous chevronnés et dotés d'un beau pedigree,
- une bonne trentaine de musiciens
- un jury de quatre musiciens professionnels, dont deux incognito, dans les pupitres d'alto et de hautbois,
- le premier mouvement de la 5è de Beethoven, aka Pom-pom-pom-POOOM

Constat #1
Deux musiciens d'un même orchestre peuvent être d'un avis diamétralement opposé. Sur une même spécificité d'un chef.
Ex 1: "- C'est quoi ce tempo d'hystérique?
- Très très bien, ce tempo plein d'allant !"
Ex 2: "- J'aime bien la manière dont il nous fait travailler en détail un passage.
- M'enfin, on se la file un peu cette symphonie!"
Ex 3: "-Sa battue est très claire!
-je ne comprends rien à sa battue"
Ex 4 : "Hum, ce chef ne nous a pas fait progresser.
- Ah si!".
Bref.

Constat #2
Manifestement l'échantillon des chefs semble représentatif, du moins en ce qui concerne le ratio homme/femme dans la profession: quatre chefs, quatre hommes.
(merci la parité)

Constat #3
Même une œuvre aussi carrée que ce Pom-pom-pom-POOOM peut donner lieu à des visions très différentes. Il y a celui qui cherche à mettre en valeur l'aspect rythmique, frémissant du Pom-pom, celui qui insiste sur l'aspect mélodique du fameux ta-da-di-da-da-dam :
ou encore celui dont les yeux pétillent tout en expliquant en quoi l'utilisation des timbales et des trompettes dans ce passage est géniale (de fait, ça évoque un certain vénézuélien qui affirme - et prouve, que Stravinsky est l'inventeur du heavy metal)

Conclusion :
La plupart des chefs ont des qualités x, y très appréciables, des défauts z, w, moins attachants; au-delà, on trouve le chef-ovni. Rarissime, y compris chez les pros. Le chef-ovni possède a minima les qualités suivantes :
- le chef-ovni sait ou fait semblant de savoir où il va: pas d'hésitation avant de désigner le passage à fignoler et/ou les heureux pupitres qui vont avoir l'immense privilège de jouer et re-jouer ce passage devant leurs petits camarades,
- il exprime clairement ses objectif musicaux, pas uniquement le moyen d'atteindre ledit objectif : demander un pppp aux seconds violons, c'est bien. Leur faire comprendre que le pppp, c'est pour laisser passer les flûtes, c'est mieux. Expliquer l'intérêt musical dudit pppp, exiger que les flûtes jouent fffff même si c'est écrit pppp parce que de toute façon, si on ne les entend pas, le morceau n'a pas raison d'être, c'est encore mieux.
Et quand le pupitre de seconds violons du fond lève enfin le nez de sa partition pour écouter le forte impérieux des trompettes ou le thème des flûtes en se disant que c'est fichtrement joli, on frôle le miracle.
- il fait croire à tous ses musiciens qu'ils sont géniaux (pendant quelques instants, je me suis prise pour Julia Fischer, c'est dire) et que leur faire rejouer un passage ou modifier un petit quelque-chose, c'est pour mieux mettre en valeur leur talent.
- il peut être trop petit, trop grand, trop ébouriffé, trop jeune, trop vieux : peu importe, il est charismatique. D'une part, on comprend mieux qu'un Gergiev, semblant toujours sortir d'une poubelle à légumes, ait pu taper dans l'œil d'une jeunette, d'autre part on regarde le chef quand on joue - même si, comme d'habitude, on ne comprend rien à sa battue.

Les Concerts Gais donneront ainsi leur tout premier concert les 17 et 18 avril au temple des Batignolles, sous la direction de leur tout nouveau chef-ovni, choisi à l'unanimité du jury, Marc Korovitch.

A lire aussi: le compte-rendu plus sérieux, de Zvezdo l'altiste.

samedi 16 janvier 2010

Star Wars à Pleyel

Star Wars - Orchestre Colonne, dir: L. Petitgirard
Salle Pleyel - 10-I-2010 12h30

Les valeureux ouvreurs de Pleyel ont risqué leur vie, ce matin-là. Quatre mille spectateurs se sont répartis sur les deux concerts Star Wars donnés par l'Orchestre Colonne. Soit environ six mouflets perdus, un ouvreur presque giflé, quelques centaines de spectateurs comprimés dans le hall attendant l'ouverture de la salle, dont une bonne demi-douzaine munis de sabro-lasers.

J'oubliais.

Le concert est en placement libre: bigre, j'ai l'impression de me retrouver dans la queue de la cantine au lycée ou pire, dans le train de banlieue de Bombay. Après avoir sécurisé quelques places contiguës au premier balcon, nous attendons le début des hostilités. Le public se montre impatient: des applaudissements rythmés exigent la venue des musiciens et du chef, qui s'exécutent sans trop rechigner.

On apprend tout d'abord que la suite symphonique Star Wars est, de toute la musique composée dans la deuxième moitié du XXè siècle, le morceau le plus joué. A juste titre, comme nous l'explique Petitgirard, qui met en exergue l'extrême simplicité des thèmes composés par John Williams couplés à des rythmiques sous-jacentes étonnament efficaces et cohérentes avec le personnage ou la scène à illustrer. Petitgirard s'y connaît bien en musiques de films, et nous profitons d'autant plus de ses explications. Les musiciens, moins : en effet le chef les fait parfois jouer seuls les phrases musicales les plus importantes : les trompettistes se retrouvent ainsi à jouer tout seuls le motif pour trompette le plus connu de la galaxie, le corniste s'enfile le thème de Leïa. Un dimanche matin bien sportif, pour eux.

On décortique ensemble les thèmes les plus connus (sisisi, même moi je les sifflote par cœur) : Leïa, Luke Skywalker, l'insupportable Jar-Jar Binks (qui est pourtant doté d'une belle rythmique en Pom-taga-Pom-taga-Pom-Boum-Boum (sic)), Anakin...

Si on apprend beaucoup grâce aux explications du chef et aux exemples montrés par les musiciens, on s'amuse aussi : Laurent Petitgirard, fidèle à lui-même parsème ses discours de plaisanteries et divers jeux de mots - avant d'inviter à la baguette, un 'guest conductor' plus impliqué, dit-il, pour le thème tant attendu. A cet instant les ténèbres se font sur la scène, et Dark Vador en personne, armé d'un sabro-laser rouge, s'approche de l'estrade. Petitgirard, terrifié, lui laisse la baguette et court se réfugier chez les contrebasses.

Dark Vador dirige son thème. LE thème. Les musiciens se tiennent à carreau et ne se risquent certainement pas à louper un temps. Un Dark Vador, fasse-t'il 1m50 de haut, fait toujours son effet.

(Précisons au passage que le rapprochement Dark Vador-chef d'orchestre ne me parait pas anodin. A mon humble avis, on peut faire les parallèles suivants sans grand risque de se tromper:
- Han Solo & Chewie : cuivres ou percussioniste, peut-être (ceux au fond qui lisent le Canard Enchaîné en répèt')
- l'Empereur : le premier violon solo
- Obi-Wan Kenobi : le chef d'attaque des seconds (il est resté du bon côté de la force, lui))


Même si les ouvreurs ont l'air bien soulagés de voir cette longue matinée s'achever, le public est tellement content qu'on entend un nombre non négligeable de clients du Do-Ré-Mi -le célèbre troquet situé en face de Pleyel fredonner/siffloter des passages bien reconnaissables de Star Wars.

Si vous aviez un doute, Dark Vador est bel et bien chef d'orchestre à ses temps perdus (merci Anonyme pour le lien!)

vendredi 8 janvier 2010

Concertgebouw, parfait, sans plus.

17-XII-2009 - 20h
Salle Pleyel
Concertgebouworkest, dir: Mariss_Jansons
Mahler #2

J'étais dans tous mes états ce soir-là : enfin j'allais pouvoir écouter, en vrai, le Concertgebouworkest, dont on m'avait tant vanté les mérites. De chroniquette en chroniquette, Laurent s'était amusé début décembre à mettre l'eau à la bouche de ses lecteurs en allant les écouter aux quatre coins de l'Europe.
De plus, il neigeait, ce jeudi-là. Et j'adore marcher en faisant des scrouitch-scrouitch dans la neige.

Commençons par les bonnes nouvelles :
L'orchestre joue avec une perfection surnaturelle. Le pupitre de violoncelle m'éblouit: un aussi beau son que Xavier Phillips, et une homogénéité ! Si vous saviez ! Et, il en est de même pour tous les pupitres. Même le son du Concertgebouwpikolist est rond, chaud, doux. Quant aux percussionnistes, les mots me manquent pour décrire leur jeu: leur crescendo provoque des frissons dans le dos.
Les musiciens sont individuellement excellents, les pupitres fabuleusement accordés et homogènes, de surcroît l'orchestre dans sa globalité fait preuve d'une habileté remarquable. On perçoit tous les plans sonores, tous les petits détails qui font que la musique de Mahler est toujours surprenante, riche, aboutie (insérer les superlatifs de votre choix). Sans conteste, il s'agit du meilleur orchestre que j'ai eu le privilège d'écouter.

Mais.
Car il y a un mais, de taille. Je me suis ennuyée (ne criez pas au blasphème tout de suite!). L'ensemble est d'une perfection qui me laisse froide et, à mon grand désarroi, je n'arrive pas à accrocher. Pire, je décroche et irai jusqu'à somnoler quelques instants dans le deuxième mouvement.

Mais l'ovation qui salue l'orchestre et le chef à la fin du concert laisse penser qu'une grande partie du public ne partage pas ma déception - tant mieux, tant mieux..! Etrangement, les musiciens en tenue de ville qui jouaient depuis les coulisses ne sont pas conviés à venir saluer.

Très bonne année, et je vous dis à bientôt pour le prochain épisode (concert Star Wars à Pleyel!)