mardi 28 décembre 2010

Dernières dissonances avant les fêtes


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Mardi 21 décembre 2010, 20h - Eglise Saint-Leu
Concert donné au profit de l'association Les Margéniaux
Dissonances, David Grimal (et Xavier Phillips)

Les bénéfices du concert sont reversés à l'association Les Margéniaux (qui n'a pas de site Internet, tss, mais vous pouvez consulter le programme de l'Autre Saison des Dissonances - page 10 du pdf indiqué en lien, pour éventuellement assister à un concert de votre choix et donner votre obole).

A la dernière répétition des Concerts Gais, mon président est arrivé, triomphant, une affiche rouge et noire à la main : " J'ai rencontré l'administratrice des Dissonances chez l'imprimeur ! Ils donnent un concert au profit des sans-abris après-demain à Saint-Leu ! Allons-y tous !". C'est ainsi qu'une délégation des Concerts Gais se retrouve à Saint-Leu pour fêter l'arrivée de l'hiver avec deux 'Quatre Saisons' : celles de Vivaldi, mêlées à celles de Piazzolla.
En plus, on pensait que Gentil-Prof y serait.

J'aimerais annoncer que je base mes chroniquettes sur une oreille ultra-affûtée, qu'aucune des moindres subtilités de l'interprétation ne m'échappe, etc, etc. Rien de tout cela. En vrai, je scotche. Sur un bassoniste, sur les clowneries des cuivres, sur des chaussettes en accordéon. A ce concert, j'observe d'un oeil de lynx les départs. A la répétition susmentionnée des Concerts Gais, il faut savoir en effet que nous avons été dûment houspillés par le Grand Répétiteur des Cordes :

- Il faut que le tempo soit déjà perceptible dans ton mouvement d'archet à vide ! Comme une levée ! Plus grand, le geste, PLUS GRAAAND !
L'archet du premier-violon-en-chef se pose subrepticement sur son violon. Chaque pupitre brinquebale au tempo de son choix avant de tomber dans les bras les uns des autres deux mesures plus tard.

- Fais un immense geste d'archet, et respire à fond ! Regarde-les !
Petit hoquet timide. Les cordes démarrent. Sensiblement en même temps. Les graves grognent, marmonnant qu'ils ne se sentent pas concernés.

- Bon d'accord, Flûte. Tu ne peux pas t'asphyxier avec une grande goulée d'air. Mais tu peux quand même faire un immense geste avec l'autre extrémité de la flûte, la faire partir de loin loin loin presque de derrière ta chaise avant la première note ! Et toi, Violoncelle, tu respires avec, avec ton archet !
Flûûû !Vrrrrou !

(Esclaffez-vous, c'est beaucoup plus compliqué que ça en a l'air, les départs)

Dans ces conditions, je dois me retenir d'applaudir chaque fois qu'un départ me paraît particulièrement lisible et entraînant. J'écarquille de grands yeux admiratifs quand je vois David Grimal - pourtant très occupé par des parties solistes exigeantes - donner un départ, indiqué par une ondulation du manche du violon, ou une respiration particulièrement marquée. Ou le violoncelle solo ! Xavier Philliips (oui, c'est lui !!) ! Quels ploums ! Quel son ! Quels départs ! Quel instrument de fou-furieux ! Quels solos !

C'est très touchant d'écouter des musiciens de ce calibre, habitués à des salles grandes et confortables, dans une église vigoureusement sous-chauffée, en chemise et pantalon (alors que personne dans le public ne se risque à ôter anoraks, bonnets, doudounes et cache-nez), les partitions sur d'instables pupitres en métal. Après tout, ça ressemble fortement à la condition de l'amateur, tout ça.

Je suis enchantée du Vivaldi, un tantinet arrondi par l'accoustique bouillabaissifère de l'église, un tantinet moins du Piazzolla, un peu trop riche pour une acoustique d'église, je crains. Quant à D. Grimal, je le trouve phénoménal sur les mouvements lents du Vivaldi, qu'il met en valeur avec un jeu expressif, très émouvant. Je suppose que ça doit être sa spécialité, le mouvement lent du concerto de Beethoven m'avait déjà énormément touchée l'année dernière. Un petit peu ric-rac sur les passages excités en hauteur, peut-être. Quelques scritch nous font sursauter.

Les musiciens menacent de rejouer les huit saisons. Le concert s'achève sur un bis - un extrait de l'hiver, évidemment, avant que frigorifiés, la délégation Concerts Gais ne se rue vers un des crépiers de la rue. Le nutella fondu, c'est tellement bon.

Ailleurs : Le Monde.

Note à moi-même : si M. Phillips est présent à chaque concert des Dissonances, que ce soit sur scène ou dans le public, je vais prendre un abonnement fissa.

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