jeudi 4 novembre 2010

Orchestre de Paris (Mozart, Strauss) à la Cité de la Musique


0 Comms'
Cité de la Musique - 29-X-2010
Orchestre de Paris, Andris Nelsons (direction)
Strauss : Métamorphoses, Ainsi parlait Zarathoustra
Mozart : concerto pour piano n°20

Enfin, l'Orchestre de Paris en tournée dans mon fief, le 19è arrondissement ! Même les malles-habit seraient de sortie. Nous sommes plusieurs à se demander ce que nous vaut cette visite inopinée - un petit essai pré-Philharmonie, voir si le public suit ? En même temps, un vendredi veille de week-end prolongé, en période de vacances scolaires, si ce n'est pas un cas ultra-particulier, je mange mon chapeau.

Cette fois, j'arrive prête : carnet à chroniquette, ok ; pastilles La Vosgienne, ok ; arnica, ok ; livre pour patienter, ok.

En entrée, Métamorphoses, de Richard Strauss, pour 23 instruments à cordes solistes. Ce n'est pas vraiment une oeuvre symphonique, un icosikaitrio (?) à cordes, disons. Habituée que je suis à entendre les cordes de l'orchestre jouer en tutti, je suis quelques instants perplexe d'entendre plusieurs voix sortir du pupitre de violoncelles, puis d'alto, etc. Pourquoi 23 d'ailleurs ? Nombre premier, certes, nombre premier de Smarandache-Wellin (on dirait le titre d'un Pynchon !), nombre premier long, super-singulier, sûr et même sexy ! Sexys ou pas, les musiciens de l'Orchestre de Paris montrent qu'ils sont non seulement de très bons musiciens d'orchestre, mais aussi d'excellents chambristes.

Ensuite, le concerto n°20 de Mozart, concerto que jusqu'à vendredi dernier, je jugeais inratable, immassacrable. Pour le rendre insipide, il faut s'appliquer. C'est qu'elle s'en donne les moyens, notre crevette roumaine : pas de son (quelques hautbois et flûtes un tantinet motivés suffisent à la couvrir), la moitié des phrases mangée, des rodomontades kitscho-romantiques franchement obscènes, le reste à l'avenant. Je suis partagée entre une horrible gêne et une envie de glousser. Manifestement, elle est plus occupée à gesticuler et à chanter (fort!) qu'à jouer du piano. Dommage, il y a quelques bonnes choses - un joli son dans les graves, entre autres. L'orchestre l'accompagne avec un dévouement héroïque, sans s'émouvoir, tout au plus me semble-t'il apercevoir quelques sourires goguenards - chez les seconds violons, bien sûr. Quand l'épreuve de torture s'achève, sur un accord de fin (faux), ma voisine et moi échangeons un sourire mi-soulagé, mi-consterné. Je salue la performance musicale : me rendre Mozart aussi insupportable que Schumann relève de l'exploit.

Après l'entracte, les choses sérieuses : Ainsi parlait Zarathoustra. La scène déborde de musiciens, mais tout le monde rentre à peu près. Je crains pour mes oreilles, être assise à quelques petits mètres au-dessus de l'Orchestre de Paris en effectif complet risque d'être un peu inconfortable. En fait, la grande salle de la Cité de la Musique gère très bien les masses de son monumentales qu'on croise de temps à autre dans la pièce, ni saturation, ni grésillement, tout va bien. Tout au plus aperçois-je les percussionnistes, assis derrière une généreuse équipe de cornistes, porter discrètement une main à l'oreille.
Il ne me reste que quelques images, en vrac : les altos, tout sourire, scrounch-scrounchant énergiquement à tout va, un tubiste affalé sur son tuba, hochant la tête en rythme, un contrebassiste ébouriffé affichant un sourire réjoui, à peine masqué par une moustache bien fournie. L'oeuvre s'achève sur des gazouillis de flûte contrebalancés par des ploums de violoncelle, je n'ai pas vu le temps passer : je me suis régalée. A plus d'un titre car le casse-croûte du troquet d'en face est généreux et bien moins onéreux qu'au Do-Ré-Mi.

Le chef - un jeunot d'une trentaine de printemps, me paraît un peu pataud, j'ai une impression - purement visuelle - de maladresse, de timidité. Mes sources internes, dûment interrogées, s'avèrent enchantées, sans lésiner sur les superlatifs. Réflexion faite, je me demande si on peut juger d'un chef sans avoir vu/fait les répétitions. Voyez plutôt : il a actuellement sur son carnet de bal le Philhar' de Vienne, celui de Berlin, le LSO, bref, le gotha des orchestres mondiaux. A suivre, à suivre, donc.

0 Comms':

Enregistrer un commentaire

 

Mentions légales - Copyright © 2007-2012 Le klariscope. Tous droits sur les chroniquettes patati, patata.
RSS Feed. Ce blog est fièrement propulsé par Blogger. La template est signée dzignine d'après le modèle Minima-White