samedi 27 novembre 2010

Lieder à gogo et Brahms #2 à Pleyel


2 Comms'
Franz Schubert, Ouverture de Die Zauberharfe (Rosamunde)
Du bist die Ruh, Geheimes, Rastlose Liebe, Erlkönig, Heidenröslein, Ganymed, An die Musik (versions orchestrées)
Brahms : Symphonie n°2

Kammerorchester Basel, Paul McCreesh (direction)
Angelika Kirchschlager (mezzo-soprano)


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Quelle joie de filer à l'anglaise du travail, billets roses estampillés Pleyel en main. Je dois à une collègue friande de chant lyrique l'idée saugrenue de réserver pour un concert Brahms+Schubert. Un programme 100% romantique. Iiiiik.

Le monde des musiciens d'orchestre se divise en deux : les baroqueux, et les non-baroqueux. On reconnaît les seconds, entre autres, à leur la bizarre, leur archet, la position de la main sur l'archet, beaucoup plus éloignée de l'extrémité, le son des cordes un peu aigrelet et la quasi-absence de vibrato. Aujourd'hui, l'orchestre est indécis : les mains sont haut-perchées sur les archets, mais redescendent gentiment vers le bouton au cours du concert. Apparition d'un vibrato timide dans le Brahms, mais le la me semble résolument bas. Étrange, étrange.

La première partie passe vite, trop vite. A peine suis-je rentrée dans le son de la chanteuse - que l'on entend divinement bien, de nos places de luxe éhontément usurpées (avec la bénédiction de l'ouvreuse), que l'entracte est annoncée. Je reste sous le choc de son Erlkönig, où les caractères des personnages et la montée en tension est magnifiquement illustrée. Le meilleur moment de la soirée est le Du bist die Ruh, avec lequel, je crois, elle clôt le récital. Sa voix est chauffée, fluide (même si ma voisine pense déceler des soucis de voix, des glaires hivernales, peut-être, beurk), envoûtante. Je ne me rends compte que maintenant, en rédigant la chroniquette, à quel point elle est faite pour le rôle : vous pouvez jeter une oreille à la version de Kathleen Ferrier - que je trouve un peu caverneuse, à celle de Rénée Fleming -trop fluette, Angelika Kirchschlager est faite pour ce Lied. Admirez-là à loisir sur cette vidéo, savourez les délicates ondulations des seconds violons, en évitant toutefois de s'attarder trop longuement sur le visage dégoulinant de sueur de Joshua Bell. Le violon est un sport plus athlétique qu'il n'y parait.*

En deuxième partie, la Symphonie n°2 de Brahms, servie par un effectif un tantinet trop maigrichon (8/6/5/5/3, je crois), insuffisant pour créer la généreuse pâte sonore nécessaire. Par contre, je suis séduite par l'énergie, l'engagement de ces baroqueux, et si mon moi de mélomane/critique/esthète est un peu déçu, mon moi de violoniste amateur glapit de plaisir à les voir jouer ensemble. Ainsi que mon moi de commère. A la première apparition du thème-tube du premier mouvement de la symphonie, je ne sais pas si on touche au kitsch suprême ou au sublime (le tiiiii dadadiiiii dadadiiidadadaadaadaaadiiii dadadiiii à 2'25 de la vidéo), je remarque un jeune violoncelliste, bien de sa personne, tout au plaisir du tiiiiii dadadiiiii, qui n'en oublie pas pour autant de lancer des oeillades énamourées à sa voisine, une second violon. Que c'est charmant, que c'est romantique ! Comment mieux déclarer sa flamme qu'avec du Brahms et des regards enflammés. Et le jeune homme récidive à chaque retour du thème-tube. Le pire qu'on puisse leur souhaiter est de vivre longtemps et très heureux, et d'avoir plein de petits altons amateurs de Brahms.

Les nourritures célestes, c'est bien, mais le déjeuner se fait lointain, une virée cheeseburger-frites-café s'impose. Je radote à l'envi sur le nouveau petit violon qui attend à la maison. Demain, première sortie en orchestre - mais personne ne va me reconnaître avec mon nouveau biniou ?

* il y a quelque chose de jouissif à voir Joshua Bell faire des ploums et des bariolages, comme tout le monde !

2 Comms':

Anonyme at: 27 novembre 2010 à 19:50 a dit…

A mon avis, les spectateurs qui ont quitté à l’entracte ont eu bien raison, le Basel Kammerorchester a proprement massacré cette pauvre symphonie. Cela pataugeait et pataugeait. Les crescendo s’essoufflaient. On aurait dit un orchestre amateur, totalement dépassé.

Madame Kirchschlager ne me semble pas du tout au niveau d’Anne Sofie von Otter dans ce répertoire, mais elle avait une jolie robe rouge.

{ Klari } at: 29 novembre 2010 à 18:23 a dit…

Je vous trouve bien dur !

Naaaaan, pour être - presque - une experte-ès-orchestres amateurs, il y avait quand même chez le KOB un engagement musical, une rigueur rythmique (et puis la justesse!) qu'on trouve en plus faible quantité chez nous autres amateurs !

Quant à A-S Von Otter, je ne l'ai (malheureusement) jamais écoutée 'en vrai'. A priori, de ce que j'ai écouté s/ deezer & Co, je suis moins touchée, je trouve A. Kirchschlager plus sobre, peut-être. Et puis, j'ai eu la chance d'être tellement bien placée, vendredi, que j'avais l'impression qu'elle chantait exprès pour moi. Impossible de ne pas être charmée dans ces conditions !

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