lundi 25 octobre 2010

Chants soufis du Sénegal - Cité de la Musique


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Vendredi 22 octobre 2010, 20h, Cité de la Musique
Confrérie tijane de Tivouane
Confrérie mouride de Touba
Percussionnistes de Doudou Ndiaye Rose. Ensemble de tambours sabar

Je jubile toujours à l'annonce d'un concert de musique de musique soufi à la Cité de la Musique : ils sont rares, certes, mais jamais décevants. J'ai encore un souvenir ému de ma première nuit soufi dans la grande salle, en 2004 (gargl!) - je me demande si ce n'était pas mon tout premier concert à la Cité de la Musique, d'ailleurs.

Petit couac - désormais routinier - le destinataire du deuxième ticket m'annonce, à peine une heure avant le concert, qu'il ne se déplacera pas. Apparemment l'intégralité de mon répertoire téléphonique est soit occupée, soit grippée. Heureusement, Richard vole à ma rescousse.

Toujours enrhumée, crachouillant, sifflant, et reniflant (vous remarquerez que malgré ma bronchito-sinuso-pharyngo-grippo-crève, je ai toujours observé un silence exemplaire au concert ces deux dernières semaines. La toux au concert, c'est psychosomatique), je suis aussi vive que le hérisson écrasé sur une départementale. Ainsi, la confortable obscurité de la grande salle, les longues mélopées tranquilles et répétitives des premiers intervenants, cinq vocalistes de la confrérie tijane de Tivouane, aux voix chaudes et enveloppantes, ne tardent pas à me plonger dans une somnolence réparatrice, d'où je suis tirée de temps en temps par une modulation ou l'introduction d'une nouvelle phrase. J'avoue, j'avoue, je suis un piètre spectateur, mais j'en ressors apaisée et revigorée, prête à affronter le week-end.

Après l'entracte, une généreuse dizaine de chanteurs en tenue colorée entonnent à pleins poumons une ligne mélodique, qui servira de base aux six percussionnistes, qui font leur apparition en bondissant, noyant le chant sous un joyeux tintamarre de percus. Je suis un peu déroutée : on m'a habituée à des bases rythmiques (un sympathique et immuable boum-boum de timbales, par exemple) sur lequelles on vient délicatement superposer mélodies et franfreluches harmoniques. Or, ils font exactement l'inverse : sur la ligne mélodique, un petit motif répété jusqu'à plus soif, ils construisent un embrouillamini polyrythmique qui nous laisse perplexe. Dans mon cas, rien d'étonnant. Richard, lui, a une oreille de jazzeux qui devrait lui permettre de décortiquer ces rythmes ésotériques. A chaque fois que nous pensons identifier la nature élusive des ces schémas rythmiques, les six percussionnistes nous prouvent par une malicieuse feinte que nous sommes bel et bien à côté de la plaque.

Pour se réconforter - et rassembler mes neurones, disséminés par ces vigoureuses percussions, nous partons nous restaurer dans une brasserie environnante et s'interroger sur la parentèle de Doudou Ndiaye Rose. A t'il vraiment quatorze fils ?

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