lundi 6 septembre 2010

La première répétition de la saison


2 Comms'
"Allô.. Oui, non, je ne viendrai pas à la répétition aujourd'hui.. Minet a été hospitalisée en urgence après son échographie, il faut aller la récupérer à la clinique, puis filer lui faire faire une prise de sang.. Je dois rester à la maison surveiller son état, elle risque une rechute".

Raccrochant le téléphone, j'ai de nouveau l'impression d'être une collégienne, qui, ayant omis de faire ses devoirs, invente des excuses abracadabrantes pour ne pas admettre sa négligence. J'abandonne toutefois mes obligations de garde-chat-malade pour écouter quelques instants le déchiffrage de la Rhapsodie pour alto de Brahms.

La première lecture est approximative, certes. La justesse est fantaisiste, les entrées timides, les ffff faiblichons, les accents modérés. Sous le regard attentif du chef, qui se repose au fond de la salle, les consignes de l'altiste réquisitionné pour animer la répétition (lançant au passage quelques piques "le chef ne vous battra pas la mesure, il fera un geste, hum, musical") font évoluer le son de l'orchestre.
Les violoncelles peaufinent la justesse, et prenant confiance, trouvent le son inquiétant et tendu qui amorce la pièce (penser Dents de la Mer), les violons se mettent à chanter, les altos se lancent dans une joyeuse guirlande de triolets. Les accents prennent un ton impérieux, les fff tendus et imposants. En un quart d'heure, la pièce est métamorphosée. L'orchestre s'englue dans une discussion absconse - la mesure est en 6/4, soit une mesure à deux temps de trois noires, qui sera battue dans un premier temps en deux temps, puis en trois temps de deux noires, j'estime qu'il est temps de partir.

Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai assisté qu'à des répétitions de l'Orchestre de Paris* : en première lecture, les œuvres jouées sont parfaites, et les quelques peaufinages effectués ne font que rendre l'orchestre un peu plus parfait. L'intérêt pédagogique est donc des plus modérés. Je repars toute intriguée, admirative et perplexe : j'ai suffisamment écouté de musique dans ma vie pour reconnaître quand un morceau est joué de manière approximative. Mais de là à diagnostiquer les éléments sur lesquels attirer l'attention de l'orchestre, sans noyer l'orchestre de consignes.. Plus je fais de musique, moins je comprends comment ça marche..

Ailleurs : Zvezdo

* oui, je sais, je suis une odieuse veinarde

2 Comms':

{ Djac Baweur } at: 9 septembre 2010 à 14:53 a dit…

Oh ! Du vert ! On en mangerait !


"les altos se lancent dans une joyeuse guirlande de triolets"

Joyeuse, Joyeuse, s'il les fait faire joyeuses, les guirlandes, il a pas tout compris à Brahms, ton altiste réquisitionné... :o)

{ Klari } at: 9 septembre 2010 à 15:36 a dit…

Certes, elle était plus solennelle que guillerette, cette guirlande. Moi, les triolets ("po-po-tin, po-po-tin") ça me met de bonne humeur, même dans du Brahms suicidaire.

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