mardi 24 août 2010

Là-bas dans la garrigue


2 Comms'
Ensemble vocal Lucien Bass
Chapelle de Pise
Oeuvres de : Josquin des Prez, Messe Pange Lingua - Z. Kodaly - C. Debussy - C. Bass, C. Janequin

Garrigue : (XVI e siècle) Emprunt au provençal garriga (« garrigue ») issu du latin médiéval garrica, végétation basse plus ou moins impénétrable, constituée principalement d'arbrisseaux résistant à la sécheresse, formant des fourrés épineux. Cette formation, issue de la dégradation de la forêt de chênes verts et blancs par la dent du mouton, la hache de l'homme et le feu durant plus de 5000 ans est caractéristique des régions méditerranéennes (source).

Un après-midi d'été, alors que je prélassais tranquillement sous un parasol avec un livre, une tasse de thé négligemment posée sur la table de la terrasse, j'entends "Départ à 19h30 précises. Pas de pitié pour les retardataires En voiture !". Concert ? Très bien. Ravie d'échapper à mon habituelle routine bboulot-escalier-métro-escalator-avenue des Ternes au trot-Pleyel-concert-retour, qui requiert de robustes et confortables chaussures, je m'offre le luxe d'enfiler mes sandalettes les plus délicates et élégantes de ma garde-robe*.
Ce qu'on avait omis de me signaler, c'est que la chapelle de Pise, où se tient le concert, est en plein milieu de la garrigue, à un généreux kilomètre à pied de la départementale la plus proche.

Quand je pense que certains jugent la future Philharmonie trop éloignée du centre de Paris..

L'ensemble vocal Lucien Bass est composé d'une douzaine (environ) de chanteurs, tous amateurs, certes, mais de très haut niveau : la qualité de leur son est irréprochable, et l'intensité de l'écoute mutuelle entre pupitres palpable. Leur amateurisme ne se reflète que dans quelques détails insignifiants: le choix hasardeux des couleurs de leur site internet, ou la page de garde du programme, en Comic Sans MS.

La première partie du programme, un plain-chant puis la messe Pange Lingua de Josquin des Prez, est bouleversante. Les voix, en deux groupes derrière et à côté du public, se cherchent, s'entremêlent, s'éloignent. N'osant pas me tortiller pour apercevoir les chanteurs, je ferme les yeux pour mieux savourer. De surcroît,la disposition des chanteurs procure une délicieuse sensation d'enveloppement. L'acoustique du lieu met parfaitement en valeur cette oeuvre, particulièrement adaptée à cet ensemble qui prend un plaisir non feint sur ce répertoire.

Je pense qu'il est grand temps que je me penche sérieusement sur le répertoire de la Renaissance, que j'ai orgueilleusement ignoré jusqu'à présent : des centaines de raisons d'écumer un disquaire de qualité (et je pourrais nourrir mon anglophilie latente à coup de Byrd et de Taverner), je vais me ré-ga-ler !

Le reste du concert me touche toutefois moins, on y trouve du Debussy, du Kodály (c'est bien!), et du Claude Bass, le frère de Lucien, fondateur de l'ensemble et ancien élève de Mohiuddin et Fahimuddin Dagar, les superstars du dhrupad (c'est très bien aussi!).

L'ensemble vocal ne sait pas que chanter, mais aussi recevoir : à la fin, le public est nourri et désaltéré, très certainement pour nous revigorer avant de retraverser un bout de garrigue.

Crédit photo : www.chapelledepise.fr

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* corollaire : me font souffrir le martyre.

2 Comms':

zvezdo at: 25 août 2010 à 00:08 a dit…

et tes sandalettes? elles ont survécu à cette terrible épreuve ?

{ Klari } at: 25 août 2010 à 07:36 a dit…

Quelles sandalettes ? Tout jeté et acheté trois paires de Doc Martens !?

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