lundi 5 juillet 2010

Quand les arts s'en mêlent, Auditorium Saint-Germain


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Mardi 29 juin - 19h30
Auditorium Saint-Germain
Entre autres : Ensemble Millésime, Marc Korovitch (direction), Lionel Speciale (cor)

Il y a quelques jours, nous étions quelques uns à recevoir un mail de mon chef d'orchestre préféré, non pas pour nous suggérer de bosser la Pastorale, mais pour nous suggérer d'assister à la création de l'Aigle de la Providence. Vous remarquerez l'habileté du personnage, qui s'est délicatement abstenu de nous préciser que cette création s'inscrivait dans un programme 100% contemporain, à l'indice de Boulez dangereusement élevé.

Le concept de la soirée est particulièrement astucieux : pratiquement tous les compositeurs des pièces jouées sont vivants, la plupart sont même dans le public. Quant aux musiciens, beaucoup sont de (très bons) amateurs, encore au conservatoire, certains sont toutefois des proto-pros, ou de très jeunes pros. C'est l'occasion rêvée pour découvrir de nouvelles têtes - un peu avant tout le monde.

En vie et présents, quelques compositeurs disent quelques mots à propos de leur œuvre. Dans certains cas, c'est extrêmement intéressant et enrichit l'écoute de l'œuvre ; mais d'autres compositeurs, c'est réellement dommage, ne résistent pas à l'appel du pipeau.

J'ai particulièrement aimé le poème mis en musique par Tatiana Catanzaro, pour un trio soprano, flûte et violoncelle, en particulier pour l'utilisation à la fois forte et saugrenue de la voix chantée, ainsi que la Disco Toccata de Guillaume Connesson pour violoncelle et clarinette, délicieusement guillerette et inventive. Et franchement, qui peut résister à l'association de deux instruments au son aussi chaleureux ?

Mais nous étions là (en formation trio, d'ailleurs : un pianiste, un altiste, une violoniste) pour acclamer le chef d'orchestre préféré des Concerts Gais, évidemment, avec son ensemble Millésime. Ensemble peu orthodoxe, certes, puisque ce n'est ni une raisonnable formation Mozart, ni une pléthorique formation Mahler, mais une formation Stravinsky. Plus précisément, une formation Histoire du Soldat. Un jour, j'avais demandé naïvement pourquoi Stravinsky avait choisi ces instruments en particulier : je m'attendais à de grandes théories d'orchestration, et non pas à cette réponse laconique 'Stravinsky était radin comme un écossais'.
En attendant, l'association violon-clarinette-basson-trompette-trombone-contrebasse-percussions sonne excellemment bien. Ce qui ne gâche rien, A. Girard est un orchestrateur doué et semble exploiter à merveille les sonorités des instruments à disposition : il n'a toutefois pas pu résister au plaisir d'ajouter un corniste, il a bien raison.

La pièce est en six mouvements (si je me souviens bien), et, nous explique le compositeur, joue sur l'opposition entre un aigle de la providence atemporel, détaché et le tohu-bohu du quotidien. De fait, certains passages me font penser à Gerschwin, et je m'attends plus ou moins consciemment à entendre l'un ou l'autre des instruments klaxonner.

Je savoure le plaisir de pouvoir écouter ces très talentueux musiciens avant qu'ils ne deviennent connus : je me sens privilégiée comme si j'avais pu écouter Bob Dylan (en vrai) en 1960.. Mais il faut se rendre à l'évidence : après deux heures de musique contemporaine, je sature un tantinet : il est temps de chercher où grignoter et se désaltérer (ou superviser l'avancement du match du soir pour d'autres).

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