mercredi 30 juin 2010

Chaurasia à Branly // Je raconte ma vie.


2 Comms'
Musée du Quai Branly, dimanche 6 juin 2010, 17 h
Hariprasad Chaurasia, bansuri accompagné de Rakesh Chaurasia & Henri Tournier, bansuri
+ tabla & pakhawaj

Je dois à Hariprasad Chaurasia d'être revenue d'Inde avec quelques flûtes ou bansuri dans mes valises: après tout, elles ne coûtaient guère que 100 ou 200 roupies, et ces flûtes ont un son beaucoup plus rond, plus chaleureux, que les flûtes en métal. Si les instruments en métal sonnaient mieux que les instruments en bois, il y a longtemps d'aileurs que l'on auraient industrialisé la production de violons en acier.

Première étape, se procurer un instrument : mission accomplie dans un petit commerce près de la station Dadar. Après enquête, j'avais identifié un professeur de flûte dans les environs, un peu plus au Nord. Je me rappelle bien plus des jus de pommes que j'achetais à un jus-de-pomme-wallah avant les cours que de mes leçons : un truc délicieux, entre le smoothie et la "kompot" russe. En tout cas, avec beaucoup de patience, mon prof m'avait exceptionnellement autorisé à prendre des notes pendant ses cours, et souriait avec commisération alors que je lui massacrais une version simplifiée de Hanswadhani (ou Hansdhwani, l'orthographe n'est pas figée)

Certaines de mes connaissances indiennes s'étaient persuadées (à force de me voir fréquenter assidûment les salles de concert du coin, je suppose) que j'étudiais avec Hariprasad 'Hari-ji' Chaurasia. Ainsi j'ai du en détromper plus d'un :" non, non, je n'étudie pas avec Hari-ji". Toujours est-il que j'ai une affection particulière pour ce vieux monsieur, que je n'ai jamais rencontré, mais auprès de qui j'aurais étudié dans une vie parallèle, apparemment. Ceci dit, que l'on croie que je sois l'élève de Chaurasia, c'est un immense compliment, je trouve.

Ainsi, il me paraît criminel de manquer un de ses concerts. Bien que je n'aie pas réussi à mettre le bout du nez dehors pour sa master-class de la veille, c'est avec émotion que je m'approche du musée Branly. Je salue l'instinct marketing de Flo Comment-Naik, professeur de chant hindoustani, qui distribue ou fait distribuer, des flyers à l'entrée du jardin du musée. Je grogne quelques instants contre la note de programme, grandiloquente et vague "musique sacrée & bambou céleste" et puis quoi encore ??

Quelques ralouilleries plus tard, le concert commence, par un raga dont je ne suis pas sûre d'avoir saisi le nom. Djac, de son côté, s'amuse à identifier les cycles rythmiques ("oh! du teental ! euh... un cycle à 10 temps. 11 et demie peut-être. humpf. pas tout compris"). Plus tard, Chaurasia s'amuse à nous faire deviner le Raga qu'il s'apprête à jouer "vous allez tous le reconnaître, sisi, c'est très connu !" glousse-t'il. En tout cas, il s'agit de Haswadhani, raga que je crois, il affectionne particulièrement.

Hariprasad Chaurasia, qui fête ses 72 ans demain, est un immensissime musicien. Mais, l'âge venant, sa maîtrise du souffle s'érode un peu: quelques frottements et crachouillis se laissent entendre, certes, mais il reste un sens du phrasé, une musicalité ! Mes aïeux ! Chaque note est parfaitement à sa place, chaque phrase est énoncée avec une justesse, un phrasé, qui me laissent pantois. Malgré leur son nettement supérieur, ni Rakesh Chaurasia ni Henri Tournier ne me paraissent posséder à ce point ces qualités de musicien. Pour l'anecdote, à un moment, ils reprendront une phrase jouée par Chaurasia en ... tierces parallèles ! Je n'ai pas l'habitude d'entendre des accords en musique indienne, j'en suis toute chose. Brrr, c'est extrêmement dépaysant.

A la sortie du concert (comme chaque année à la même époque), je me dis qu'il faut absolument que je 'inscrive aux cours de tabla dispensés à la Cité de la Musique. Depuis le temps que j'en parle..

A lire aussi : Le Monde, Débloque-Notes, Bisogna Morire

2 Comms':

{ Laurent } at: 4 juillet 2010 à 14:27 a dit…

Euh… “pantoise”, non ? Ou il y a quelque chose qui m’échappe…

{ Klari } at: 5 juillet 2010 à 10:03 a dit…

Rien ne t'échappe.

De deux choses l'une :
- soit je ne lis que des auteurs masculins (et qui, eux, peuvent être pantois)
- soit je lis autant d'auteurs féminins que masculins, mais les femmes seraient plus enclines à choisir un autre adjectif que pantois.
Du coup, je crois que je n'ai jamais croisé pantois accompagné d'un "e".

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