vendredi 21 mai 2010

Chambre Philharmonique & D. Guerrier - Cité de la Musique


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La Chambre Philharmonique, Emmanuel Krivine (direction), D. Guerrier (cor)
Cite de la Musique - jeudi 20 mai - 20h

Carl Maria von Weber, Ouverture du Freischütz
Wolfgang Amadeus Mozart, Concerto pour cor n° 4
Ludwig van Beethoven, Symphonie n° 6 "Pastorale" (oui, celle-ci!)*

Je vais voir pour la toute première fois la Chambre Philharmonique qui, dit-on, fonctionne selon un 'système démocratique quasi chinois' (ce n'est pas moi qui le dit), un peu comme ces loustics-ci, je suppose.

Je me réjouis de revoir, de réécouter plutôt, des têtes connues : chez les premiers violons en particulier, L. Paulik, l'excellent premier violon solo d'Orfeo, LE orchestre baroque hongrois** (qui, il y a très longtemps, m'avait régalé d'un Don Giovanni dont je me rappelle avec délices), chez les cors, le cor solo de l'Orchestre de Paris, connu pour ses interventions à l'Orchestre du Chantier. Et d'autres que j'ai l'impression d'avoir vu ici-et-là, en formation orchestre ou musique de chambre, à force de rôder dans des salles de concert. Manifestement, il s'agit d'un orchestre de solistes et/ou chambristes de haut-vol. Certains musiciens sont munis d'instruments modernes, d'autres de choses plus anciennes, en particulier les vents et les cuivres.

David Guerrier (une sorte de légende ambulante) a choisi de jouer le concerto avec un instrument qui pourrait bien être un cor naturel (si je ne m'abuse, pas de pistons, pas de palettes, autrement dit, un être humain normalement constitué doit pouvoir en tirer au maximum quatre notes, dont trois fausses). Je le vois de dos depuis mon siège, et c'est réellement impressionnant de le voir jouer de la main droite pour ajuster la hauteur des notes - d'ordinaire, un corniste ne se sert de sa main droite que pour mettre/ôter la sourdine/feuilleter son magazine***. Le timbre de l'instrument varie - la note de programme précise que c'est une des caractéristiques du cor naturel.

Chaleureusement acclamé, David Guerrier rejoue une généreuse partie du dernier mouvement - et pourtant, il y a de la note ! C'est toujours aussi parfait, même si parfois cela me semble être l'équivalent cornistique d'une piste noire abondamment boisée, verglacée et pentue. Je laisse traîner mes oreilles à droite et à gauche pendant la pause - beaucoup de cornistes dans l'assistance, évidemment.

Pour la Pastorale, le soliste revient dans l'orchestre, ayant troqué son cor pour une trompette - Gentil-Prof, si vous vous rappelez, avait refusé de jouer la 4è symphonie de Schubert avec nous après le concerto de Beethoven, préférant distraire son élève depuis le public avec moult pitreries (évidemment). A sa décharge, il faut mentionner que la partie de trompette de la Pastorale n'est pas monstrueuse, contrairement aux parties de violons de la 4è de Schubert : n'est-ce pas, Richard ?

Je suis là pour faire du repérage - en particulier ce qui concerne la partie des seconds violons, bien sûr. Les cordes - en effectif raisonnable, contrairement à la veille, ronronnent, les vents gazouillent - il y a une énergie surprenante pour un effectif aussi réduit. Mais bon, c'est un orchestre de solistes (c'est d'ailleurs assez rigolo de voir les violons du fond donner, eux aussi, les départs). C'est magnifique, enthousiasmant, et un peu inquiétant. Il y a manifestement beaucoup, beaucoup de notes. Arg. Mais qu'est-ce qu'on va se faire plaisir à la jouer !

* ce n'est pas une coïncidence, je profite en effet de ce concert pour faire du repérage. Verdict : les seconds sont gâtés - on a une partie aussi (si ce n'est plus) importante que les premiers. Na. Revers de la médaille : ca tricote de partout. Je crois que je connais désormais mon programme pour cet été. "Tu pars en vacances ? Nan. Je bosse ma pastorale."
** Comment peut-on être étourdi au point de nommer un orchestre baroque 'Orfeo' ?? C'est introuvable sur google. D'ailleurs, je suggèrerais volontiers à la personne qui décrochera ce poste de créer un module 'Comment nommer intelligemment son orchestre/quatuor/ensemble de musique de chambre'.
*** je caricature..

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