mercredi 10 mars 2010

Dissonnances - Beethoven à la Cité de la Musique


4 Comms'
Cité de la Musique, 09-III-2010 20h
Les Dissonnances*, David Grimal (violon & direction), Quatuor Ardeo
Symphonie #1, Beethoven,
Quatuor les Dissonances, Mozart
Concerto pour violon, Beethoven
Le public : Xavier Phillips, Zvezdo, Klari et alii.

J'arrive à la Cité de la Musique un peu abrutie après une longue journée mais suis vite ragaillardie par quelques bonnes nouvelles : une jeune femme me propose une place gratuite. J'ai acheté mes billets le midi même, mais l'offre me touche. Ensuite, qui vois-je arriver ? Xavier Phillips en chair et en os ! Venu écouter Gentil-Prof et ses acolytes.

Le temps de me demander si je vais aller l'agresser, il est sauvé par Zvezdo, qui choisit cet instant pour apparaître dans le hall de la CdM. Je me dirige vers lui tel un kangourou piqué par un frelon, pour lui expliquer que Xavier Philliiiiips est là. Lui il s'en fout, c'est un supporter de Jean-Guihen Queyras.

Bref.

Quand l'orchestre, tout sourire, s'installe, nous nous faisons la réflexion qu'il s'agit d'une organisation auto-gérée,sans chef, un peu à la Menus Plaisirs. En effet: pas de chef d'orchestre, une disposition des musiciens peu orthodoxe : vents au premier rang, cordes sur les côtés. Instruments d'époque pour certains (timbales, cors, flûte), pas tous. Ils sont en effectif réduit, on se situe probablement quelque part entre la musique de chambre et l'orchestre.

La dernière fois que j'ai écouté la 1ère de Beethoven, c'était avec le LSO et John Eliot Gardiner: j'avais un peu peur de mettre la barre très haut en comparant malgré moi leur prestation avec celle du LSO. Pas d'inquiétude de ce côté-là, on retrouve l'énergie, la lisibilité, la fougue de cette fabuleuse symphonie, toute simple et remplie à craquer d'astucieuses trouvailles, accessible et riche à souhait. La grande salle de la Cité de la Musique, conserve un côté intimiste, bien plus qu'à Pleyel, qui me semble tout à fait convenir à ce type de formation et d'œuvre (en outre, je peux toujours essayer de faire des grands coucous à mon prof, la probabilité qu'il m'aperçoive n'est pas nulle).

L'orchestre part se dégourdir les jambes le temps d'un quatuor. Insérer un quatuor à cordes entre deux œuvres pour orchestre me paraît très futé: je ne suis pas friande outre mesure de musique de chambre et ne fréquente donc guère les concerts de quatuor à cordes, mais la possibilité d'en écouter un peu me réjouit. L'introduction des Dissonances est fabuleuse, inouïe, et je me demande à quoi ressemblerait le catalogue des œuvres de Mozart s'il avait pu vivre 350 ans. Comment peut-on composer quelque chose d'aussi contemporain et classique à la fois, cela me laisse perplexe.

Après la pause, le concerto de Beethoven. Je me pâme à chaque intervention du basson, à qui Beethoven a confié de magnifiques parties, dans le premier mouvement en particulier. La cadence me fait sursauter, mais d'où sort ce piano ?! L'association piano-violon ne me paraît pas très heureuse, même si cela répond à une question que je me posais : écrit-on encore de nouvelles cadences pour des concerti aussi connus?
Le soliste me paraît particulièrement dans son élément dans le 2nd mouvement, où il crée une ambiance onirique, poétique, d'une impalpable délicatesse, qui me transporte au point que je n'ai qu'un souvenir un peu flou de la suite du concerto.

En attendant, le soliste ayant troqué son siège pour la position debout, au milieu de la scène, un petit jeune a pris la direction de l'orchestre. Je me doute bien qu'il faut s'agiter un peu pour diriger depuis le pupitre, mais a t'il besoin de souligner des trémolos par des battements frénétiques des genoux? D'accentuer un sforzando par des grands coups de pieds dans le vide ? De se mettre à quatre pattes sous son siège pour signaler à l'orchestre un ppp ? Ou de bondir et taper des deux pieds, comme un marsupilami sous amphèt'. En comparaison, Philippe Aiche ( dont j'ai pourtant beaucoup critiqué le pied droit) est un monument de sérénité et de quiétude.
Il me faut me concentrer, et soigneusement éviter de regarder ce jeune violoniste pour éviter le fou-rire. Plus sérieusement, le mouvement attire l'attention, et quand cela se produit au détriment de l'attention portée à la musique, c'est fort dommage.

Mais l'orchestre a du percevoir que le public a particulièrement apprécié la symphonie de Beethoven, et nous font le petit cadeau du finale de la 7è avant de partir !

* dont fait partie Gentil-Prof (si vous aviez manqué quelques épisodes), qui jouera très bientôt, les 17 et 18 avril, le Concerto de Beethoven, en soliste, avec l'orchestre des Concerts Gais & Beaux. Venez !

4 Comms':

zvezdo at: 12 mars 2010 à 13:25 a dit…

un kangourou piqué par un frelon!!!!!!c'est tout toi

{ Klari } at: 12 mars 2010 à 15:01 a dit…

Humpf !

Anonyme at: 16 septembre 2010 à 14:54 a dit…

Je découvre votre blog aujourd'hui et ai lu votre article avec intérêt.
Pour le compléter quelque peu, voici deux petites précisions :

Le premier violon s'appelle Hans-Peter Hofmann. Il a 43 ans !
et un peu d'expérience : http://www.etd.gb.com/Biog_Hans_Peter_Hofmann.htm

et la cadence était signée Brice Pauset.

À bientôt au concert !

{ Klari } at: 16 septembre 2010 à 17:58 a dit…

Bonjour et bienvenue !

Merci pour les précisions : en effet, voici un musicien qui ne fait pas son âge ! Je suppose qu'il ne doit pas manquer d'expérience.

Ceci dit, j'avais pris mes renseignements (j'ai mes sources!) et je connaissais, si ce n'est son âge, son nom - mais je préfère éviter de nommer des musiciens quand je fais des chroniquettes un peu sarcastiques ou critiques. Bon.

En attendant, j'ai hâte d'écouter à nouveau les Dissonances, en espérant toutefois que ce sera un peu plus serein chez les premiers violons !

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